Loin de la mer.., la Binquenais, Rennes, 5 mai 2020

La mer me manque, là-bas à 70 kms vers St-Malo. Bien sûr elle existe toujours, monte et descend deux fois par jour, est calme ou agitée selon le temps, a une saveur sûrement toujours aussi salée.. mais il n’y a pas le droit d’aller la voir et encore moins de marcher sur la plage.. même si la plage est immense et qu’on y serait bien moins serrés que dans les rayons étroits du supermarché du coin.. Absurde ! Mais voilà il faut limiter les déplacements au maximum.. Alors si je ne peux aller à la mer, je vois que la mer peut venir à moi, ou presque, sous la forme d’un goéland que je trouve du coup très beau, dans le ciel d’un bleu roy pur du soir puis sur fond de nuages d’orage au-dessus de la ville.. Il tourne autour de moi, me surveille de son œil jaune (son nid sur un toit proche ?) , intrigué peut-être, à moins qu’il ne soit un peu poseur et paradeur, fier de son port.. à 70 kms de la mer..

goéland, la Binquenais, 5 mai 2020, 20h10goéland, la Binquenais, 5 mai 2020, 19h49goéland, la Binquenais, 5 mai 2020, 20h18goéland, la Binquenais, 5 mai 2020, 20h19-20goéland, la Binquenais, 5 mai 2020, 20h18-59goéland, la Binquenais, 5 mai 2020, 20h18-53goéland, la Binquenais, 5 mai 2020, 20h18-36

Allez, après m’avoir offert son portrait, sans un battement d’ailes il vire sur la droite en plongeant et s’en va tourner ailleurs.. Je sens presque des embruns..

goéland, la Binquenais, 5 mai 2020, 20h19-54

goéland, la Binquenais, 5 mai 2020, 20h19-06

Pour l’identification j’hésite entre « goéland argenté » (le plus commun ici) et « goéland brun ». Il a le gris argent de l’Argenté sur le dessus des ailes mais la relative finesse de ses ailes déployées et cette ronde tâche ( qu’on nomme « miroir ») blanche au bout de ses rémiges me fait pencher vers le Brun..

1km « à vol d’oiseau », 26 avril 2020, 17h34 -> 18h17 (ouf ! – d’1 heure..)

Déjà avant (le confinement bien sûr), j’aimais déjà (photographier) les nuages, comme l’Etranger de Baudelaire ( « J’aime les nuages… les nuages qui passent… là-bas… là-bas… les merveilleux nuages « ). Alors en ce temps étrange où il faut remplir une attestation pour avoir le droit d’aller faire un tour d’1 heure, en tournant dans un cercle d’1 km, autour de chez soi, je les apprécie encore plus. Ils sont l’espace, l’infini, la liberté.. l’eau, la vie..

nuages, 26 AVRIL 2020, 17H36

.. le terrain de jeu du merle (quoique.. il n’est pas le meilleure exemple, lui qui vole bas de haies en haies..) qui chante leur gloire..

nuages et merle, 26 AVRIL 2020, 17H57

nuages et merle, 26 AVRIL 2020, 17H59

Confinés dans nos maisons sombres et aux fenêtres mesquines, se doute-t-on de l’étrangeté parfois facétieuse qui passe là-haut loin au-dessus..?

nuages, 26 AVRIL 2020, 18h08

J’habite dans un quartier où on a tendu des portées sans notes de musique où courre de quoi regarder des nuages.. sur des écrans, des toiles sur lesquelles de grandes araignées allongées sur le dos et les pattes sous la tête coiffée d’un panama regardent admiratives le ciel en rêvant aux nids cotonneux qu’elles feront une fois qu’elles auront siffler à la paille toute leur orangina.

nuages, 26 AVRIL 2020, 18h10

nuages, 26 AVRIL 2020, 18h17

Bd Oscar Leroux, 1er mai 2020, 12h53

Les plantes aussi rêvent de prendre de la hauteur et tendent leurs tiges vers le ciel..

la forêt autour d’un étang, Marpiré, 19 avr.19, fin d’après midi

Un bel endroit, calme, paisible, tranquille, dans la campagne, loin de pas mal de bruits – à tel point que je ne devrais pas en parler –  avec un grand étang sur lequel vivent des foulques, des grèbes huppés, autour duquel un chemin varié, tantôt plat tantôt tortueux, nous permet d’être parmi les hêtres, de hauts conifères et d’autres arbres. Il y a même des pontons sur lesquels on peut venir, en ce printemps commençant en hésitant cette année, se reposer, contempler,  humer, écouter, boire un coup et manger un morceau et regarder un grèbe portant, quand ce n’est pas ses petits,  2 grosses gouttes d’eau sur son dos comme des perles précieuses, tracer des sillons dans l’eau recouverte d’une pluie silencieuse d’aigrettes blanches de pissenlit..

moulin de la corbière,étang de la corbière, 19 avr 19,_.jpg

étang de la corbière, 19 avr 19, 16h42.jpg

couple, la corbière, 19 avr 19.jpg

étang de la corbière, 19 avr 19, 16h46.jpg

pissenlits, 19 avr 19, 18h49.jpg

Une bruine d’akènes d’aigrettes de pissenlits volette, s’accroche partout sur les branches, se posent délicatement sur l’eau. Nous avions rendez-vous avec cette neige de graines ailées, sans le savoir.

grèbe huppé,étang de la corbière, 19 avr 19, 17h00.jpg

grèbe huppé,étang de la corbière, 19 avr 19, 17h01.jpg

grèbe, la corbière, 19 avr 19

grèbes, la corbière, 19 avr 19.jpg

Les arbres se sentent si bien dans ce lieu qu’ils enlacent leur tronc.. Les mâles ont des poils verts, les femelles sont glabres..

troncs enlacés, ,étang de la corbière, 19 avr 19, 17h01.jpg

Des fleurs violettes inconnues, de moi en tous cas, comme des jacinthes qui se prendraient pour des fleurs de choux rouge ou de betterave, veillent d’un hommage religieux de leur épiscopale couleur insolente  les troncs moussus et morts depuis longtemps au fond du bayou.fleurs violettes ,étang de la corbière, 19 avr 19, 17h01.jpg

arbre mort, la corbière, 19 avr 19.jpg

hêtres, la corbière, 19 avr 19.jpg

 

ponton, la corbière, 19 avr 19, 18h11.jpg

cyclistes, la corbière, 19 avr 19, 18h19.jpg

Caro, la corbière, 19 avr 19, 18h25.jpg

 

 

 

Entrainements d’IDEC avant le Rhum, 7 & 9 oct.18, Baie de Quiberon

8h47. J’étais sorti par ce beau matin de soleil. A la « grande plage » (St Pierre) je me suis mis à photographier les oiseaux, goélands, cormorans, mouettes.. quand j’ai vu – pas trop surpris car je savais qu’il sortait s’entrainer régulièrement (comme Sodebo, fenêtreA, chocolat Réauté..) – IDEC, l’impressionnant trimaran barré par le « voisin Francis » Joyon (il habite à Locmariaquer). Toujours un plaisir et une émotion  de voir sortir ce grand bateau de la Trinité s/Mer, à petite allure, au moteur, poussé, guidé par quelques zodiacs, puis hisser son foc, sa grand’voile..

Ce matin là, moins d’un mois avant le départ à St Malo de La Course du Rhum, alors qu’il n’y avait qu’une petite brise assez tranquille (en tous cas là où je me trouvais, plus à l’abri que dans la Baie), j’entendis, à environ 2,5 kms, le sifflement de l’air dans les voiles du trimaran qui « traçait » droit vers le large.. Ce sifflement est presque amusant entendu à distance mais il a « dézingué » le système auditif de F. Joyon lors du Rhum. Cela serait facile de dire que ça ne m’étonne pas qu’il l’ait gagné, le Rhum, même si 2 ou 3 autres « ultimes » sont un peu plus rapides que lui en vitesse de pointe, mais sur le Rhum l’important était encore cette année de ne pas casser avant d’arriver et IDEC et son barreur se sont montrés les plus solides..et les plus chanceux, car ne pas rencontrer un objet flottant qui vient casser la coque est une question de chance.

Même les cormorans semblent regarder cet immense oiseau des mers aux 3 couleurs..

idec, baie de quiberon, 9 oct 18-49.jpg

Entre ma première photo, à 8h43, quand il avait hissé depuis peu ses voiles, et celle-ci, où il s’apprête à dépasser le bout de la presqu’île de Quiberon, il s’est passé 6 minutes, c’est-à-dire qu’il mettra 10 petites minutes à remonter toute la presqu’île au sortir de la Trinité jusqu’à l’est de la Teignouse, soit toute la Baie, c’est-à-dire une dizaine de kms à près de 60 km/h.

idec, baie de quiberon, 9 oct 18-49-14.jpg

idec, baie de quiberon, 9 oct 18, 8h53.jpg8h53

2 jours avant en fin d’après-midi, le bateau était déjà à l’entrainement et fusait tout autant sans avoir toute sa toile. On voit sur la photo le panache de vitesse derrière le safran tribord.idec, baie de quiberon, 7 oct 18, 16h28

Un cormoran peut voler à 27 noeuds (50 km/h). Cette version allégée d’IDEC au printemps 2018 peut facilement atteindre 32 noeuds (60 km/h) même avec peu de vent, d’ailleurs il est devant ce cormoran pour l’instant ..idec, baie de quiberon, 7 oct 18, 16h29.jpg

.. qui est devant le voilier 3 secondes après !idec, baie de quiberon, 7 oct 18, 16h29-19.jpg

(8 nov.2019) ça s’était il y a 1 an et demi. Depuis le bateau a du être encore amélioré car Joyon vient de raccourcir de 6 jours son temps entre Port-Louis (56) et Port-Louis de l’île Maurice. Quel bateau et quel marin !

Oiseaux d’Augure, Kerpenhir, Locmariaquer, 28 déc.18, 11h30

Huîtriers-pies. Au fond, l’île Méaban.

huitriers devant bagen hir, 28 déc 18, 11h30 (1 sur 1).jpg.. devant la tourelle Bagen Hir.huitrier, 28 déc 18, 11h29 (1 sur 1).jpg

cormoran, kerpenhir, 28 déc 18, 11h34 (1 sur 1).jpgGrand cormoran. J’aime bien ce nom. Il a un côté rugueux en même temps qu’il fait corps avec la mer, qu’il rase en général. Le terme « cormoran » viendrait du vieux français corp, corbeau, et marenc, marin. L’évolution de ces termes aurait donné cormareng au XIIè s puis cormaran au XIIIè. Historiquement, ces oiseaux auraient aussi été connus sous le nom de « corbeaux d’eau » ce qui est assez étonnant car le cormoran ne ressemble pas, hormis vaguement sa couleur, à un corbeau.

huitriers & goélands; kerpenhir, 28 déc 18, 11h30 (1 sur 1)

goélands, kerpenhir, 28 déc 18, 11h17 (1 sur 1).jpg