Et le ciel t’aidera !, la Binquenais, Rennes, 9 mai 2020

Quand des tensions se sont accumulées pendant plusieurs semaines de « confinement obligatoire » dans des appartements d’immeuble – tensions à l’intérieur et tensions avec des voisins  de plus en plus tendus -,  nous découvrons un phénomène – cependant déjà pressenti par Benjamin Franklin au milieu du XVIIIè s –  qui n’avait jamais été observé (et encore moins photographié) jusque-là  : il y a  » de l’électricité dans l’air » et cette accumulation finit par créer une tension suffisante – si personne ne « pète les plombs » avant – qui charge l’immeuble d’un potentiel électrique négatif global (PENG) qui atteint un niveau suffisant, dans des conditions atmosphériques précises, pour communiquer avec les tensions s’accumulant entre les nuages.

Voici le phénomène observé à la Tour de la Binquenais à Rennes (21 étages, 126 appartements, soit plus de 200 potentiels accumulateurs d’énergie – les habitants -) alors que les tensions s’accumulent aussi dans l’atmosphère..

tour de la binquenais, 9 mai 2020, 20h10

Il est 20h10 en ce samedi 9 mai du dernier week-end avant le fameux « déconfinement » ( le « jour d’avant »..) qui génère de l’impatience chez certains, de l’inquiétude chez d’autres, bref des tensions mentales.. Dans le ciel l’orage approche, les nuages se chargent de particules négatives et positives.

tour de la binquenais, 9 mai 2020, 21h07

1heure plus tard l’ambiance s’est sérieusement assombrie, alourdie.. La tour a un aspect de plus en plus dramatique..  et l’atmosphère est de plus en plus lourde.

tour de la binquenais, 9 mai 2020, 21h15

21h15 : le premier signe apparaît, assez haut et un peu timide..

tour de la binquenais, 9 mai 2020, 21h18

3 mn plus tard, le ciel se fâche tout rouge et laisse éclater sa tension.

Ensuite ce fut des détonations et des explosions  incessantes où les éclairs de lucidité furent rares..

tour de la binquenais, 9 mai 2020, 21h28

Voilà, vous savez (presque) tout sur l’origine des éclairs et que les colères du ciel sont en vibration avec celle des humains. Vide-toi et le ciel t’aidera !

Sous les applaudissements.., Rennes, avril 2020

Voilà déjà plus d’1 mois, et même 5 semaines je crois (mais le temps ne s’écoule plus de la même manière) qu’on est censés se confiner (quitte à se retrouver serrés dans des rayons de supermarché…). Et on le fait. L’immense majorité. Chaque soir, comme vous le savez, à 20h (je dirais entre 19h58 et 20h02 ici) quelques personnes convaincues et motivées – une toute petite minorité dans le quartier mais qui se fait entendre (qu’est-ce que serait si elles étaient plus nombreuses !..) – se mettent à leur fenêtre, sur leur balcon et leurs applaudissements sont d’autant plus audibles que la ville est devenue plus silencieuse. Quelques-uns tapent sur des ustensiles de cuisine et certains crient « merci » et finissent par « bonne soirée » , « à demain ! ». Le confinement a permis à certains de se rencontrer, à créer des liens. Ici c’est une configuration idéale : un triangle de 100 m de côté composé d’un EHPAD, une tour de logements et un grand immeuble. Entre ces éléments, des arbres  compliquent en partie la visibilité car les feuilles ont entretemps poussé. Donc s’il y a des gens qui applaudissent, le personnel de l’EHPAD peut entendre et les entrevoir et être aperçus d’eux.

Les 2 ou 3 premiers jours j’ai applaudi, sans me poser de questions. J’aimais ce mouvement collectif de communication (comme lors de victoires en foot), de solidarité, de reconnaissance. Mais quelque chose me gênait sans que je l’identifie vraiment : certains utilisaient le mot « héros », mais ces personnes ne faisaient « que » leur boulot, avec des moyens insuffisants (en nombre, en protections, en formation..) dont beaucoup réclamaient l’augmentation depuis longtemps, très longtemps parfois. Or dans les établissements publics ( ce que je connais le mieux) existent toutes sortes de dysfonctionnements : bien sûr le manque de personnel mais aussi tout ce qui relève de « la réalité humaine » et des défauts du management :  le déficit de reconnaissance – ou le sentiment de manque – en terme de salaire, de contrat, de formation, de perspective d’avenir.. principalement vis-à-vis des contractuel(les), ce qui favorise les fatigues, les démotivations et renforce les individualismes, les égoïsmes, le manque de conscience professionnelle, d’esprit  d’équipe, de sens des responsabilités .. Nombre d’articles de presse, de livres et de documentaires tv (qui en général ne creusent pas trop) et mon expérience professionnelle, m’ont fait mieux comprendre la situation. Cela troublait ma perception des applaudissements. Qu’est-ce qu’on applaudit ? Des dévouements, des courages, des sacrifices, voire des héroïsmes dans un système, un fonctionnement si critiquable ? Je pense que les applaudisseurs ne vont pas chercher midi à quatorze heures : ils disent aux personnes des EHPAD  » merci, malgré tous les défauts dans le système, d’être là, de tenir et de continuer à le faire ». Et c’est aussi pour eux un moment de partage avec des voisins qu’ils ne connaissaient pas forcément avant le confinement.

épidémie la binquenais 4, 25 avr 2020, 20h00

 

épidémie la binquenais, 24 avr 2020, 19h57-12

Je connais un peu A. (et M. et le chien). Je pense qu’A. est sensible aux difficultés des autres. Elle applaudit tous les soirs depuis le début.

En face, à l’EHPAD, 3 professionnels sont sortis. Un jour ils ont été plus nombreux à sortir pour répondre aux applaudissements, mais je ne les ai pas photographiés. Après que les applaudissements aient commencé il y a plusieurs semaines, un drap a été accroché sur lequel a été  écrit « merci de votre soutien ». Il y a 2 ans peut-être, ils avaient mis, en protestation du manque de moyens, une plus grande banderole « en grève »..

épidémie la binquenais 2, 24 avr 2020, 19h57-12

épidémie la binquenais 3, 24 avr 2020, 19h57-12

Nuages d’orage, Rennes, 17 avril 2020, soirée

Après une journée d’orage, le ciel s’est dégagé dans la soirée mais les orages continuaient vers le nord du département et donnèrent à voir de beaux nuages éclairés par le soleil couchant.

 

nuages d'orage, Rennes, 17 avril 2020, 20h59-22

20h59:22. En bas à gauche le clocher mutilé de l’église Ste Thérèse, sans sa flèche d’ardoises détruite par l’incendie du 31 juillet 2018. Au centre l’immeuble dit de la Sécurité Sociale.

nuages d'orage, Rennes, 17 avril 2020, 20h59-28

paréidolie : une tête, vue de gauche, une marquise (ou une comtesse..) à la perruque épaisse transformée en chien frisé genre caniche..( aurais-je de la fièvre ?)

nuages d'orage, Rennes, 17 avril 2020, 20h59-40

A l’est, le nuage que je comparais à un dodo (voir article précédent) tente de dessiner maintenant la Bretagne et une Manche bien large. Le Cotentin est éclairé et la Bretagne est une gargouille projetant sa tête de vampire aux courtes oreilles en avant.

les Ecotais, Rennes, 17 avril 2020, 21h25-56

Voilà, cette journée d’orage s’achève sur un ciel pur au-dessus de la ville. Les orages, venus du sud-ouest dans la journée, arrosent St Malo et la Manche. On dirait qu’il n’y a plus qu’un habitant dans l’immeuble, mais il reste une belle lueur (une fleur rosée de pissenlit électrique) d’espoir en ces temps de confinement.. (je dois avoir de la fièvre..)

Un orage sur Rennes, 17 avril 2020, fin de jour

Des nuages, et même des orages étaient annoncés. J’adore les orages, les tempêtes, les canicules, les grands gels, les pluies diluviennes.. tous les phénomènes météo extrêmes. Je sais, ce sont là propos de personne qui peut se mettre à l’abri, un toit, une voiture, des vêtements chauds ou imperméables.

De cet orage je n’ai pas tout photographié, loin de là. Pas capté d’éclairs spectaculaires – il y en a eu – malheureusement. Mais de beaux nuages. J’adore les nuages d’orage. Et les mots pour les nommer vont tellement bien ensemble n’est-ce pas ..

Le ciel s’est chargé peu à peu, l’air de rien, au cours de l’après-midi. Tout autour de la ville les grondements ont commencé à se faire entendre, toujours sublimes, toujours premiers comme les matins. En fin d’après-midi un nuage s’est ouvert et a lâché son seau d’eau.

orage, pluie, Rennes, 17 avril 2020, 18h

18h. L’eau tombe drue sur les toits des garages, remplit les gouttières, inonde les rues et déborde des caniveaux. La réalité habituelle n’est plus : elle est submergée ! Quel bonheur, quelle plaisir ! Néanmoins (j’adore ce mot étrange aussi. Néant moins.) pas facile de capter et donner des images de la pluie. Souvent, bien que dense, elle ne se voit pas assez à l’image. Autant elle est visible par nos yeux, autant elle se dérobe aisément à nos appareils de « prises de vues ». En vidéo le mouvement se voit mieux et son son – ? – son bruit est présent.

orage, pluie, Rennes, 17 avril 2020, 17h57

L’eau tombe sur les toits-terrasses, forme des bulles et des feux d’artifice liquides.

orage, pluie, Rennes, 17 avril 2020, 18h12

10 (12) mn plus tard, la pluie a cessé (d’être). l’orage poursuit sa route dans l’espace vers l’est. Le ciel bleu, éternel, naturel, immuable, toujours là est visible par une trouée, à l’ouest, dans les nuages de l’orage. Si on savait ! J’en ai pris conscience quand j’ai pris l’avion et que je voyais que notre pitoyable plancher des vaches était recouvert de nuages tandis que l’avion dans lequel je me trouvais errait dans un espace pur, vierge, sans élément perturbateur. Et j’étais alors fasciné,  et surpris, un peu dépité que les autres passagers ne regardent pas ce miracle. Des gens trouvent ça banal d’être à des milliers de mètres au-dessus de la terre et de pouvoir la contempler, comme s’ils étaient Icare..

orage, pluie, Rennes, 17 avril 2020, 18h16

18h26. L’orage est passé. Ses grondements, ses éclairs, toute cette eau ne nous concerne déjà plus, hélas ! le plaisir est passé. A l’ouest – d’où vient en général la pluie –  le soleil dans le ciel bleu éclaire magnifiquement la trainée de l’orage. Les toits des garages sont déjà, 20 mn après, presque secs (et « heureux » de la douche ? Les toits – a fortiori de garage – ont-ils une âme ?..)

orage après, Rennes, 17 avril 2020, 18h26

20h49. Ouf , l’orage n’a pas lancé sa foudre sur nous, l’eau n’a pas créé d’inondation, la vie suit son cours. Dîner. Après je vais jeter un œil à une fenêtre, par habitude de regarder le ciel, surtout quand il a été beau comme aujourd’hui. Je me dis que ce n’est pas possible qu’il ne reste rien de cette splendeur.. et voilà ce que je vois là-bas à l’est..

orage après, Rennes, 17 avril 2020, 20h49

(20h49:58) .. un vaisseau amiral, un grand solitaire, un égaré, un retardataire, un paumé, un marginal, une incongruité dans le firmament éclairée par le soleil couchant.. Vite sur le toit !

orage après, Rennes, 17 avril 2020, 20h50

20h50:10. Ayant vu cette splendeur, avant de monter, je jette un œil vers le nord, pour voir comment ça se présente.. Visiblement – c’est le cas de le dire – il y a des choses intéressantes aussi de ce côté-là : l’orage a laissé quelques beaux vestiges, à moins qu’une sorte d’arrière-garde revancharde ne traine en souhaitant voir le coucher du soleil.. (je n’y connais rien en nuages..)

orage après, Rennes, 17 avril 2020, 20h50-47

20h50:47. Je retourne côté jardin, parce que je n’en crois pas mes yeux (le photographe est un être fébrile. Après tout c’est fréquent en ce moment..), vérifier si la puissante splendeur aperçue tout à l’heure est toujours visible..

orage après, Rennes, 17 avril 2020, 20h51-34

21h51:34. Elle s’est fardée (et je lui ai tenu ses pinceaux..) , la splendeur, mais ce n’est pas pour me déplaire.

Vu du toit, ces 2 oreilles de Mickey prennent corps de cet oiseau disparu, le Dodo je crois, qui serait très ébouriffé. Le fantôme du Dodo en somme. J’ai vraiment des références culturelles déplorables.

orage après, Rennes, 17 avril 2020, 20h55-30

Au nord c’est fascinant aussi, car la bonne ville de Rennes est au premier plan.

orage après, Rennes, 17 avril 2020, 20h55-10

 

 

 

 

Configuration confinement, mars, avril 2020, Rennes

Comme tout le monde – ou quasiment tout le monde – je suis « confiné » (vaut mieux être un confiné qu’un con fini, mais sait-on jamais ?) chez moi et limite donc mes sorties. Regarder par les fenêtres devient une activité encore plus fréquente et, pourquoi pas, photographier ce qu’on voit par la fenêtre : les personnes qui passent, les voisins confinés qui sortent, les files d’attente devant les commerces.. Finis les grands espaces naturels, ouverts sur l’horizon. Place aux clichés confinés.

confinement, passant, mars 2020, 18h07

18 mars. Officiellement décrété le 17 mars, dès le 18 (et même avant) des personnes, plus prudentes ou plus inquiètes, car se pensant ou se sachant fragiles  (ou simplement pensant ou sachant être contagieuses), portent un masque. Leur nombre croitra. A un certain moment, le masque sera un objet rare. Pour le photographe de rues le masque est intéressant car en réduisant la qualité « identifiable » des visages, il réduit les risques liés au « droit à l’image », qui interdit de publier une photo de quelqu’un qui soit reconnaissable (c’est un peu plus compliqué que cela mais en gros c’est ça) sans son consentement écrit. L’un des problèmes autour du droit à l’image est, je trouve, qu’il ne précise pas vraiment « reconnaissable par qui ? ». En général (donc pas toujours) chacun peut se reconnaître sur une photo car chacun reconnaît ses propres vêtements et sait qu’il se trouvait à tel endroit à tel moment, mais le droit à l’image ne s’applique-t-il pas seulement si les personnes sont reconnaissables par d’autres.. qui, pour les re-connaître, doivent d’abord les connaître ?

confinement, jumelles rolleuses, 18 mars 2020, 18h07

En limitant notre liberté de mouvement, le confinement, « en même temps » (comme dirait l’autre), l’élargit ;  en vidant, presque, les rues de voitures, il la libère pour, par exemple, 2 petites filles qui remontent rapidement une rue en rollers, en pensant qu’elles sont davantage en sécurité, ce qui n’est qu’en partie vrai car le nombre d’automobilistes qui profitent des rues presque vides pour y rouler à grande vitesse, a augmenté. La sécurité pour les piétons est alors proche de l’illusion. On peut juste supposer qu’ils verront ou entendront arriver un véhicule plus facilement. La liberté est alors vraiment un sentiment, une sensation, pas forcément une réalité objective..

confinement,scooter, 24 mars 2020, 14h34

24 mars.

confinement, téléphone à la fenêtre, 8 avril 2020, 13h31

confinement, ennui, 9 avril 2020, 18h34

9 avril. On s’ennuie un peu quand même, mais il paraît que l’ennui favorise la réflexion et l’imagination..

confinement, bronzette, 25 mars 2020, 13h29

25 mars. S’il n’y avait pas eu le confinement, cette personne serait-elle allée profiter des premières chaleurs ensoleillées du printemps en dehors de chez elle, dans un parc, en terrasse ou à la plage ?

confinement, file d'attente, 4 avril 2020, 11h45

4 avril. Le choix d’aller dans tel ou tel commerce est individuel (ici une boucherie et, vu la morphologie des clients, la viande ne fait pas grossir). Le prix à payer – outre celui de ce qu’on va acheter – est l’attente dans une file plus ou moins longue selon le nombre de personnes et au dessin variable et un peu mystérieux. Sur cette place, la file part parfois partir sur la gauche, parfois sur la droite (jusqu’à l’immeuble du fond) et atteint vite une longueur impressionnante car les gens laissent beaucoup plus que le mètre recommandé – en France, aux USA c’est 6 feet, soit 1m80) entre eux.

confinement, square public, 5 avril 2020, 18h

5 avril, 18h. Quand on n’a pas de logement, ou qu’on ne veut (peut) pas y rester, il y a toujours un coin tranquille, plus ou moins à l’abri des regards (croit-on) où tuer le temps. Cet homme a passé toute l’après-midi dans ce square public, à ne rien faire de particulier, à part siroter et penser, sans doute..

J’ai appris plus tard que des personnes dormaient dans ce square.

confinement, jour de marché, 8 avril 2020, 9h05

8 avril. 9h05. Ne pas se lever tard car c’est jour de marché et que ses entrées  – pas seulement le nez et la bouche -sont filtrées et l’attente, là aussi, plus ou moins longue..

confinement, emploi du temps, 9 avril 2020, 18h09

9 avril. Comment employer le temps ? Marcher dans des avenues désertées, jouer avec son enfant dans le moindre espace vert entre des bureaux.. ou leur faire faire leurs premiers tours de roues sur les trottoirs dégagés..

confinement, 1ers tours de roues, 9 avril 2020, 18h20

 

 

 

le Boël : vestige de la carrière, 7 mars 2020

moulin du Boël, 7 mars 2020, 14h56

Par la rive gauche de la Vilaine on peut arriver assez près du Moulin,  jusqu’à son entrée en fait. Elle est interdite au public et encore plus en cette période de crue où l’eau monte jusqu’à mi-porte et, je suppose, traverse l’intérieur. Ça doit être dans un drôle d’état. Je ne suis pas spécialiste des moulins sur rivière mais je n’en ai jamais vu d’aussi exposés à l’eau (pas chaque année mais tous les 3 ou 4 ans). Ses concepteurs en avaient sûrement conscience, d’où la proue aigüe qu’ils ont faite.

moulin du Boël, entrée, 7 mars 2020, 14h21

Ce qui nous intéresse aujourd’hui c’est aussi de voir s’il y a des traces de l’exploitation de l’ancienne carrière. Oui : un étroit sentier monte en lacets sur la berge et l’on trouve plusieurs petites constructions. Abris, ateliers, remises.. il y en a une demi-douzaine. Aujourd’hui en partie, plus ou moins, éboulés et envahis par la végétation, ces vestiges mériteraient d’être dégagés mais je comprends bien que le lieu peut être considéré comme dangereux, du fait de l’aplomb de la roche où des éléments fixés attestent pourtant d’une activité d’escalade.

moulin du Boël, vestiges de laa carrière, cheminée, 7 mars 2020, 14h28

Un premier abri, aux murs de schiste,  se trouve sur la rive juste derrière le moulin et si l’on continue, le sentier monte en lacets et on se retrouve vite comme à l’entrée d’un cirque en partie fermé par des blocs de pierre imposants. A gauche, l’abri le plus grand et le mieux conservé, quoiqu’en ruine (il n’a plus de toit), contient encore une cheminée. Chauffage, fricot ? Dans quelle mesure les ouvriers demeuraient-ils là ? Quand la ville de Bruz se décidera-t-elle à réhabiliter cela et à en faire un lieu de visite et de compréhension d’un site rare ? Et pourquoi pas, dans ce premier abri éloigné des risques de chutes de pierres, un petit gite où il ferait bon passer la nuit bercé, à la chaleur du feu de cheminée,  par le son du fleuve qui passe.. ?

moulin du Boël, vestiges de la carrière, 2ème, 7 mars 2020, 14h29

Ça sent l’abri bricolé, agrandi, réparé, modifié au fil du temps, avec les parties les plus anciennes en schiste, une autre partie enduite et une plus récente en parpaings brut.

moulin du Boël, abri dans la carrière, 7 mars 2020, 14h30

 

moulin du Boël, la carrière, 7 mars 2020, 14h34

moulin du Boël, la carrière, 7 mars 2020, 14h35

moulin du Boël, la carrière, 7 mars 2020, 14h37

 

 

 

Crue au Boël, 7 mars 2020

4 mois après la dernière visite, nous décidons de retourner au Boël car la Vilaine est en crue. Qui sait si nous aurons bientôt encore la possibilité de nous balader comme bon nous semble ? Car on parle de plus en plus de cette épidémie qui sévit en Chine et qui semble aussi monter en puissance en Italie.

 

Cette fois nous décidons d’y aller par l’autre rive, la gauche. Le chemin de halage est inondé.

moulin du Boël, 7 mars 2020, 12h59-28

promeneuse au Boël, , 7 mars 2020, 13h04

moulin duBoël, 7 mars 2020, 13h08

Les gens sont plus rares que la dernière fois. C’est pour cela sans doute que cette jeune femme nous a bien vus sur l’autre rive et peut-être même a-t-elle vu que je dirigeais mon objectif vers elle.. Deux kayakistes profitent de la quantité d’eau et du débit pour éprouver leur force à remonter le courant le long des rives..

moulin du Boël, kayakistes, 7 mars 2020, 13h14

Toujours est-il que le moulin est bien toujours là, fidèle au rendez-vous que nous lui avons donné, et pas submergé. Son étrave de bateau fait merveille dans le courant.

moulin duBoël, , 7 mars 2020, 13h07-21

En ce début mars les premiers bourgeons pastillent certains arbres de vert tendre et les falaises au loin sont violette.

moulin du Boël, table de pique-nique, 7 mars 2020, 13h32

Un jour – en semaine pour éviter la foule des dimanches – nous devrions venir pique-niquer juste au bord de l’eau, mais pas aujourd’hui.. car nous n’avons apporté ni nos bottes ni notre pique-nique et avons pris de la hauteur, avons grimpé les falaises de schiste rose… et nous ne sommes pas tout à fait les seuls.

moulin du Boël, hauteurs, 7 mars 2020, 13h45

 

 

Entre le train et le fleuve, Pont-Réan, le 17 nov.19

La première fois que j’ai pris le train jusqu’à Rennes – il y a bientôt 40 ans – j’avais, comme toujours, bien regardé le paysage et la légère appréhension que j’éprouvais (je partais habiter à la ville pour mes études) avait certainement été tempérée par le paysage avant l’arrivée car la voie se glissait entre les collines et leurs falaises et la sinueuse Vilaine. Enfant j’adorais les trains électriques et ces paysages miniatures exposés dans les vitrines de magasins de jouets. Et voilà que je me trouvais dans l’un de ces lieux (et même un tunnel), ses courbes, ses ponts, quand la ligne remonte jusqu’à Rennes depuis Redon par la vallée de la Vilaine qui, décidément, n’est pas vilaine..

en aval du Boël, 17 nov 19, 12h45-02en aval du Boël, 17 nov 19, 12h25.jpgen aval du Boël, 17 nov 19, 12h41.jpgen aval du Boël, 17 nov 19, 12h46.jpgJe l’ignorais mais sur certaines cartes le (chemin de) halage a un nom. Ici il est nommé le Gravier.

en aval du Boël, 17 nov 19, 12h52.jpgen aval du Boël, 17 nov 19, 12h54.jpgen aval du Boël, 17 nov 19, 13h01.jpgen aval du Boël, 17 nov 19, 13h05.jpgen aval du Boël, 17 nov 19, 13h06.jpgen aval du Boël, 17 nov 19, 13h07.jpgen aval du Boël, 17 nov 19, 13h08.jpg

Brouillard au Boël, Pont-Réan, 17 nov.19

La campagne autour de Rennes est largement agricole, un bocage aux champs plus ou moins grands où les coins sympas ne sont pas si nombreux.. Il y en a, certes, mais ce sont des petits lieux qu’il faut dénicher, par exemple des anciens moulins sur des cours d’eau. Le Boël est sûrement le plus connu de ces moulins et il se trouve dans le site sans doute le plus spectaculaire – toutes proportions gardées – des alentours : la Vilaine s’est en effet creusé son chemin au travers de collines (60/80 m) de schistes rouges, ce qui donne des points de vue élevés intéressants.

En ce dimanche de novembre le brouillard est là et la Vilaine est haute. Allons au Boël.

Le moulin a été construit dans la seconde moitié du XVIIè s et son côté face au courant est en étrave de bateau, comme le moulin de la Molière 10 km en aval. Après la guerre de 14 son utilisation fut moins régulière. Elle cesse en 1936 car on démonte l’une des 2 roues à aube pour l’installer sur un autre moulin, en amont, à Cesson-Sévigné. Il s’est alors ensuite peu à peu dégradé et a perdu ce qui restait du toit lors d’une tempête de l’hiver 1962.

Années 1950 ?

après la tempête de novembre 62.

Malgré le classement à l’inventaire des Monuments Historiques, les Ponts-et-Chaussées décident alors de le raser mais, à l’initiative d’un Bruzois (habitant de Bruz – ne pas prononcer le z, contrairement à Stéphane Bern)  la Commune de Bruz rachète la ruine en juin 1964 à condition que ce jeune Bruzois (Jean-Yves Connen) se charge d’organiser les possibilités de la restauration. Une asso est créée. Les travaux – des chantiers pendant les vacances de jeunes bénévoles de toute l’Europe – consistent au début à remettre de l’ordre dans la ruine, récupérer des pierres l’été quand la rivière est basse

A la fin de l’été 67, les murs sont prêts à recevoir un nouveau toit qui sera construit par des professionnels.

L’aspect des lieux était, au début du  XXiè s, fort différent d’aujourd’hui : les collines étaient nues, sans arbres, le schiste rouge en était extrait pour la construction.

Le 6 juin 1884, des blocs de schistes s’écroulent dans la carrière proche du moulin, ensevelissant 6 carriers et 2 enfants présents sur place.

Les carrières ne sont plus en activité. La végétation, des arbres – et ce dimanche un épais brouillard –  dissimulent les vestiges.

moulin du Boël, 17 nov 19, 11h51.jpg

moulin du Boël, 17 nov 19, 11h49.jpg

moulin du Boël, 17 nov 19, 11h54.jpg

moulin du Boël, 17 nov 19, 11h44

La rivière Vilaine aujourd’hui est bien un fleuve et son eau limoneuse et froide, couleur de Mékong, courre par dessus le barrage le long du moulin.

moulin du Boël, 17 nov 19, 12h.jpg

 

moulin du Boël, 17 nov 19, 13h12.jpg