la Cancalaise à son aise dans la Baie, 23 sept.2020, 15h/16h

Après sa pause déjeuner au port de la Houle la Cancalaise a appareillé. Vue du sentier côtier elle semble poser près des lieux emblématiques du coin : l’île des Rimains, l’île le Châtellier et le fameux Rocher de Cancale, de surfaces modestes mais culminant à près de 40 m, ce qui en fait un décor spectaculaire et photogénique.

Même si la bisquine n’a pas hissé ses 3 étages de voiles ( réservés aux parades et régates), c’est un bonheur de la voir ainsi sur les lieux où elle a été construite en 1987 et où tant d’autres bisquines ( des dizaines, selon des photos autour de 1900) ont dragué les coquilles St Jacques et les huîtres pendant des décennies.

( derrière le Châtellier et le Rocher)
Apparemment les bisquines ( de Cancale et de Granville, de l’autre côté de la Baie du Mont St-Michel, mais originaires du pays Basque) auraient été de plus en plus toilées pour plusieurs raisons : aller rapidement sur les sites de pêche, avoir une force motrice suffisante pour tirer les dragues à coquilles et à huîtres sur les fonds dans les forts courants de la Baie, revenir le plus vite possible aux ports pour être les 1ers à vendre lors de ces pêches brièvement autorisées et remporter les régates occasionnelles entre granvillais et cancalais..
Naviguant vraisemblablement seulement à la voile, le 3 mâts ( mais on pourrait dire « 5 mâts » vu la taille du bout-dehors à l’avant et du tape-cul à l’arrière) est obligé de manœuvrer par ce léger vent d’ouest, de tirer des bords pour s’éloigner du port et passer derrière le Rocher et l’îlot le Châtellier
Puis il vire à bâbord pour passer entre le Châtellier et l’île des Rimains
l’île des Rimains (cf un précédent article sur ce site) est toujours privée : achetée et aménagée par le fils du « boulanger » Poilane elle fut rachetée en 2012 (10 ans après le crash d’hélicoptère où les époux ont péri) par Pierre Kociusko-Morizet (cofondateur de Price Minister et frère de « NKM »)
.. la Cancalaise et le Mont Dol..
.. le Mt St Michel..
.. Tombelaine..
En trois quarts d’heure, la Cancalaise atteint, par petit vent, le phare de Herpin.

la Cancalaise à.. Cancale, 23 sept.20

Quoi de plus normal que de voir la Cancalaise à Cancale ? Certes, encore faut-il y aller un jour où elle navigue et même si elle navigue souvent pendant « la saison » encore faut-il être au bon endroit au bon moment. Mais ça, c’est une condition de base pour la photo. La 1ère fois que j’ai vu ce bateau il était sur ses béquilles sur la plage du port de la Houle (cf article). Cette fois-ci j’étais bien content de revoir le bateau (la dernière et première fois navigante, c’était à la Semaine du Golfe en mai 19. Magnifique, impressionnant de vitesse.)

11h36, vue de la route de la Corniche (Terrelabouët). Visiblement en pause déjeuner lors d’une journée de sortie. Moyennant une quarantaine d’euros on peut passer une demi-journée à bord de la Cancalaise (75 € une journée entière). Mais nous sommes venus pour marcher et j’espère juste qu’on pourra la revoir depuis le sentier douanier.
Au 1er plan la cale de l’Epi. A l’horizon un truc que je ne connais pas.. J’aime bien la cale de l’Epi : elle est originale, comme celle de la Fenêtre avec son nom étrange et sa structure en bois (du moins une partie) dans laquelle on pouvait encore descendre dans les années 80. Celle de l’Epi a une partie en gradins et avec ouvertures pour laisser passer l’eau. Elle me donne l’impression d’être très ancienne et les blocs de pierre ont pris une teinte ocre jaune que j’aime bien.

Le prochain article nous montrera la Cancalaise en navigation aux abords de Cancale, près du fameux Rocher de Cancale, de l’Île le Chatelier, l’Île des Rimains, du phare du Herpin.. Bref, une série de cartes postales !

l’Heure du Bain ? Fécamp, 22 déc.19

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Beaux tirages en bronze de statues faites récemment par un artiste contemporain (Dominique Denry) et mis à disposition de la Ville de Fécamp par le groupe régional d’huiles Olvéa (auraient-ils plus d’argent que la Ville ?). Aussi peu vêtues qu’elles sont, debouts sur une terrasse en bois (qui commence à fatiguer),  elles habillent et apportent à ce rivage de galets une dimension poétique et esthétique essentielle . Elles ne ponctuent pas seulement le paysage de leurs silhouettes, elles lui donnent sens.

 

 

Pointe du Hourdel, Picardie, 24 déc. 19

Au départ le but de ce court voyage était de découvrir la Baie de Somme mais les plans ont changé en cours de route et de la Baie de Somme nous ne verrons « que » les eaux vert pâle de l’estuaire – la Pointe du Hourdel- mais ce fut une découverte sympathique et l’occasion d’apercevoir  plus d’une trentaine de phoques (presque pour la 1ère fois pour moi qui pense en avoir photographié un dans l’estuaire du Golfe du Morbihan).

pointe du Hourdel, 24 déc.19, 13h26

Ce phare de 18 m, achevé en 1950, est une verticalité blanche remarquable –  au simple sens qu’on la remarque – dans ce paysage plat.

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Je dois honnêtement dire que ça ne m’a fait ni chaud ni froid ( enfin plutôt chaud tiède que froid tiède quand même) d’apercevoir des phoques, bien que j’aie de cet animal une idée qu’il vit loin de France et quoique je sache qu’il vit aussi en mer d’Iroise, autour de Molène notamment. Les phoques surveillent du coin de l’oeil les gens qui les regardent puis se mettent (les phoques, pas les gens, quoique.. intérieurement.. certains.. peut-être..) à osciller pour avancer et se glisser dans l’eau.

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Nulle besoin d’avertissement pour les phoques..

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De l’autre côté du large estuaire on voit le Crotoy  et les 2 tourelles de la villa « le souvenir » construite en 1897 (aujourd’hui un hôtel)

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De l’autre côté en regardant vers le sud-ouest on voit un blockhaus gisant basculé, fiché dans la vase, propre et net, comme une étrange chose posée là sans utilité, comme tombée du ciel : une matérialité d’un passé renversé qu’avec le recul on peut qualifier de ridicule et de dérisoire. Je ne sais comment décrire en quelques mots la situation qui a conduit à ce qu’un tel objet de béton soit encore 80 ans après présent en ces lieux (et en bien d’autres).. Une majorité de gens ayant, dans des circonstances économico-politiques particulières, un puissant sentiment de frustration enivrée par un homme délirant ayant su catalyser ces sentiments ?

J’ai joué sur ces blockhaus dans mon enfance. Mes fils y ont joué, moins que moi. J’étais d’une génération où aussi la guerre était présente. On jouait à la guerre. J’ai aimé le métal brûlant du tank qui était sur la dune, entrer dedans et me prendre pour un soldat (mais je ne savais pas si c’était un soldat allemand, trop abstrait, ou un soldat français, tout autant abstrait). Je pense que ce qui me plaisait c’était juste l’objet, énorme, beaucoup mieux qu’un jouet, qu’une fausse voiture au manège, sans pensée autre que celle-là. Le lourd métal était mieux que du plastique et c’était déjà un petit exploit que d’oser monter dans cette carcasse aux arêtes potentiellement coupantes. D’où le plaisir. On jouait aux Indiens et aux vachers, pardon, aux cow-boys, parce que la société nous parlait de cela. On voyait des films à la télé qui montraient cela .. Il leur fallait bien, aux adultes,  en parler aussi, ou surfer dessus ? La violence est-elle innée en l’Homme, en l’homme ? Et chez les filles ? Ou est-elle introduite en eux par la génération de leurs parents qui a vécu cela et en a été soit victime soit actrice ? Je me demande s’il serait mieux de les détruire, de les faire exploser, comme on  nettoie un lieu d’une « fête » qui a mal tourné, ou de laisser s’accorder le temps de leur destruction naturelle par les éléments – la mer, le vent, le sable – avec celle des mémoires, de moins en moins vives, de plus en plus rares, des personnes qui ont connu, vécu cette époque. Je ne suis pas sûr mais je penche, comme cette masse de béton, pour une destruction de ces éléments. Pour stopper un cancer, ne détruit-on pas les métastases ?

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Rien de surprenant ici pour un Breton habitué à côtoyer des vestiges du  » Mur de l’Atlantique »..

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Cailloux et cætera, Cayeux s/Mer, 23 déc.19

Ambiance hivernale bord de mer venteux frisquet dans une station-balnéaire-modeste-désertée-et-fermée. Courte pause à Cayeux en commençant par Brighton. « New Brighton » ou « Brighton-les-Pins » est une zone située au nord de Cayeux s/Mer et lotie par d’entreprenants Anglais à la fin du XIXè s. Le phare qui s’y trouvait  ayant été détruit comme tant d’autres sur l’ordre de l’autre fou le 31 août 1944, un nouveau phare (dans le style du précédent pour la tour mais sans la construction à sa base qui lui faisait une silhouette à l’aspect plus solide et progressive)  y fût construit, achevé en 1951. 28 m (ou 32 selon les sources) de haut – ce qui est déjà une belle hauteur et en fait le phare le plus haut de la région – il ne fut automatisé qu’en 1999. Hitler, à qui nombre ont obéi – en plus de ses ordres délirants de meurtres massifs – nous a accessoirement (au regard de l’assassinat de millions de personnes) privé d’une partie de notre patrimoine et de plaisirs visuels architecturaux.

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L’ancien phare se trouvait tout près de la mer mais l’actuel, du fait de l’accumulation de galets et de sable, se retrouve à 400 m de celle-ci (enfin c’est ce que j’ai crû voir). Un beau sémaphore se trouvait à côté, détruit lui aussi..

Le phare et le sémaphore de Brighton, avant destruction en 1944, carte postale, 1er quart 20e siècle (coll. part.).

« Cayeux » vient de « caillou » et c’est peu de dire qu’il y en a des galets.. Au XIIè s ce fut bien sûr lapidé par des paysans que fut tué le seigneur local, qui abusait.. Sur les digues , le ramassage à la main des galets constituait à la fin du XIXe siècle l’une des rares activités « industrielles » (par la sueur et la peine , oui c’était bien industriel) du coin. Convoyés jusqu’au port de Saint-Valery-sur-Somme, ces silex arrondis bleus et blancs étaient transportés en Grande-Bretagne. Avant la Seconde Guerre mondiale, des ouvriers portaient et déplaçaient plusieurs tonnes de ballots de galets par jour.

Image associée

Il y avait des ramasseurs de cailloux à peu près partout où il y avait des cailloux (du Havre, à Dieppe..) mais Cayeux a semble-t-il une particularité : il est, dit-on, le seul gisement d’Europe de galets de mer  pour son taux de silice qui atteint 99 %. Encore aujourd’hui deux entreprises continuent à exploiter les silices de mer. L’une d’elles calcine (avec quelle énergie ?) les galets à 1 600 °C pour les réduire ensuite en poudre blanche, très résistante, utilisés dans les travaux de voirie comme dans la fabrication des pâtes abrasives.. L’autre entreprise sélectionne des galets sans défaut, de taille semblable, employés pour la décoration urbaine ou comme agents de résistance dans les broyeurs.. Les derniers ramasseurs, une dizaine parait-il, sillonnent la grève par tous les temps, sauf pendant les périodes de gel qui collent les pierres ensemble. Pensent-ils « chouette il gèle ! » ou « mince il gèle » ? Je n’en ai pas vu, pourtant il ne gelait pas. La trève des ramasseurs ? Cela me fait penser à d’autres forçats d’aujourd’hui,  pousseurs de vélos chargés de sacs de 60 kg de coques dans la Baie du Mt St Michel. Par vent de nord-ouest, la mer apporte son lot de cailloux polis – sans être payée – qu’elle peut ramener au large – la stupide – dès le lendemain, sur un coup de tempête. Sur un coup de tête en somme, l’inconséquente !

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À Cayeux la nature est plate alors les hommes y ont construits quelques verticalités, maisons, églises, phares et cet amer que j’ai pris pour un monument commémoratif de la guerre ou de « l’industrie » ( à dos d’hommes) du caillou.. Faudrait demander à Daniel Buren s’il n’a pas été influencé par cette structure pour ses colonnes au Palais Royal.. Cet amer a été construit sur l’emplacement d’un phare détruit en 44 appelé « phare sud ».

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De belles vagues et du vent ce jour-là à Cayeux, mais je ne sais pourquoi mon p’tit doigt me dit qu’il y en a souvent et depuis longtemps..ou qu’ils ont décidé de ne consacrer qu’un tout petit peu d’argent dans le budget drapeaux..

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La grève, les falaises.. à Vasterival, Varengeville s/Mer, 23 déc.19

Après avoir laissé le phare d’Ailly aux abords boueux (comme semble-t-il toute la Normandie cet hiver.. ), cap sur Vasterival, à Varengeville s/Mer, où un chemin dans une étroite valleuse « nous invite » à descendre entre les hautes falaises jusqu’à la grève.

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On y retrouve encore quelques personnes semblant découvrir la mer pour la première fois..

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Une cascade jaillit de la falaise, la sciant consciencieusement au lapidaire de son eau.

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.. On est loin de cascades sous les tropiques entourée d’une végétation luxuriante. L’environnement est ici minéral (calcaire, craie, silex, grès, que sais-je, je n’y connais rien en minéralogie..) et l’humidité constante sur la paroi ne produit (de loin en tous cas et en hiver) qu’une noirceur sale..

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Côte d’Albâtre, 23 déc.19

Il est temps de descendre sur les grèves de cette Côte d’Albâtre. Certains passages étroits, dans des failles, pourvus d’escaliers plus ou moins risqués, ont été faits pour ça semble-t-il comme à Sotteville s/Mer..

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..mais nous ne descendrons pas..

.. Nous descendrons quelques kms plus loin, à St Aubin s/Mer..

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.. où quelques personnes se trouvent, ainsi que de 2 kite-surfers et un véliplanchiste qui évoluent entre des lignes de rouleaux écumeux. La mer y est-elle (beaucoup) plus froide qu’en Bretagne ?

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Ces hautes falaises créent une rupture totale entre la terre et la mer et la grève, en plus d’être souvent difficilement accessible, devient une zone assez étrange entre 2 mondes, l’un laissé là-haut et presque menaçant et l’autre impossible à investir, une zone où l’on peut se sentir fragile, coincé, à marée haute, en même temps que protégé car caché. Sentiment ambivalent difficile à saisir et à exprimer. Mais je ressentirai cela davantage à Vasterival qu’à St Aubin…

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.. où la large échancrure accueille le besoin de rêverie et de bien-être de la plupart des humains.

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Les falaises de craie ruissellent sur les grèves et l’eau de mer y éclaircit son vert qui devient gris verdâtre, albâtre et au bout des valleuses les eaux terreuses chargées de limons ocres rejoignent la mer et tardent à s’y mélanger.

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Lyrisme des Vagues, St Valery-en-Caux, 23 déc.19, vers midi

Les incessantes vagues atteignent le rostre arrondi de la jetée nord et se divisent en 2. La moitié roule dans le chenal du port, l’autre longe l’autre quai et c’est elle que nous allons accompagner des yeux . Le volume de chaque vague divisé en 2, chaque moitié, loin de perdre sa force, sa puissance, son énergie, en se scindant donne naissance à 2 vagues semble-t-il encore plus fortes, épaulées par des sœurs.

La vague nouvelle se met à rouler le long des murailles, les débordant si elle voulait, lèche les pierres scellées d’un baiser en passant, poursuit sa roulade ondulante vers la promenade où elle se sait espérée,  collée aux parois minérales et s’appuyant sur elles.

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Elle se fait espérer, attendre, désirer et dans sa plénitude accomplie s’élève à l’instant de son attaque du brise-lame, et ce n’est pas sa fin – car elle s’en retournera en tirant une modeste révérence  – mais son apothéose cambrée dans le soleil blanc..

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Elle menace, promet des frissons glacés, se multiplie, vaporise son iode..

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.. se rapproche un peu plus à chaque élan et souffle son air de sel, progresse dans son numéro de danse de diamant..

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.. enfin s’élève un peu plus, s’ébroue contre le roc et inonde la scène des applaudissements frissonnants des spectateurs trempés.

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Modeste & élégant, St Valery-en-caux, 23 déc.19

Que dire de ce phare ? Qu’il est modeste, par sa hauteur, et élégant, par son architecture. Qu’il est vraiment du XIXè siècle car pas détruit par l’armée allemande en août 1944.. Qu’il est le feu tribord d’une entrée de port très étroite (30 m dans sa partie la moins large..) et pas simple à aborder..

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Prévenants ces Normands qui ont planté des piques anti-oiseaux au sommet de pieux en bois, matériau heureusement largement utilisé dans le coin (les estacades à Fécamp..). C’est toujours encore un peu un mystère pour moi le pourquoi de la lumière différente selon les régions. On est pas si loin de ma Bretagne et pourtant la « lumière », les couleurs, les teintes, me semblent différentes. Est-ce à cause des différences de longitude et de latitude, donc d’inclinaison des rayons de soleil ou cette lumière différente serait-elle une « vue de l’esprit » ? Pourtant il ne me semble pas que je verrais de tels pastels délicats, ténus, estompés en Bretagne, comme si le blanc, le clair des hautes falaises de craie diffusait la lumière sur la mer crémeuse comme un cappuccino à la crème entière de Normandie, à la manière d’immenses réflecteurs.. Boudin a dû réfléchir à cela, et peut-être écrire..

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Quant au feu (rouge ?) bâbord de l’entrée du port, je n’en ai jamais vu d’aussi minimaliste, épuré, presque « l’idée » d’un feu à la matérialité la plus absente possible..

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Le chenal artificiel est pourtant fort réduit et ondulant de mascarets à chaque vague différents. Il ne s’agit pas de le louper ni de faire le modeste en rasant les hauts murs de pierre. J’imagine que les bateaux rentrent tous en surfant.. St Valery-en-Caux, LE spot de surf normand ?

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Quelle belle idée aussi de ne planter aucun lampadaire sur la jetée, rien qui ne vienne interrompre sa longue horizontalité hormis la chandelle du phare planté au bout comme un but de promenade.. Verticalité des falaises gris-blanc, du phare, horizontalité de la jetée, ondulations liquides et mouvantes de l’eau verdâtre crêtée du blanc des écumes au soleil.. La beauté nait ici de complémentarités minimales..

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« la perle (rose orangé) du Pays de Caux », Veulettes s/Mer, 23 déc.19

Avant de remonter vers le nord, rapide descente proche de notre hébergement vers Veulettes s/Mer, surnommée « la perle du Pays de Caux », pour voir la centrale nucléaire du Paluel située juste (1,5 km) à côté. En fait on ne fera qu’apercevoir ses 4 dômes au-delà de ses clôtures et parkings car, de Veulettes on ne la verrait qu’en longeant la côte, ce qu’on n’a pas pris le temps de faire.

De Veulettes nous n’avons vu que le coin du Pont Rouge qui enjambe un large ruisseau qu’on est censé appelé « fleuve », ce que je ne fais toujours qu’avec réticence, où se trouvent 80 « cabanes » ( que j’ai trouvées plutôt moches donc pas photographiées) où des familles pauvres – pardon : « défavorisées », c’est le terme officiel – venaient, après guerre, profiter de la mer, à distance des belles demeures en dur de ce « fief » de la famille (« favorisée » ?) Servan-Schreiber ( Emile, fondateur des Echos de l’Exportation – devenus les Echos – qui l’a administrée de 47 à 67, suivi par son épouse Denise Brésard jusqu’en 83 ..). Y a-t-il eu une influence avec l’installation de la centrale à proximité ? Je n’ai pas trouvé Veulettes spécialement beau mais j’ai quand même trouvé une perle – si ce n’est « la » perle – rose orangé, dégonflée et en plastique..

Ps (mars 2020) : je ne savais pas encore – personne ne savait à cette date – que je venais de me retrouver (je l’ai même touché !) en contact avec un truc énorme mortel ! Non, pas une bouée radioactive, mais celui qu’on identifierait et nommerait 3 mois plus tard Le Corona Virus !

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A cet endroit les falaises font 50 m. Derrière se trouve la centrale nucléaire.

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Là, de l’autre côté de Veulettes, vers le sud,  les falaises font environ 70 m de haut.. Je ne sais pourquoi cette photo semble une peinture. Je n’ai pourtant pas modifié les couleurs ou le contraste, juste accentué les nuages..( qui, vu le sens du vent,  ne sont pas radioactifs..)

2 mn après.. le ciel est repassé aux gris..

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Laissons les goélands s’exciter dans la baie, quittons Veulettes et allons voir de quoi a l’air le phare de St Valery-en-Caux-sans-accent-aigu-sur-le-e (c’est bien compliqué comme nom..)

 

 

 

 

 

Mauvaise Passe, Fécamp, 22 déc.19

Alors voilà : l’entrée du port de Fécamp est, comme à St Valéry-sur-Caux et au Tréport, étroite : 70 m de large, ce qui interdit toute erreur dans l’attaque et le choix du moment de la marée. De plus une barre se forme parfois devant.. Elle est par contre idéale pour les piétons car les solides jetées en dur (pierres taillées, béton..) sont complétées par de belles estacades en bois, comme au Tréport, ce qui multiplie les points de vue, mais j’avais 3 raisons de ne pas les emprunter ce jour-là : interdiction signalée d’y aller et n’étant pas du coin j’ignorais quel était au juste le danger (marée montante ? projection de galets qui jonchaient par endroits la jetée ?), obligation de choisir un point de vue par manque de temps, pas envie de prendre le risque qu’une vague plus haute me trempe, ni moi ni mon matériel non étanche.

Des personnes, peut-être du coin, n’avaient pas mes réticenses..

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Les 2 feux ont été construits en béton et en 1952. Le feu tribord ou sud (vert) fait 10 m de haut, le bâbord ou nord (rouge), 14 m.  Avant la seconde guerre mondiale, il y avait là 2 phares ronds, bâtis en pierres taillées, plus beaux, selon moi (très proches par l’aspect des phares actuels de St Valéry-en-Caux et du Tréport) mais ils ont été détruits, comme la plupart des phares,  par l’armée allemande en août 44 juste avant l’arrivée des alliés. Les conséquences d’une guerre telle que celle-là sur les lieux a été énorme..

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Un beau phare a été à une époque semble-t-il envisagé sur la Pointe du Fagnet – le nom de la jetée au pied du Cap Fagnet –  en 1836 et aurait ressemblé, en plus étroit, à celui de Carteret, dans le Cotentin :

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Pendant ce court séjour en Normandie, j’ai été frappé par l’importance des groupes d’oiseaux qui m’ont paru beaucoup plus nombreux qu’en Bretagne (en tous cas qu’en Morbihan). On en distingue un ci-dessous.

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Ce que j’espérais commençait à se produire : le soleil passait sous les nuages et sa lumière orangée commençait à éclairer les pierres sur un fond de ciel sombre..

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Je suppose qu’on a construit ces jetées s’avançant dans la mer et formant un chenal étroit pour être sûr d’avoir toujours suffisamment de hauteur d’eau dans la passe alimentée aussi par la rivière (ou plutôt fleuve) joliment nommée la Valmont.

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La chance du débutant serait-elle assez généreuse pour offrir, dans cette atmosphère humide éclairée par des rayons puissants,  un arc-en-ciel au nord ?

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Oui !! Et, tant qu’à offrir, pas 1 mais 2 arcs-en-ciel !

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A partir de ce moment ce ne fût que pur bonheur de photographe.. qui a bien du mal à choisir parmi ces images faites en une dizaine de minutes..

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La photo est par définition incapable de restituer le bruit sourd, le grondement racleux créé par les puissantes et roulantes vagues charriant des tonnes de galets qu’elles amassent contre la jetée sud en un tas plus haut que le parapet..

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la « plage » à Fécamp, 22 déc.19

Les quelques personnes ( + de 20 « abonnés » ! ) qui jettent un œil plus ou moins régulièrement sur mon blog – et que je remercie au passage – auront peut-être compris – si elles ont vu l’article précédent sur ce phare en bord de Seine – que j’ai fait un court voyage vers le Nord ( depuis ma Bretagne !) et même passé un fleuve aux berges fort industrialisées (la Seine, l’eau était fraiche).. Je suis donc allé en Normandie (et même en Picardie !) dont j’avais oublié la beauté très contrastée (entre bocages charmants et plateaux remembrés désolés où poussent presque autant d’éoliennes que de betteraves, la Normandie et plus précisément la Haute-Seine (ex « Seine Inférieure ») puis la Somme – où je n’ai fait aucune sieste – la Haute-Normandie que j’ai trouvé fort belle, par ses maisons, ses valons, et fort humide, voire inondée, disons carrément débordante de toute l’eau qu’elle pouvait, la terre comme une éponge gorgée qui rejette sa flotte sur les routes transformées en pistes tropicales (à part la température). J’ai appris d’ailleurs après mon retour que près de 60 communes avaient des problèmes d’eau potable à cause de toute cette eau débordant chargée de terre.

Je voulais voir tous les ports importants mais le temps manquait. J’ai quand même « découvert » Fécamp, qui m’a beaucoup plu, comme le ciel (bien que je n’en ai pas vu grand chose hormis la « plage » et l’entrée du port).  Fécamp m’a paru être un lieu fort intéressant : un « vrai » port (bien que les trois mats terre-neuvas aient depuis longtemps disparu) et une vraie belle ville aux rues étroites et aux multiples beaux bâtiments. Et dans quels « décors » ces ports (St Valéry-sur-Caux, Dieppe, le Tréport..) se trouvent ! Un peu répétitifs, peut-être, mais tellement surprenants et spectaculaires pour un Breton du Morbihan ! Ces falaises blanches verticales de plusieurs dizaines de mètres de haut sur plus de 100 kms de long !

Traversant Fécamp, nous nous sommes directement rendus en bord de mer ( une habitude, quasiment un réflexe culturel). La journée se terminait. L’air était frais mais pas froid. Le vent soufflait un peu, un peu plus qu’un peu.. En cette fin de dimanche avant Noël des gens se promenaient et venaient voir la mer.. attirés comme moi par l’entrée du port et ses 2 feux, que j’avais aperçus sur quelques photos..

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Une barrière étaient fermée, indiquant que le passage, vers l’un des feux, était interdit, mais plusieurs personnes l’enjambaient ou passaient à côté pour emprunter la jetée jonchée de galets et se diriger vers le feu vert tribord, ce que je n’osai faire, connaissant mal les risques car n’étant pas du coin.

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Quelques habitués, certainement, qui doivent se retrouver là tous les jours – anciens marins ou pêcheurs peut-être – s’abritaient du vent derrière un pavillon, chacun sa place dans une hiérarchie implicite (je suis prêt à le parier), le plus massif  et imperturbable – le caïd quoi – au centre. Ils ne regardaient même pas la mer, devaient s’échanger les menus potins du port en zyeutant les passants.. dont moi, qui les ai photographiés sans qu’ils s’en aperçoivent ou en soient certains.

Ce qu’on appelle « la plage » là-bas est bien étrange pour un breton du Morbihan (et de la plupart des coins de Bretagne), pour qui une « plage » est de sable et non de galets, gris, de silex poli et innombrables. J’appris plus tard que plus haut sur la côte, à Cayeux s/Mer, on les exploit(ai)ent carrément et qu’on peut donc, probablement et contrairement à la Bretagne, en ramasser..

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Le pauvre soleil d’hiver allait bientôt disparaître derrière les falaises à l’ouest. J’aurais aimé aller sur les jetées jusqu’aux pieds des deux feux de l’entrée du port mais j’espérais – pressentais presque – qu’arpenter plutôt la « plage » de galets me permettrait peut-être, avec la chance du débutant (à Fécamp), de les voir, ces 2 feux/phares – donc de les photographier – éclairés par le puissant projecteur jaune et chaud de ce pauvre soleil d’hiver qui, ne s’étant pas beaucoup montré de tout le jour,  en avait peut-être encore quand même sous la pédale.., ce qui se produisit 4 minutes plus tard :

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