Journal de juin, le 16 (suite) : sortie de Leyton sous des nuages

nuages, 16 juin 20, 9-46

Alors, même si dès le matin les nuages sont ainsi, qu’est-ce que cela va être ce soir ?! Mais il est vrai qu’en Bretagne on ne peut pas présager du ciel plusieurs heures avant..

le grand mont, 16 juin 20, 10-04-13

A l’est, du côté du Grand Mont sur la Presqu’Île de Rhuys, le ciel est itou.

nuages, 16 juin 20, 9-56-18

10 mn plus tard le ciel s’est sérieusement assombri au-dessus du trimaran Leyton..

Leyton, 16 juin 20, 9-57-05

.. tandis qu’il sort sous voiles de la Trinité s/mer, le fort de Penthièvre à tribord..

Leyton, 16 juin 20, 9-59-34

.. et à babord les très très anciens blocs du dolmen à la table tombée  et les pins de la pointe er Hourèl..

Leyton, 16 juin 20, 10-00-02

Journal de Juin : les nuages du 14, Locmariaquer, 14 juin 2020, 19h33/21h57

Sans vouloir trop insister sur le sujet, j’ai vécu avec soulagement la levée de l’interdiction de partir à plus de 100 km « sans motif valable » et 12 jours plus tard je partis revoir la mer et les lieux que j’affectionne. C’était un motif très valable.

Depuis quelques temps – sans savoir si cela avait un lien avec le confinement – j’avais développé une attention – une attirance ? – plus forte pour le ciel et surtout ceux qui vivent dans cet espace infini : les nuages. Dès les retrouvailles avec les parfums des plantes littorales et des algues, que l’on reconnait avant de La voir – la mer – dans la soirée du 14 juin, ils étaient ô combien au rendez-vous muet que je leur avais donné, de toute forme, en cohortes de toutes sortes.

Caro, Pointe er vil, 14 juin 20, 19h54

buse, St Pierre,14 juin 20, 19h54

Une buse – jamais vue dans les parages auparavant (« déconfinée » elle aussi ?) – attirait  mon regard vers le ciel..

A mesure que le soleil descendait derrière St Philibert, la lente chorégraphie des nuages par delà les cyprès et les pins se faisait plus spectaculaire, et même un tantinet dramatique, lyrique, wagnérien, faustien..

nuages, St Philibert,14 juin 20, 21-14

nuages, keranlay,14 juin 20, 21-29

.. Ils passaient lentement mais inexorablement, haut, par dessus les maisons du voisin jardinier qui avait définitivement quitté les lieux et cette terre 5 mois auparavant.

nuages, keranlay,14 juin 20, 21-32

Aux derniers rayons, la route de St Pierre coupant les champs prenait une allure de far-west et le grand cyprès rappelait qu’il est le plus grand des lieux.

nuages, keranlay,14 juin 20, 21-45-55

nuages, keranlay,14 juin 20, 21-32-35

Au nord-est  un vaisseau éteignait le Golfe et allait peut-être déverser sur lui une pluie d’éclairs, un torrent de foudre et d’eau douce. Une branche cassée, aux feuilles prématurément rougeoyantes, apportait à son arbre un élément qui interrogeait le regard et des sillons de feu traçaient leur ligne au travers des champs.

nuages, keranlay,14 juin 20, 21-32-43

nuages, keranlay,14 juin 20, 21-39-18

nuages, keranlay,14 juin 20, 21-32-38

Plus le moment s’approchait de celui où le soleil de ce jour s’éteindrait, plus son intensité – semblant plus brûlante qu’au zénith – allait fouiller l’intérieur des arbres, et elle aurait brûlé les grands yeux rond de la hulotte du coin si elle s’y était trouvée embusquée, brutalement débusquée.

Vers le nord-ouest 3 rois étaient apparus, comme par enchantement, pour contempler le soleil et offrir quelques secondes à leurs étranges corps informes sa chaleur orange et déjà froidissante..

nuages, keranlay,14 juin 20, 21-55-23

.. avant de disparaître dans leur longue nuit. Un jour prochain – qui sait – ils reparaîtront peut-être ici ou ailleurs et on aura du mal à les reconnaître, avec toutefois un sentiment diffus de réminiscence.

nuages, keranlay,14 juin 20, 21-56-05

Tandis que les 3 rois Kong fixent encore un instant le soleil, à l’est un vaisseau amiral largue ses amarres et s’apprête à partir pour un long, très long voyage en croisant au-dessus de l’océan..

nuages, keranlay,14 juin 20, 21-57

C’était le 14 juin, à 1 semaine du soltice et ce long jour avait bien profité du temps qui lui était donné par les astres et m’avait accueilli majestueusement en ces lieux familiers.

 

 

les Créatures au-dessus de nos Têtes (les multiples vies des nuages), Rennes, 5 mai 2020

nuages, Rennes, 5 mai 2020,19h29-04

Regardez-vous les nuages ? Savez-vous les voir ? Prenez-vous le temps de tourner vos yeux vers ces créations du cosmos quand elles se montrent à nos regards ? Elles sont l’incarnation intermédiaire des éléments entre nous et l’infini, flocons au ras du sol à l’échelle de l’atmosphère, elle-même mince enveloppe vaporeuse autour de « notre » planète..

nuages, Rennes, 5 mai 2020,19h31-31

C’est étrange ils dessinent comme des cartes (ah oui ! .. Descartes « le silence éternel de ces espaces infinis m’effraie »). A moins que ce ne soit l’inverse, que nos cartes aient été dessinées pour ressembler aux nuages.. Personnellement j’y recherche, espère – très terre à terre –  à chaque fois, la carte de ma Bretagne.. mais  il y a toujours quelque chose qui cloche, manque..

nuages, Rennes, 5 mai 2020,19h52-22

.. pourtant ils y mettent du leur, et du leurre, révélant les Créatures blanches et les Créatures bleu ardoises, comme les couleurs de l’océan.nuages, Rennes, 5 mai 2020,19h52-22 bis

Le petit oiseau (un étourneau isolé ?) les frôle. Les regarde-t-il ? En a t-il conscience ?

Là haut, au-dessus de nous dans nos ville, ils se font front, se toisent, organisent des rencontres dangereuses, des préambules de combats cataclysmiques ou de simples défis.

nuages, Rennes, 5 mai 2020,19h58-58

nuages, Rennes, 5 mai 2020, 20h18-03

Reliés au soleil comme nous, au jour tombant ils se laissent baigner par les rayons chauds de l’astre disparaissant sous l’horizon, révélant d’autres facettes de leur visage et la réalité de leur multitude..

nuages, Rennes, 5 mai 2020, 20h28-02

nuages, Rennes, 5 mai 2020, 20h12-33

Les Créatures jusque-là dissimulées ne peuvent plus se cacher et doivent faire face..

nuages, Rennes, 5 mai 2020, 20h12-41

le cochon sauvage, le sanglier-premier-au-long-groin ne peut éviter d’être visible à qui sait le voir..

nuages, Rennes, 5 mai 2020, 20h13-46

.. ni le vieux fourbe chat qui tire toutes les ficelles..

nuages, Rennes, 5 mai 2020, 20h14-24

.. tandis que la créature blessée lors dont ne sait quel combat ce soir renonce et fuit vers l’est..

nuages, Rennes, 5 mai 2020, 20h15-28

A peine entrevues ces créations dans le ciel se fondent dans le tumulte silencieux des hauteurs et disparaissent dans les nuées.

nuages, Rennes, 5 mai 2020, 20h18-01

Et pour moi commence une nouvelle nuit.

 

 

 

 

1km « à vol d’oiseau », 26 avril 2020, 17h34 -> 18h17 (ouf ! – d’1 heure..)

Déjà avant (le confinement bien sûr), j’aimais déjà (photographier) les nuages, comme l’Etranger de Baudelaire ( « J’aime les nuages… les nuages qui passent… là-bas… là-bas… les merveilleux nuages « ). Alors en ce temps étrange où il faut remplir une attestation pour avoir le droit d’aller faire un tour d’1 heure, en tournant dans un cercle d’1 km, autour de chez soi, je les apprécie encore plus. Ils sont l’espace, l’infini, la liberté.. l’eau, la vie..

nuages, 26 AVRIL 2020, 17H36

.. le terrain de jeu du merle (quoique.. il n’est pas le meilleure exemple, lui qui vole bas de haies en haies..) qui chante leur gloire..

nuages et merle, 26 AVRIL 2020, 17H57

nuages et merle, 26 AVRIL 2020, 17H59

Confinés dans nos maisons sombres et aux fenêtres mesquines, se doute-t-on de l’étrangeté parfois facétieuse qui passe là-haut loin au-dessus..?

nuages, 26 AVRIL 2020, 18h08

J’habite dans un quartier où on a tendu des portées sans notes de musique où courre de quoi regarder des nuages.. sur des écrans, des toiles sur lesquelles de grandes araignées allongées sur le dos et les pattes sous la tête coiffée d’un panama regardent admiratives le ciel en rêvant aux nids cotonneux qu’elles feront une fois qu’elles auront siffler à la paille toute leur orangina.

nuages, 26 AVRIL 2020, 18h10

nuages, 26 AVRIL 2020, 18h17

Bd Oscar Leroux, 1er mai 2020, 12h53

Les plantes aussi rêvent de prendre de la hauteur et tendent leurs tiges vers le ciel..

Nuages d’orage, Rennes, 17 avril 2020, soirée

Après une journée d’orage, le ciel s’est dégagé dans la soirée mais les orages continuaient vers le nord du département et donnèrent à voir de beaux nuages éclairés par le soleil couchant.

 

nuages d'orage, Rennes, 17 avril 2020, 20h59-22

20h59:22. En bas à gauche le clocher mutilé de l’église Ste Thérèse, sans sa flèche d’ardoises détruite par l’incendie du 31 juillet 2018. Au centre l’immeuble dit de la Sécurité Sociale.

nuages d'orage, Rennes, 17 avril 2020, 20h59-28

paréidolie : une tête, vue de gauche, une marquise (ou une comtesse..) à la perruque épaisse transformée en chien frisé genre caniche..( aurais-je de la fièvre ?)

nuages d'orage, Rennes, 17 avril 2020, 20h59-40

A l’est, le nuage que je comparais à un dodo (voir article précédent) tente de dessiner maintenant la Bretagne et une Manche bien large. Le Cotentin est éclairé et la Bretagne est une gargouille projetant sa tête de vampire aux courtes oreilles en avant.

les Ecotais, Rennes, 17 avril 2020, 21h25-56

Voilà, cette journée d’orage s’achève sur un ciel pur au-dessus de la ville. Les orages, venus du sud-ouest dans la journée, arrosent St Malo et la Manche. On dirait qu’il n’y a plus qu’un habitant dans l’immeuble, mais il reste une belle lueur (une fleur rosée de pissenlit électrique) d’espoir en ces temps de confinement.. (je dois avoir de la fièvre..)

Un orage sur Rennes, 17 avril 2020, fin de jour

Des nuages, et même des orages étaient annoncés. J’adore les orages, les tempêtes, les canicules, les grands gels, les pluies diluviennes.. tous les phénomènes météo extrêmes. Je sais, ce sont là propos de personne qui peut se mettre à l’abri, un toit, une voiture, des vêtements chauds ou imperméables.

De cet orage je n’ai pas tout photographié, loin de là. Pas capté d’éclairs spectaculaires – il y en a eu – malheureusement. Mais de beaux nuages. J’adore les nuages d’orage. Et les mots pour les nommer vont tellement bien ensemble n’est-ce pas ..

Le ciel s’est chargé peu à peu, l’air de rien, au cours de l’après-midi. Tout autour de la ville les grondements ont commencé à se faire entendre, toujours sublimes, toujours premiers comme les matins. En fin d’après-midi un nuage s’est ouvert et a lâché son seau d’eau.

orage, pluie, Rennes, 17 avril 2020, 18h

18h. L’eau tombe drue sur les toits des garages, remplit les gouttières, inonde les rues et déborde des caniveaux. La réalité habituelle n’est plus : elle est submergée ! Quel bonheur, quelle plaisir ! Néanmoins (j’adore ce mot étrange aussi. Néant moins.) pas facile de capter et donner des images de la pluie. Souvent, bien que dense, elle ne se voit pas assez à l’image. Autant elle est visible par nos yeux, autant elle se dérobe aisément à nos appareils de « prises de vues ». En vidéo le mouvement se voit mieux et son son – ? – son bruit est présent.

orage, pluie, Rennes, 17 avril 2020, 17h57

L’eau tombe sur les toits-terrasses, forme des bulles et des feux d’artifice liquides.

orage, pluie, Rennes, 17 avril 2020, 18h12

10 (12) mn plus tard, la pluie a cessé (d’être). l’orage poursuit sa route dans l’espace vers l’est. Le ciel bleu, éternel, naturel, immuable, toujours là est visible par une trouée, à l’ouest, dans les nuages de l’orage. Si on savait ! J’en ai pris conscience quand j’ai pris l’avion et que je voyais que notre pitoyable plancher des vaches était recouvert de nuages tandis que l’avion dans lequel je me trouvais errait dans un espace pur, vierge, sans élément perturbateur. Et j’étais alors fasciné,  et surpris, un peu dépité que les autres passagers ne regardent pas ce miracle. Des gens trouvent ça banal d’être à des milliers de mètres au-dessus de la terre et de pouvoir la contempler, comme s’ils étaient Icare..

orage, pluie, Rennes, 17 avril 2020, 18h16

18h26. L’orage est passé. Ses grondements, ses éclairs, toute cette eau ne nous concerne déjà plus, hélas ! le plaisir est passé. A l’ouest – d’où vient en général la pluie –  le soleil dans le ciel bleu éclaire magnifiquement la trainée de l’orage. Les toits des garages sont déjà, 20 mn après, presque secs (et « heureux » de la douche ? Les toits – a fortiori de garage – ont-ils une âme ?..)

orage après, Rennes, 17 avril 2020, 18h26

20h49. Ouf , l’orage n’a pas lancé sa foudre sur nous, l’eau n’a pas créé d’inondation, la vie suit son cours. Dîner. Après je vais jeter un œil à une fenêtre, par habitude de regarder le ciel, surtout quand il a été beau comme aujourd’hui. Je me dis que ce n’est pas possible qu’il ne reste rien de cette splendeur.. et voilà ce que je vois là-bas à l’est..

orage après, Rennes, 17 avril 2020, 20h49

(20h49:58) .. un vaisseau amiral, un grand solitaire, un égaré, un retardataire, un paumé, un marginal, une incongruité dans le firmament éclairée par le soleil couchant.. Vite sur le toit !

orage après, Rennes, 17 avril 2020, 20h50

20h50:10. Ayant vu cette splendeur, avant de monter, je jette un œil vers le nord, pour voir comment ça se présente.. Visiblement – c’est le cas de le dire – il y a des choses intéressantes aussi de ce côté-là : l’orage a laissé quelques beaux vestiges, à moins qu’une sorte d’arrière-garde revancharde ne traine en souhaitant voir le coucher du soleil.. (je n’y connais rien en nuages..)

orage après, Rennes, 17 avril 2020, 20h50-47

20h50:47. Je retourne côté jardin, parce que je n’en crois pas mes yeux (le photographe est un être fébrile. Après tout c’est fréquent en ce moment..), vérifier si la puissante splendeur aperçue tout à l’heure est toujours visible..

orage après, Rennes, 17 avril 2020, 20h51-34

21h51:34. Elle s’est fardée (et je lui ai tenu ses pinceaux..) , la splendeur, mais ce n’est pas pour me déplaire.

Vu du toit, ces 2 oreilles de Mickey prennent corps de cet oiseau disparu, le Dodo je crois, qui serait très ébouriffé. Le fantôme du Dodo en somme. J’ai vraiment des références culturelles déplorables.

orage après, Rennes, 17 avril 2020, 20h55-30

Au nord c’est fascinant aussi, car la bonne ville de Rennes est au premier plan.

orage après, Rennes, 17 avril 2020, 20h55-10

 

 

 

 

Se prémunir de la Fin ? Locmariaquer, 27 déc.17

C’est le 27 décembre, dans cet entre-deux, quelques jours avant la fin, d’une année encore, du moins selon une manière de diviser, d’additionner, de soustraire, bref, de compter le temps. Et c’est un beau soir calme d’hiver. « On ne sait pas ce que l’avenir nous réserve », s’il nous préserve ou s’il a mis de côté quelques surprises, quelques désagréments. A la pointe de Kerpenhir des hommes, après « la Guerre », ont érigé une statue, la Vierge. On voit que d’immenses, d’énormes, de gigantesques nuages, venus du sud-ouest, se sont élevés jusqu’à presque occuper tout le ciel de ce côté. Bleus gris, ardoise, chargés de pluie, qui sait de grêle. Qui sait ? Alors on est venus. On voit. On regarde cette masse s’élever devant et au-dessus de nous, bien haut. La statue de la Vierge sur son piédestal porte un enfant presqu’à bout de bras. Elle le présente devant elle. A la mer. A l’Océan, l’horizon. Au ciel. Au ciel envahi par les nuages.. et fait sans doute – mais peut-être pas sans douter – un vœu pieu.

se prémunir de la fin -