Un Minou qui ne craint pas l’eau froide.., Plouzané, 5 juin 2020

Voilà, vous avez regardé les 2 articles précédents et avez été assez patients pour mériter de voir, enfin, l’un des phares les plus photographiés de Bretagne (malgré la tour à côté qui gâche un peu) car facilement accessible et, comme au phare de Kermorvant, au Conquet, la jetée qui y mène complète esthétiquement le tableau.

Allumé à la veille de la Révolution de 1848, en janvier, 26 m de haut (5 étages) , pierre de Kersanton ( comme le phare de l’Île Vierge, Eckmühl et tant de calvaires, de linteaux de fenêtres etc..) et granit rose (pas rose du tout) de L’Aber Ildut.

Intérieur aujourd’hui aux murs décrépis mais comportant des carrelages intéressants.

Flanqué d’une tour presque aussi haute – décapitée de son dôme abritant et dissimulant une parabole- radar dans les années 60 gaulliennes (guerre froide oblige)  – dont certains réclament la démolition. On a bien détruit en 2015 la maison grise à droite du blockhaus (cette photo est ma 1ère image du phare, fin 2012. J’avais crû alors que la tour blanche – à cette distance je la voyais vieille ruine –  était antérieure au phare et ne comprenais pas pourquoi on avait construit un « second » phare plus haut sans surélever le « premier »..)

le petit minou, 30 déc 12, 12-51

La tour radar devait ressembler à ça :

Ciel, Radar, Tour, Antenne, Radio, Militaire, Signaux

Voilà ce qu’on voit quand on arrive par la route (et non le sentier côtier) :

le petit minou, 5 juin 2020, 17-04

A droite, le Fort (Vauban bien sûr) qui mériterait une exploration et un défrichage complets.

le petit minou, 5 juin 2020, 17-04-21

le petit minou, 5 juin 2020, 16-36

Cette double courbe de la structure pierrée qui y mène apporte un élément intéressant complétant l’esthétique rectiligne du phare. Au loin, la pointe du Toulinguet, son phare et son sémaphore et le Rocher du Lion.

le petit minou, 5 juin 2020, 16-37

le petit minou, 5 juin 2020, 16-42

La plupart des photographes mettent en dehors du cadre le blockhaus à droite. Certes c’est une verrue mais, du coup (comme on dit souvent aujourd’hui), j’ai été un peu surpris en arrivant sur place.. et je ne pouvais pas rester longtemps (je ne suis resté qu’une demi-heure) pour explorer soigneusement les lieux et varier les prises et les points de vue..

le petit minou, 5 juin 2020, 16-42-40

le petit minou, 5 juin 2020, 17-01

le petit minou, 5 juin 2020, 16-43

L’arche du pont reliant la côte et l’îlot du phare est un autre élément expliquant le succès photographique de ce lieu..

le petit minou, 5 juin 2020, 16-59

le petit minou, 5 juin 2020, 16-47

le petit minou, 5 juin 2020, 16-46

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le petit minou, 5 juin 2020, 16-50

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le petit minou, 5 juin 2020, 16-57

 

 

 

 

 

 

le Petit Minou à petits pas, 5 juin 2020

Un lieu qu’on a vu qu’en photo pendant longtemps, on peut avoir hâte de le découvrir en vrai enfin, mais cela n’empêche pas qu’on fasse un peu trainer la rencontre avant de passer dans la situation où on y va. C’est un peu tordu peut-être, mais c’est comme ça que je vais faire cette fois.

Le Petit Minou, c’est, avant d’être un phare sympa en pierres de Kersanton et en granit rose (plus rose du tout), un site, un environnement vraiment chouette : l’entrée du goulet de la rade de Brest, avec ses côtes découpées, ses falaises bien végétalisées et boisées, celles de la « rive droite » et celles, en face,  de 2 des 3 presqu’îles de Crozon ( qui forment une croix – Crozon – ressemblant à l’hermine bretonne) en face (1700 m dans sa partie la plus étroite, 6 kms entre le Minou et la Pointe du Toulinguet).

le petit minou, 5 juin 2020, 16h35

la batterie (ou le fort) de Cornouaille ( à plus de 3 km) date du XVIIè siècle..

le petit minou, 5 juin 2020, 16h53

.. et, en face, l’îlot des Capucins (ou plutôt du Capucin, du nom d’un rocher en ayant vaguement la silhouette), dont on ne voit, de ce point de vue, quasiment aucune des constructions du fort, conçu dès Vauban mais réalisé seulement au milieu du XIXè siècle.

le petit minou, 5 juin 2020, 16h41

le petit minou, 5 juin 2020, 16h42

A la pointe de Kerangoff se trouve une étrange construction, comme un pignon triangulaire étroit percé d’une sorte de niche à la base (comme le foyer d’une haute cheminée profonde) et d’une échelle de barreaux en fer vers son sommet. Je suppose qu’il s’agit d’un abri pour un douanier, un garde,  en même temps qu’un repère, un amer ancien.

le petit minou, 5 juin 2020, 16h46

le petit minou, 5 juin 2020, 16h49

Le phare du Petit Minou, l’amer et le phare du Portzic (au loin juste avant le port militaire) sont alignés et aid(ai)ent les navires à avancer dans le goulet, notamment grâce au premier dont le feu rouge les avertit d’éviter le « plateau des fillettes » ( « Le Minou rougit quand il couvre les Fillettes »), la Basse Goudron et la Roche Mengam, bien sûr balisées mais situées quasiment au milieu du Goulet dans lequel passent des navires au tirant d’eau régulièrement supérieur à 10 m..

goulet de la rade de brest, 30 déc 12, 13h42

.. comme le MS SIMON, qui vient de Russie livrer du gasoil et repart vers l’Algérie.

goulet de la rade de brest, 30 déc 12, 13h47

Du Dellec on aperçoit au loin à gauche le Fort du Capucin et à l’horizon Camaret.

goulet de la rade de brest, 30 déc 12, 13h57

Le VN PARTISAN est un bateau support pour la Marine Nationale.

le petit minou, 5 juin 2020, 16h43

De l’autre côté du site du fort et du phare du Minou, vers l’ouest, au-delà de la plage du Minou (prisée des surfeurs expérimentés) , se trouve la Pointe du Grand Minou (car il y a un « grand » et un « petit » minou). Au loin (7 km) les pointes du Creach’Meur et du Cormoran (sur la commune de Plougonvelin).

le petit minou, 5 juin 2020, 16h48

Près du phare, les rochers sont – sans doute du fait de leur composition hétérogène – truffés de trous. Sur la côte proche, des maisons (du Minou) ont une vue « imprenable » (quelle drôle d’expression) sur l’entrée du Goulet et l’océan mais sont aussi aux premières loges, sans protection, face aux tempêtes du sud-ouest.. Une telle vue parfois se paie ..

le petit minou, 5 juin 2020, 16h50

En contrebas du phare sur les rochers, une ancienne structure cylindrique creuse en béton (sans doute en lien avec l’ancienne tour radar de 1961 à côté du phare) est devenue un siphon dans lequel s’engouffre la mer et duquel elle ressort en jets sous pression.

le petit minou, 5 juin 2020, 16h57

Les lieux peuvent être dangereux, par tempêtes et/ou la nuit. Les reste d’un panneau en avertit.. en français, anglais et breton.. à quelques cms du vide..

le petit minou, 5 juin 2020, 17h00

Brest étant depuis longtemps un port stratégique, l’armée allemande a aussi fait construire de nombreux blockhaus dans la région, dont 1 assez imposant au Petit Minou, décoré par un graff qui me plait bien.

Allez, il est temps de vous montrer le phare.. Du moins en partie ! Pour qu’il se dévoile mieux, il faudra attendre le prochain article..

le petit minou, 5 juin 2020, 13-38

le petit minou, 5 juin 2020, 16-52

L’homme au phare, le phare du Petit Minou, 5 juin 2020

Le phare du Petit Minou, à Plouzané près de Brest,  réunit au moins 3 particularités : celui d’être l’un des phares de Bretagne les plus photographiés ( à toute heure et par tous les temps, notamment du fait de l’allée serpentine qui y conduit et sa facilité d’accès : une route, étroite mais véritable,  y conduit), d’avoir une tour quasiment collée à lui  et (l’autre record) d’avoir un nom énigmatique et ridicule, en français, si l’on ne tient pas compte de l’hypothèse étymologique qui le ferait venir du breton « min » qui signifierait nez, museau (comme le Cap Gris-Nez..)

A force de le voir en photo ma curiosité a été titillée et j’ai eu, moi aussi, envie – l’occasion se présentant – de le voir en vrai,  avec mon appareil photo dans la main.

Une visite rapide – vu que j’étais venu pour toute autre chose – à une heure pas forcément propice (je cherche des excuses) ne m’ont pas empêché d’être séduit par les lieux. C’est vrai que cette entrée du Goulet de la Rade de Brest (moi qui suis plus habitué au goulet du Golfe du Morbihan) a de la gueule : une partie de la fabuleuse (à titre personnel) presqu’île de Crozon en face, l’océan à tribord..

Je me suis aperçu que les photographes, cherchant la photo parfaite, occultaient généralement plusieurs réalités des lieux : le fort Vauban, les blockhaus…

Je propose donc – fidèle à mon modeste esprit de contradiction et dans le souci commercial de me démarquer de la concurrence – aussi quelques vues différentes .

Pour aller au phare, elles (ces images) empruntent notamment le chemin d’un homme qui s’y trouvait avant que nous y arrivions. Un homme sans appareil photo, sans smartphone, bref un homme étrange, qui regardait, simplement, en prenant son temps. Il y avait plusieurs personnes sur place, dont pas mal de photographes.

le petit minou, 5 juin 2020, 17h01

le petit minou, 5 juin 2020, 16h56-38

le petit minou, 5 juin 2020, 16h54-58

le petit minou, 5 juin 2020, 16h47

Cailloux et cætera, Cayeux s/Mer, 23 déc.19

Ambiance hivernale bord de mer venteux frisquet dans une station-balnéaire-modeste-désertée-et-fermée. Courte pause à Cayeux en commençant par Brighton. « New Brighton » ou « Brighton-les-Pins » est une zone située au nord de Cayeux s/Mer et lotie par d’entreprenants Anglais à la fin du XIXè s. Le phare qui s’y trouvait  ayant été détruit comme tant d’autres sur l’ordre de l’autre fou le 31 août 1944, un nouveau phare (dans le style du précédent pour la tour mais sans la construction à sa base qui lui faisait une silhouette à l’aspect plus solide et progressive)  y fût construit, achevé en 1951. 28 m (ou 32 selon les sources) de haut – ce qui est déjà une belle hauteur et en fait le phare le plus haut de la région – il ne fut automatisé qu’en 1999. Hitler, à qui nombre ont obéi – en plus de ses ordres délirants de meurtres massifs – nous a accessoirement (au regard de l’assassinat de millions de personnes) privé d’une partie de notre patrimoine et de plaisirs visuels architecturaux.

Cayeux s-Merl, 24 déc.19, 12h31

L’ancien phare se trouvait tout près de la mer mais l’actuel, du fait de l’accumulation de galets et de sable, se retrouve à 400 m de celle-ci (enfin c’est ce que j’ai crû voir). Un beau sémaphore se trouvait à côté, détruit lui aussi..

Le phare et le sémaphore de Brighton, avant destruction en 1944, carte postale, 1er quart 20e siècle (coll. part.).

« Cayeux » vient de « caillou » et c’est peu de dire qu’il y en a des galets.. Au XIIè s ce fut bien sûr lapidé par des paysans que fut tué le seigneur local, qui abusait.. Sur les digues , le ramassage à la main des galets constituait à la fin du XIXe siècle l’une des rares activités « industrielles » (par la sueur et la peine , oui c’était bien industriel) du coin. Convoyés jusqu’au port de Saint-Valery-sur-Somme, ces silex arrondis bleus et blancs étaient transportés en Grande-Bretagne. Avant la Seconde Guerre mondiale, des ouvriers portaient et déplaçaient plusieurs tonnes de ballots de galets par jour.

Image associée

Il y avait des ramasseurs de cailloux à peu près partout où il y avait des cailloux (du Havre, à Dieppe..) mais Cayeux a semble-t-il une particularité : il est, dit-on, le seul gisement d’Europe de galets de mer  pour son taux de silice qui atteint 99 %. Encore aujourd’hui deux entreprises continuent à exploiter les silices de mer. L’une d’elles calcine (avec quelle énergie ?) les galets à 1 600 °C pour les réduire ensuite en poudre blanche, très résistante, utilisés dans les travaux de voirie comme dans la fabrication des pâtes abrasives.. L’autre entreprise sélectionne des galets sans défaut, de taille semblable, employés pour la décoration urbaine ou comme agents de résistance dans les broyeurs.. Les derniers ramasseurs, une dizaine parait-il, sillonnent la grève par tous les temps, sauf pendant les périodes de gel qui collent les pierres ensemble. Pensent-ils « chouette il gèle ! » ou « mince il gèle » ? Je n’en ai pas vu, pourtant il ne gelait pas. La trève des ramasseurs ? Cela me fait penser à d’autres forçats d’aujourd’hui,  pousseurs de vélos chargés de sacs de 60 kg de coques dans la Baie du Mt St Michel. Par vent de nord-ouest, la mer apporte son lot de cailloux polis – sans être payée – qu’elle peut ramener au large – la stupide – dès le lendemain, sur un coup de tempête. Sur un coup de tête en somme, l’inconséquente !

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À Cayeux la nature est plate alors les hommes y ont construits quelques verticalités, maisons, églises, phares et cet amer que j’ai pris pour un monument commémoratif de la guerre ou de « l’industrie » ( à dos d’hommes) du caillou.. Faudrait demander à Daniel Buren s’il n’a pas été influencé par cette structure pour ses colonnes au Palais Royal.. Cet amer a été construit sur l’emplacement d’un phare détruit en 44 appelé « phare sud ».

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De belles vagues et du vent ce jour-là à Cayeux, mais je ne sais pourquoi mon p’tit doigt me dit qu’il y en a souvent et depuis longtemps..ou qu’ils ont décidé de ne consacrer qu’un tout petit peu d’argent dans le budget drapeaux..

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Modeste & élégant, St Valery-en-caux, 23 déc.19

Que dire de ce phare ? Qu’il est modeste, par sa hauteur, et élégant, par son architecture. Qu’il est vraiment du XIXè siècle car pas détruit par l’armée allemande en août 1944.. Qu’il est le feu tribord d’une entrée de port très étroite (30 m dans sa partie la moins large..) et pas simple à aborder..

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Prévenants ces Normands qui ont planté des piques anti-oiseaux au sommet de pieux en bois, matériau heureusement largement utilisé dans le coin (les estacades à Fécamp..). C’est toujours encore un peu un mystère pour moi le pourquoi de la lumière différente selon les régions. On est pas si loin de ma Bretagne et pourtant la « lumière », les couleurs, les teintes, me semblent différentes. Est-ce à cause des différences de longitude et de latitude, donc d’inclinaison des rayons de soleil ou cette lumière différente serait-elle une « vue de l’esprit » ? Pourtant il ne me semble pas que je verrais de tels pastels délicats, ténus, estompés en Bretagne, comme si le blanc, le clair des hautes falaises de craie diffusait la lumière sur la mer crémeuse comme un cappuccino à la crème entière de Normandie, à la manière d’immenses réflecteurs.. Boudin a dû réfléchir à cela, et peut-être écrire..

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Quant au feu (rouge ?) bâbord de l’entrée du port, je n’en ai jamais vu d’aussi minimaliste, épuré, presque « l’idée » d’un feu à la matérialité la plus absente possible..

st valéry en caux, 23 déc;19, 12h16

Le chenal artificiel est pourtant fort réduit et ondulant de mascarets à chaque vague différents. Il ne s’agit pas de le louper ni de faire le modeste en rasant les hauts murs de pierre. J’imagine que les bateaux rentrent tous en surfant.. St Valery-en-Caux, LE spot de surf normand ?

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Quelle belle idée aussi de ne planter aucun lampadaire sur la jetée, rien qui ne vienne interrompre sa longue horizontalité hormis la chandelle du phare planté au bout comme un but de promenade.. Verticalité des falaises gris-blanc, du phare, horizontalité de la jetée, ondulations liquides et mouvantes de l’eau verdâtre crêtée du blanc des écumes au soleil.. La beauté nait ici de complémentarités minimales..

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Mauvaise Passe, Fécamp, 22 déc.19

Alors voilà : l’entrée du port de Fécamp est, comme à St Valéry-sur-Caux et au Tréport, étroite : 70 m de large, ce qui interdit toute erreur dans l’attaque et le choix du moment de la marée. De plus une barre se forme parfois devant.. Elle est par contre idéale pour les piétons car les solides jetées en dur (pierres taillées, béton..) sont complétées par de belles estacades en bois, comme au Tréport, ce qui multiplie les points de vue, mais j’avais 3 raisons de ne pas les emprunter ce jour-là : interdiction signalée d’y aller et n’étant pas du coin j’ignorais quel était au juste le danger (marée montante ? projection de galets qui jonchaient par endroits la jetée ?), obligation de choisir un point de vue par manque de temps, pas envie de prendre le risque qu’une vague plus haute me trempe, ni moi ni mon matériel non étanche.

Des personnes, peut-être du coin, n’avaient pas mes réticenses..

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Les 2 feux ont été construits en béton et en 1952. Le feu tribord ou sud (vert) fait 10 m de haut, le bâbord ou nord (rouge), 14 m.  Avant la seconde guerre mondiale, il y avait là 2 phares ronds, bâtis en pierres taillées, plus beaux, selon moi (très proches par l’aspect des phares actuels de St Valéry-en-Caux et du Tréport) mais ils ont été détruits, comme la plupart des phares,  par l’armée allemande en août 44 juste avant l’arrivée des alliés. Les conséquences d’une guerre telle que celle-là sur les lieux a été énorme..

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Un beau phare a été à une époque semble-t-il envisagé sur la Pointe du Fagnet – le nom de la jetée au pied du Cap Fagnet –  en 1836 et aurait ressemblé, en plus étroit, à celui de Carteret, dans le Cotentin :

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Pendant ce court séjour en Normandie, j’ai été frappé par l’importance des groupes d’oiseaux qui m’ont paru beaucoup plus nombreux qu’en Bretagne (en tous cas qu’en Morbihan). On en distingue un ci-dessous.

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Ce que j’espérais commençait à se produire : le soleil passait sous les nuages et sa lumière orangée commençait à éclairer les pierres sur un fond de ciel sombre..

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Je suppose qu’on a construit ces jetées s’avançant dans la mer et formant un chenal étroit pour être sûr d’avoir toujours suffisamment de hauteur d’eau dans la passe alimentée aussi par la rivière (ou plutôt fleuve) joliment nommée la Valmont.

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La chance du débutant serait-elle assez généreuse pour offrir, dans cette atmosphère humide éclairée par des rayons puissants,  un arc-en-ciel au nord ?

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Oui !! Et, tant qu’à offrir, pas 1 mais 2 arcs-en-ciel !

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A partir de ce moment ce ne fût que pur bonheur de photographe.. qui a bien du mal à choisir parmi ces images faites en une dizaine de minutes..

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Fécamp, les phares, 22 déc 19, 17h26.jpg

Fécamp, l'entrée du port, 22 déc 19, 17h28-30.jpg

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La photo est par définition incapable de restituer le bruit sourd, le grondement racleux créé par les puissantes et roulantes vagues charriant des tonnes de galets qu’elles amassent contre la jetée sud en un tas plus haut que le parapet..

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un phare oublié, bords de la Seine, déc.19

Il est un phare, en Normandie, sur un bord de la Seine, qui semble complètement oublié, abandonné, en tous cas en tant que phare. On y parvient en prenant une route étroite et escarpée bien avant de découvrir la Seine. Au début de la route un restaurant lui rend hommage en se nommant « restaurant du phare »..Il devait être la lumière tribord des navires entrant en Seine et, face à l’augmentation du nombre et du tonnage des navires visant Rouen ou Paris (Port de mer), s’est vu relégué à un second plan après l’érection – car tout ça est décidé par des hommes – de la « tour radar » à Honfleur, aussi nécessaire, efficace et moche (selon mon goût), que celle à Ouessant : du béton à la silhouette utilitaire sans être esthétique, ou, en tous cas, d’une esthétique qui commence seulement à devenir, à mes yeux, intéressante..

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Sa tourelle en verre et zinc est désespérément vide de tout feu. Nulle merveilleuse lentille de Fresnel sur bain de mercure ne s’y trouve et l’air humide des pluies de l’estuaire s’y engouffrent désormais, rongeant tout le métal.. Il est pourtant inscrit « monument historique » depuis 2011 mais n’est pas l’objet de protections à la hauteur de son passé.

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C’est pourtant un phare-maison, perché à plus de 50 m au bord de la falaise de craie à l’aplomb de l’ancien lit large de la Seine (à près d’1 km du lit habituel) – puissant fleuve qui n’est malheureusement pas passé inaperçu des hommes – avec une belle cheminée en briques comme on savait en construire en Normandie au XIXè siècle. S’il se trouvait sur un îlot breton il serait une star, au sens propre du terme.. Quelque édile aura signé l’ajout d’une balustrade quelconque en aluminium dans les années 80 (du XXè siècle), balustrade qui passe encore, de loin et par temps de brume..

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.. mais il sert aujourd’hui de relais téléphone (il en faut bien..) pour Orange et quelques délinquants (je rappelle que taguer un mur d’autrui, bien que parfois élevé au rang d’acte artistique, est un délit), constatant probablement  l’abandon, auront ressenti le besoin égocentrique d’y bomber quelques dessins ou messages esthétiquement moches et – n’étant pas du même « auteur » – contradictoires..

phare de la Roque, 22 déc 19, 15h10.jpg

Je le préférerais sans ces tags.

 

 

 

Côte de granit rose, été 2015

A l’été 2015, j’ai eu la chance de pouvoir être une dizaine de jours tout en haut au nord de cette petite excroissance de la côte nord de Bretagne qu’on appelle le Trégor, du côté de Trégastel et de Ploumanach et qui est assurément l’un des plus beaux coins de Bretagne.  J’avais fait une sorte de brochure – texte/images – paréidolique  (quand on voit des formes dans les nuages, les troncs d’arbres, les rochers..), ce qui n’est pas  original, je le concède,  car là-bas c’est un festival de têtes, de personnages ou d’objets dans les rochers. Or cette « brochure », que j’avais imprimé sur papier,  je ne la retrouve pas dans les méandres obscures de mon ordi.

ploumanach, 8 août 15, 18h12.jpgÎle Renote, Tregastel, 8 août 15, 18h23.jpg

Sur l’Île Renote – qui n’en est d’ailleurs pas (plus ?) une – à Trégastel. J’imagine comment j’aurais adoré, enfant, me perdre dans ces dédales escarpés.. Je vous laisse voir la gueule du cachalot, la tête de Voldemort, celle du vieux triste au nez pointu,  de la Grande Oie endormie et du canard au bec coupé…

Île Renote, Tregastel, 8 août 15, 18h26.jpgIci on touche au sublime, en termes d’équilibre, d’art éphémère-au-long-terme et de métaphore animale aquatique..

Île Renote, Tregastel, 8 août 15, 18h27.jpgÎle Renote, Tregastel, 8 août 15, 18h49.jpgÎle Renote, Tregastel, 8 août 15, 18h52.jpgTregastel, 18 août 15, 18h06 Tregastel, 18 août 15, 18h014.jpg Tregastel, 19 août 15, 14h49.jpg Trebeurden, 19 août 15, 14h52.jpg

 Trebeurden, 19 août 15, 14h56.jpg Trebeurden, 19 août 15, 15h12.jpg

 Trebeurden, 19 août 15, 15h22.jpgComment ne pas avoir envie de devenir sculpteur de granit quand on nait là-bas ? A défaut on peut se faire embaucher par les quelques carrières qui y subsistent mais ce n’est pas pareil de débiter des plaques qui seront poncées, polies pour devenir des pierres tombales. Autant le granit sculpté est magnifique, autant quand il est poli, rendu lisse et brillant je le trouve moche.

 

Sur le Cap Fréhel (suite), 6 févr.19

Ça y est on y est. La pluie. 2 ou 3 véhicules sur le parking plus 2 gars qui y travaillent avec des engins de terrassement. Tout est imbibé. On patauge dans les travaux commencés à l’automne dernier et visant à supprimer le parking qui amenait les véhicules jusque juste devant les phares qui seront à nouveau entourés de landes. Les phares sont bien là, dressés dans leurs pierres qui semblent indestructibles mais qui pourtant ont été détruites, par l’armée allemande à l’été 44.

 

Le vieux phare Vauban est toujours là depuis 1702. Il est aussi rond que celui d’après guerre est carré. Une quinzaine de mètres de haut. Il avait été édifié pour « prévenir des attaques des Anglais » et remplit son office jusqu’en 1845, date de construction à côté d’un nouveau phare, octogonal, qui sera donc détruit début août 44.

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Depuis notre séjour sur la Côte de granit rose je vois facilement les gueules de monstres de pierre. Ces trois là sont particulièrement antédiluviens, patibulaires et gigantesques ! Leur face au museau écrasé et leur mâchoire monstrueuse garde cet air renfrogné à être figés ainsi, à voir toujours le même paysage, supporter toutes les tempêtes de lames et sur son échine ces 2 lourdes tours construites par les humains.

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J’aurais préféré passer plus de temps sur le cap où je n’ai retrouvé aucune de mes sensations et émotions d’enfant, y faire davantage d’images, mais cette pluie et le jour qui finit ont eu raison de nous. J’en garde cependant l’impression d’un lieu puissant, rude et sans concessions, ce qui n’est pas pour me déplaire.

 

Cap Fréhel, 6 févr. 19

Autour de 1970 il était organisé une fois par an depuis Riantec (ma commune d’origine) un voyage en car. Un jour de mai probablement, quand les ajoncs sont en fleurs, on partait vers l’un des sites célèbres de Bretagne. On était touristes chez nous ! « chez nous » c’est-à-dire en Bretagne. J’en fus, deux ou trois fois je pense. Nous avons dû aller ainsi à la Pointe du Raz, Crozon et aussi au Cap Fréhel. J’étais enfant. Ça me plaisait bien de partir ainsi en découverte : se lever tôt, monter dans un car qui me semblait si haut et si grand, les adultes qui chantaient toujours les mêmes chansons (ah le petit vin blanc, Riquita, la java bleue..), manger un jambon beurre et un œuf dur, attendre dans le car qu’on retrouve telle ou telle veuve au moment de repartir. Les falaises de cris d’oiseaux m’avaient impressionné. J’y suis peut-être retourné une fois, quand j’étais étudiant à Rennes, mais je n’en ai pas souvenir. Aux Sables-d’Or, oui. Mais au Cap ? Il était donc grand temps de revoir ce monument de la géographie bretonne.

Midi. La brume est encore présente.

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L’îlot à gauche est appelé « amas du Cap ». Au niveau du phare la falaise fait 70 m de haut.

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16h08. On s’en approche. La pluie aussi.

Embouchure du Gouët, St Brieuc, 5 févr.19, 16h25

Le Gouët est le cours d’eau qui passe au nord de St Brieuc et a permis de construire le port du Légué.  Le nom Gouët viendrait du breton « gwed », sang . Il désignerait la couleur de la rivière en 937 à la suite du massacre des Viking (qui occupaient divers lieux de l’ouest depuis le VIIIè s) de Péran (en arrière de St Brieuc) par l’armée bretonne et reconquérante d’Alain Barbetorte, qui en avait déjà massacré à Dol..Depuis de l’eau a coulé dans les 2 sens et le Gouët était plutôt gris ce jour-là.estuaire du Gouët, St Brieuc, 5 févr 19, 16h25 (1 sur 1).jpg

 

embouchure du Gouët, St Brieuc, 5 févr 19, 16h26 (1 sur 1).jpgOn distingue à peine au large ( à presque 15 kms..) la balise du petit Bignon et des ilots du plateau des Jaunes, au large de Pléneuf-Val-André.embouchure du Gouët, St Brieuc, 5 févr 19, 16h31 (1 sur 1).jpg

28 décembre 18, autour du milieu du jour

11h09. La mer (marée moyenne de 75) a amorcé son retrait. C’est alors l’estuaire d’un fleuve qui se vide amplement et tranquillement dans l’océan. Les rares bateaux en ce matin de fin d’année doivent longer la rive en face pour éviter un peu la force du jusant. Le vent est absent. La brume épaisse qui nous avait aboli l’autre rive se dissout peu à peu par la lente montée des degrés du soleil. C’est calme, serein. Les oiseaux vont et viennent, passent au-dessus des flots, au ras pour les cormorans et les huitriers-pies, un peu plus haut pour les bernaches et les rares hérons solitaires.

sortie du golfe, 28 déc.18, 11h15 (1 sur 1)

11h15, un voilier sort du port du Crouesty, port dont on ne supposerait pas, d’ici, l’existence entre la pointe de Port Navalo et celle du Petit Mont si on ne savait qu’il existe, et d’ailleurs son existence, relativement récente (1973), n’a été due qu’au fait que les nombreuses résistances au projet initialement encore plus important et destructeur des marais et des dunes, n’ont pu que le réduire..
sortie du Golfe, 28 déc.18, 11h23 (1 sur 1).jpg11h23, un autre sort du Golfe, au moteur ou en se laissant porter par le courant qui l’emporte tranquillement jusqu’à l’océan.
entrée du Golfe, 28 déc 18, 12h50 (1 sur 1).jpg12h50