le cormoran & le minaret, 6 juin, 7h55

Les phares me plaisent. Leur silhouette dans les lieux souvent les plus beaux car les plus dangereux (pour la navigation) et donc souvent les plus spectaculaires, leurs éclats la nuit, régulière, fidèle au poste, même s’il n’y a plus de gardien qui allume la lumière. J’aime la Teignouse, malgré son nom (la teigneuse ?), car c’est l’un des phares que j’aperçois le plus souvent, qu’il est l’un des phares de mon pays. Et puis il faut reconnaître aussi qu’il est l’un des plus originaux : pas haut (20 m) – l’un des plus petits même, sinon le plus petit ? – et une forme bizarre : une tour étroite posée sur un cylindre – comme un fut métallique –  qui serait comme le premier étage d’un phare « normal », en tous cas classique. Et puis, surtout (c’est ce qui se voit le plus, ce qui frappe quand on le voit), sa blancheur : il est tout blanc, comme chaulé et son sommet est rouge, comme le bout d’une allumette. Sur cette photo il acquiert une nouvelle dimension : on dirait un minaret. Le minaret coiffé de rouge d’une modeste mosquée méditerranéenne.

la Teignouse, 6 juin 19, 7h58.jpg

Actual Leader à l’entrainement, la Trinité s/Mer, 4 juin 19

le Sodebo 2 est devenu Actual Leader depuis 3 semaines. Il a été démonté, contrôlé, équipé d’une nouvelle électronique (l’ancienne est partie sur le nouveau Sodebo), doté de capteurs pour pouvoir vérifier l’état du bateau et repeint aux couleurs du nouveau propriétaire. Je suppose que les voiles sont neuves.. Son numéro est 53 car Yves le Blévec est mayennais.

Le précédent trimaran de Yves le Blévec – Actual – était déjà l’ancien Sodebo de Thomas Coville.. Il a chaviré au large du Cap Horn en décembre 2017 lors de la tentative de record du tour du Monde « à l’envers », (d’est en ouest). Le bateau ne sera pas récupéré.

Actual 4 juin 19 11h56.jpg11h56. Au loin le phare de la Teignouse et Belle-Île.

Actual & Arawak 4 juin 19 12h05.jpg12h05. Au second plan Arawak, un peu plus ancien (1954), le dernier thonier d’Etel, un peu (!) moins rapide..

 Arawak & Actual 4 juin 19 12h05.jpg

Actual 4 juin 19 12h07

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Actual 4 juin 19 12h09-0912h09

Journal de bord à distance (dans le temps et dans l’espace)

8 nov.19 : je me suis dit que Yves le Blévec skippant l’ancien bateau de Coville aurait peu de chances d’être plus rapide que lui.. et bien c’est exactement ce qui se passe jusqu’à aujourd’hui dans la Brest Atlantique où les 4 Ultim les plus rapides font la course autour dans l’Atlantique (Joyon ne participe pas et, de son côté, vient de pulvériser son record Port-Louis (Morbihan) – Port-Louis (île Maurice). Bien que pas si loin derrière, Yves le Blévec est derrière Coville qui, lui-même, est derrière Gabard et son Macif et Camas et son de Rothchild.

28 nov. : certes l’ancien Sodebo – Actual Leader – marchait un peu moins vite que le nouveau mais, hormis les erreurs possibles des skippers, leur fatigue, un redoutable aléa est de rencontrer quelque chose qui flotte (gros animal ou objet). C’est ce qui est arrivé à Thomas Coville et Sodebo 3, d’où une escale au Cap qui se transforme en abandon. Yves le Blévec est le seul avec Camas et Edmont de Rothchild à ne pas s’être arrêté et se retrouve deuxième car Gabard s’est arrêté à Rio et au Cap, mais il a remonté Y. Le Blévec. Bref, la course est passionnante, les cartes sont rebattues plusieurs fois.

Entrainements d’IDEC avant le Rhum, 7 & 9 oct.18, Baie de Quiberon

8h47. J’étais sorti par ce beau matin de soleil. A la « grande plage » (St Pierre) je me suis mis à photographier les oiseaux, goélands, cormorans, mouettes.. quand j’ai vu – pas trop surpris car je savais qu’il sortait s’entrainer régulièrement (comme Sodebo, fenêtreA, chocolat Réauté..) – IDEC, l’impressionnant trimaran barré par le « voisin Francis » Joyon (il habite à Locmariaquer). Toujours un plaisir et une émotion  de voir sortir ce grand bateau de la Trinité s/Mer, à petite allure, au moteur, poussé, guidé par quelques zodiacs, puis hisser son foc, sa grand’voile..

Ce matin là, moins d’un mois avant le départ à St Malo de La Course du Rhum, alors qu’il n’y avait qu’une petite brise assez tranquille (en tous cas là où je me trouvais, plus à l’abri que dans la Baie), j’entendis, à environ 2,5 kms, le sifflement de l’air dans les voiles du trimaran qui « traçait » droit vers le large.. Ce sifflement est presque amusant entendu à distance mais il a « dézingué » le système auditif de F. Joyon lors du Rhum. Cela serait facile de dire que ça ne m’étonne pas qu’il l’ait gagné, le Rhum, même si 2 ou 3 autres « ultimes » sont un peu plus rapides que lui en vitesse de pointe, mais sur le Rhum l’important était encore cette année de ne pas casser avant d’arriver et IDEC et son barreur se sont montrés les plus solides..et les plus chanceux, car ne pas rencontrer un objet flottant qui vient casser la coque est une question de chance.

Même les cormorans semblent regarder cet immense oiseau des mers aux 3 couleurs..

idec, baie de quiberon, 9 oct 18-49.jpg

Entre ma première photo, à 8h43, quand il avait hissé depuis peu ses voiles, et celle-ci, où il s’apprête à dépasser le bout de la presqu’île de Quiberon, il s’est passé 6 minutes, c’est-à-dire qu’il mettra 10 petites minutes à remonter toute la presqu’île au sortir de la Trinité jusqu’à l’est de la Teignouse, soit toute la Baie, c’est-à-dire une dizaine de kms à près de 60 km/h.

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idec, baie de quiberon, 9 oct 18, 8h53.jpg8h53

2 jours avant en fin d’après-midi, le bateau était déjà à l’entrainement et fusait tout autant sans avoir toute sa toile. On voit sur la photo le panache de vitesse derrière le safran tribord.idec, baie de quiberon, 7 oct 18, 16h28

Un cormoran peut voler à 27 noeuds (50 km/h). Cette version allégée d’IDEC au printemps 2018 peut facilement atteindre 32 noeuds (60 km/h) même avec peu de vent, d’ailleurs il est devant ce cormoran pour l’instant ..idec, baie de quiberon, 7 oct 18, 16h29.jpg

.. qui est devant le voilier 3 secondes après !idec, baie de quiberon, 7 oct 18, 16h29-19.jpg

(8 nov.2019) ça s’était il y a 1 an et demi. Depuis le bateau a du être encore amélioré car Joyon vient de raccourcir de 6 jours son temps entre Port-Louis (56) et Port-Louis de l’île Maurice. Quel bateau et quel marin !

8 vues de la Teignouse, 27 févr.2017

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J’ai lu quelque part que la Teignouse ressemblait à un gâteau d’anniversaire à la crème avec une grosse bougie… Ce n’est pas faux… Ici le pâtissier abuse de la chantilly ! Dans le livre « l’histoire de tous les phares de France », Dreyer et Fichou écrivent  :  » Le phare de la Teignouse est le cinquième de France construit les pieds dans l’eau. Sa tour a une allure si particulière qu’on se demande si c’est une erreur. Le soubassement, qui abrite les logements, est surmonté d’une tourelle fluette portant une lanterne : « Un feu de port monté sur un camenbert« , dit-on souvent. (..) la terrasse prend les paquets de mer pendant les tempêtes. L’eau stagne puis s’infiltre. La tourelle vibre sous les assauts du vent. Les chambres (..) sont humides et froides. Les lambris intérieurs dégoulinent (..) Les démissions sont nombreuses. Certains abandonnent même leur poste au bout de quelques semaines. ». Il est vrai que la conception de la Teignouse, à défaut de fournir aux gardiens un abri acceptable (être gardien d’un phare en mer n’est jamais une sinécure), en fait l’un des phares les plus originaux de Bretagne… Depuis 1983 le phare n’est plus gardienné et son état de délabrement intérieur n’a fait qu’empirer… En 2005, plusieurs fenêtres avaient leur vitrage cassé, le muret parapet de la terrasse était dégradé, dans les chambres les boiseries murales étaient absentes et tout était en vrac, volé ou renversé par les tremblements lors des tempêtes… Cependant une boiserie de fenêtre a été refaite, mais le reste ? Il est là depuis 1845, sur son rocher dans le prolongement de la pointe de la presqu’île de Quiberon. Il ne fait que (c’est peu pour un phare) 16 m de haut.  Il a été construit assez tôt dans l’histoire de construction des phares dans ces parages dangereux et fréquentés par les navettes entre les îles, les bateaux de pêche cotière et les voiliers mais il n’a pas pu éviter certains naufrages : un peu plus loin que rocher sur lequel se trouve la phare, le Angers,  cargo à l’origine américain (comme son nom ne l’indique pas) de 76 m de long, s’échoua le 4 novembre 1918 sur le plateau des Esclassiers, par une nuit de mauvais temps. 4 ans plus tard, dans la nuit du 26 août 1922,  c’est à proximité du phare que le France, cuirassé de 1911, a, par temps calme,  heurté des roches (non répertoriées à l’époque).  Le naufrage se fit lentement et il y eut 3 noyés mais presque tout l’équipage fut sauvé.   Même en 2007, alors que les navires ont des GPS, les naufrages peuvent avoir lieu : le Gourinis, navire de passagers qui reliait Houat à Port-Maria (Belle-île), a touché des roches aux « trois Pierres »et, alors qu’il était remorqué à moitié immergé, a coulé, le 30 avril  2007 par beau temps et mer d’huile…
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Les Huîtriers et la Teignouse, Locmariaquer, 28 janv.2017, 17h37

je ne pensais pas, dans mon coin habituel de promenade,  pouvoir voir, donc photographier, le phare de la Teignouse, le plus important et le plus célèbre (dans le coin) des phares en mer,  et puis je m’aperçois qu’il est parfois visible, comme ici, enfin visible surtout grâce à un puissant zoom, car sur cette photo il est quand même situé à près de 14 kms… Il est là depuis 1845, sur son rocher dans le prolongement de la pointe de la presqu’île de Quiberon. Il ne fait que (c’est peu pour un phare) 16 m de haut, est peint tout en blanc et a une forme assez particulière (un « gâteau avec une grosse bougie »). Un peu plus loin que rocher sur lequel se trouve la phare, le Angers,  cargo à l’origine américain (comme son nom ne l’indique pas) de 76 m de long, s’échoua le 4 novembre 1918 sur le plateau des Esclassiers, par une nuit de mauvais temps. 4 ans plus tard, dans la nuit du 26 août 1922,  c’est à proximité du phare que le France, cuirassé de 1911, a, par temps calme,  heurté des roches (non répertoriées à l’époque).  Le naufrage se fit lentement et presque tout l’équipage fut sauvé (3 disparus).  C’est un coin dangereux car très fréquenté par les navettes entre les îles, les bateaux de pêche cotière et les voiliers. Même en 2007, alors que les navires ont des GPS, les naufrages peuvent avoir lieu : le Gourinis, navire de passagers qui reliait Houat à Port-Maria (Belle-île), a touché des roches aux « trois Pierres »et, alors qu’il était remorqué à moitié immergé, a coulé, le 30 avril  2007 par beau temps et mer d’huile…D’après la Société Nationale du Patrimoine des Phares et Balises, l’état intérieur et extérieur du phare est en piètre état.