Préséance, la maison du chocolatier aux soirs d’octobre, St Pierre-Lopérec, Locmariaquer

le 25 oct.10, à 18h08 ou 19h08 (je ne saurais garantir que le changement d’heure – été/hiver – ait été enregistré dans la mémoire de l’appareil. Ce fut en tous cas la 1ère fois que je la photographiais)
 » la maison du chocolatier ». C’est ainsi que je l’ai entendue nommée : j’avais entendu dire que c’était un chocolatier qui l’avait fait construire.

Le 25 octobre 2017… Le soleil, à cette heure et à cette date et de ce même point de vue, se reflète dans les fenêtres (ce qui est assez prévisible du fait de la réalité du déplacement des astres).

Soir d'octobre, la maison du chocolatier, 25 oct 10

Soir d'octobre, la maison du chocolatier 2, 25 oct 10.jpg
 
11 oct.20, 19h47. J’aurais beaucoup à dire et en même temps je devrais en dire si peu tellement ça peut, selon un certain point de vue, respectable, avoir si peu d’intérêt (mais décider de ce qui a de l’intérêt ou pas est un ancien et fort incertain débat). Prenons l’aspect « souvenirs personnels » et alors, sous cette généreuse licence, disons :  » arrivés dans des lieux qui nous semblaient « naturels » ayant un lien certes mais distants d’au moins 200 m avec quelques demeures fort anciennes – plus d’1 siècle – dont l’une était la demeure de la propriétaire du champ que l’on louait, on a pu se sentir les « 1ers hôtes » de cette dame et, cette dame toujours, nous faisant l’honneur de nous louer un été de plus puis un été de plus son champ, on a pu finir par se sentir un peu « du coin ». Aussi quand nous vîmes – et nous ne la vîmes pas puisqu’elle a peut-être été construite aux 3 autres saisons hors de l’été – cette maison et qu’une des tantes (Mimi) nous dit qu’elle était celle d’un chocolatier, ce chocolatier ne pouvait être pour moi en tous cas que  » de Paris » pour pouvoir faire construire une telle maison à un tel endroit, très près de la maison du Général de Boissieu. Bref, arrivés et acceptés – du moins le croyais-je – depuis peu dans le coin, un sentiment de, comment dit-on, « préséance » s’insinua en moi (j’ignore ce qu’il en était pour mes tantes).
Or il se trouve que nous découvrîmes l’existence de cette maison, un été, à la place du champ de vaches.

Je pense que je la trouvai de bon goût, dans la tradition, bien que si récente. Elle avait l’air d’une maison traditionnelle, comme une ferme, une longère, mais elle n’avait pas cette légitimité-là : c’était une maison de vacances, puisque parisienne. La nommer « maison du chocolatier » introduisait une dimension inattendue et bienvenue pour combler un questionnement informulé : mais qu’est-ce que c’est que cette maison nouvelle arrivée là ? Qui y habite, à qui appartient-elle ?

Elle m’avait, je crois me souvenir, plu dès le début : elle était comme les maison anciennes – simple : pas d’étage – et en même temps était toute neuve, avec certainement tout le confort moderne (lave-vaisselle, eau chaude courante, téléphone..). Aussi je trainais parfois devant son muret de jardin mais n’y vit aucune personne susceptible d’attirer mon attention, n’y vit jamais un homme pouvant être « le chocolatier », ce qui fait que cette maison est restée maison – pure réalité architecturale et matérielle – sans être pour moi associée à qui que ce soit, un élément du décor suffisamment réussi pour être acceptable, et ce ne fut que bien plus tard que j’appris, lors d’un concours de photo organisé par l’association de sauvegarde de la chapelle, que la présidente du jury y habitait et que le jour où ma tante y était allée pour récupérer le tirage de ma photo sélectionnée elle y avait entrevue en pleine après-midi un homme qui visiblement buvait du whisky..

Je n’ai lu « que » peut-être les 200 premières pages de « du Côté de chez Swann » (qui est il me semble le début de ce qui constituera, une fois le tout écrit, l’œuvre rendue fameuse par quelques-uns, de Marcel Proust et que beaucoup nomment « la Recherche » et qui est, officiellement, (à) la Recherche du temps perdu ») mais j’ai lu, bien avant, plusieurs livres de Claude Simon et je me demande si je n’y ai pas attrapé un élément rythmique..

Un Minou qui ne craint pas l’eau froide.., Plouzané, 5 juin 2020

Voilà, vous avez regardé les 2 articles précédents et avez été assez patients pour mériter de voir, enfin, l’un des phares les plus photographiés de Bretagne (malgré la tour à côté qui gâche un peu) car facilement accessible et, comme au phare de Kermorvant, au Conquet, la jetée qui y mène complète esthétiquement le tableau.

Allumé à la veille de la Révolution de 1848, en janvier, 26 m de haut (5 étages) , pierre de Kersanton ( comme le phare de l’Île Vierge, Eckmühl et tant de calvaires, de linteaux de fenêtres etc..) et granit rose (pas rose du tout) de L’Aber Ildut.

Intérieur aujourd’hui aux murs décrépis mais comportant des carrelages intéressants.

Flanqué d’une tour presque aussi haute – décapitée de son dôme abritant et dissimulant une parabole- radar dans les années 60 gaulliennes (guerre froide oblige)  – dont certains réclament la démolition. On a bien détruit en 2015 la maison grise à droite du blockhaus (cette photo est ma 1ère image du phare, fin 2012. J’avais crû alors que la tour blanche – à cette distance je la voyais vieille ruine –  était antérieure au phare et ne comprenais pas pourquoi on avait construit un « second » phare plus haut sans surélever le « premier »..)

le petit minou, 30 déc 12, 12-51

La tour radar devait ressembler à ça :

Ciel, Radar, Tour, Antenne, Radio, Militaire, Signaux

Voilà ce qu’on voit quand on arrive par la route (et non le sentier côtier) :

le petit minou, 5 juin 2020, 17-04

A droite, le Fort (Vauban bien sûr) qui mériterait une exploration et un défrichage complets.

le petit minou, 5 juin 2020, 17-04-21

le petit minou, 5 juin 2020, 16-36

Cette double courbe de la structure pierrée qui y mène apporte un élément intéressant complétant l’esthétique rectiligne du phare. Au loin, la pointe du Toulinguet, son phare et son sémaphore et le Rocher du Lion.

le petit minou, 5 juin 2020, 16-37

le petit minou, 5 juin 2020, 16-42

La plupart des photographes mettent en dehors du cadre le blockhaus à droite. Certes c’est une verrue mais, du coup (comme on dit souvent aujourd’hui), j’ai été un peu surpris en arrivant sur place.. et je ne pouvais pas rester longtemps (je ne suis resté qu’une demi-heure) pour explorer soigneusement les lieux et varier les prises et les points de vue..

le petit minou, 5 juin 2020, 16-42-40

le petit minou, 5 juin 2020, 17-01

le petit minou, 5 juin 2020, 16-43

L’arche du pont reliant la côte et l’îlot du phare est un autre élément expliquant le succès photographique de ce lieu..

le petit minou, 5 juin 2020, 16-59

le petit minou, 5 juin 2020, 16-47

le petit minou, 5 juin 2020, 16-46

le petit minou, 5 juin 2020, 16-56

le petit minou, 5 juin 2020, 16-50

le petit minou, 5 juin 2020, 16-52-09

 

le petit minou, 5 juin 2020, 16-57

 

 

 

 

 

 

le Petit Minou à petits pas, 5 juin 2020

Un lieu qu’on a vu qu’en photo pendant longtemps, on peut avoir hâte de le découvrir en vrai enfin, mais cela n’empêche pas qu’on fasse un peu trainer la rencontre avant de passer dans la situation où on y va. C’est un peu tordu peut-être, mais c’est comme ça que je vais faire cette fois.

Le Petit Minou, c’est, avant d’être un phare sympa en pierres de Kersanton et en granit rose (plus rose du tout), un site, un environnement vraiment chouette : l’entrée du goulet de la rade de Brest, avec ses côtes découpées, ses falaises bien végétalisées et boisées, celles de la « rive droite » et celles, en face,  de 2 des 3 presqu’îles de Crozon ( qui forment une croix – Crozon – ressemblant à l’hermine bretonne) en face (1700 m dans sa partie la plus étroite, 6 kms entre le Minou et la Pointe du Toulinguet).

le petit minou, 5 juin 2020, 16h35

la batterie (ou le fort) de Cornouaille ( à plus de 3 km) date du XVIIè siècle..

le petit minou, 5 juin 2020, 16h53

.. et, en face, l’îlot des Capucins (ou plutôt du Capucin, du nom d’un rocher en ayant vaguement la silhouette), dont on ne voit, de ce point de vue, quasiment aucune des constructions du fort, conçu dès Vauban mais réalisé seulement au milieu du XIXè siècle.

le petit minou, 5 juin 2020, 16h41

le petit minou, 5 juin 2020, 16h42

A la pointe de Kerangoff se trouve une étrange construction, comme un pignon triangulaire étroit percé d’une sorte de niche à la base (comme le foyer d’une haute cheminée profonde) et d’une échelle de barreaux en fer vers son sommet. Je suppose qu’il s’agit d’un abri pour un douanier, un garde,  en même temps qu’un repère, un amer ancien.

le petit minou, 5 juin 2020, 16h46

le petit minou, 5 juin 2020, 16h49

Le phare du Petit Minou, l’amer et le phare du Portzic (au loin juste avant le port militaire) sont alignés et aid(ai)ent les navires à avancer dans le goulet, notamment grâce au premier dont le feu rouge les avertit d’éviter le « plateau des fillettes » ( « Le Minou rougit quand il couvre les Fillettes »), la Basse Goudron et la Roche Mengam, bien sûr balisées mais situées quasiment au milieu du Goulet dans lequel passent des navires au tirant d’eau régulièrement supérieur à 10 m..

goulet de la rade de brest, 30 déc 12, 13h42

.. comme le MS SIMON, qui vient de Russie livrer du gasoil et repart vers l’Algérie.

goulet de la rade de brest, 30 déc 12, 13h47

Du Dellec on aperçoit au loin à gauche le Fort du Capucin et à l’horizon Camaret.

goulet de la rade de brest, 30 déc 12, 13h57

Le VN PARTISAN est un bateau support pour la Marine Nationale.

le petit minou, 5 juin 2020, 16h43

De l’autre côté du site du fort et du phare du Minou, vers l’ouest, au-delà de la plage du Minou (prisée des surfeurs expérimentés) , se trouve la Pointe du Grand Minou (car il y a un « grand » et un « petit » minou). Au loin (7 km) les pointes du Creach’Meur et du Cormoran (sur la commune de Plougonvelin).

le petit minou, 5 juin 2020, 16h48

Près du phare, les rochers sont – sans doute du fait de leur composition hétérogène – truffés de trous. Sur la côte proche, des maisons (du Minou) ont une vue « imprenable » (quelle drôle d’expression) sur l’entrée du Goulet et l’océan mais sont aussi aux premières loges, sans protection, face aux tempêtes du sud-ouest.. Une telle vue parfois se paie ..

le petit minou, 5 juin 2020, 16h50

En contrebas du phare sur les rochers, une ancienne structure cylindrique creuse en béton (sans doute en lien avec l’ancienne tour radar de 1961 à côté du phare) est devenue un siphon dans lequel s’engouffre la mer et duquel elle ressort en jets sous pression.

le petit minou, 5 juin 2020, 16h57

Les lieux peuvent être dangereux, par tempêtes et/ou la nuit. Les reste d’un panneau en avertit.. en français, anglais et breton.. à quelques cms du vide..

le petit minou, 5 juin 2020, 17h00

Brest étant depuis longtemps un port stratégique, l’armée allemande a aussi fait construire de nombreux blockhaus dans la région, dont 1 assez imposant au Petit Minou, décoré par un graff qui me plait bien.

Allez, il est temps de vous montrer le phare.. Du moins en partie ! Pour qu’il se dévoile mieux, il faudra attendre le prochain article..

le petit minou, 5 juin 2020, 13-38

le petit minou, 5 juin 2020, 16-52

L’homme au phare, le phare du Petit Minou, 5 juin 2020

Le phare du Petit Minou, à Plouzané près de Brest,  réunit au moins 3 particularités : celui d’être l’un des phares de Bretagne les plus photographiés ( à toute heure et par tous les temps, notamment du fait de l’allée serpentine qui y conduit et sa facilité d’accès : une route, étroite mais véritable,  y conduit), d’avoir une tour quasiment collée à lui  et (l’autre record) d’avoir un nom énigmatique et ridicule, en français, si l’on ne tient pas compte de l’hypothèse étymologique qui le ferait venir du breton « min » qui signifierait nez, museau (comme le Cap Gris-Nez..)

A force de le voir en photo ma curiosité a été titillée et j’ai eu, moi aussi, envie – l’occasion se présentant – de le voir en vrai,  avec mon appareil photo dans la main.

Une visite rapide – vu que j’étais venu pour toute autre chose – à une heure pas forcément propice (je cherche des excuses) ne m’ont pas empêché d’être séduit par les lieux. C’est vrai que cette entrée du Goulet de la Rade de Brest (moi qui suis plus habitué au goulet du Golfe du Morbihan) a de la gueule : une partie de la fabuleuse (à titre personnel) presqu’île de Crozon en face, l’océan à tribord..

Je me suis aperçu que les photographes, cherchant la photo parfaite, occultaient généralement plusieurs réalités des lieux : le fort Vauban, les blockhaus…

Je propose donc – fidèle à mon modeste esprit de contradiction et dans le souci commercial de me démarquer de la concurrence – aussi quelques vues différentes .

Pour aller au phare, elles (ces images) empruntent notamment le chemin d’un homme qui s’y trouvait avant que nous y arrivions. Un homme sans appareil photo, sans smartphone, bref un homme étrange, qui regardait, simplement, en prenant son temps. Il y avait plusieurs personnes sur place, dont pas mal de photographes.

le petit minou, 5 juin 2020, 17h01

le petit minou, 5 juin 2020, 16h56-38

le petit minou, 5 juin 2020, 16h54-58

le petit minou, 5 juin 2020, 16h47

images du confinement, 26 avril/ 5 mai 2020, Rennes

rue Bannetel, 26 AVRIL 2020, 9h49

Bien sûr ce genre d’image aurait pu être fait à en dehors de cette période. Il n’y a que la date de prise de vue qui prouve. Voir une personne seule dans une rue est juste plus facile. Ici le panneau STOP prend un sens un peu plus fort. La posture un peu lasse favorise une interprétation précise. On sait depuis longtemps qu’on peut faire dire à une image quelque chose et autre chose, voire le contraire.

place Bir-Hakeim, 5 mai 2020, 20h05

Les livreurs de pizza – qu’on dévore à pleines dents ! – arpentent régulièrement le quartier mais pendant le confinement ils ont été plus nombreux à tourner ( place Bir Hakeim, 5 mai, 20h10)

stade de la Binquenais, 5 mai 2020, 20h10

La notion de « distanciation sociale » (ou plus clairement,  physique) est toute relative dans certains lieux (stade de la Binquenais, 5 mai, 20h10).

bd de l'Yser, 26 AVRIL 2020, 17h54

Certains architectes n’ont pas pensé qu’il pouvait être utile de prévoir davantage de balcons.. (pour être honnête, il ne s’agit ici que de bouts de couloirs, les appartements ont des balcons plus grands..).

rue louis turban, 1er mai 2020, 12h45

Il n’y a pas que les gens qui sont confinés. Celle-ci est non seulement aussi confinée , mais comment pourrait-on dire..  Confettisée.. prête pour le prochain mariage autorisé..

Et le ciel t’aidera !, la Binquenais, Rennes, 9 mai 2020

Quand des tensions se sont accumulées pendant plusieurs semaines de « confinement obligatoire » dans des appartements d’immeuble – tensions à l’intérieur et tensions avec des voisins  de plus en plus tendus -,  nous découvrons un phénomène – cependant déjà pressenti par Benjamin Franklin au milieu du XVIIIè s –  qui n’avait jamais été observé (et encore moins photographié) jusque-là  : il y a  » de l’électricité dans l’air » et cette accumulation finit par créer une tension suffisante – si personne ne « pète les plombs » avant – qui charge l’immeuble d’un potentiel électrique négatif global (PENG) qui atteint un niveau suffisant, dans des conditions atmosphériques précises, pour communiquer avec les tensions s’accumulant entre les nuages.

Voici le phénomène observé à la Tour de la Binquenais à Rennes (21 étages, 126 appartements, soit plus de 200 potentiels accumulateurs d’énergie – les habitants -) alors que les tensions s’accumulent aussi dans l’atmosphère..

tour de la binquenais, 9 mai 2020, 20h10

Il est 20h10 en ce samedi 9 mai du dernier week-end avant le fameux « déconfinement » ( le « jour d’avant »..) qui génère de l’impatience chez certains, de l’inquiétude chez d’autres, bref des tensions mentales.. Dans le ciel l’orage approche, les nuages se chargent de particules négatives et positives.

tour de la binquenais, 9 mai 2020, 21h07

1heure plus tard l’ambiance s’est sérieusement assombrie, alourdie.. La tour a un aspect de plus en plus dramatique..  et l’atmosphère est de plus en plus lourde.

tour de la binquenais, 9 mai 2020, 21h15

21h15 : le premier signe apparaît, assez haut et un peu timide..

tour de la binquenais, 9 mai 2020, 21h18

3 mn plus tard, le ciel se fâche tout rouge et laisse éclater sa tension.

Ensuite ce fut des détonations et des explosions  incessantes où les éclairs de lucidité furent rares..

tour de la binquenais, 9 mai 2020, 21h28

Voilà, vous savez (presque) tout sur l’origine des éclairs et que les colères du ciel sont en vibration avec celle des humains. Vide-toi et le ciel t’aidera !

le Boël : vestige de la carrière, 7 mars 2020

moulin du Boël, 7 mars 2020, 14h56

Par la rive gauche de la Vilaine on peut arriver assez près du Moulin,  jusqu’à son entrée en fait. Elle est interdite au public et encore plus en cette période de crue où l’eau monte jusqu’à mi-porte et, je suppose, traverse l’intérieur. Ça doit être dans un drôle d’état. Je ne suis pas spécialiste des moulins sur rivière mais je n’en ai jamais vu d’aussi exposés à l’eau (pas chaque année mais tous les 3 ou 4 ans). Ses concepteurs en avaient sûrement conscience, d’où la proue aigüe qu’ils ont faite.

moulin du Boël, entrée, 7 mars 2020, 14h21

Ce qui nous intéresse aujourd’hui c’est aussi de voir s’il y a des traces de l’exploitation de l’ancienne carrière. Oui : un étroit sentier monte en lacets sur la berge et l’on trouve plusieurs petites constructions. Abris, ateliers, remises.. il y en a une demi-douzaine. Aujourd’hui en partie, plus ou moins, éboulés et envahis par la végétation, ces vestiges mériteraient d’être dégagés mais je comprends bien que le lieu peut être considéré comme dangereux, du fait de l’aplomb de la roche où des éléments fixés attestent pourtant d’une activité d’escalade.

moulin du Boël, vestiges de laa carrière, cheminée, 7 mars 2020, 14h28

Un premier abri, aux murs de schiste,  se trouve sur la rive juste derrière le moulin et si l’on continue, le sentier monte en lacets et on se retrouve vite comme à l’entrée d’un cirque en partie fermé par des blocs de pierre imposants. A gauche, l’abri le plus grand et le mieux conservé, quoiqu’en ruine (il n’a plus de toit), contient encore une cheminée. Chauffage, fricot ? Dans quelle mesure les ouvriers demeuraient-ils là ? Quand la ville de Bruz se décidera-t-elle à réhabiliter cela et à en faire un lieu de visite et de compréhension d’un site rare ? Et pourquoi pas, dans ce premier abri éloigné des risques de chutes de pierres, un petit gite où il ferait bon passer la nuit bercé, à la chaleur du feu de cheminée,  par le son du fleuve qui passe.. ?

moulin du Boël, vestiges de la carrière, 2ème, 7 mars 2020, 14h29

Ça sent l’abri bricolé, agrandi, réparé, modifié au fil du temps, avec les parties les plus anciennes en schiste, une autre partie enduite et une plus récente en parpaings brut.

moulin du Boël, abri dans la carrière, 7 mars 2020, 14h30

 

moulin du Boël, la carrière, 7 mars 2020, 14h34

moulin du Boël, la carrière, 7 mars 2020, 14h35

moulin du Boël, la carrière, 7 mars 2020, 14h37

 

 

 

Cailloux et cætera, Cayeux s/Mer, 23 déc.19

Ambiance hivernale bord de mer venteux frisquet dans une station-balnéaire-modeste-désertée-et-fermée. Courte pause à Cayeux en commençant par Brighton. « New Brighton » ou « Brighton-les-Pins » est une zone située au nord de Cayeux s/Mer et lotie par d’entreprenants Anglais à la fin du XIXè s. Le phare qui s’y trouvait  ayant été détruit comme tant d’autres sur l’ordre de l’autre fou le 31 août 1944, un nouveau phare (dans le style du précédent pour la tour mais sans la construction à sa base qui lui faisait une silhouette à l’aspect plus solide et progressive)  y fût construit, achevé en 1951. 28 m (ou 32 selon les sources) de haut – ce qui est déjà une belle hauteur et en fait le phare le plus haut de la région – il ne fut automatisé qu’en 1999. Hitler, à qui nombre ont obéi – en plus de ses ordres délirants de meurtres massifs – nous a accessoirement (au regard de l’assassinat de millions de personnes) privé d’une partie de notre patrimoine et de plaisirs visuels architecturaux.

Cayeux s-Merl, 24 déc.19, 12h31

L’ancien phare se trouvait tout près de la mer mais l’actuel, du fait de l’accumulation de galets et de sable, se retrouve à 400 m de celle-ci (enfin c’est ce que j’ai crû voir). Un beau sémaphore se trouvait à côté, détruit lui aussi..

Le phare et le sémaphore de Brighton, avant destruction en 1944, carte postale, 1er quart 20e siècle (coll. part.).

« Cayeux » vient de « caillou » et c’est peu de dire qu’il y en a des galets.. Au XIIè s ce fut bien sûr lapidé par des paysans que fut tué le seigneur local, qui abusait.. Sur les digues , le ramassage à la main des galets constituait à la fin du XIXe siècle l’une des rares activités « industrielles » (par la sueur et la peine , oui c’était bien industriel) du coin. Convoyés jusqu’au port de Saint-Valery-sur-Somme, ces silex arrondis bleus et blancs étaient transportés en Grande-Bretagne. Avant la Seconde Guerre mondiale, des ouvriers portaient et déplaçaient plusieurs tonnes de ballots de galets par jour.

Image associée

Il y avait des ramasseurs de cailloux à peu près partout où il y avait des cailloux (du Havre, à Dieppe..) mais Cayeux a semble-t-il une particularité : il est, dit-on, le seul gisement d’Europe de galets de mer  pour son taux de silice qui atteint 99 %. Encore aujourd’hui deux entreprises continuent à exploiter les silices de mer. L’une d’elles calcine (avec quelle énergie ?) les galets à 1 600 °C pour les réduire ensuite en poudre blanche, très résistante, utilisés dans les travaux de voirie comme dans la fabrication des pâtes abrasives.. L’autre entreprise sélectionne des galets sans défaut, de taille semblable, employés pour la décoration urbaine ou comme agents de résistance dans les broyeurs.. Les derniers ramasseurs, une dizaine parait-il, sillonnent la grève par tous les temps, sauf pendant les périodes de gel qui collent les pierres ensemble. Pensent-ils « chouette il gèle ! » ou « mince il gèle » ? Je n’en ai pas vu, pourtant il ne gelait pas. La trève des ramasseurs ? Cela me fait penser à d’autres forçats d’aujourd’hui,  pousseurs de vélos chargés de sacs de 60 kg de coques dans la Baie du Mt St Michel. Par vent de nord-ouest, la mer apporte son lot de cailloux polis – sans être payée – qu’elle peut ramener au large – la stupide – dès le lendemain, sur un coup de tempête. Sur un coup de tête en somme, l’inconséquente !

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À Cayeux la nature est plate alors les hommes y ont construits quelques verticalités, maisons, églises, phares et cet amer que j’ai pris pour un monument commémoratif de la guerre ou de « l’industrie » ( à dos d’hommes) du caillou.. Faudrait demander à Daniel Buren s’il n’a pas été influencé par cette structure pour ses colonnes au Palais Royal.. Cet amer a été construit sur l’emplacement d’un phare détruit en 44 appelé « phare sud ».

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De belles vagues et du vent ce jour-là à Cayeux, mais je ne sais pourquoi mon p’tit doigt me dit qu’il y en a souvent et depuis longtemps..ou qu’ils ont décidé de ne consacrer qu’un tout petit peu d’argent dans le budget drapeaux..

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un phare oublié, bords de la Seine, déc.19

Il est un phare, en Normandie, sur un bord de la Seine, qui semble complètement oublié, abandonné, en tous cas en tant que phare. On y parvient en prenant une route étroite et escarpée bien avant de découvrir la Seine. Au début de la route un restaurant lui rend hommage en se nommant « restaurant du phare »..Il devait être la lumière tribord des navires entrant en Seine et, face à l’augmentation du nombre et du tonnage des navires visant Rouen ou Paris (Port de mer), s’est vu relégué à un second plan après l’érection – car tout ça est décidé par des hommes – de la « tour radar » à Honfleur, aussi nécessaire, efficace et moche (selon mon goût), que celle à Ouessant : du béton à la silhouette utilitaire sans être esthétique, ou, en tous cas, d’une esthétique qui commence seulement à devenir, à mes yeux, intéressante..

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Sa tourelle en verre et zinc est désespérément vide de tout feu. Nulle merveilleuse lentille de Fresnel sur bain de mercure ne s’y trouve et l’air humide des pluies de l’estuaire s’y engouffrent désormais, rongeant tout le métal.. Il est pourtant inscrit « monument historique » depuis 2011 mais n’est pas l’objet de protections à la hauteur de son passé.

phare de la Roque, 22 déc 19, 15h06.jpg

C’est pourtant un phare-maison, perché à plus de 50 m au bord de la falaise de craie à l’aplomb de l’ancien lit large de la Seine (à près d’1 km du lit habituel) – puissant fleuve qui n’est malheureusement pas passé inaperçu des hommes – avec une belle cheminée en briques comme on savait en construire en Normandie au XIXè siècle. S’il se trouvait sur un îlot breton il serait une star, au sens propre du terme.. Quelque édile aura signé l’ajout d’une balustrade quelconque en aluminium dans les années 80 (du XXè siècle), balustrade qui passe encore, de loin et par temps de brume..

phare de la Roque, 22 déc 19, 15h07.jpg

.. mais il sert aujourd’hui de relais téléphone (il en faut bien..) pour Orange et quelques délinquants (je rappelle que taguer un mur d’autrui, bien que parfois élevé au rang d’acte artistique, est un délit), constatant probablement  l’abandon, auront ressenti le besoin égocentrique d’y bomber quelques dessins ou messages esthétiquement moches et – n’étant pas du même « auteur » – contradictoires..

phare de la Roque, 22 déc 19, 15h10.jpg

Je le préférerais sans ces tags.

 

 

 

Côte de granit rose, été 2015

A l’été 2015, j’ai eu la chance de pouvoir être une dizaine de jours tout en haut au nord de cette petite excroissance de la côte nord de Bretagne qu’on appelle le Trégor, du côté de Trégastel et de Ploumanach et qui est assurément l’un des plus beaux coins de Bretagne.  J’avais fait une sorte de brochure – texte/images – paréidolique  (quand on voit des formes dans les nuages, les troncs d’arbres, les rochers..), ce qui n’est pas  original, je le concède,  car là-bas c’est un festival de têtes, de personnages ou d’objets dans les rochers. Or cette « brochure », que j’avais imprimé sur papier,  je ne la retrouve pas dans les méandres obscures de mon ordi.

ploumanach, 8 août 15, 18h12.jpgÎle Renote, Tregastel, 8 août 15, 18h23.jpg

Sur l’Île Renote – qui n’en est d’ailleurs pas (plus ?) une – à Trégastel. J’imagine comment j’aurais adoré, enfant, me perdre dans ces dédales escarpés.. Je vous laisse voir la gueule du cachalot, la tête de Voldemort, celle du vieux triste au nez pointu,  de la Grande Oie endormie et du canard au bec coupé…

Île Renote, Tregastel, 8 août 15, 18h26.jpgIci on touche au sublime, en termes d’équilibre, d’art éphémère-au-long-terme et de métaphore animale aquatique..

Île Renote, Tregastel, 8 août 15, 18h27.jpgÎle Renote, Tregastel, 8 août 15, 18h49.jpgÎle Renote, Tregastel, 8 août 15, 18h52.jpgTregastel, 18 août 15, 18h06 Tregastel, 18 août 15, 18h014.jpg Tregastel, 19 août 15, 14h49.jpg Trebeurden, 19 août 15, 14h52.jpg

 Trebeurden, 19 août 15, 14h56.jpg Trebeurden, 19 août 15, 15h12.jpg

 Trebeurden, 19 août 15, 15h22.jpgComment ne pas avoir envie de devenir sculpteur de granit quand on nait là-bas ? A défaut on peut se faire embaucher par les quelques carrières qui y subsistent mais ce n’est pas pareil de débiter des plaques qui seront poncées, polies pour devenir des pierres tombales. Autant le granit sculpté est magnifique, autant quand il est poli, rendu lisse et brillant je le trouve moche.

 

Brouillard au Boël, Pont-Réan, 17 nov.19

La campagne autour de Rennes est largement agricole, un bocage aux champs plus ou moins grands où les coins sympas ne sont pas si nombreux.. Il y en a, certes, mais ce sont des petits lieux qu’il faut dénicher, par exemple des anciens moulins sur des cours d’eau. Le Boël est sûrement le plus connu de ces moulins et il se trouve dans le site sans doute le plus spectaculaire – toutes proportions gardées – des alentours : la Vilaine s’est en effet creusé son chemin au travers de collines (60/80 m) de schistes rouges, ce qui donne des points de vue élevés intéressants.

En ce dimanche de novembre le brouillard est là et la Vilaine est haute. Allons au Boël.

Le moulin a été construit dans la seconde moitié du XVIIè s et son côté face au courant est en étrave de bateau, comme le moulin de la Molière 10 km en aval. Après la guerre de 14 son utilisation fut moins régulière. Elle cesse en 1936 car on démonte l’une des 2 roues à aube pour l’installer sur un autre moulin, en amont, à Cesson-Sévigné. Il s’est alors ensuite peu à peu dégradé et a perdu ce qui restait du toit lors d’une tempête de l’hiver 1962.

Années 1950 ?

après la tempête de novembre 62.

Malgré le classement à l’inventaire des Monuments Historiques, les Ponts-et-Chaussées décident alors de le raser mais, à l’initiative d’un Bruzois (habitant de Bruz – ne pas prononcer le z, contrairement à Stéphane Bern)  la Commune de Bruz rachète la ruine en juin 1964 à condition que ce jeune Bruzois (Jean-Yves Connen) se charge d’organiser les possibilités de la restauration. Une asso est créée. Les travaux – des chantiers pendant les vacances de jeunes bénévoles de toute l’Europe – consistent au début à remettre de l’ordre dans la ruine, récupérer des pierres l’été quand la rivière est basse

A la fin de l’été 67, les murs sont prêts à recevoir un nouveau toit qui sera construit par des professionnels.

L’aspect des lieux était, au début du  XXiè s, fort différent d’aujourd’hui : les collines étaient nues, sans arbres, le schiste rouge en était extrait pour la construction.

Le 6 juin 1884, des blocs de schistes s’écroulent dans la carrière proche du moulin, ensevelissant 6 carriers et 2 enfants présents sur place.

Les carrières ne sont plus en activité. La végétation, des arbres – et ce dimanche un épais brouillard –  dissimulent les vestiges.

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La rivière Vilaine aujourd’hui est bien un fleuve et son eau limoneuse et froide, couleur de Mékong, courre par dessus le barrage le long du moulin.

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de la Pointe de Rothéneuf, 22 janv.17, fin de journée

Vers l’est, Notre-Dame-des-Flots.IMG_8235 (2).JPGIMG_8224 (2).JPGîlot du Petit ChevretIMG_8226 (2).JPGÎle Besnard – qui n’est pas (plus ?) – une île, îlot du Petit Chevret, accessible à marée basse, comme ici et, au loin, Pointe du Meinga. Sur l’île Besnard a été restauré il y a quelques années un ancien sémaphore à qui manquait encore une partie du toit en novembre 2010 (photos). Il a été restauré et le Conservatoire du Littoral a apparemment le projet d’en faire un gite.sémaphoe île besnard 01 nov 10.jpg

sémaphoe île besnard 01 nov 10 14h51.jpg

IMG_8228 (2).JPGVers l’ouest, la Pointe de la Varde, tourelle de la Plate, île de Cézembre et ses îlots (Ronfleresse, Petite Conchée..) et fort de la (grande) Conchée.

IMG_8236 (2).JPG(sous-réserve) l’îlot du Bénétin et la tourelle de Rochefort

IMG_8237 (2).JPGA l’ouest, sur une pointe, une croix a été placée. Un panneau indique que le lieu est nommé « pointe du Christ », que c’est une propriété privée et mentionne les « œuvres » de l’abbé Fouré (sic !). On cherche des yeux ces fameux rochers sculptés sans les trouver. Ils se trouvent en fait à une centaine de mètres à droite (vers l’est). L’accès au site est fermé et n’ouvre que quand une personne de l’association qui gère le site est là. Il est possible d’avoir accès au site à marée basse par la côte mais il faut faire attention car c’est pentu et il faut soit  passer par-dessus un mur construit pour empêcher le passage soit le contourner. Plus haut, le sentier du littoral, proche de la mer de par et d’autre, est coupé à cet endroit et fait un détour vers l’intérieur en contournant un resto  qui a été construit à 50 m du littoral.. L’association qui exploite le site des rochers sculptés dit que le lieu est légalement privé.. . Dommage que le site ne soit pas libre d’accès car, apparemment (je ne les ai  vus qu’en photos : le site était « fermé ») les rochers sculptés ont l’air plutôt réussis.IMG_8240 (2).JPG

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IMG_8253 (2).JPGLe site des rochers se trouve en contrebas des haies plus vertes que l’on distingue au centre de l’image.