un phare oublié, bords de la Seine, déc.19

Il est un phare, en Normandie, sur un bord de la Seine, qui semble complètement oublié, abandonné, en tous cas en tant que phare. On y parvient en prenant une route étroite et escarpée bien avant de découvrir la Seine. Au début de la route un restaurant lui rend hommage en se nommant « restaurant du phare »..Il devait être la lumière tribord des navires entrant en Seine et, face à l’augmentation du nombre et du tonnage des navires visant Rouen ou Paris (Port de mer), s’est vu relégué à un second plan après l’érection – car tout ça est décidé par des hommes – de la « tour radar » à Honfleur, aussi nécessaire, efficace et moche (selon mon goût), que celle à Ouessant : du béton à la silhouette utilitaire sans être esthétique, ou, en tous cas, d’une esthétique qui commence seulement à devenir, à mes yeux, intéressante..

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Sa tourelle en verre et zinc est désespérément vide de tout feu. Nulle merveilleuse lentille de Fresnel sur bain de mercure ne s’y trouve et l’air humide des pluies de l’estuaire s’y engouffrent désormais, rongeant tout le métal.. Il est pourtant inscrit « monument historique » depuis 2011 mais n’est pas l’objet de protections à la hauteur de son passé.

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C’est pourtant un phare-maison, perché à plus de 50 m au bord de la falaise de craie à l’aplomb de l’ancien lit large de la Seine (à près d’1 km du lit habituel) – puissant fleuve qui n’est malheureusement pas passé inaperçu des hommes – avec une belle cheminée en briques comme on savait en construire en Normandie au XIXè siècle. S’il se trouvait sur un îlot breton il serait une star, au sens propre du terme.. Quelque édile aura signé l’ajout d’une balustrade quelconque en aluminium dans les années 80 (du XXè siècle), balustrade qui passe encore, de loin et par temps de brume..

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.. mais il sert aujourd’hui de relais téléphone (il en faut bien..) pour Orange et quelques délinquants (je rappelle que taguer un mur d’autrui, bien que parfois élevé au rang d’acte artistique, est un délit), constatant probablement  l’abandon, auront ressenti le besoin égocentrique d’y bomber quelques dessins ou messages esthétiquement moches et – n’étant pas du même « auteur » – contradictoires..

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Je le préférerais sans ces tags.

 

 

 

Côte de granit rose, été 2015

A l’été 2015, j’ai eu la chance de pouvoir être une dizaine de jours tout en haut au nord de cette petite excroissance de la côte nord de Bretagne qu’on appelle le Trégor, du côté de Trégastel et de Ploumanach et qui est assurément l’un des plus beaux coins de Bretagne.  J’avais fait une sorte de brochure – texte/images – paréidolique  (quand on voit des formes dans les nuages, les troncs d’arbres, les rochers..), ce qui n’est pas  original, je le concède,  car là-bas c’est un festival de têtes, de personnages ou d’objets dans les rochers. Or cette « brochure », que j’avais imprimé sur papier,  je ne la retrouve pas dans les méandres obscures de mon ordi.

ploumanach, 8 août 15, 18h12.jpgÎle Renote, Tregastel, 8 août 15, 18h23.jpg

Sur l’Île Renote – qui n’en est d’ailleurs pas (plus ?) une – à Trégastel. J’imagine comment j’aurais adoré, enfant, me perdre dans ces dédales escarpés.. Je vous laisse voir la gueule du cachalot, la tête de Voldemort, celle du vieux triste au nez pointu,  de la Grande Oie endormie et du canard au bec coupé…

Île Renote, Tregastel, 8 août 15, 18h26.jpgIci on touche au sublime, en termes d’équilibre, d’art éphémère-au-long-terme et de métaphore animale aquatique..

Île Renote, Tregastel, 8 août 15, 18h27.jpgÎle Renote, Tregastel, 8 août 15, 18h49.jpgÎle Renote, Tregastel, 8 août 15, 18h52.jpgTregastel, 18 août 15, 18h06 Tregastel, 18 août 15, 18h014.jpg Tregastel, 19 août 15, 14h49.jpg Trebeurden, 19 août 15, 14h52.jpg

 Trebeurden, 19 août 15, 14h56.jpg Trebeurden, 19 août 15, 15h12.jpg

 Trebeurden, 19 août 15, 15h22.jpgComment ne pas avoir envie de devenir sculpteur de granit quand on nait là-bas ? A défaut on peut se faire embaucher par les quelques carrières qui y subsistent mais ce n’est pas pareil de débiter des plaques qui seront poncées, polies pour devenir des pierres tombales. Autant le granit sculpté est magnifique, autant quand il est poli, rendu lisse et brillant je le trouve moche.

 

de la Pointe de Rothéneuf, 22 janv.17, fin de journée

Vers l’est, Notre-Dame-des-Flots.IMG_8235 (2).JPGIMG_8224 (2).JPGîlot du Petit ChevretIMG_8226 (2).JPGÎle Besnard – qui n’est pas (plus ?) – une île, îlot du Petit Chevret, accessible à marée basse, comme ici et, au loin, Pointe du Meinga. Sur l’île Besnard a été restauré il y a quelques années un ancien sémaphore à qui manquait encore une partie du toit en novembre 2010 (photos). Il a été restauré et le Conservatoire du Littoral a apparemment le projet d’en faire un gite.sémaphoe île besnard 01 nov 10.jpg

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IMG_8228 (2).JPGVers l’ouest, la Pointe de la Varde, tourelle de la Plate, île de Cézembre et ses îlots (Ronfleresse, Petite Conchée..) et fort de la (grande) Conchée.

IMG_8236 (2).JPG(sous-réserve) l’îlot du Bénétin et la tourelle de Rochefort

IMG_8237 (2).JPGA l’ouest, sur une pointe, une croix a été placée. Un panneau indique que le lieu est nommé « pointe du Christ », que c’est une propriété privée et mentionne les « œuvres » de l’abbé Fouré (sic !). On cherche des yeux ces fameux rochers sculptés sans les trouver. Ils se trouvent en fait à une centaine de mètres à droite (vers l’est). L’accès au site est fermé et n’ouvre que quand une personne de l’association qui gère le site est là. Il est possible d’avoir accès au site à marée basse par la côte mais il faut faire attention car c’est pentu et il faut soit  passer par-dessus un mur construit pour empêcher le passage soit le contourner. Plus haut, le sentier du littoral, proche de la mer de par et d’autre, est coupé à cet endroit et fait un détour vers l’intérieur en contournant un resto  qui a été construit à 50 m du littoral.. L’association qui exploite le site des rochers sculptés dit que le lieu est légalement privé.. . Dommage que le site ne soit pas libre d’accès car, apparemment (je ne les ai  vus qu’en photos : le site était « fermé ») les rochers sculptés ont l’air plutôt réussis.IMG_8240 (2).JPG

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IMG_8253 (2).JPGLe site des rochers se trouve en contrebas des haies plus vertes que l’on distingue au centre de l’image.

 

 

 

En cale sèche.., port des Sablons, St Servan, dimanche 22 janvier 17

C’est dimanche, un beau dimanche après-midi ensoleillé d’hiver, on ne sait pas trop quoi faire de soi après le déjeuner bon mais sans plus alors on sort marcher un peu prendre le soleil et jeter un œil en espérant à peine – on l’a si souvent fait –  voir quelque chose d’inhabituel, d’intéressant et encore moins d’insolite.. La jetée est toujours aussi moche, faite de béton, de poutres d’acier rouillées et de blocs de pierre que des lichens jaunes d’or tentent d’embellir, plus « vite faite » – avec des engins et peu d’hommes – qu’une digue maçonnée de granit telle celle des Veuves Noires de l’autre côté, dont l’esthétique est sans commune mesure avec ces structures « modernes », où l’on sentirait, si seulement on y allait,  la tiédeur du soleil sur les pierres taillées sur lesquelles glisserait notre œil.. C’est mieux de l’autre côté mais voilà, on habite de ce côté-ci du chenal.

IMG_8192.JPGMême pas de quoi pêcher : les poissons avec leurs gros yeux ronds ne fréquentent que les beaux lieux, de l’autre côté du chenal – encore une fois – où les pêcheurs les retrouvent.

IMG_8195 (3).JPGOn rêvasse à peine, on se remémore difficilement des moments du passé. On ne trouve pas grand chose à dire à la personne qui nous accompagne. De toutes façons on ne trouve pas grand chose à se dire à soi-même..

IMG_8211 (2).JPGOn n’a personne à saluer vu qu’on ne connait plus personne ici car on est revenu au pays-de-son-enfance-qui-a-tellement-changé-en-50 ans pour passer sa retraite puis sa vieillesse au soleil et dans le bon air iodé marin, bref pour y attendre – quoi ? – dans de bonnes conditions climatiques.

La longue vue, qui permettait de se revoir sur la passerelle d’un bateau de la Marine Marchande ou de se croire, pourquoi pas, 1 minute (1 €) corsaire guettant l’Anglais à l’horizon, a été démontée et les bouées de sauvetage sont là pour les distraits – ce qu’on n’est pas – les imprudents – ce qu’on n’est plus – ou les désespérés , ce qu’on n’est pas, encore ?

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C’est dimanche, on s’est donné un boulot tranquille – on prend le temps de discuter avec des collègues qui font comme nous- autour des bateaux sur le terre-plein du port. Ce soir, la fin de ce week-end d’hiver au soleil. Vers 18h la petite dépression d’avant le retour au travail. Ça ne dure pas longtemps, une demi-heure, mais on sait qu’elle sera là, entre la baisse brutale et importante du baromètre de notre moral et un vague-à-l’âme incertain, oscillant entre un sentiment de frustration de liberté de ce qu’on pourrait faire si seulement.. et l’esquisse de regrets de ce qu’on n’a pas fait..

En attendant tout ça on peut toujours repasser un pinceau sur le nom de ce vent libre, violent et impétueux – mais pas d’ici –  sur le flanc arrière de notre bateau en cale sèche..

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Cézembre et l’entrée du Port de St Malo, 22 janv.17

Le feu, en maintenance, du môle des (veuves) Noires et derrière, le Petit Bé.

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Cézembre, l’île martyr de la seconde guerre mondiale. Tellement bombardée à cause des blockhaus et canons nazis et italiens qui s’y trouvaient qu’elle n’est pas encore totalement débarrassée de toutes les bombes et munitions qui l’ont martelée sans toutes exploser. Son utilisation a alterné entre le calme (promenades dominicale dans les années 1920/30) et le sordide : elle était déjà une place forte à l’époque celte et abritait un monastère et au moins une chapelle aux XV et XVIe s (puis colonie pénitentière au XVIIè). le nom qu’on lui a donné a varié : St ambre, St Zambre, Cézambre.

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Au fond le fort de la Conchée. Au-delà du feu du môle des Noires, l’île du Grand Bé sur laquelle se trouve le tombeau de René de Chateaubriand.

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IMG_8176 (2).JPGLa passerelle rouillée du quai des ferries

IMG_8188 (2).JPGShangaïé III pêcheur de coquilles

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la rade de St Malo impressionne par tous ces îlots, îles et forts. La passe d’entrée – le chenal – parait simple dans sa droiture mais elle est par endroit large d’à peine 200 m : à marée basse, comme ici, tous les bateaux, même les petits bateaux de pêche, doivent passer derrière Cézembre, contourner le phare du Grand Jardin (pas visible ici) à bâbord et les deux tourelles vertes (de Buron et des courtis) à tribord.

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le marégraphe, St Servant, 22 janv.17, vers 15h30

Construit en 1844 sous l’impulsion de l’ingénieur hydrographe Antoine Marie Chazallon qui est à l’origine de l’annuaire des marées. En fonctionnement jusqu’en 1917. Abimé en 1944. Rénové en 1970, il serait encore utile (?) à l’usine marémotrice de la Rance située en amont.

 

Quand j’ai aperçu cette construction je me suis demandé (comme beaucoup) ce que cela pouvait bien être et je me suis dit que, le coin ayant un passé plutôt ancien et plutôt riche, la municipalité avait dû se payer le luxe de construire une tourelle pour simplement offrir un point de vue intéressant sur l’estuaire de la Rance, Dinard et l’entrée du Port de St Malo.. C’était présumer d’un caractère hypothétiquement léger, voire fantasque des autorités.. Ce pourrait être l’usage aujourd’hui mais la passerelle d’accès est fermée et interdite. Dommage. IMG_8148 (2).JPG

Il semble qu’il n’y a que peu de marégraphes anciens en France et ils sont d’aspect fort différent. Il s’en trouve à Brest, Rouen et Marseille où il a pu être constaté – grâce aux enregistrements passés que fournissent ces installations – que le niveau de la Méditerranée s’est élevé de 16 cm depuis 1987 et que cette élévation s’accélère.

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Une après-midi d’hiver autour de St Malo, 22 janv.17

J’ai enfin trouvé le moyen de récupérer les premières images que j’avais faites avec mon nouveau matériel il y a presque 2 ans. C’était un nouveau départ et j’étais plein d’espoir quant à la qualité des images que je pourrais alors faire mais jusqu’à aujourd’hui je n’avais pas trouvé le moyen de pouvoir les mettre sur mon blog, les ayant enregistrées je ne sais comment ni où dans lightroom que je découvrais en même temps…

 

15h14, depuis St Servan, au fond le barrage de la Rance et à droite le rocher de Bizeux et la statue de la Vierge.

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Plage St Michel, Sables-d’Or-les-Pins, 6 févr.19

Je veux saluer ici un homme que je ne connais pas qui a fait plusieurs années durant de très belles images de ce très bel endroit, que l’on peut voir sur son blog.  Tam est sa signature. http://tam.over-blog.net/ Habitant dans la région parisienne, il est revenu dans ce qu’il nommait ce « paradis », au moins entre 2009 et 2014, semble -t-il chaque fois qu’il l’a pu. Je le comprends car quand j’ai découvert pour la première fois cette plage, la lumière lui donnait une grande beauté bleue grise qui donnait à l’écume une blancheur marquée sur les sables sombres et lisses qui réfléchissent le ciel comme un miroir.

Nos images ont de grandes similitudes dans le cadrage : souvent un personnage dans un paysage panoramique.

 

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La jetée, la Sainte-Jeanne.., Erquy, 6 févr.19, début d’après-midi

Céréales, sel, sable, graviers, charbon, bétail, oignons, pommes à cidre, phosphate, pétrole, coaltar, fagots, poteaux, ferraille, coke, chaux, minerai de fer.. mais surtout beaucoup de pavés et dalles de grès rose, voilà ce que des hommes chargeaient des heures durant dans la Sainte Jeanne, caboteur de 1912 et aussi « tosse-mer » et « sloop de bornage » , construit pour Louis-Alexandre Duclos, cap-hornier, par François Lemarchand, au chantier de La Landriais sur la Rance. La  Sainte-Jeanne avait fait naufrage dans les atterrages de Paimpol en 1937 suite à une panne du moteur installé l’année d’avant (un premier moteur avait été installé 2 ans plus tôt : problème de conception ?). « Pris dans une furie de nordé, Alexandre et son matelot n’eurent point le temps d’établir la voilure. Le bateau fut perdu sans perte de vie… ». Bref, s’il n’y avait pas eu de moteur, les marins auraient manœuvré à la voile et ça ne serait pas arrivé. En tous cas pas comme ça ce jour-là.

Celle que l’on voit sur la photo en est donc sa réplique, construite entre 1992 et 1994. Elle a été construite à partir des plans, prêtés par Jean Le Bot, d’un bateau similaire, le Louis Marie, avec les conseils de Louis Duclos (« Lolo »),  fils du propriétaire-capitaine et mousse sur l’original, Pierre-Jacques Dagorne (pour les finances) Maryse Laurent (architecte navale), le charpentier de marine trégorrois Yvon Clocher et Serge Riou et de nombreux autres bénévoles. Pendant près de 30 ans le Président de l’Association, qui a eu l’idée de ce projet et l’a porté, a été Roland Blouin (le Président actuel est Jean-François Samit, le vice-président Christian Jouët, la trésorière Danielle Minaultt..). La construction du navire a coûté environ 2,5 millions de francs (près de 400 000 €). Dirigée par Georges Catros, la mairie d’Erquy avait accordé une subvention de 150 000 F (à peine 1% du budget..).

 

La Sainte-Jeanne a reçu un carénage en février 2018 au port du Légué de St Brieuc.

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Cette photo ne dit pas grand chose si on ne connait pas l’histoire de la réplique de la Sainte-Jeanne. En juillet 2001 le bateau a échoué sur les rochers en face – la Pointe de la H(o)ussaye – avec des enfants à bord. Pas de victime mais 17 millions de francs (2,5 millions d’€ !) pour le déséchouer et 41 millions pour le reconstruire (ces chiffres, tirés d’un article de OF,  me paraissent hallucinants), le tout pris en charge par l’assurance.

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La Sainte-Jeanne semble se cacher – elle ne veut pas les voir – des rochers sur lesquelles elle a échoué en 2001..

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