le Jacques Cartier, du crépuscule à la nuit, devant le Grand Mont, 28 juillet 2020

21h43, les derniers rayons du soleil éclairent le Jacques Cartier désormais seul devant l’entrée du port du Croisty.
21h59, les lumières qui dessinent la silhouette du navire sont de plus en plus visibles à mesure que le soir tombe.
Dans la nuit maintenant présente, le bateau apparaît presque étrange, arc lumineux sur la mer. A bord les gens portent des « tenues décontractées et élégantes à leur convenance ».

le Jacques Cartier, le Croisty, 28 juillet 2020, fin de matinée

Un matin j’ai la surprise de découvrir quelque chose que je n’avais jamais vu dans le coin (même pendant une Semaine du Golfe), un très grand bateau, un navire hors-pair, un paquebot ! Celui de luxe ( 4700 € la semaine de St Malo à Nantes en faisant plusieurs escales avec possibilité de faire des excursions « à terre » : Bréhat, Ouessant, les Glénans, Concarneau, Groix, Port-Navalo, Houat, Belle-île..) de la compagnie du Ponant (qui en a 6 autres semblables ), le Jacques Cartier, un « Ponant explorer ». Rien que ça. Il mouille devant le port du Croisty et je n’ai jamais vu ici un bateau aussi grand : 130 m de long (le Belem – qui m’avait impressionné et dont l’arrivée par tous les bateaux m’avait ému lors de la dernière Semaine du Golfe – faisant 58 m, on pourrait largement en aligner 2 le long du Jacques Cartier). On en perd tout repère.

Je le photographie dès que je le vois car j’ignore combien de temps il restera là. Mais je me promets de revenir tôt le matin et à la fin du jour, car, même s’il est majestueux comme le Rex dans l’Amarcord de Fellini, je pense qu’il sera encore plus beau au levant et au couchant. Malheureusement je n’aurai que ce soir-là pour le photographier. Le lendemain matin, alors que j’irai sur place vers 7h30, je découvrirai les lieux comme avant sa présence : il aura levé l’ancre 1 heure avant, à l’aube, cap sur Nantes.

Il y a au moins 2 attitudes différentes vis-à-vis du navire : une attirance, une curiosité de plusieurs bateaux – voiliers, pêche-promenade, zodiac etc.. – et une apparente indifférence de ceux qui pêchent, font de la voile, du paddle..

lever du jour, Locmariaquer, 23 juillet 2020

Tous les jours, ou presque, je me réveille vers 5h38, me lève et vais regarder dans un interstice du volet le ciel pour évaluer si cela vaut le coup de sortir faire des photos. Un matin, ce que je vis ne me fit pas hésiter.
On aurait dit qu’un gigantesque incendie embrasait le Golfe.
l’anse de Toul Keun est métamorphosée..
Moins de 10 minutes après que je sois parti je découvre plus vers l’est que le ciel y est sans nuages. Une toile harmonieusement dégradée orange se tend derrière Port-Navalo
Le soleil est maintenant bien au-dessus de l’horizon et la tonalité générale tourne au jaune.
Un vent d’ouest – imperceptible au sol – pousse vers l’est les nuages en altitude plus froide qui dessinent comme un Mont Fuji breton..
Les rayons du soleil réchauffent déjà les roches de la pointe Er hourèl.
La toile orange est devenue jaune. Je vois que certains ont été bien plus « matinaux » que moi et reviennent déjà de leur pêche nocturne.
Voilà, en une petite demi-heure les couleurs ont trouvé leur place : le bleu habituel du ciel s’installe et les jaune orangé du levant ne sont pas encore partis se coucher..
Au loin sur l’océan courbe le phare de la Teignouse accroche au passage comme une meringue tous les rayons qu’il peut, ..
Vers l’ouest le ciel est plus sombre derrière la silhouette du Fort de Penthièvre qui marque l’entrée de la presqu’île de Quiberon. Seuls un voilier heureusement rouge et une bouée-balise accrochent les rayons du soleil levant.

Paddle, paddle, paddle.., Locmariaquer, juin/juillet 2020

La pratique du stand-up paddle , par l’attitude calme et souvent élégante de ses adeptes et le fait qu’elle apprécie une mer d’huile, offre la possibilité de faire de belles images empruntes de sérénité et d’esthétisme.

Quitter la plage, Locmariaquer, juillet 2020

La plage, on l’a souhaitée, on y est allés, on y a passé un bon moment, mais il faut bien en repartir.. (j’ai déjà dormi, contraint de le faire, sur une plage, et ça n’a pas été – bien qu’en été – très agréable : le sable sans le soleil devient vite froid).

Quand on sait qu’on pourra y revenir quand on voudra, dès le lendemain ou dans peu de temps, ça va, mais quand on sait que ce ne sera peut-être pas avant les prochaines vacances d’été à la mer, on a un pincement au cœur..

Le chien aimerait visiblement bien resté encore un peu..
.. enfin, ça dépend des chiens..
La plage devient déjà un souvenir flou..
.. c’est comme si, après l’ample espace de la plage et les largesses de l’horizon océanique, on était happés par une épaisseur touffue se refermant sur nous, nous bouchant les perspectives..
.. en plus il faut remonter la pente qui, à l’aller, nous avait fait courir vers la mer.. Je sais que j’avais cette sensation, cette émotion et ce sentiment dans mon enfance : on allait « à la Grande plage », et non « dans la Baie », juste devant le champ où on campait, de l’autre côté de cette dune. On marchait vers la dune : une colline. On grimpait. C’était un peu difficile mais on était légers et nos petits muscles étaient efficaces pour ce qu’on avait à faire. On arrivait en haut et ce n’était alors pas une émotion visuelle mais physique car tout de suite je dévalais la pente les pieds nus dans le sable si vite que je ne contrôlais plus trop et on atterrissait en un grand saut qui nous plantait jusqu’au haut de nos tibias minces les jambes dans le sable chaud. Il est possible qu’un cri d’exaltation était poussé vers la fin de cette cavalcade. Depuis, ce chemin de sable existant toujours, c’est celui que de préférence j’emprunte, avec parcimonie, de crainte que de réveiller ce souvenir si vivant en moi ne le sorte dangereusement de la gangue peut-être mythifiée des étés de mon enfance et ne fasse battre mon cœur trop vite.
Les sacs sont un peu plus lourds à porter, et ça n’est pas seulement parce que les serviettes de plage sont humides..
Heureusement l’été n’est pas encore fini, mais les vacances à la mer peut-être que si.. Le bitume remplace déjà le sable.. On découvre, sans le savoir donc malgré nous, ce qu’on nomme la nostalgie, qui est d’un lieu mais aussi d’un temps.
Il faut être solidaires, continuer à mettre un pied devant l’autre, se donner la main et ne pas trop se tourner vers le passé.. ( donc vers la gauche, pour je ne sais quelle raison. Sens de notre écriture française de gauche à droite ?)
.. voire se tenir bien droit, comme toujours, et aller de l’avant ( donc vers la droite )
Il y en a qui ne La quittent que contraints et forcés, qui pleurent toute leur tristesse..
Mieux vaut la quitter qu’avec le jour qui finit – on l’aura connue aussi avec cette lumière là qui la caresse si bien – fatigués de la journée, pour que la nuit bien vite nous fasse passer à autre chose le lendemain..
.. et qu’on se fonde dans un autre décor..

A (ah!) la mer, à (ah!) la plage, Locmariaquer, Juin/Juillet 2020

On y arrive, on La voit enfin, presque toute entière.. on va enfin pouvoir La regarder, La contempler, tranquillement..

.. cette mer tant désirée.. qui nous apaise et élargit notre horizon..

.. à condition de n’être pas déjà épuisé(e) quand on y arrive enfin..
( image exceptionnelle du point de vue du bigorneau sur son rocher)
(« mince, elle est où l’horizon ?! »)
.. et bien sûr la première des choses à faire, après avoir jeté un oeil rapide, est de se prendre en photo..
Et si on ne se prend pas soi-même en photo on photographie les enfants (et je photographie ceux qui photographient..Qui me photographie photographiant ceux qui photographient ?!)
Mais il faut se dépêcher de photographier les enfants et les ados car ils sont venus à la plage pas vraiment pour se faire photographier..
.. mais pour se baigner, jouer, s’amuser dans la mer. Et il n’y a pas qu’eux !
Ici ce sont de grands enfants un peu fragiles et plutôt très sages.. qui trouvent l’eau un peu fraiche..
.. les enfants sont venus pour y faire des découvertes zétranges ze incongrues.. comme des perruques de Robert Plant en caoutchouc.. (à moins que ce soit celle de Roger Daltrey)..
.. ou parfois pour y faire des choses que certain(e)s adultes désapprouvent, voire interdisent. (« elle est où la limite, elle est où? » Finalement il ne la jettera pas aux pieds des femmes)
Mais les adultes aussi aiment aller dans la mer : ce sont après tout de plus ou moins anciens enfants..
.. le matin, avec le chien..
.. ou sans..
.. en couple..
.. ou seule et quel que soit le temps..
Dans ma série « Dupont & Dupond ».. (cf autres articles antérieurs)
.. ou Duponte et Duponde..
La femme sexagénaire se baigne par 3 et, comme la mouette rieuse, s’éloigne un peu du bord – où elle trouvait sa pitance – si elle voit s’approcher un pêcheur, même si celui-ci ne pêche pas la mouette rieuse..
Mais les enfants peuvent être aussi comme des grandes personnes et rester au bord de la mer sans presque pas y mettre leurs pieds..
.. s’essayer à l’archéologie sableuse..
.. peaufiner sa capacité à l’écoute, la patience.. et l’obéissance à (la jeune) grand-mère..
.. lancer de grands projets de construction en commun où la parité et l’égalité « femme/homme » vont de soi..
.. regarder les grandes personnes jouer avec leurs grands jouets..
.. faire des acrobaties que les grandes personnes ont parfois du mal à faire..

La plupart des grandes personnes ( surtout les femmes seules) semblent aimer marcher le long de la mer sur le sable..

Les grandes personnes aiment aussi marcher dans l’eau, longtemps, ce que font rarement spontanément les enfants.
De manière générale la mer semble plonger les gens, petits ou grands, dans une sorte de rêverie vaguement hypnotique..
« tiens, une punaise géante flottante. Technique locale de pêche ? »
Parfois on lui tourne le dos..
.. mais le bord de la mer génère aussi chez des gens des gestes, des postures, des attitudes parfois un peu mystérieuses, étranges, énigmatiques ..
.. comme celle qui consiste à regarder longtemps un écran plutôt que la mer..
.. ou de lancer un fil dans l’eau.. alors qu’on a prévu des côtelettes à midi..
.. ou de prendre des postures acrobatiques ..
.. d’imiter le papillon..
.. ou de tenter de se faire passer pour un zèbre..
.. de faire des gestes de salutation au soleil.. qui certes nous rend visible mais ne nous voit pas..
.. jusqu’à se croire dans sa salle à manger..
.. ou dans une salle de bains..
.. ou encore de lui jouer du cor de chasse.

C’est ça la plage, c’est tout ça et bien d’autres choses.

Allant à la plage, juillet 2020, Locmariaquer

Il fait beau. Ou pas. Mais c’est l’été : il fait assez bon pour aller à la plage.

On peut se lever tôt (avant 8h) et aller vers la plage – en ne prenant pas le chemin que la plupart prennent – pour une séance de yoga et sa salutation au soleil.. (contrairement aux apparences ces 3 images ont été faites à quelques secondes d’intervalle).
.. ou simplement pour y trottiner avec son chien..
..ou y aller par devoir..
.. ou simplement pour La voir..
On peut avoir de la chance qu’Elle soit juste au bout du long jardin et que le chemin vers la mer soit si court..

On y presque. Il est déjà tard dans la matinée : le soleil commence à taper et certains en reviennent déjà.
Quand on n’y va pas sans rien, les mains dans les poches, la plage ça se mérite. Il faut gravir l’ultime dune, chargé de tout ce qu’on a décidé d’emporter pour y passer toute l’après-midi..
Les derniers mètres sont les plus durs : on fait une pause mais, après tout, l’ascension n’a pris qu’1 minute, une minute pour se réjouir de La revoir. Ce moment – dans l’enfance déjà – qui précède juste la redécouverte de la mer est fait d’interrogations : « comment ce sera aujourd’hui ? A quoi ressemblera-t-elle ? Comment seront les couleurs, la lumière ? Y aura-t-il quelque chose de nouveau ? Et, vers 12 ans.. le cœur battant.. « Sera-t-Elle là ? »
Les jours de soleil, les gens sont nombreux l’après-midi – ou comme ici en début de soirée – alors que la plage est généralement presque déserte le matin. De plus en plus, depuis 2, 3 ans, les gens sont nombreux à prévoir apéro et même dîner sur la plage. Cela se faisait moins avant. Cette tendance est-elle accentuée par le confinement de ce printemps et l’incertitude de l’avenir sur ce point, générant une envie de profiter de toutes les manières possibles de la plage avant qu’on nous en interdise de nouveau l’accès ?

Morbihan, terre d’accueil, Locmariaquer, Larmor-Baden, juin 2020

Vestiges d’une tentative d’attaque ( « la bataille du Brénéguy ») de la côte par des cyprès américains, déjouée par l’ armée des tamaris (origine méditerranéenne) toujours aux aguets..

pin en nuages, St Pierre, 14 juin 20,20-58Cyprès en nuages..

cyprès, Larmor-Baden, 16 juin 20, 15h41Cyprès et nuages..

hortensias, Larmor-Baden, 16 juin 20, 15h57Hortensias ( hydrangea macrophyla, origine Japon) manifestement « pour » le stationnement.. et l’un des symboles de la Bretagne, et pourtant il vient d’Asie.

genêts, St Pierre, 16 juin 20,9-13Genêt d’Espagne en Bretagne.

bambou negra, keranlay, 26 juin 20Bambous noirs (phyllostachys nigra) dans le vent du soir. Est-il besoin de rappeler que les bambous viennent d’Asie ?

manoir rouge, Locmariaquer, 17 juin 20,Cyprès (de Lambert ou de Monterey – c’est le même – donc d’origine de Californie), vigne vierge et eau du ciel..

chatons, St Pierre, 14 juin 20,20-22Lagure ovale (Lagurus ovatus)  ou « gros minet »,  « queue de lièvre » ou encore « mimi ». Moi je les appelais simplement « chaton » (ce qui n’est pas mieux).

chatons (plante), st pierre, 24 juin 20

chaton, St Pierre, 14 juin 20,20-06

fleur & escargots, st pierre, 25 juin 20Ail sauvage (Allium schoenoprasum et Allium sativum) ou ciboulette sauvage, civette, cive, brelette.. Les escargots sont en option..

 

fleur, St Pierre, 14 juin 20,20-18

crosse de fougère, Locmariaquer, 17 juin 20,Le rarissime serpent vert des dunes ! sans gueule ni museau et à l’oeil qui, tout vide qu’il semble, n’en est pas moins hypnotisant..

er hourèl, Locmariaquer, 17 juin 20,Pas une pub pour une création design de canapé mais le dolmen dont la table (ou le toit, puisqu’ils étaient des sépultures) est tombé depuis au moins 50 ans et probablement beaucoup plus (qui l’a poussé ?), à la pointe er Hourèl.

fleurs de poireau, Keranlay, 20 juin 20Oh oh, mais qu’est-ce donc ? Que sont ces grosses fleurs ?

fleurs de poireau, Keranlay, 20 juin 20, 14-02

fleurs de poireau, Keranlay, 20 juin 20, 14-04De l’ail géant ? Que nenni, ce sont des fleurs de poireaux  (qui sont de la même famille) que le voisin laisse aller jusqu’au bout de leur maturité pour en récolter les graines.

rose trémièrekeranlay, 23 juin 20Tuteur torsadé en acier galvanisé orné accessoirement d’une rose trémière (origine : Asie) photographiée à des jours différents.

rose trémière, keranlay, 25 juin 20Alcea rosea, Rose trémière, passe-rose, passerose ou encore primerose  Elle est aussi parfois appelée rose papale ou Alcée rose. Toutes les parties de la plante sont comestibles et certaines (fleur notamment) ont des usages médicinaux depuis l’antiquité.

rose trémière, Keranlay, 21 juin 20, 14h56

rose trémière, Keranlay, 20 juin 20, 14-54Vous ne trouvez pas qu’elle tire la langue, l’effrontée (alors qu’elle ne manque pas d’eau et qu’on la respecte) ?

rose trémière, Keranlay, 21 juin 20, 20-22

coquillagesKeranlay, 21 juin 20, 12h56Littorines obtuses (Littorina obtusata), natices (euspira), hasianelles  (tricolia pullus).. sur sopalin commun (sopalinus vulgarus)

cabaret des oiseaux, st pierre, 22 juin 20Cardère sauvage (Dipsacus fullonum ou Dipsacus sylvestris),  Bonnetier sauvage ou Cabaret des oiseaux (sans oiseaux car fermé à cette date – cause covid – comme tous les cabarets)

mimosa, keranlay, 22 juin 20Mimosa ( Acacia dealbata ). Comme le baccharis aujourd’hui il aurait pu être considéré comme une plante indésirable car il a été introduit en Europe à la suite du premier voyage du capitaine Cook à bord de l’Endeavour en

catalpa & étoiles, keranlay, 25 juin 20Catalpa (origine Sud des Etats-Unis et Asie) photographié en pose longue. Je suis sûr qu’il rêve à la Virginie ou le Mississippi de ces ancêtres.

fleurs de catalpa, keranlay, 23 juin 20Fleurs du catalpa.

fleurs, st pierre, 24 juin 20

Pour un non spécialiste comme moi, tout herbier doit comporter au moins une fleur non-identifiée. Ce sera celle-là. En quelque sorte elle n’a pas encore de papiers mais a trouvé sa place ici depuis longtemps.

 

 

Journal de juin, le 16 (suite) : sortie de Leyton sous des nuages

nuages, 16 juin 20, 9-46

Alors, même si dès le matin les nuages sont ainsi, qu’est-ce que cela va être ce soir ?! Mais il est vrai qu’en Bretagne on ne peut pas présager du ciel plusieurs heures avant..

le grand mont, 16 juin 20, 10-04-13

A l’est, du côté du Grand Mont sur la Presqu’Île de Rhuys, le ciel est itou.

nuages, 16 juin 20, 9-56-18

10 mn plus tard le ciel s’est sérieusement assombri au-dessus du trimaran Leyton..

Leyton, 16 juin 20, 9-57-05

.. tandis qu’il sort sous voiles de la Trinité s/mer, le fort de Penthièvre à tribord..

Leyton, 16 juin 20, 9-59-34

.. et à babord les très très anciens blocs du dolmen à la table tombée  et les pins de la pointe er Hourèl..

Leyton, 16 juin 20, 10-00-02

Journal de Juin, le 16 : arc-en-ciel, sur la Baie de Quiberon.

Une longue journée de photos (près de 800, mon « problème » est de ne vous en montrer que quelques-unes.. voir aussi mon site pour une présentation et une sélection d’images épurées et zen http://marcokerma.over-blog.com/ ). La matinée commence par un arc-en-ciel sur St Philibert, durable (peut-être un quart d’heure).

riviière de St Phil, 16 juin 20, 8-50

Les nuages sont très présents, le ciel est sombre mais laisse des percées pour le soleil (d’où l’arc-en-ciel)

Port-Haliguen, 16 juin 20, 08-51-33

.. comme sur Port-Haliguen à l’horizon de l’autre côté de la Baie presqu’au bout de la Presqu’Île de Quiberon..

pointe du conguel, 16 juin 20, 9-18

.. ou vers la pointe du Conguel (qui est vraiment l’extrémité de la presqu’île). Je n’ai qu’à rester au sommet de la dune et regarder tout autour..

Port-d'Orange, 16 juin 20, 08-519-14

.. voir le ciel bleu ardoise s’éclaircir et lâcher un grain sur Port d’Orange..

baie de quiberon, 16 juin 20, 9-25

.. apportant une brise qui permet au voilier de hisser les voiles..

Leyton (ex Arkema), baie de quiberon, 16 juin 20, 9-54

.. et à Leyton (ex Arkema) de hisser aussi tôt les siennes, dès la sortie du port de la Trinité s/Mer.

Le soleil étant toujours à l’affût, l’arc-en-ciel va cueillir Le bateau venant des petites îles..

arc-en-ciel, Baie de quiberon, 16 juin 20, 9-24-30

arc-en-ciel, Baie de quiberon, 16 juin 20, 9-25-12

Viga, 16 juin 20, 9-20

Viga (transport de marchandises, matériaux, déchets, véhicules utilitaires.. entre les 4 îles du coin et la Trinité s/Mer) passe au large de la Teignouse.

 

Journal de Juin : les nuages du 14, Locmariaquer, 14 juin 2020, 19h33/21h57

Sans vouloir trop insister sur le sujet, j’ai vécu avec soulagement la levée de l’interdiction de partir à plus de 100 km « sans motif valable » et 12 jours plus tard je partis revoir la mer et les lieux que j’affectionne. C’était un motif très valable.

Depuis quelques temps – sans savoir si cela avait un lien avec le confinement – j’avais développé une attention – une attirance ? – plus forte pour le ciel et surtout ceux qui vivent dans cet espace infini : les nuages. Dès les retrouvailles avec les parfums des plantes littorales et des algues, que l’on reconnait avant de La voir – la mer – dans la soirée du 14 juin, ils étaient ô combien au rendez-vous muet que je leur avais donné, de toute forme, en cohortes de toutes sortes.

Caro, Pointe er vil, 14 juin 20, 19h54

buse, St Pierre,14 juin 20, 19h54

Une buse – jamais vue dans les parages auparavant (« déconfinée » elle aussi ?) – attirait  mon regard vers le ciel..

A mesure que le soleil descendait derrière St Philibert, la lente chorégraphie des nuages par delà les cyprès et les pins se faisait plus spectaculaire, et même un tantinet dramatique, lyrique, wagnérien, faustien..

nuages, St Philibert,14 juin 20, 21-14

nuages, keranlay,14 juin 20, 21-29

.. Ils passaient lentement mais inexorablement, haut, par dessus les maisons du voisin jardinier qui avait définitivement quitté les lieux et cette terre 5 mois auparavant.

nuages, keranlay,14 juin 20, 21-32

Aux derniers rayons, la route de St Pierre coupant les champs prenait une allure de far-west et le grand cyprès rappelait qu’il est le plus grand des lieux.

nuages, keranlay,14 juin 20, 21-45-55

nuages, keranlay,14 juin 20, 21-32-35

Au nord-est  un vaisseau éteignait le Golfe et allait peut-être déverser sur lui une pluie d’éclairs, un torrent de foudre et d’eau douce. Une branche cassée, aux feuilles prématurément rougeoyantes, apportait à son arbre un élément qui interrogeait le regard et des sillons de feu traçaient leur ligne au travers des champs.

nuages, keranlay,14 juin 20, 21-32-43

nuages, keranlay,14 juin 20, 21-39-18

nuages, keranlay,14 juin 20, 21-32-38

Plus le moment s’approchait de celui où le soleil de ce jour s’éteindrait, plus son intensité – semblant plus brûlante qu’au zénith – allait fouiller l’intérieur des arbres, et elle aurait brûlé les grands yeux rond de la hulotte du coin si elle s’y était trouvée embusquée, par la lumière brutalement débusquée.

Vers le nord-ouest 3 rois étaient apparus, comme par enchantement, pour contempler le soleil et offrir quelques secondes à leurs étranges corps informes sa chaleur orange et déjà froidissante..

nuages, keranlay,14 juin 20, 21-55-23

.. avant de disparaître dans leur longue nuit. Un jour prochain – qui sait – ils reparaîtront peut-être ici ou ailleurs et on aura du mal à les reconnaître, avec toutefois un sentiment diffus de réminiscence.

nuages, keranlay,14 juin 20, 21-56-05

Tandis que les 3 rois Kong fixent encore un instant le soleil, à l’est un vaisseau amiral largue ses amarres et s’apprête à partir pour un long, très long voyage en croisant au-dessus de l’océan..

nuages, keranlay,14 juin 20, 21-57

C’était le 14 juin, à 1 semaine du soltice et ce long jour avait bien profité du temps qui lui était donné par les astres et m’avait accueilli majestueusement en ces lieux familiers.

La Passagère du Passeur des Îles, Kerpenhir Port-Navalo, 15 septembre, 9h01

la Passagère, Kerpenhir Port-Navalo, 15 sept.19, 9h01-36

la Passagère, Kerpenhir Port-Navalo, 15 sept.19, 9h01-50

la Passagère est le deuxième des 5 bateaux de la compagnie le Passeur des Îles qui assurent le transport de passagers dans le Golfe. Elle fait ses navettes entre Locmariaquer et Port-Navalo (qu’elle vient ici de quitter) et Gavrinis.