Installation gratuite éphémère d’Art contemporain + ou – volontaire , la Bintinais, rennes, 24 mai 2020

( propos réactionnaires) Je suis allé 2 fois l’an dernier au FRAC, le Fond Régional d’Art Contemporain. J’y ai vu, pour quelques euros,   quelques « œuvres » ou plutôt « installations » que j’ai trouvées intéressantes, amusantes ou faisant réfléchir mais j’y ai vu aussi beaucoup de « choses » qui me semblaient sans queue ni tête, inintéressantes, vaines mais généralement enrobées, entourées, accompagnées de discours, de textes souvent assez abscons mais suffisamment écrits pour paraître être l’expression d’une profonde réflexion. Bref, pour simplifier, je l’avoue, l’Art ( avec bien sûr un grand A) dit « contemporain » m’agace souvent et me paraît trop souvent être une vaste blague de la part de personnes suffisamment habiles et branchées pour séduire – et vendre le plus cher possible (si ça n’est pas cher, ça n’est pas de l’Art) – quelques décideurs flattés d’avoir le sentiment de gargouiller à la pointe de la « modernité » artistique contemporaine (MAC, pour les intimes) et d’utiliser intelligemment de l’argent public.

Entendons-nous bien : dans l’art contemporain je ne mets pas tous les artistes et toutes les œuvres dans le même sac d’imposture (pour faire très court,  j’ai apprécié ce qu’a fait Christo mais pas Jeff Koons) mais je préfère généralement voir des installations faites sans arrière pensée et sans prétention artistique, même pas pensées esthétiquement,  réalisées dans le but de créer quelque chose d’utile (faire pousser des plantes à regarder, à respirer ou à manger par exemple).

L’angle de prise de vue, la lumière et le cadrage déplacent ces réalités dans une autre dimension. Mon autre contribution à cette co-création où les créateurs ignorent tout de l’autre sera de donner un titre ( technique et/ou pompeux, en tous cas assez incompréhensible et comportant des références culturelles implicites) à ces « œuvres », éléments déterminants pour « faire » Art..

Alors, les jardins « familiaux » de la Bintinais – univers plastique dans tous les sens du terme – autre temple de la modernité artistique contemporaine ?

jardins, la bintinais, 24 mai 2020, 17h55-56

« composition verticale nue aux ombres changeantes sur décor couleur de nature » (acier brut, pvc, polyester et paille naturelle)

jardins, la bintinais, 24 mai 2020, 17h58-39

« liaison triade de tombées azurées » (bois et polyester coloré chimiquement)

jardins, la bintinais, 24 mai 2020, 18h49-47

« 6 semi-aléatoires variations ondulatoires (acier galvanisé et fibres naturelles) »

jardins, la bintinais, 24 mai 2020, 18h51-42

« réalité cellulosique dépassant fiction plastique » ou « vaine tentative polyester humaine singeant piteusement les cellules organiques chlorophylliques » (pvc, polyester, bois naturel)

jardins, la bintinais, 24 mai 2020, 18h53-26

« rectangle mortuaire d’éruptions volcaniques plantifères » (polyester, pvc et papier bouilli)

jardins, la bintinais, 24 mai 2020, 19-00-56

« nostalgie disparate appauvrie des sixties » (hommage à Le Corbusier)

(ciment, acrylique et sable de rivière en crue)

jardins, la bintinais, 24 mai 2020, 19-10-44

« démonstration sans artefact des lois de Mendel appliquées à la stérilité et la fécondité d’arabesques métalliques » (acier galvanisé et plastique verrier)

 

2 heures Aux jardins, la Bintinais, Rennes, 24 mai 2020

( suite de notre collection « verte », de notre série bucolique).

L’envie d’air, de vert, de nature.. est – je ne sais pourquoi.. – un peu plus fort ce printemps.. or tout autour de la ville (il y a encore peu il y en avait aussi dans la ville), depuis 40 ans nous attendent des jardins dits « familiaux », ensembles de parcelles gérées par une association où les citadins que nous sommes peuvent cultiver, année après année,  leur coin de terre, leur bout de jardin (50, 100, 150 ou 200 m²), leur parcelle de bonheur, de potager, de fleurs et de plantations diverses. A leur disposition – et sous leur responsabilité d’entretien et de bon usage – un cabanon, un récupérateur d’eau.. La possibilité, encadrée, de fabriquer une extension ou une pergola, de décorer selon son goût.. et à nous les joies simples du jardinage !

Ce sont des patchwork colorés et odorants, où les jardiniers plantent, sèment, taillent, récoltent, rêvent, se rencontrent, se retrouvent. Quoi de mieux qu’un p’tit bout de jardin pour se retrouver soi-même et les autres jardinier(e)s ? Alors un florilège de couleurs sur fonds de vert.. car un jardin ne fait pas seulement le bonheur du jardinier mais aussi celui du promeneur photographe..

jardins, la bintinais, 24 mai 2020, 17-50

Où l’on voit qu’à défaut d’être bien accordée aux couleurs (imposées) des cabanons, la déco suit la mode aussi dans les jardins..

jardins, la bintinais, 24 mai 2020, 17-52

.. que ce soit dans la peinture d’une palette ou le choix des fleurs.. (ail d’ornement)

jardins, la bintinais, 24 mai 2020, 17-54

Les jardins favorisent les liens..

.. ou semblent séparer..(mais ce n’est qu’une fausse apparence)

jardins, la bintinais, 24 mai 2020, 19-32-44

 

jardins, la bintinais, 24 mai 2020, 18-00

Ce mini nichoir sert probablement moins aux oiseaux qu’à la déco..

jardins, la bintinais, 24 mai 2020, 18-00-48

Même quand le jardinier – ou la jardinière – n’est pas là, on imagine sa présence. Il (ou elle) est peut-être  âgé(e) et ses genoux craquent un peu quand il faut soigneusement désherber autour des jeunes plants de haricots.. A moins qu’il s’assoit là pour les écouter pousser ?

jardins, la bintinais, 24 mai 2020, 18-13

De l’art de camoufler la réserve d’eau.

jardins, la bintinais, 24 mai 2020, 18-13-53

Un peu de rouge et de noir. On est bien à Rennes..

jardins, la bintinais, 24 mai 2020, 18-39

Les idées les plus simples pour ranger sont souvent les plus esthétiques.

jardins, la bintinais, 24 mai 2020, 18-44

Nul besoin d’une fortune, mais un peu de blé ne nuit pas..

jardins, la bintinais, 24 mai 2020, 18-50

Habilement découpée une bouteille en plastique fait un mobile qui, à défaut d’effrayer les oiseaux, tourne joliment dans la lumière d’une fin d’après-midi..

jardins, la bintinais, 24 mai 2020, 18-50-18

Le livret d’accueil de l’association des jardins familiaux stipule que les cultures potagères doivent être prépondérantes mais que l’ornementation florale est aussi acceptée.. heureusement !

jardins, la bintinais, 24 mai 2020, 18-51-15

D’ailleurs m’est avis que ces malins artichauts qui jouent aux ombres chinoises et qui se font passer pour une culture potagère,  ne seront point mangés mais admirés lorsqu’ils ouvriront leurs superbes fleurs mauves et violettes.

jardins, la bintinais, 24 mai 2020, 18-54-12

Il y a la maison des outils et la maison des insectes..

jardins, la bintinais, 24 mai 2020, 18-55-16

 » Mais zenfin ! Quand même ! Nous laisserons-nous devenir fleurs ou passerons-nous à la cocotte ? On nous cache tout on nous dit rien !  » (propos d’artichauts confinés).

jardins, la bintinais, 24 mai 2020, 19-01-24

Rien ne vaut un chat noir aux yeux bleus pour garder les tomates, c’est un truc bien connu des jardiniers avertis..

jardins, la bintinais, 24 mai 2020, 19-08-45

Le 187 préfère visiblement l’ornementation florifère que la culture potagère..

jardins, la bintinais, 24 mai 2020, 19-10-23

Le coquelicot pompom (variété inventée par moi) n’aime rien tant qu’un terrain vague pour pavoiser !

jardins, la bintinais, 24 mai 2020, 19-13-20

Les petits lapins ( et encore plus les grands) sont bien sûr indésirables dans ces jardins, mais ils sont quand même présents par la pensée sous la forme de l’épiaire de Byzance à qui ils ont prêté leurs petites oreilles et leur museau coton.

jardins, la bintinais, 24 mai 2020, 19-13-39

Comme tout un chacun le jardinier a ses fantômes qui l’accompagnent et veillent sur son univers.

jardins, la bintinais, 24 mai 2020, 19-26-06

 » Mais zenfin ! Ce pape qui a célébré Pâques devant une place vide ! »

jardins, la bintinais, 24 mai 2020, 19-34-04

On voit bien quel est le mâle et quelle est la femelle..

jardins, la bintinais, 24 mai 2020, 19-35-21

La complainte des arrosoirs : « chômage technique ou chômage partiel ? On nous prend pour des pommes ! »

jardins, la bintinais, 24 mai 2020, 19-35-54

Le (la ?) très paisible occupant (e), voire définitivement assoupi(e), du jardin n° 167 aime aussi la télé..

jardins, la bintinais, 24 mai 2020, 19-36-21

.. les chansons et l’anisette (culture potagère ou d’ornement ?)

jardins, la bintinais, 24 mai 2020, 19-39-06

jardins, la bintinais, 24 mai 2020, 19-40-24

? un jardinier un peu ésotérique.. Le virus comme une guillotine  associée à une loterie ?

Pour finir ces 2 heures passées dans les allées des jardins potagers à la Bintinais, une promesse : grâce à la lumière du soleil, à une terre arrosée par le ciel et le jardinier, petite tomate deviendra grande le long de son tuteur et nous ravira les narines du parfum poivré de ses feuilles et les papilles de sa saveur discrètement fade.

jardins, la bintinais, 24 mai 2020, 19-46-19

 

 

 

 

les 2 chevaux, Piré-s/Seiche, 21 mai 2020

2 chevaux vivent à l’espace naturel départemental près du château des Pères à Piré s/Seiche. Ce sont apparemment des « Poitevins mulassiers ». « Mulassier ». Intrigant et pas très joli ( pas très loin de « putassier »).  L’histoire de cette race façonnée par l’humain  – toutes les « races » ont été façonnées par l’humain – est intéressante : Les juments poitevines sont utilisées pour faire naître – mais cela ne se produit qu’1 an sur 2 – de grandes mules rustiques par croisement avec des Baudets du Poitou, les fameuses mules poitevines. Mules et mulets étant des hybrides stériles, de tels animaux ne peuvent naître que par croisement entre un âne et une jument (ça ne marche pas entre un cheval Poitevin et une ânesse) . L’industrie mulassière du Poitou a été fréquemment combattue par l’administration des haras, dont le but était d’obtenir des chevaux aptes à remonter les troupes françaises. C’est pourquoi au XVIIIè s, les haras interdirent officiellement de faire naître des mules avec des juments de plus d’1,20 m et menacent ensuite de faire castrer tous les baudets de la région. En 1823, le préfet des Deux-Sèvres, dans sa volonté de lutter contre l’industrie mulassière, demande que le haras de St Maixent n’héberge plus que des chevaux de demi-sang, les étalons mulassiers étant impropres à l’amélioration et à la production du cheval de cavalerie.

château Poitevins mulassiers, Piré s-Seiche, 21 mai 2020

C’est – selon sa fiche Wikipédia –  « un cheval grand, calme, élégant et doté de crins ondulés en raison de son origine liée au cheval flamand, doux, paisible, robuste et tempéré, lymphatique  Il apprécie le contact de l’homme, les particuliers et les professionnels trouvent donc en lui un partenaire de qualité. Au travail, le Poitevin mulassier montre une grande intelligence. Il est volontaire et à l’écoute même s’il peut parfois se montrer entêté. »

Moi qui n’y connais pour ainsi dire rien en chevaux, j’ai surtout trouvé qu’ils avaient l’air tristes, résignés, fatigués sous ce chaud soleil de mai, subissant les mouches, attendant peut-être une caresse ou une touffe d’herbe derrière la clôture électrifiée.

château Poitevins mulassiers, Piré s-Seiche, 21 mai 2020, 17h23-54

château Poitevins mulassiers, Piré s-Seiche, 21 mai 2020, 15h53

Si nous, nous déconfinions (quel nouveau mot étrange et moche), j’ai trouvé qu’eux  avaient l’air déconfis.

château Poitevins mulassiers, Piré s-Seiche, 21 mai 2020, 17h16

château Poitevins mulassiers, Piré s-Seiche, 21 mai 2020, 17h23-09

château Poitevins mulassiers, Piré s-Seiche, 21 mai 2020, 17h18-20

Le blanc, ou plutôt la blanche car c’est une jument, a un côté hippie avec ses cheveux dans les yeux. Elle a aussi des excroissances à l’intérieur des antérieurs, vestiges du 5ième doigt. . On les nomme les « châtaignes ».

château Poitevins mulassiers, Piré s-Seiche, 21 mai 2020, 17h17

Sans en avoir l’air et sans avoir l’air de pouvoir le faire, à cause de ses cheveux de cheval devant ses yeux,  elle vous regarde, semblant me dire « qu’est-ce qui t’autorise à me photographier ? ». Ou « à quoi bon me photographier ? ».

château Poitevins mulassiers, Piré s-Seiche, 21 mai 2020, 17h17-40

château Poitevins mulassiers, Piré s-Seiche, 21 mai 2020, 17h19-19

château Poitevins mulassiers, Piré s-Seiche, 21 mai 2020, 17h18-36

« Rien » devrais-je lui répondre « à part que tu es un bel animal et que tu sembles ne pas t’y opposer ».

L’autre, le mâle, un vieux hippie lui aussi, un vieil Iggy Pop, semble attirer toutes les mouches qui n’iront pas l’embêter elle. Il semble atterré, encore plus écrasé par le soleil, la chaleur, le temps, l’ennui.

château Poitevins mulassiers, Piré s-Seiche, 21 mai 2020, 17h17-51

Malgré tout cela il semble puissamment réfléchir.

château Poitevins mulassiers, Piré s-Seiche, 21 mai 2020, 17h18-58

Peut-être qu’il pense à l’étrangeté des chevaux, car c’est étrange un cheval, quand on regarde. Son museau par exemple, ou comment dit-on ? Il y a un mot précis.. « bout du nez » apparemment et tout simplement.

château Poitevins mulassiers, Piré s-Seiche, 21 mai 2020, 17h18-24

Il n’était pas loin de devenir une trompe, mais il s’est arrêté avant et est resté une sorte de long nez, ou museau, pas loin de la gueule et avec de grosses narines aux replis souples pour bien faire ces bruits de cheval.

Toujours est-il que ces 2 là, quand on passe un peu de temps à leur côté à les regarder et même à leur parler, ont l’air moins accablés et pas si tristes que cela. Elle est derrière lui, elle le colle un peu. S’il avance d’un pas, elle fait de même.

château Poitevins mulassiers, Piré s-Seiche, 21 mai 2020, 17h28-27

château Poitevins mulassiers, Piré s-Seiche, 21 mai 2020, 17h20-06

 

 

 

Promenades digestives au Vert ( brève esquisse d’ébauche modeste de sociologie in situ), Château des Pères, Piré s/Seiche, 21 mai 2020

château des Pères, Piré s-Seiche, 21 mai 2020, 15h39

Contrairement à la forêt de la Corbière (cf articles précédents), le parc du château des Pères ne sera ouvert, gratuitement, au public qu’à la fin du mois. Par contre  » l’espace naturel départemental » qui le jouxte est, lui, ouvert, et, en ce jeudi de l’Ascension chaud et ensoleillé, plusieurs personnes – couples, amis et familles – y sont venues se mettre au vert, respirer les chants d’oiseaux et se prendre un premier coup de soleil en arpentant ses allées..

château des Pères, Piré s-Seiche, 21 mai 2020, 15h42-54

Chaque couple, chaque groupe familial ou d’amis, a ses propres relations : en apparence détendues ou ennuyées, routinières ou éveillées, obligées ou souhaitées etc.. Les attitudes, postures, la position des corps dans l’espace, les paroles échangées ou les silences, tout peut être l’expression de l’ambiance du moment qui y règne. Il ne faut pas sur-interpréter (!) : le simple passage dans une chaude zone sans ombre peut annihiler  toute envie de parler et n’est donc pas forcément le signe de tension ou d’ennui..

château des Pères, Piré s-Seiche, 21 mai 2020, 15h47-12

J’ai remarqué ( j’ai des yeux et des oreilles..) que dans les groupes de deux couples, les femmes et les hommes se séparent et marchent 2 par 2, que les femmes marchent en général devant et que leur conversation va bon train, portant plutôt sur des faits de la vie quotidienne récente, sur les relations humaines.. tandis que les hommes trainent un peu derrière et parlent davantage de sujets en lien avec le lieu et le moment : la nature, l’agriculture, la météo..

château des Pères, Piré s-Seiche, 21 mai 2020, 15h49-59

Dans ces lieux relativement vides de choses particulières (un entomologiste, un ornithologue, un connaisseurs des plantes ou des arbres.. trouveront au contraire que les lieux sont riches..), 2 chevaux – qui semblent subir un infini ennui au soleil dans un enclos ceint d’une clôture électrique – fourniront l’occasion d’une halte, à défaut d’un réveil de la conversation : on s’ennuie un peu à regarder ces bêtes s’ennuyer. On ne trouve pas grand chose à en dire, on compatit vaguement sans trop savoir s’il y a vraiment matière à ce  sentiment que l’on dit noble ..

château des Pères, Piré s-Seiche, 21 mai 2020, 15h51;10

.. on peut aussi bien passer à côté sans presque un regard (on vient souvent ?) et sans même savoir si les chevaux en sont déçus..

château des Pères, Piré s-Seiche, 21 mai 2020, 15h54-55

Même remarque que plus haut : lors d’une pause à l’ombre, les femmes d’un côté les hommes de l’autre et les sujets de conversations sont différents (sans vouloir écouter on entend des bribes de conversation)  : ici les hommes parlent « technique » (appareils photos) tandis que les femmes évoquent des situations passées familiales. La présence proche de 2 gros animaux- l’un marron l’autre blanc – qui eux ne font pas de promenade digestive mais une sieste proche du coma,  semble – comme celle des chevaux –  faire partie du « décor »..

château des Pères, Piré s-Seiche, 21 mai 2020, 15h55-13

Les couples ont différentes configurations possibles de marche ( et éventuellement changeantes au cours de la promenade) :  l’homme devant (la plus fréquente) ou de conserve.

château des Pères, Piré s-Seiche, 21 mai 2020, 16-05-42

château des Pères, Piré s-Seiche, 21 mai 2020, 16-00-08

L’homme devant est une configuration culturelle à inconsciente réminiscence préhistorique : ayant le sentiment qu’il est plus fort physiquement, il sent qu’il doit aller en éclaireur et protecteur en cas de rencontre potentiellement dangereuse. En occurrence ici ils s’approchent des 2 pachydermes endormis. La femme s’en fiche peut-être royalement et il est possible qu’elle vaque à ses pensées éparses.

château des Pères, Piré s-Seiche, 21 mai 2020, 16-25-58

château des Pères, Piré s-Seiche, 21 mai 2020, 16-06-09

Cette configuration plus rare peut s’expliquer de diverses manières : soit le chien en laisse  – bien qu’étant  » son meilleur ami » –  ralentit l’homme, en reniflant et pissant fréquemment (le chien, pas l’homme, quoique.. passé un certain âge..), soit c’est l’homme qui a insisté pour venir et la femme est pressée d’en finir, soit c’est elle qui voulait cette marche mais la veut dynamique, soit etc etc.

Il y a aussi bien sûr, en ce jour comme un dimanche, la visite du jeune couple, avec le petit, aux parents. Là encore, la configuration habituelle est :  les femmes  plutôt d’un côté, les hommes de l’autre.

château des Pères, Piré s-Seiche, 21 mai 2020, 16-59-25

château des Pères, Piré s-Seiche, 21 mai 2020, 17-11-55

Il y a enfin (et pour finir sur une note positive), la configuration amoureuse, généralement plus lente, où la femme s’est faite fleur et où les mains se joignent..

château des Pères, Piré s-Seiche, 21 mai 2020, 16-29

château des Pères, Piré s-Seiche, 21 mai 2020, 16-31-57

 

 

 

 

 

 

Etrangetés à la Corbière, 15 mai 2020

Première sortie du « déconfinement ». Un ruban de chantier barrait l’allée d’entrée vers l’étang de la Corbière. Je ne suis pas sûr que c’était pour indiquer que les lieux étaient interdits dans le cadre du confinement mais plutôt lors des abattages d’arbres dont on voit les effets aujourd’hui. J’ignore aussi si ces abattages relèvent de la gestion habituelle de la forêt ou du « nettoyage » suite aux tempêtes hivernales (notamment la tempête Dennis le 16 février) qui a déraciné, couché, plusieurs arbres, abimant notamment la charpente d’un bâtiment.

forêt de la Corbière, 15 mai 2020, 15h37

forêt de la Corbière, 15 mai 2020, 15h46

forêt de la Corbière, 15 mai 2020, 15h46-32

forêt de la Corbière, 15 mai 2020, 18h37

forêt de la Corbière, 15 mai 2020, 16h59

La digitale pourpre s’épanouit dans une clairière. Je rappelle que cette fleur, si belle soit elle – si on en ingère une certaine quantité de feuille (100 g suffisent..)- est toxique et, après vomissements, diarrhée et graves troubles cardiaques, peut être mortelle pour l’humain..

forêt de la Corbière, 15 mai 2020, 16h37

forêt de la Corbière, 15 mai 2020, 16h24

forêt de la Corbière, 15 mai 2020, 16h24-12

forêt de la Corbière, 15 mai 2020, 15h56

Un pin au tronc double. L’un a pourri, l’autre se porte apparemment à merveille..

forêt de la Corbière, 15 mai 2020, 16h19

On dit parfois que le lierre grimpe sur les arbres déjà déclinants. On dit aussi qu’il finit par les étouffer. Les puissants lierres ici enlacent de hauts arbres qui semblent en parfaite santé..

forêt de la Corbière, 15 mai 2020, 17h07

Paréidolie : j’y vois une femme au ventre un peu bombée, aux longs bras, à la tête recouverte d’un tissu.. C’est la sorcière de la Corbière qui le jour a l’apparence de troncs de lierre et la nuit se détache de l’arbre pour arpenter de son pas trainant faisant craquer les feuilles, la forêt..

 

forêt de la Corbière, 15 mai 2020, 17h45Un grand chêne a été couché par le vent. On peut voir que son tronc était creux.

 

 

les Créatures au-dessus de nos Têtes (les multiples vies des nuages), Rennes, 5 mai 2020

nuages, Rennes, 5 mai 2020,19h29-04

Regardez-vous les nuages ? Savez-vous les voir ? Prenez-vous le temps de tourner vos yeux vers ces créations du cosmos quand elles se montrent à nos regards ? Elles sont l’incarnation intermédiaire des éléments entre nous et l’infini, flocons au ras du sol à l’échelle de l’atmosphère, elle-même mince enveloppe vaporeuse autour de « notre » planète..

nuages, Rennes, 5 mai 2020,19h31-31

C’est étrange ils dessinent comme des cartes (ah oui ! .. Descartes « le silence éternel de ces espaces infinis m’effraie »). A moins que ce ne soit l’inverse, que nos cartes aient été dessinées pour ressembler aux nuages.. Personnellement j’y recherche, espère – très terre à terre –  à chaque fois, la carte de ma Bretagne.. mais  il y a toujours quelque chose qui cloche, manque..

nuages, Rennes, 5 mai 2020,19h52-22

.. pourtant ils y mettent du leur, et du leurre, révélant les Créatures blanches et les Créatures bleu ardoises, comme les couleurs de l’océan.nuages, Rennes, 5 mai 2020,19h52-22 bis

Le petit oiseau (un étourneau isolé ?) les frôle. Les regarde-t-il ? En a t-il conscience ?

Là haut, au-dessus de nous dans nos ville, ils se font front, se toisent, organisent des rencontres dangereuses, des préambules de combats cataclysmiques ou de simples défis.

nuages, Rennes, 5 mai 2020,19h58-58

nuages, Rennes, 5 mai 2020, 20h18-03

Reliés au soleil comme nous, au jour tombant ils se laissent baigner par les rayons chauds de l’astre disparaissant sous l’horizon, révélant d’autres facettes de leur visage et la réalité de leur multitude..

nuages, Rennes, 5 mai 2020, 20h28-02

nuages, Rennes, 5 mai 2020, 20h12-33

Les Créatures jusque-là dissimulées ne peuvent plus se cacher et doivent faire face..

nuages, Rennes, 5 mai 2020, 20h12-41

le cochon sauvage, le sanglier-premier-au-long-groin ne peut éviter d’être visible à qui sait le voir..

nuages, Rennes, 5 mai 2020, 20h13-46

.. ni le vieux fourbe chat qui tire toutes les ficelles..

nuages, Rennes, 5 mai 2020, 20h14-24

.. tandis que la créature blessée lors dont ne sait quel combat ce soir renonce et fuit vers l’est..

nuages, Rennes, 5 mai 2020, 20h15-28

A peine entrevues ces créations dans le ciel se fondent dans le tumulte silencieux des hauteurs et disparaissent dans les nuées.

nuages, Rennes, 5 mai 2020, 20h18-01

Et pour moi commence une nouvelle nuit.

 

 

 

 

Aux confins de la confiance, 5 mai 2020

A quoi se raccrocher ? A quoi suspendre la confiance ? En cette période particulière où je sens que ma liberté est rognée, où l’on ne sait plus trop ce qu’on a droit de faire sans risquer un contrôle et une amende équivalente à 1 semaine de « courses » alimentaires ?

– Aux « fondamentaux », les choses immuables, et qui d’autre que la lune répond à cette définition ?

Elle était là, elle est là, elle sera là, toujours aussi belle et mystérieuse. « Comment ça tient en l’air ? » (Volutes, Alain Bashung).

2 soirs plus tard elle était censée être « superlune » mais dès le 5 elle était magnifique et ressemblait – ça doit être le début de la saison – à un magnifique et assez grand melon tacheté, car bio, charentais ou de Binas..

lune, la Binquenais, 5 mai 2020, 21h23-34

lune, la Binquenais, 5 mai 2020, 21h23

Qu’est-ce qu’elle est belle notre immuable. Désolé de me répéter mais elle me fascine, m’hypnotise. Plus je la regarde, plus je suis subjugué qu’elle soit là, visible par qui pense à la regarder.

lune, la Binquenais, 5 mai 2020, 21h23-22

Loin de la mer.., la Binquenais, Rennes, 5 mai 2020

La mer me manque, là-bas à 70 kms vers St-Malo. Bien sûr elle existe toujours, monte et descend deux fois par jour, est calme ou agitée selon le temps, a une saveur sûrement toujours aussi salée.. mais il n’y a pas le droit d’aller la voir et encore moins de marcher sur la plage.. même si la plage est immense et qu’on y serait bien moins serrés que dans les rayons étroits du supermarché du coin.. Absurde ! Mais voilà il faut limiter les déplacements au maximum.. Alors si je ne peux aller à la mer, je vois que la mer peut venir à moi, ou presque, sous la forme d’un goéland que je trouve du coup très beau, dans le ciel d’un bleu roy pur du soir puis sur fond de nuages d’orage au-dessus de la ville.. Il tourne autour de moi, me surveille de son œil jaune (son nid sur un toit proche ?) , intrigué peut-être, à moins qu’il ne soit un peu poseur et paradeur, fier de son port.. à 70 kms de la mer..

goéland, la Binquenais, 5 mai 2020, 20h10goéland, la Binquenais, 5 mai 2020, 19h49goéland, la Binquenais, 5 mai 2020, 20h18goéland, la Binquenais, 5 mai 2020, 20h19-20goéland, la Binquenais, 5 mai 2020, 20h18-59goéland, la Binquenais, 5 mai 2020, 20h18-53goéland, la Binquenais, 5 mai 2020, 20h18-36

Allez, après m’avoir offert son portrait, sans un battement d’ailes il vire sur la droite en plongeant et s’en va tourner ailleurs.. Je sens presque des embruns..

goéland, la Binquenais, 5 mai 2020, 20h19-54

goéland, la Binquenais, 5 mai 2020, 20h19-06

Pour l’identification j’hésite entre « goéland argenté » (le plus commun ici) et « goéland brun ». Il a le gris argent de l’Argenté sur le dessus des ailes mais la relative finesse de ses ailes déployées et cette ronde tâche ( qu’on nomme « miroir ») blanche au bout de ses rémiges me fait pencher vers le Brun..

images du confinement, 26 avril/ 5 mai 2020, Rennes

rue Bannetel, 26 AVRIL 2020, 9h49

Bien sûr ce genre d’image aurait pu être fait à en dehors de cette période. Il n’y a que la date de prise de vue qui prouve. Voir une personne seule dans une rue est juste plus facile. Ici le panneau STOP prend un sens un peu plus fort. La posture un peu lasse favorise une interprétation précise. On sait depuis longtemps qu’on peut faire dire à une image quelque chose et autre chose, voire le contraire.

place Bir-Hakeim, 5 mai 2020, 20h05

Les livreurs de pizza – qu’on dévore à pleines dents ! – arpentent régulièrement le quartier mais pendant le confinement ils ont été plus nombreux à tourner ( place Bir Hakeim, 5 mai, 20h10)

stade de la Binquenais, 5 mai 2020, 20h10

La notion de « distanciation sociale » (ou plus clairement,  physique) est toute relative dans certains lieux (stade de la Binquenais, 5 mai, 20h10).

bd de l'Yser, 26 AVRIL 2020, 17h54

Certains architectes n’ont pas pensé qu’il pouvait être utile de prévoir davantage de balcons.. (pour être honnête, il ne s’agit ici que de bouts de couloirs, les appartements ont des balcons plus grands..).

rue louis turban, 1er mai 2020, 12h45

Il n’y a pas que les gens qui sont confinés. Celle-ci est non seulement aussi confinée , mais comment pourrait-on dire..  Confettisée.. prête pour le prochain mariage autorisé..

1km « à vol d’oiseau », 26 avril 2020, 17h34 -> 18h17 (ouf ! – d’1 heure..)

Déjà avant (le confinement bien sûr), j’aimais déjà (photographier) les nuages, comme l’Etranger de Baudelaire ( « J’aime les nuages… les nuages qui passent… là-bas… là-bas… les merveilleux nuages « ). Alors en ce temps étrange où il faut remplir une attestation pour avoir le droit d’aller faire un tour d’1 heure, en tournant dans un cercle d’1 km, autour de chez soi, je les apprécie encore plus. Ils sont l’espace, l’infini, la liberté.. l’eau, la vie..

nuages, 26 AVRIL 2020, 17H36

.. le terrain de jeu du merle (quoique.. il n’est pas le meilleure exemple, lui qui vole bas de haies en haies..) qui chante leur gloire..

nuages et merle, 26 AVRIL 2020, 17H57

nuages et merle, 26 AVRIL 2020, 17H59

Confinés dans nos maisons sombres et aux fenêtres mesquines, se doute-t-on de l’étrangeté parfois facétieuse qui passe là-haut loin au-dessus..?

nuages, 26 AVRIL 2020, 18h08

J’habite dans un quartier où on a tendu des portées sans notes de musique où courre de quoi regarder des nuages.. sur des écrans, des toiles sur lesquelles de grandes araignées allongées sur le dos et les pattes sous la tête coiffée d’un panama regardent admiratives le ciel en rêvant aux nids cotonneux qu’elles feront une fois qu’elles auront siffler à la paille toute leur orangina.

nuages, 26 AVRIL 2020, 18h10

nuages, 26 AVRIL 2020, 18h17

Bd Oscar Leroux, 1er mai 2020, 12h53

Les plantes aussi rêvent de prendre de la hauteur et tendent leurs tiges vers le ciel..