Morbihan, terre d’accueil, Locmariaquer, Larmor-Baden, juin 2020

Vestiges d’une tentative d’attaque ( « la bataille du Brénéguy ») de la côte par des cyprès américains, déjouée par l’ armée des tamaris (origine méditerranéenne) toujours aux aguets..

pin en nuages, St Pierre, 14 juin 20,20-58Cyprès en nuages..

cyprès, Larmor-Baden, 16 juin 20, 15h41Cyprès et nuages..

hortensias, Larmor-Baden, 16 juin 20, 15h57Hortensias ( hydrangea macrophyla, origine Japon) manifestement « pour » le stationnement.. et l’un des symboles de la Bretagne, et pourtant il vient d’Asie.

genêts, St Pierre, 16 juin 20,9-13Genêt d’Espagne en Bretagne.

bambou negra, keranlay, 26 juin 20Bambous noirs (phyllostachys nigra) dans le vent du soir. Est-il besoin de rappeler que les bambous viennent d’Asie ?

manoir rouge, Locmariaquer, 17 juin 20,Cyprès (de Lambert ou de Monterey – c’est le même – donc d’origine de Californie), vigne vierge et eau du ciel..

chatons, St Pierre, 14 juin 20,20-22Lagure ovale (Lagurus ovatus)  ou « gros minet »,  « queue de lièvre » ou encore « mimi ». Moi je les appelais simplement « chaton » (ce qui n’est pas mieux).

chatons (plante), st pierre, 24 juin 20

chaton, St Pierre, 14 juin 20,20-06

fleur & escargots, st pierre, 25 juin 20Ail sauvage (Allium schoenoprasum et Allium sativum) ou ciboulette sauvage, civette, cive, brelette.. Les escargots sont en option..

 

fleur, St Pierre, 14 juin 20,20-18

crosse de fougère, Locmariaquer, 17 juin 20,Le rarissime serpent vert des dunes ! sans gueule ni museau et à l’oeil qui, tout vide qu’il semble, n’en est pas moins hypnotisant..

er hourèl, Locmariaquer, 17 juin 20,Pas une pub pour une création design de canapé mais le dolmen dont la table (ou le toit, puisqu’ils étaient des sépultures) est tombé depuis au moins 50 ans et probablement beaucoup plus (qui l’a poussé ?), à la pointe er Hourèl.

fleurs de poireau, Keranlay, 20 juin 20Oh oh, mais qu’est-ce donc ? Que sont ces grosses fleurs ?

fleurs de poireau, Keranlay, 20 juin 20, 14-02

fleurs de poireau, Keranlay, 20 juin 20, 14-04De l’ail géant ? Que nenni, ce sont des fleurs de poireaux  (qui sont de la même famille) que le voisin laisse aller jusqu’au bout de leur maturité pour en récolter les graines.

rose trémièrekeranlay, 23 juin 20Tuteur torsadé en acier galvanisé orné accessoirement d’une rose trémière (origine : Asie) photographiée à des jours différents.

rose trémière, keranlay, 25 juin 20Alcea rosea, Rose trémière, passe-rose, passerose ou encore primerose  Elle est aussi parfois appelée rose papale ou Alcée rose. Toutes les parties de la plante sont comestibles et certaines (fleur notamment) ont des usages médicinaux depuis l’antiquité.

rose trémière, Keranlay, 21 juin 20, 14h56

rose trémière, Keranlay, 20 juin 20, 14-54Vous ne trouvez pas qu’elle tire la langue, l’effrontée (alors qu’elle ne manque pas d’eau et qu’on la respecte) ?

rose trémière, Keranlay, 21 juin 20, 20-22

coquillagesKeranlay, 21 juin 20, 12h56Littorines obtuses (Littorina obtusata), natices (euspira), hasianelles  (tricolia pullus).. sur sopalin commun (sopalinus vulgarus)

cabaret des oiseaux, st pierre, 22 juin 20Cardère sauvage (Dipsacus fullonum ou Dipsacus sylvestris),  Bonnetier sauvage ou Cabaret des oiseaux (sans oiseaux car fermé à cette date – cause covid – comme tous les cabarets)

mimosa, keranlay, 22 juin 20Mimosa ( Acacia dealbata ). Comme le baccharis aujourd’hui il aurait pu être considéré comme une plante indésirable car il a été introduit en Europe à la suite du premier voyage du capitaine Cook à bord de l’Endeavour en

catalpa & étoiles, keranlay, 25 juin 20Catalpa (origine Sud des Etats-Unis et Asie) photographié en pose longue. Je suis sûr qu’il rêve à la Virginie ou le Mississippi de ces ancêtres.

fleurs de catalpa, keranlay, 23 juin 20Fleurs du catalpa.

fleurs, st pierre, 24 juin 20

Pour un non spécialiste comme moi, tout herbier doit comporter au moins une fleur non-identifiée. Ce sera celle-là. En quelque sorte elle n’a pas encore de papiers mais a trouvé sa place ici depuis longtemps.

 

 

Journal de Juin : les nuages du 14, Locmariaquer, 14 juin 2020, 19h33/21h57

Sans vouloir trop insister sur le sujet, j’ai vécu avec soulagement la levée de l’interdiction de partir à plus de 100 km « sans motif valable » et 12 jours plus tard je partis revoir la mer et les lieux que j’affectionne. C’était un motif très valable.

Depuis quelques temps – sans savoir si cela avait un lien avec le confinement – j’avais développé une attention – une attirance ? – plus forte pour le ciel et surtout ceux qui vivent dans cet espace infini : les nuages. Dès les retrouvailles avec les parfums des plantes littorales et des algues, que l’on reconnait avant de La voir – la mer – dans la soirée du 14 juin, ils étaient ô combien au rendez-vous muet que je leur avais donné, de toute forme, en cohortes de toutes sortes.

Caro, Pointe er vil, 14 juin 20, 19h54

buse, St Pierre,14 juin 20, 19h54

Une buse – jamais vue dans les parages auparavant (« déconfinée » elle aussi ?) – attirait  mon regard vers le ciel..

A mesure que le soleil descendait derrière St Philibert, la lente chorégraphie des nuages par delà les cyprès et les pins se faisait plus spectaculaire, et même un tantinet dramatique, lyrique, wagnérien, faustien..

nuages, St Philibert,14 juin 20, 21-14

nuages, keranlay,14 juin 20, 21-29

.. Ils passaient lentement mais inexorablement, haut, par dessus les maisons du voisin jardinier qui avait définitivement quitté les lieux et cette terre 5 mois auparavant.

nuages, keranlay,14 juin 20, 21-32

Aux derniers rayons, la route de St Pierre coupant les champs prenait une allure de far-west et le grand cyprès rappelait qu’il est le plus grand des lieux.

nuages, keranlay,14 juin 20, 21-45-55

nuages, keranlay,14 juin 20, 21-32-35

Au nord-est  un vaisseau éteignait le Golfe et allait peut-être déverser sur lui une pluie d’éclairs, un torrent de foudre et d’eau douce. Une branche cassée, aux feuilles prématurément rougeoyantes, apportait à son arbre un élément qui interrogeait le regard et des sillons de feu traçaient leur ligne au travers des champs.

nuages, keranlay,14 juin 20, 21-32-43

nuages, keranlay,14 juin 20, 21-39-18

nuages, keranlay,14 juin 20, 21-32-38

Plus le moment s’approchait de celui où le soleil de ce jour s’éteindrait, plus son intensité – semblant plus brûlante qu’au zénith – allait fouiller l’intérieur des arbres, et elle aurait brûlé les grands yeux rond de la hulotte du coin si elle s’y était trouvée embusquée, par la lumière brutalement débusquée.

Vers le nord-ouest 3 rois étaient apparus, comme par enchantement, pour contempler le soleil et offrir quelques secondes à leurs étranges corps informes sa chaleur orange et déjà froidissante..

nuages, keranlay,14 juin 20, 21-55-23

.. avant de disparaître dans leur longue nuit. Un jour prochain – qui sait – ils reparaîtront peut-être ici ou ailleurs et on aura du mal à les reconnaître, avec toutefois un sentiment diffus de réminiscence.

nuages, keranlay,14 juin 20, 21-56-05

Tandis que les 3 rois Kong fixent encore un instant le soleil, à l’est un vaisseau amiral largue ses amarres et s’apprête à partir pour un long, très long voyage en croisant au-dessus de l’océan..

nuages, keranlay,14 juin 20, 21-57

C’était le 14 juin, à 1 semaine du soltice et ce long jour avait bien profité du temps qui lui était donné par les astres et m’avait accueilli majestueusement en ces lieux familiers.

2 heures Aux jardins, la Bintinais, Rennes, 24 mai 2020

( suite de notre collection « verte », de notre série bucolique).

L’envie d’air, de vert, de nature.. est – je ne sais pourquoi.. – un peu plus fort ce printemps.. or tout autour de la ville (il y a encore peu il y en avait aussi dans la ville), depuis 40 ans nous attendent des jardins dits « familiaux », ensembles de parcelles gérées par une association où les citadins que nous sommes peuvent cultiver, année après année,  leur coin de terre, leur bout de jardin (50, 100, 150 ou 200 m²), leur parcelle de bonheur, de potager, de fleurs et de plantations diverses. A leur disposition – et sous leur responsabilité d’entretien et de bon usage – un cabanon, un récupérateur d’eau.. La possibilité, encadrée, de fabriquer une extension ou une pergola, de décorer selon son goût.. et à nous les joies simples du jardinage !

Ce sont des patchwork colorés et odorants, où les jardiniers plantent, sèment, taillent, récoltent, rêvent, se rencontrent, se retrouvent. Quoi de mieux qu’un p’tit bout de jardin pour se retrouver soi-même et les autres jardinier(e)s ? Alors un florilège de couleurs sur fonds de vert.. car un jardin ne fait pas seulement le bonheur du jardinier mais aussi celui du promeneur photographe..

jardins, la bintinais, 24 mai 2020, 17-50

Où l’on voit qu’à défaut d’être bien accordée aux couleurs (imposées) des cabanons, la déco suit la mode aussi dans les jardins..

jardins, la bintinais, 24 mai 2020, 17-52

.. que ce soit dans la peinture d’une palette ou le choix des fleurs.. (ail d’ornement)

jardins, la bintinais, 24 mai 2020, 17-54

Les jardins favorisent les liens..

.. ou semblent séparer..(mais ce n’est qu’une fausse apparence)

jardins, la bintinais, 24 mai 2020, 19-32-44

 

jardins, la bintinais, 24 mai 2020, 18-00

Ce mini nichoir sert probablement moins aux oiseaux qu’à la déco..

jardins, la bintinais, 24 mai 2020, 18-00-48

Même quand le jardinier – ou la jardinière – n’est pas là, on imagine sa présence. Il (ou elle) est peut-être  âgé(e) et ses genoux craquent un peu quand il faut soigneusement désherber autour des jeunes plants de haricots.. A moins qu’il s’assoit là pour les écouter pousser ?

jardins, la bintinais, 24 mai 2020, 18-13

De l’art de camoufler la réserve d’eau.

jardins, la bintinais, 24 mai 2020, 18-13-53

Un peu de rouge et de noir. On est bien à Rennes..

jardins, la bintinais, 24 mai 2020, 18-39

Les idées les plus simples pour ranger sont souvent les plus esthétiques.

jardins, la bintinais, 24 mai 2020, 18-44

Nul besoin d’une fortune, mais un peu de blé ne nuit pas..

jardins, la bintinais, 24 mai 2020, 18-50

Habilement découpée une bouteille en plastique fait un mobile qui, à défaut d’effrayer les oiseaux, tourne joliment dans la lumière d’une fin d’après-midi..

jardins, la bintinais, 24 mai 2020, 18-50-18

Le livret d’accueil de l’association des jardins familiaux stipule que les cultures potagères doivent être prépondérantes mais que l’ornementation florale est aussi acceptée.. heureusement !

jardins, la bintinais, 24 mai 2020, 18-51-15

D’ailleurs m’est avis que ces malins artichauts qui jouent aux ombres chinoises et qui se font passer pour une culture potagère,  ne seront point mangés mais admirés lorsqu’ils ouvriront leurs superbes fleurs mauves et violettes.

jardins, la bintinais, 24 mai 2020, 18-54-12

Il y a la maison des outils et la maison des insectes..

jardins, la bintinais, 24 mai 2020, 18-55-16

 » Mais zenfin ! Quand même ! Nous laisserons-nous devenir fleurs ou passerons-nous à la cocotte ? On nous cache tout on nous dit rien !  » (propos d’artichauts confinés).

jardins, la bintinais, 24 mai 2020, 19-01-24

Rien ne vaut un chat noir aux yeux bleus pour garder les tomates, c’est un truc bien connu des jardiniers avertis..

jardins, la bintinais, 24 mai 2020, 19-08-45

Le 187 préfère visiblement l’ornementation florifère que la culture potagère..

jardins, la bintinais, 24 mai 2020, 19-10-23

Le coquelicot pompom (variété inventée par moi) n’aime rien tant qu’un terrain vague pour pavoiser !

jardins, la bintinais, 24 mai 2020, 19-13-20

Les petits lapins ( et encore plus les grands) sont bien sûr indésirables dans ces jardins, mais ils sont quand même présents par la pensée sous la forme de l’épiaire de Byzance à qui ils ont prêté leurs petites oreilles et leur museau coton.

jardins, la bintinais, 24 mai 2020, 19-13-39

Comme tout un chacun le jardinier a ses fantômes qui l’accompagnent et veillent sur son univers.

jardins, la bintinais, 24 mai 2020, 19-26-06

 » Mais zenfin ! Ce pape qui a célébré Pâques devant une place vide ! »

jardins, la bintinais, 24 mai 2020, 19-34-04

On voit bien quel est le mâle et quelle est la femelle..

jardins, la bintinais, 24 mai 2020, 19-35-21

La complainte des arrosoirs : « chômage technique ou chômage partiel ? On nous prend pour des pommes ! »

jardins, la bintinais, 24 mai 2020, 19-35-54

Le (la ?) très paisible occupant (e), voire définitivement assoupi(e), du jardin n° 167 aime aussi la télé..

jardins, la bintinais, 24 mai 2020, 19-36-21

.. les chansons et l’anisette (culture potagère ou d’ornement ?)

jardins, la bintinais, 24 mai 2020, 19-39-06

jardins, la bintinais, 24 mai 2020, 19-40-24

? un jardinier un peu ésotérique.. Le virus comme une guillotine  associée à une loterie ?

Pour finir ces 2 heures passées dans les allées des jardins potagers à la Bintinais, une promesse : grâce à la lumière du soleil, à une terre arrosée par le ciel et le jardinier, petite tomate deviendra grande le long de son tuteur et nous ravira les narines du parfum poivré de ses feuilles et les papilles de sa saveur discrètement fade.

jardins, la bintinais, 24 mai 2020, 19-46-19

 

 

 

 

Promenades digestives au Vert ( brève esquisse d’ébauche modeste de sociologie in situ), Château des Pères, Piré s/Seiche, 21 mai 2020

château des Pères, Piré s-Seiche, 21 mai 2020, 15h39

Contrairement à la forêt de la Corbière (cf articles précédents), le parc du château des Pères ne sera ouvert, gratuitement, au public qu’à la fin du mois. Par contre  » l’espace naturel départemental » qui le jouxte est, lui, ouvert, et, en ce jeudi de l’Ascension chaud et ensoleillé, plusieurs personnes – couples, amis et familles – y sont venues se mettre au vert, respirer les chants d’oiseaux et se prendre un premier coup de soleil en arpentant ses allées..

château des Pères, Piré s-Seiche, 21 mai 2020, 15h42-54

Chaque couple, chaque groupe familial ou d’amis, a ses propres relations : en apparence détendues ou ennuyées, routinières ou éveillées, obligées ou souhaitées etc.. Les attitudes, postures, la position des corps dans l’espace, les paroles échangées ou les silences, tout peut être l’expression de l’ambiance du moment qui y règne. Il ne faut pas sur-interpréter (!) : le simple passage dans une chaude zone sans ombre peut annihiler  toute envie de parler et n’est donc pas forcément le signe de tension ou d’ennui..

château des Pères, Piré s-Seiche, 21 mai 2020, 15h47-12

J’ai remarqué ( j’ai des yeux et des oreilles..) que dans les groupes de deux couples, les femmes et les hommes se séparent et marchent 2 par 2, que les femmes marchent en général devant et que leur conversation va bon train, portant plutôt sur des faits de la vie quotidienne récente, sur les relations humaines.. tandis que les hommes trainent un peu derrière et parlent davantage de sujets en lien avec le lieu et le moment : la nature, l’agriculture, la météo..

château des Pères, Piré s-Seiche, 21 mai 2020, 15h49-59

Dans ces lieux relativement vides de choses particulières (un entomologiste, un ornithologue, un connaisseurs des plantes ou des arbres.. trouveront au contraire que les lieux sont riches..), 2 chevaux – qui semblent subir un infini ennui au soleil dans un enclos ceint d’une clôture électrique – fourniront l’occasion d’une halte, à défaut d’un réveil de la conversation : on s’ennuie un peu à regarder ces bêtes s’ennuyer. On ne trouve pas grand chose à en dire, on compatit vaguement sans trop savoir s’il y a vraiment matière à ce  sentiment que l’on dit noble ..

château des Pères, Piré s-Seiche, 21 mai 2020, 15h51;10

.. on peut aussi bien passer à côté sans presque un regard (on vient souvent ?) et sans même savoir si les chevaux en sont déçus..

château des Pères, Piré s-Seiche, 21 mai 2020, 15h54-55

Même remarque que plus haut : lors d’une pause à l’ombre, les femmes d’un côté les hommes de l’autre et les sujets de conversations sont différents (sans vouloir écouter on entend des bribes de conversation)  : ici les hommes parlent « technique » (appareils photos) tandis que les femmes évoquent des situations passées familiales. La présence proche de 2 gros animaux- l’un marron l’autre blanc – qui eux ne font pas de promenade digestive mais une sieste proche du coma,  semble – comme celle des chevaux –  faire partie du « décor »..

château des Pères, Piré s-Seiche, 21 mai 2020, 15h55-13

Les couples ont différentes configurations possibles de marche ( et éventuellement changeantes au cours de la promenade) :  l’homme devant (la plus fréquente) ou de conserve.

château des Pères, Piré s-Seiche, 21 mai 2020, 16-05-42

château des Pères, Piré s-Seiche, 21 mai 2020, 16-00-08

L’homme devant est une configuration culturelle à inconsciente réminiscence préhistorique : ayant le sentiment qu’il est plus fort physiquement, il sent qu’il doit aller en éclaireur et protecteur en cas de rencontre potentiellement dangereuse. En occurrence ici ils s’approchent des 2 pachydermes endormis. La femme s’en fiche peut-être royalement et il est possible qu’elle vaque à ses pensées éparses.

château des Pères, Piré s-Seiche, 21 mai 2020, 16-25-58

château des Pères, Piré s-Seiche, 21 mai 2020, 16-06-09

Cette configuration plus rare peut s’expliquer de diverses manières : soit le chien en laisse  – bien qu’étant  » son meilleur ami » –  ralentit l’homme, en reniflant et pissant fréquemment (le chien, pas l’homme, quoique.. passé un certain âge..), soit c’est l’homme qui a insisté pour venir et la femme est pressée d’en finir, soit c’est elle qui voulait cette marche mais la veut dynamique, soit etc etc.

Il y a aussi bien sûr, en ce jour comme un dimanche, la visite du jeune couple, avec le petit, aux parents. Là encore, la configuration habituelle est :  les femmes  plutôt d’un côté, les hommes de l’autre.

château des Pères, Piré s-Seiche, 21 mai 2020, 16-59-25

château des Pères, Piré s-Seiche, 21 mai 2020, 17-11-55

Il y a enfin (et pour finir sur une note positive), la configuration amoureuse, généralement plus lente, où la femme s’est faite fleur et où les mains se joignent..

château des Pères, Piré s-Seiche, 21 mai 2020, 16-29

château des Pères, Piré s-Seiche, 21 mai 2020, 16-31-57

 

 

 

 

 

 

Etrangetés à la Corbière, 15 mai 2020

Première sortie du « déconfinement ». Un ruban de chantier barrait l’allée d’entrée vers l’étang de la Corbière. Je ne suis pas sûr que c’était pour indiquer que les lieux étaient interdits dans le cadre du confinement mais plutôt lors des abattages d’arbres dont on voit les effets aujourd’hui. J’ignore aussi si ces abattages relèvent de la gestion habituelle de la forêt ou du « nettoyage » suite aux tempêtes hivernales (notamment la tempête Dennis le 16 février) qui a déraciné, couché, plusieurs arbres, abimant notamment la charpente d’un bâtiment.

forêt de la Corbière, 15 mai 2020, 15h37

forêt de la Corbière, 15 mai 2020, 15h46

forêt de la Corbière, 15 mai 2020, 15h46-32

forêt de la Corbière, 15 mai 2020, 18h37

forêt de la Corbière, 15 mai 2020, 16h59

La digitale pourpre s’épanouit dans une clairière. Je rappelle que cette fleur, si belle soit elle – si on en ingère une certaine quantité de feuille (100 g suffisent..)- est toxique et, après vomissements, diarrhée et graves troubles cardiaques, peut être mortelle pour l’humain..

forêt de la Corbière, 15 mai 2020, 16h37

forêt de la Corbière, 15 mai 2020, 16h24

forêt de la Corbière, 15 mai 2020, 16h24-12

forêt de la Corbière, 15 mai 2020, 15h56

Un pin au tronc double. L’un a pourri, l’autre se porte apparemment à merveille..

forêt de la Corbière, 15 mai 2020, 16h19

On dit parfois que le lierre grimpe sur les arbres déjà déclinants. On dit aussi qu’il finit par les étouffer. Les puissants lierres ici enlacent de hauts arbres qui semblent en parfaite santé..

forêt de la Corbière, 15 mai 2020, 17h07

Paréidolie : j’y vois une femme au ventre un peu bombée, aux longs bras, à la tête recouverte d’un tissu.. C’est la sorcière de la Corbière qui le jour a l’apparence de troncs de lierre et la nuit se détache de l’arbre pour arpenter de son pas trainant faisant craquer les feuilles, la forêt..

 

forêt de la Corbière, 15 mai 2020, 17h45Un grand chêne a été couché par le vent. On peut voir que son tronc était creux.

 

 

Entre le train et le fleuve, Pont-Réan, le 17 nov.19

La première fois que j’ai pris le train jusqu’à Rennes – il y a bientôt 40 ans – j’avais, comme toujours, bien regardé le paysage et la légère appréhension que j’éprouvais (je partais habiter à la ville pour mes études) avait certainement été tempérée par le paysage avant l’arrivée car la voie se glissait entre les collines et leurs falaises et la sinueuse Vilaine. Enfant j’adorais les trains électriques et ces paysages miniatures exposés dans les vitrines de magasins de jouets. Et voilà que je me trouvais dans l’un de ces lieux (et même un tunnel), ses courbes, ses ponts, quand la ligne remonte jusqu’à Rennes depuis Redon par la vallée de la Vilaine qui, décidément, n’est pas vilaine..

en aval du Boël, 17 nov 19, 12h45-02en aval du Boël, 17 nov 19, 12h25.jpgen aval du Boël, 17 nov 19, 12h41.jpgen aval du Boël, 17 nov 19, 12h46.jpgJe l’ignorais mais sur certaines cartes le (chemin de) halage a un nom. Ici il est nommé le Gravier.

en aval du Boël, 17 nov 19, 12h52.jpgen aval du Boël, 17 nov 19, 12h54.jpgen aval du Boël, 17 nov 19, 13h01.jpgen aval du Boël, 17 nov 19, 13h05.jpgen aval du Boël, 17 nov 19, 13h06.jpgen aval du Boël, 17 nov 19, 13h07.jpgen aval du Boël, 17 nov 19, 13h08.jpg

Brouillard au Boël, Pont-Réan, 17 nov.19

La campagne autour de Rennes est largement agricole, un bocage aux champs plus ou moins grands où les coins sympas ne sont pas si nombreux.. Il y en a, certes, mais ce sont des petits lieux qu’il faut dénicher, par exemple des anciens moulins sur des cours d’eau. Le Boël est sûrement le plus connu de ces moulins et il se trouve dans le site sans doute le plus spectaculaire – toutes proportions gardées – des alentours : la Vilaine s’est en effet creusé son chemin au travers de collines (60/80 m) de schistes rouges, ce qui donne des points de vue élevés intéressants.

En ce dimanche de novembre le brouillard est là et la Vilaine est haute. Allons au Boël.

Le moulin a été construit dans la seconde moitié du XVIIè s et son côté face au courant est en étrave de bateau, comme le moulin de la Molière 10 km en aval. Après la guerre de 14 son utilisation fut moins régulière. Elle cesse en 1936 car on démonte l’une des 2 roues à aube pour l’installer sur un autre moulin, en amont, à Cesson-Sévigné. Il s’est alors ensuite peu à peu dégradé et a perdu ce qui restait du toit lors d’une tempête de l’hiver 1962.

Années 1950 ?

après la tempête de novembre 62.

Malgré le classement à l’inventaire des Monuments Historiques, les Ponts-et-Chaussées décident alors de le raser mais, à l’initiative d’un Bruzois (habitant de Bruz – ne pas prononcer le z, contrairement à Stéphane Bern)  la Commune de Bruz rachète la ruine en juin 1964 à condition que ce jeune Bruzois (Jean-Yves Connen) se charge d’organiser les possibilités de la restauration. Une asso est créée. Les travaux – des chantiers pendant les vacances de jeunes bénévoles de toute l’Europe – consistent au début à remettre de l’ordre dans la ruine, récupérer des pierres l’été quand la rivière est basse

A la fin de l’été 67, les murs sont prêts à recevoir un nouveau toit qui sera construit par des professionnels.

L’aspect des lieux était, au début du  XXiè s, fort différent d’aujourd’hui : les collines étaient nues, sans arbres, le schiste rouge en était extrait pour la construction.

Le 6 juin 1884, des blocs de schistes s’écroulent dans la carrière proche du moulin, ensevelissant 6 carriers et 2 enfants présents sur place.

Les carrières ne sont plus en activité. La végétation, des arbres – et ce dimanche un épais brouillard –  dissimulent les vestiges.

moulin du Boël, 17 nov 19, 11h51.jpg

moulin du Boël, 17 nov 19, 11h49.jpg

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moulin du Boël, 17 nov 19, 11h44

La rivière Vilaine aujourd’hui est bien un fleuve et son eau limoneuse et froide, couleur de Mékong, courre par dessus le barrage le long du moulin.

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moulin du Boël, 17 nov 19, 13h12.jpg