Un homme et une femme, 3 juin 18, vers 9h44

Je ne sais qui ils sont (sait-on jamais qui est l’autre ?). Je les ai croisés comme je croise d’autres personnes un matin de début d’été, d’avant « la saison », en ces lieux de cœur que je connais bien, presque par cœur. Je marche, regarde, vois, fais une photo par ci, par là. Je vois une femme qui marche. Hop ! Vite fait une photo.
Mais peut-être ai-je vu d’abord cet homme jeune qui était sur un paddle, étrangement décontracté, comme semblant, habitué,  regarder son portable en équilibre sur la planche (!) Et puis je l’ai vu elle qui marchait le long de la côte et le photographiait lui. J’en sais rien, tout va si vite parfois quand il y a un peu plus de monde. C’est évident qu’ils étaient « ensemble » et, pourtant, de fait, ils ne l’étaient pas à ce moment-là. On dirait une déposition.

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Les arbres peuvent le reconstruire, Er Runio, 5 juin 18, 18h04

Le bateau, fait de bois d’arbre et de fierté et de sueur d’hommes, a été échoué là, derrière l’île, à l’abri de quels regards ? Quand ? Après la guerre ou dans les années 50, 60 ? 70 ? Il avait probablement été construit avec du chêne, de Bretagne ou du bois de plus loin, d’Afrique peut-être. Du bois rouge, du bois exotique.

Désormais il gît là, derrière l’île d’er runio. Sa carcasse est magnifique.. et les hauts cyprès majestueux proches de lui, comme autour de sa tombe..

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Maman les p’tits bateaux.., Port Mer, 2 sept.18, 15h25

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Plusieurs versions de la chansonnette existent. L’une d’elles : « Maman les p’tits bateaux/Qui vont sur l’eau/Ont-ils des jambes ?/Mais non, mon gros bêta S’ils en avaient, ils marcheraient ! » Mais une autre dit le contraire (« Mais oui, mon gros bêta/
S’ils n’en avaient pas / Ils ne marcheraient pas »), ce qui sème la confusion dans l’esprit des petits  enfants, ce qui est stupide de la part des adultes, à moins que cela laisse entrer dans leur esprit, aux enfants, la possibilité de la poésie, du mystère, de l’imagination et du doute..

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Plaidoyer pour les voiliers, 2 sept. 18

(je modère mon propos qui, sinon, serait plus abrupt)
J’ai « toujours » vu des bateaux à moteurs sur la mer, mais c’est seulement récemment que j’ai l’impression qu’ils deviennent de plus en plus nombreux et, pour tout dire, envahissants.
Les « bateaux à moustache » (quand on les voit s’avancer de face, l’écume sous leur prou leur fait une moustache blanche) sont légions. Ils  sillonnent de plus en plus les côtes, les mers. Quand on est à bord, ça sent toujours moins ou plus l’essence, le gasoil. Et ça consomme..
Alors que la voile est un moyen ancestral de se déplacer au moyen d’une force naturelle – donc « renouvelable »-  sur les eaux de toutes les mers du monde.
Né dans l’époque des véhicules terrestres automobiles je roule en diesel des années 90/2000. Mais l’heure n’est plus à ce mode de déplacement, surtout quand il s’agit de « loisir », c’est-à-dire quand il ne s’agit plus de « survivre » ou de gagner son pain. Il s’agit de vivre en harmonie le plus possible avec notre environnement, donc en l’abimant le moins possible. Je ne parle pas là du modeste pêcheur côtier (bien qu’il serait bon qu’il équipe son bateau d’un mat et d’une voile – certains le font, pour aider le moteur à explosion) mais du bonhomme (il s’agit à 99% d’hommes) qui s’achète un bateau pour aller se balader et « taquiner » le bar , même si je sais que, d’un certain point de vue, ces hommes sont plus proches de la « nature » que les « bobos-qui-n’y-connaissent-rien » (ce ne sont pas mes termes, d’où les guillemets), comme peuvent l’être certains chasseurs en bottes en caoutchouc à l’aube dans les marais.. D’ailleurs, des bars, notamment sur la côte nord de Bretagne il y en aurait de moins en moins puisque des mesures d’interdiction de pêche ont été prises il y a quelques mois.
Alors on aime, on admire, on chérit, les « vieux gréements », voiliers que nos prédécesseurs ont quasiment tous abandonné  – « nécessité économique oblige » – aux vases il n’y a que quelques décennies.
J’ai plusieurs fois repoussé la tentation (et oui, c’est tentant..) de m’en acheter un  pour pouvoir enfin longer les côtes sans trop me soucier du vent et des courants.
Ce que j’ai vu  à Port Mer en ce mois de septembre résume la question : un joli bateau – An Durzunel – au milieu de « bateaux à moustache », manœuvré, en cette presque fin d’après-midi de début d’arrière saison par une jeune femme..
Alors, comme une bonne photo vaut mieux qu’un long discours, voici :

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.. et voilà, magie du recadrage, l’environnement dans lequel cette jeune femme manœuvre cette belle barque..

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Cri(ti)que de Barbe Brûlée (Cancale), dimanche 2 sept.18, début d’après-midi

Toute petite crique de Barbe Brûlée. Surprise de voir qu’il y a un escalier très pentu qui mène à quelques mètres carrés de sable et de n’y découvrir, presque, que des personnes qui y lisent. Livres, manuscrits, études, thèses, ébauches d’articles, recueils de sudoku… ? L’impression que sont concentrées là des personnes qui travaillent. Qui travaillent dans des maisons d’édition, des revues littéraires, des « grands » journaux. On est juste avant la « rentrée littéraire ». Peut-être des lecteurs professionnels, « de Paris », qui bossent en s’accordant, les textes plein leur cerveau, un dernier et urgent rayon de soleil au bord de la mer..

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