Pointe du Hourdel, Picardie, 24 déc. 19

Au départ le but de ce court voyage était de découvrir la Baie de Somme mais les plans ont changé en cours de route et de la Baie de Somme nous ne verrons « que » les eaux vert pâle de l’estuaire – la Pointe du Hourdel- mais ce fut une découverte sympathique et l’occasion d’apercevoir  plus d’une trentaine de phoques (presque pour la 1ère fois pour moi qui pense en avoir photographié un dans l’estuaire du Golfe du Morbihan).

pointe du Hourdel, 24 déc.19, 13h26

Ce phare de 18 m, achevé en 1950, est une verticalité blanche remarquable –  au simple sens qu’on la remarque – dans ce paysage plat.

pointe du Hourdel, 24 déc.19, 14h20

pointe du Hourdel, 24 déc.19, 13h37.jpg

pointe du Hourdel, 24 déc.19, 13h53.jpg

pointe du Hourdel, 24 déc.19, 13h58.jpg

Je dois honnêtement dire que ça ne m’a fait ni chaud ni froid ( enfin plutôt chaud tiède que froid tiède quand même) d’apercevoir des phoques, bien que j’aie de cet animal une idée qu’il vit loin de France et quoique je sache qu’il vit aussi en mer d’Iroise, autour de Molène notamment. Les phoques surveillent du coin de l’oeil les gens qui les regardent puis se mettent (les phoques, pas les gens, quoique.. intérieurement.. certains.. peut-être..) à osciller pour avancer et se glisser dans l’eau.

pointe du Hourdel, 24 déc.19, 13h55.jpgpointe du Hourdel, 24 déc.19, 14h08.jpg

pointe du Hourdel, 24 déc.19, 14h29

Nulle besoin d’avertissement pour les phoques..

pointe du Hourdel, 24 déc.19, 14h09.jpgpointe du Hourdel, 24 déc.19, 14h13.jpg

De l’autre côté du large estuaire on voit le Crotoy  et les 2 tourelles de la villa « le souvenir » construite en 1897 (aujourd’hui un hôtel)

pointe du Hourdel, 24 déc.19, 14h01.jpg

pointe du Hourdel, 24 déc.19, 14h29-24

pointe du Hourdel, 24 déc.19, 14h05.jpg

pointe du Hourdel, 24 déc.19, 14h10.jpg

pointe du Hourdel, 24 déc.19, 14h15-39.jpg

De l’autre côté en regardant vers le sud-ouest on voit un blockhaus gisant basculé, fiché dans la vase, propre et net, comme une étrange chose posée là sans utilité, comme tombée du ciel : une matérialité d’un passé renversé qu’avec le recul on peut qualifier de ridicule et de dérisoire. Je ne sais comment décrire en quelques mots la situation qui a conduit à ce qu’un tel objet de béton soit encore 80 ans après présent en ces lieux (et en bien d’autres).. Une majorité de gens ayant, dans des circonstances économico-politiques particulières, un puissant sentiment de frustration enivrée par un homme délirant ayant su catalyser ces sentiments ?

J’ai joué sur ces blockhaus dans mon enfance. Mes fils y ont joué, moins que moi. J’étais d’une génération où aussi la guerre était présente. On jouait à la guerre. J’ai aimé le métal brûlant du tank qui était sur la dune, entrer dedans et me prendre pour un soldat (mais je ne savais pas si c’était un soldat allemand, trop abstrait, ou un soldat français, tout autant abstrait). Je pense que ce qui me plaisait c’était juste l’objet, énorme, beaucoup mieux qu’un jouet, qu’une fausse voiture au manège, sans pensée autre que celle-là. Le lourd métal était mieux que du plastique et c’était déjà un petit exploit que d’oser monter dans cette carcasse aux arêtes potentiellement coupantes. D’où le plaisir. On jouait aux Indiens et aux vachers, pardon, aux cow-boys, parce que la société nous parlait de cela. On voyait des films à la télé qui montraient cela .. Il leur fallait bien, aux adultes,  en parler aussi, ou surfer dessus ? La violence est-elle innée en l’Homme, en l’homme ? Et chez les filles ? Ou est-elle introduite en eux par la génération de leurs parents qui a vécu cela et en a été soit victime soit actrice ? Je me demande s’il serait mieux de les détruire, de les faire exploser, comme on  nettoie un lieu d’une « fête » qui a mal tourné, ou de laisser s’accorder le temps de leur destruction naturelle par les éléments – la mer, le vent, le sable – avec celle des mémoires, de moins en moins vives, de plus en plus rares, des personnes qui ont connu, vécu cette époque. Je ne suis pas sûr mais je penche, comme cette masse de béton, pour une destruction de ces éléments. Pour stopper un cancer, ne détruit-on pas les métastases ?

pointe du Hourdel, 24 déc.19, 14h22

Rien de surprenant ici pour un Breton habitué à côtoyer des vestiges du  » Mur de l’Atlantique »..

pointe du Hourdel, 24 déc.19, 14h20-36.jpgpointe du Hourdel, 24 déc.19, 14h25.jpg

pointe du Hourdel, 24 déc.19, 14h27

 

 

Côte d’Albâtre, 23 déc.19

Il est temps de descendre sur les grèves de cette Côte d’Albâtre. Certains passages étroits, dans des failles, pourvus d’escaliers plus ou moins risqués, ont été faits pour ça semble-t-il comme à Sotteville s/Mer..

sotteville s mer, 23 déc.19, 12h54.jpg

..mais nous ne descendrons pas..

.. Nous descendrons quelques kms plus loin, à St Aubin s/Mer..

St Aubin s mer, 23 déc.19, 13h14.jpg

.. où quelques personnes se trouvent, ainsi que de 2 kite-surfers et un véliplanchiste qui évoluent entre des lignes de rouleaux écumeux. La mer y est-elle (beaucoup) plus froide qu’en Bretagne ?

St Aubin s mer, 23 déc.19, 13h15.jpg

Ces hautes falaises créent une rupture totale entre la terre et la mer et la grève, en plus d’être souvent difficilement accessible, devient une zone assez étrange entre 2 mondes, l’un laissé là-haut et presque menaçant et l’autre impossible à investir, une zone où l’on peut se sentir fragile, coincé, à marée haute, en même temps que protégé car caché. Sentiment ambivalent difficile à saisir et à exprimer. Mais je ressentirai cela davantage à Vasterival qu’à St Aubin…

St Aubin s mer, 23 déc.19, 13h15-47.jpg

.. où la large échancrure accueille le besoin de rêverie et de bien-être de la plupart des humains.

St Aubin s mer, 23 déc.19, 13h120.jpg

St Aubin s mer, 23 déc.19, 13h20.jpg

St Aubin s mer, 23 déc.19, 13h22.jpg

St Aubin s mer, 23 déc.19, 13h27

Les falaises de craie ruissellent sur les grèves et l’eau de mer y éclaircit son vert qui devient gris verdâtre, albâtre et au bout des valleuses les eaux terreuses chargées de limons ocres rejoignent la mer et tardent à s’y mélanger.

St Aubin s mer, 23 déc.19, 13h30.jpgSt Aubin s mer, 23 déc.19, 13h29.jpg

 

 

 

Lyrisme des Vagues, St Valery-en-Caux, 23 déc.19, vers midi

Les incessantes vagues atteignent le rostre arrondi de la jetée nord et se divisent en 2. La moitié roule dans le chenal du port, l’autre longe l’autre quai et c’est elle que nous allons accompagner des yeux . Le volume de chaque vague divisé en 2, chaque moitié, loin de perdre sa force, sa puissance, son énergie, en se scindant donne naissance à 2 vagues semble-t-il encore plus fortes, épaulées par des sœurs.

La vague nouvelle se met à rouler le long des murailles, les débordant si elle voulait, lèche les pierres scellées d’un baiser en passant, poursuit sa roulade ondulante vers la promenade où elle se sait espérée,  collée aux parois minérales et s’appuyant sur elles.

st valéry en caux, 23 déc;19, 12h19-34.jpg

Elle se fait espérer, attendre, désirer et dans sa plénitude accomplie s’élève à l’instant de son attaque du brise-lame, et ce n’est pas sa fin – car elle s’en retournera en tirant une modeste révérence  – mais son apothéose cambrée dans le soleil blanc..

st valéry en caux, 23 déc.19, 12h13-54.jpg

Elle menace, promet des frissons glacés, se multiplie, vaporise son iode..

st valéry en caux, 23 déc.19, 12h14.jpg

.. se rapproche un peu plus à chaque élan et souffle son air de sel, progresse dans son numéro de danse de diamant..

st valéry en caux, 23 déc.19, 12h14-11.jpg

.. enfin s’élève un peu plus, s’ébroue contre le roc et inonde la scène des applaudissements frissonnants des spectateurs trempés.

st valéry en caux, 23 déc.19, 12h13-07.jpg

 

« la perle (rose orangé) du Pays de Caux », Veulettes s/Mer, 23 déc.19

Avant de remonter vers le nord, rapide descente proche de notre hébergement vers Veulettes s/Mer, surnommée « la perle du Pays de Caux », pour voir la centrale nucléaire du Paluel située juste (1,5 km) à côté. En fait on ne fera qu’apercevoir ses 4 dômes au-delà de ses clôtures et parkings car, de Veulettes on ne la verrait qu’en longeant la côte, ce qu’on n’a pas pris le temps de faire.

De Veulettes nous n’avons vu que le coin du Pont Rouge qui enjambe un large ruisseau qu’on est censé appelé « fleuve », ce que je ne fais toujours qu’avec réticence, où se trouvent 80 « cabanes » ( que j’ai trouvées plutôt moches donc pas photographiées) où des familles pauvres – pardon : « défavorisées », c’est le terme officiel – venaient, après guerre, profiter de la mer, à distance des belles demeures en dur de ce « fief » de la famille (« favorisée » ?) Servan-Schreiber ( Emile, fondateur des Echos de l’Exportation – devenus les Echos – qui l’a administrée de 47 à 67, suivi par son épouse Denise Brésard jusqu’en 83 ..). Y a-t-il eu une influence avec l’installation de la centrale à proximité ? Je n’ai pas trouvé Veulettes spécialement beau mais j’ai quand même trouvé une perle – si ce n’est « la » perle – rose orangé, dégonflée et en plastique..

Ps (mars 2020) : je ne savais pas encore – personne ne savait à cette date – que je venais de me retrouver (je l’ai même touché !) en contact avec un truc énorme mortel ! Non, pas une bouée radioactive, mais celui qu’on identifierait et nommerait 3 mois plus tard Le Corona Virus !

Veulettes s mer, 23 déc;19, 11h39.jpg

A cet endroit les falaises font 50 m. Derrière se trouve la centrale nucléaire.

Veulettes s mer, 23 déc;19, 11h41.jpg

Veulettes s mer, 23 déc;19, 11h43.jpg

Veulettes s mer, 23 déc;19, 11h48.jpg

Là, de l’autre côté de Veulettes, vers le sud,  les falaises font environ 70 m de haut.. Je ne sais pourquoi cette photo semble une peinture. Je n’ai pourtant pas modifié les couleurs ou le contraste, juste accentué les nuages..( qui, vu le sens du vent,  ne sont pas radioactifs..)

2 mn après.. le ciel est repassé aux gris..

Veulettes s mer, 23 déc;19, 11h49-58.jpg

Veulettes s mer, 23 déc;19, 11h49.jpg

Veulettes s mer, 23 déc;19, 11h50.jpg

Laissons les goélands s’exciter dans la baie, quittons Veulettes et allons voir de quoi a l’air le phare de St Valery-en-Caux-sans-accent-aigu-sur-le-e (c’est bien compliqué comme nom..)

 

 

 

 

 

Mauvaise Passe, Fécamp, 22 déc.19

Alors voilà : l’entrée du port de Fécamp est, comme à St Valéry-sur-Caux et au Tréport, étroite : 70 m de large, ce qui interdit toute erreur dans l’attaque et le choix du moment de la marée. De plus une barre se forme parfois devant.. Elle est par contre idéale pour les piétons car les solides jetées en dur (pierres taillées, béton..) sont complétées par de belles estacades en bois, comme au Tréport, ce qui multiplie les points de vue, mais j’avais 3 raisons de ne pas les emprunter ce jour-là : interdiction signalée d’y aller et n’étant pas du coin j’ignorais quel était au juste le danger (marée montante ? projection de galets qui jonchaient par endroits la jetée ?), obligation de choisir un point de vue par manque de temps, pas envie de prendre le risque qu’une vague plus haute me trempe, ni moi ni mon matériel non étanche.

Des personnes, peut-être du coin, n’avaient pas mes réticenses..

Fécamp, l'entrée du port, 22 déc 19, 17h11.jpg

Les 2 feux ont été construits en béton et en 1952. Le feu tribord ou sud (vert) fait 10 m de haut, le bâbord ou nord (rouge), 14 m.  Avant la seconde guerre mondiale, il y avait là 2 phares ronds, bâtis en pierres taillées, plus beaux, selon moi (très proches par l’aspect des phares actuels de St Valéry-en-Caux et du Tréport) mais ils ont été détruits, comme la plupart des phares,  par l’armée allemande en août 44 juste avant l’arrivée des alliés. Les conséquences d’une guerre telle que celle-là sur les lieux a été énorme..

Résultat de recherche d'images pour "phares de fécamp"

Un beau phare a été à une époque semble-t-il envisagé sur la Pointe du Fagnet – le nom de la jetée au pied du Cap Fagnet –  en 1836 et aurait ressemblé, en plus étroit, à celui de Carteret, dans le Cotentin :

Fécamp, l'entrée du port, 22 déc 19, 17h12-15.jpg

Pendant ce court séjour en Normandie, j’ai été frappé par l’importance des groupes d’oiseaux qui m’ont paru beaucoup plus nombreux qu’en Bretagne (en tous cas qu’en Morbihan). On en distingue un ci-dessous.

Fécamp, l'entrée du port, 22 déc 19, 17h12-15 (zoom).jpg

Ce que j’espérais commençait à se produire : le soleil passait sous les nuages et sa lumière orangée commençait à éclairer les pierres sur un fond de ciel sombre..

Fécamp, l'entrée du port, 22 déc 19, 17h13-22.jpg

Je suppose qu’on a construit ces jetées s’avançant dans la mer et formant un chenal étroit pour être sûr d’avoir toujours suffisamment de hauteur d’eau dans la passe alimentée aussi par la rivière (ou plutôt fleuve) joliment nommée la Valmont.

Fécamp, les phares, 22 déc 19, 17h14.jpg

La chance du débutant serait-elle assez généreuse pour offrir, dans cette atmosphère humide éclairée par des rayons puissants,  un arc-en-ciel au nord ?

Fécamp, les phares, 22 déc 19, 17h22.jpg

Oui !! Et, tant qu’à offrir, pas 1 mais 2 arcs-en-ciel !

Fécamp, les phares, 22 déc 19, 17h24.jpg

A partir de ce moment ce ne fût que pur bonheur de photographe.. qui a bien du mal à choisir parmi ces images faites en une dizaine de minutes..

Fécamp, les phares, 22 déc 19, 17h24-13.jpg

Fécamp, les phares, 22 déc 19, 17h24-58.jpg

Fécamp, les phares, 22 déc 19, 17h26.jpg

Fécamp, l'entrée du port, 22 déc 19, 17h28-30.jpg

Fécamp, l'entrée du port, 22 déc 19, 17h30-36.jpg

Fécamp, l'entrée du port, 22 déc 19, 17h30-41.jpg

Fécamp, l'entrée du port, 22 déc 19, 17h30-48.jpg

La photo est par définition incapable de restituer le bruit sourd, le grondement racleux créé par les puissantes et roulantes vagues charriant des tonnes de galets qu’elles amassent contre la jetée sud en un tas plus haut que le parapet..

Fécamp, l'entrée du port, 22 déc 19, 17h31-45.jpg

Fécamp, l'entrée du port, 22 déc 19, 17h31-51.jpg

Fécamp, l'entrée du port, 22 déc 19, 17h32-20.jpg

Fécamp, l'entrée du port, 22 déc 19, 17h32-28.jpg

Fécamp, l'entrée du port, 22 déc 19, 17h32-58.jpg

Fécamp, l'entrée du port, 22 déc 19, 17h33-50.jpg

 

 

 

 

 

 

 

la « plage » à Fécamp, 22 déc.19

Les quelques personnes ( + de 20 « abonnés » ! ) qui jettent un œil plus ou moins régulièrement sur mon blog – et que je remercie au passage – auront peut-être compris – si elles ont vu l’article précédent sur ce phare en bord de Seine – que j’ai fait un court voyage vers le Nord ( depuis ma Bretagne !) et même passé un fleuve aux berges fort industrialisées (la Seine, l’eau était fraiche).. Je suis donc allé en Normandie (et même en Picardie !) dont j’avais oublié la beauté très contrastée (entre bocages charmants et plateaux remembrés désolés où poussent presque autant d’éoliennes que de betteraves, la Normandie et plus précisément la Haute-Seine (ex « Seine Inférieure ») puis la Somme – où je n’ai fait aucune sieste – la Haute-Normandie que j’ai trouvé fort belle, par ses maisons, ses valons, et fort humide, voire inondée, disons carrément débordante de toute l’eau qu’elle pouvait, la terre comme une éponge gorgée qui rejette sa flotte sur les routes transformées en pistes tropicales (à part la température). J’ai appris d’ailleurs après mon retour que près de 60 communes avaient des problèmes d’eau potable à cause de toute cette eau débordant chargée de terre.

Je voulais voir tous les ports importants mais le temps manquait. J’ai quand même « découvert » Fécamp, qui m’a beaucoup plu, comme le ciel (bien que je n’en ai pas vu grand chose hormis la « plage » et l’entrée du port).  Fécamp m’a paru être un lieu fort intéressant : un « vrai » port (bien que les trois mats terre-neuvas aient depuis longtemps disparu) et une vraie belle ville aux rues étroites et aux multiples beaux bâtiments. Et dans quels « décors » ces ports (St Valéry-sur-Caux, Dieppe, le Tréport..) se trouvent ! Un peu répétitifs, peut-être, mais tellement surprenants et spectaculaires pour un Breton du Morbihan ! Ces falaises blanches verticales de plusieurs dizaines de mètres de haut sur plus de 100 kms de long !

Traversant Fécamp, nous nous sommes directement rendus en bord de mer ( une habitude, quasiment un réflexe culturel). La journée se terminait. L’air était frais mais pas froid. Le vent soufflait un peu, un peu plus qu’un peu.. En cette fin de dimanche avant Noël des gens se promenaient et venaient voir la mer.. attirés comme moi par l’entrée du port et ses 2 feux, que j’avais aperçus sur quelques photos..

Fécamp, la plage, 22 déc 19, 17h06.jpg

Fécamp, la plage, 22 déc 19, 17h07.jpg

Une barrière étaient fermée, indiquant que le passage, vers l’un des feux, était interdit, mais plusieurs personnes l’enjambaient ou passaient à côté pour emprunter la jetée jonchée de galets et se diriger vers le feu vert tribord, ce que je n’osai faire, connaissant mal les risques car n’étant pas du coin.

Fécamp, la plage, 22 déc 19, 17h09.jpg

Fécamp, la plage, 22 déc 19, 17h11.jpg

Fécamp, la plage, 22 déc 19, 17h07-55.jpg

Quelques habitués, certainement, qui doivent se retrouver là tous les jours – anciens marins ou pêcheurs peut-être – s’abritaient du vent derrière un pavillon, chacun sa place dans une hiérarchie implicite (je suis prêt à le parier), le plus massif  et imperturbable – le caïd quoi – au centre. Ils ne regardaient même pas la mer, devaient s’échanger les menus potins du port en zyeutant les passants.. dont moi, qui les ai photographiés sans qu’ils s’en aperçoivent ou en soient certains.

Ce qu’on appelle « la plage » là-bas est bien étrange pour un breton du Morbihan (et de la plupart des coins de Bretagne), pour qui une « plage » est de sable et non de galets, gris, de silex poli et innombrables. J’appris plus tard que plus haut sur la côte, à Cayeux s/Mer, on les exploit(ai)ent carrément et qu’on peut donc, probablement et contrairement à la Bretagne, en ramasser..

Fécamp, la plage, 22 déc 19, 17h08.jpg

Fécamp, la plage, 22 déc 19, 17h09-55.jpg

Le pauvre soleil d’hiver allait bientôt disparaître derrière les falaises à l’ouest. J’aurais aimé aller sur les jetées jusqu’aux pieds des deux feux de l’entrée du port mais j’espérais – pressentais presque – qu’arpenter plutôt la « plage » de galets me permettrait peut-être, avec la chance du débutant (à Fécamp), de les voir, ces 2 feux/phares – donc de les photographier – éclairés par le puissant projecteur jaune et chaud de ce pauvre soleil d’hiver qui, ne s’étant pas beaucoup montré de tout le jour,  en avait peut-être encore quand même sous la pédale.., ce qui se produisit 4 minutes plus tard :

Fécamp, la plage, 22 déc 19, 17h13.jpg

Fécamp, la plage, 22 déc 19, 17h13-38.jpg

Fécamp, la plage, 22 déc 19, 17h14.jpg

Fécamp, la plage, 22 déc 19, 17h27.jpg

 

un phare oublié, bords de la Seine, déc.19

Il est un phare, en Normandie, sur un bord de la Seine, qui semble complètement oublié, abandonné, en tous cas en tant que phare. On y parvient en prenant une route étroite et escarpée bien avant de découvrir la Seine. Au début de la route un restaurant lui rend hommage en se nommant « restaurant du phare »..Il devait être la lumière tribord des navires entrant en Seine et, face à l’augmentation du nombre et du tonnage des navires visant Rouen ou Paris (Port de mer), s’est vu relégué à un second plan après l’érection – car tout ça est décidé par des hommes – de la « tour radar » à Honfleur, aussi nécessaire, efficace et moche (selon mon goût), que celle à Ouessant : du béton à la silhouette utilitaire sans être esthétique, ou, en tous cas, d’une esthétique qui commence seulement à devenir, à mes yeux, intéressante..

phare de la Roque, 22 déc 19, 15h32.jpg

Sa tourelle en verre et zinc est désespérément vide de tout feu. Nulle merveilleuse lentille de Fresnel sur bain de mercure ne s’y trouve et l’air humide des pluies de l’estuaire s’y engouffrent désormais, rongeant tout le métal.. Il est pourtant inscrit « monument historique » depuis 2011 mais n’est pas l’objet de protections à la hauteur de son passé.

phare de la Roque, 22 déc 19, 15h06.jpg

C’est pourtant un phare-maison, perché à plus de 50 m au bord de la falaise de craie à l’aplomb de l’ancien lit large de la Seine (à près d’1 km du lit habituel) – puissant fleuve qui n’est malheureusement pas passé inaperçu des hommes – avec une belle cheminée en briques comme on savait en construire en Normandie au XIXè siècle. S’il se trouvait sur un îlot breton il serait une star, au sens propre du terme.. Quelque édile aura signé l’ajout d’une balustrade quelconque en aluminium dans les années 80 (du XXè siècle), balustrade qui passe encore, de loin et par temps de brume..

phare de la Roque, 22 déc 19, 15h07.jpg

.. mais il sert aujourd’hui de relais téléphone (il en faut bien..) pour Orange et quelques délinquants (je rappelle que taguer un mur d’autrui, bien que parfois élevé au rang d’acte artistique, est un délit), constatant probablement  l’abandon, auront ressenti le besoin égocentrique d’y bomber quelques dessins ou messages esthétiquement moches et – n’étant pas du même « auteur » – contradictoires..

phare de la Roque, 22 déc 19, 15h10.jpg

Je le préférerais sans ces tags.

 

 

 

Gilets jaunes, Rennes, 17 nov.18, midi

Le gilet – ou chasuble – fluorescent est un « élément de protection individuel, obligatoire en France depuis 2008 ». Il rend visible celui qui le porte et contribue à renforcer sa sécurité, sa survie.
Maintenant ce sera un symbole de protestation et, comme les bonnets rouges, on ne regardera plus cet objet comme avant, au moins pendant un certain temps. Un temps certain ?
Ce matin (au moment où j’écris ces lignes je ne sais pas – je ne suis pas devin – quelle sera le devenir de cela) les « gilets jaunes » manifestent contre le prix du gasoil, « les taxes », expriment un « ras-le-bol général ».. Même si je vois que beaucoup de ceux qui « filtrent » sur ce pont au-dessus de la rocade, créant des bouchons, sont venus en vélo, force est de constater que la plupart manifestent en véhicule (voiture, moto, utilitaire..), ce que je trouve plutôt absurde : brûler du carburant pour protester contre… le prix du carburant.
Mais ils me rétorqueraient : « comment se faire entendre autrement ? »
Donc la rocade de Rennes est inhabituellement tantôt vide tantôt occupée de groupes de véhicules, manifestants en tête suivis d’autres – solidaires en apparence – qui ont mis un gilet jaune sur le tableau de bord puis de tous ceux qui n’arborent aucun signe extérieur de sympathie. Certains pavoisent le gwenn a du et filment au portable en s’asseyant sur le rebord des portières.

gilets jaunes fumigènes, rennes, 17 nov.18, 12h04 (1 sur 1)

gilets jaunes fumigènes, rennes, 17 nov.18, 12h04 - 57 (1 sur 1).jpgEt pourquoi pas rouler la portière ouverte et des fumigènes aux couleurs des gilets ?
Je demande à un manifestant si ça se passe bien. Il me dit « très bien ». Je lui dis que ce n’est pas partout le cas ( une personne a été tuée en Savoie, renversée par une conductrice qui amenait sa fille chez un médecin et qui aurait paniqué quand des manifestants auraient tapé sur sa voiture et il y a, ailleurs, plusieurs dizaines de blessés dont certains graves. Ce sera, à la fin du week-end, plusieurs centaines).
Certains accélèrent fort quand ils sont « débloqués », exprimant ainsi un certain agacement (et pourtant portant un gilet jaune) , voire un énervement certain.. C’est dangereux pour les filtreurs et filtreuses qui causent sur la route avec les automobilistes et plus généralement c’est dangereux pour tous ceux qui sont sur les lieux en dehors d’un véhicule. Mais c’est un spectacle qui a l’air de plaire aux enfants.

gilets jaunes, rennes, 17 nov.18, 12h03 (1 sur 1).jpg

gilets jaunes motards, rennes, 17 nov.18, 12h06 (1 sur 1).jpgL’important n’est pas d’éviter les fautes de conjugaison mais de « s’adresser »  au Président.
gilets jaunes saluts, rennes, 17 nov.18, 12h06 (1 sur 1).jpgSaluts, klaxons, rugissements des moteurs sous les ponts (ça résonne). Tout ça est sympathique, on se tient chaud. Certains ont apporté du café et même du rouge (en bas à gauche).
gilets jaunes breizh atao, rennes, 17 nov.18, 12h08 (1 sur 1)
Il y a même une certaine joie ou fierté, ou les 2, à faire des choses interdites (sortir en partie de l’auto..) mais on a pris soin de camoufler la plaque d’immatriculation.
gilets jaunes breizh atao, rennes, 17 nov.18, 12h07 (1 sur 1)
Un appel au « réveil » de la France..

gilets jaunes france réveille toi, rennes, 17 nov.18, 12h09 (1 sur 1)

gilets jaunes breizh lel joggeurl, rennes, 17 nov.18, 12h09 (1 sur 1)
D’autres n’ont rien changé à leurs habitudes piétonnes et sportives ce matin.. Ou est-ce une autre manière d’exprimer une autre position ?

3 semaines plus tard, le 7 décembre

gilet jaune, rennes, 7 déc.19.jpg

Cigales (Cigada Orni), Hauteurs de Nice, fin juillet 2017

IMG_5536.JPG

IMG_5539.JPG

IMG_5553.JPG

La cigale est un insecte assez particulier : elle peut vivre plusieurs années sous une certaine forme et sous la terre à se nourrir de la sève d’un arbre qui circule dans les racines et une année qui peut être sa 18ème année, elle change de forme et sort à l’air libre et elle va grimper sur l’arbre. Si elle est mâle, elle va cymbaliser, c’est-à-dire émettre ce son très puissant, entêtant, presque agaçant si on est juste à côté – ce qui était mon cas à Nice – et si elles sont nombreuses, pour attirer une femelle, se reproduire et mourir à l’automne.
La cigale est la bande-son du sud de la France.