La Baie Familière, Baie de Quiberon, 28 déc.18, après-midi

15h56
« familière » cette vue, « familier » ce paysage, car c’est depuis là, quand on revient à la maison familière et familiale, depuis cette petite plage qui est la plage la plus proche de la maison, celle où l’on va à pieds, éventuellement nus, que l’on va retrouver la mer, la rivière et la baie de St Philibert s’ouvrant sur celle de Quiberon, à nos retours à Pointe er Vil, porté sur la petite route puis le chemin par ses odeurs, le parfum des algues, des vases et surtout celui des plantes du bord de mer, l’obione et la salicorne, et que l’on ne sait quelle lumière baignera la baie, quelles couleurs seront au rendez-vous et que, si l’on n’a pas consulté un horaire de marée, on ne sait si on reverra la large étendue des sables et des vases pierreuses sous les tables des parcs à huîtres ou l’étendue de l’eau salée ponctuée des cris des oiseaux toujours présents.
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Brouillard, Locmariaquer, 27 déc.2018

Le banc décoré par Emmanuelle, où viennent quasiment tous les jours Gaby et ses copains..

Court séjour  hivernal à Locmariaquer. Le brouillard est épais, plusieurs jours. Il est là le matin. Tout est gris. Certains jours on ne verra pas le soleil du tout, mais quand il poindra, quelle lumière !

1er jour, le tour de St Pierre.

Bernaches, Ster er Vered, 27 déc.18 (1 sur 1).jpgLes bernarches (cravant bien sûr), fidèles au rendez-vous qu’elles nous fixent chaque hiver, vaquent – quand elles ne sont pas dérangées par un photographe, un promeneur – à leurs occupations, c’est-à-dire manger, se déplacer, seules ou en groupes, se reposer..
promeuse joggeuse et ses chiens, pointe er long, 27 déc.18 (1 sur 1)La joggeuse rousse aux 2 chiens noirs (qui défèquent en chemin et effraient les bernaches..) est semble t-il, aujourd’hui, marcheuse rivées au téléphone..
pêcheurs, pointe er long, 27 déc.18 (1 sur 1).jpgLe brouillard ne décourage pas les traqueurs de poissons à Pointe er long ou devant St Pierre..

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Maîtres & chiens,dune de st pierre, 27 déc.18 (1 sur 1).jpgCe matin-là j’ai croisé presque plus de chiens que de personnes, puisque certains en ont plusieurs. Les lieux sont une zone, je crois, « natura 2000 » mais il faut reconnaître que les indications sont diverses : un panneau sur le parking indique « animaux interdits », d’autres dans les dunes que les chiens doivent être tenus en laisse.. Le bulletin municipal est plus tolérants et dit que les chiens ne doivent pas « divaguer », c’est-à-dire pas à plus d’une centaine de mètres de leur maîtres qui doit pouvoir les refaire venir près de lui.. Personnellement j’en ai marre de ces « maîtres » qui ne ramassent pas les merdes de leur(s) chien(s), qui ne les empêchent pas de courir vers les oiseaux ou qui m’aboient dessus. L’autre jour j’ai eu un bref échange avec l’un d’entre eux, lui disant ce que je pensais. Il m’a dit, ironiquement, que lui ne venait plus à la plage « à cause des enfants qui font trop de bruit ». Quel con. J’espère que le conservatoire du Littoral et le Parc Naturel du Golfe – Locmariaquer en fait partie – vont agir plus efficacement dans ce domaine..

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Maison de la Contesse Mota, Brennegi, 27 déc.18 (1 sur 1).jpgPour vivre heureux vivons cachés.. Quand j’étais enfant, mon oncle Yann m’avait dit que cette maison, cette longère, était celle de la « Comtesse Motta », des glaces.. Les glaces Motta n’existent plus mais la comtesse a existé : il y avait bien là une noble, une vicomtesse et un vicomte,
Guilhem de la Motte de Broons de Vauvert, décédé en 2012 à 92 ans.. J’ignore si ce militaire (Croix de guerre 39-45) avait des actions dans les glaces. L’adresse est actuellement au nom de Bénédicte de la Motte.

 

 

les Hommes de Pointe er Vil, 2 nov.17

18h21

les hommes de Pointe er Vil, 2 nov 17 (1 sur 1)

17h48

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Faudrait que je consacre beaucoup à ces hommes – à ma connaissance aucune femme – qui, je pense tous les jours, viennent à Pointe er Vil (vont-ils aussi ailleurs ?), viennent sans doute jeter un œil à leur bateau mais pas que. Ils viennent là aussi pour, d’abord, voir comment est la côte, la mer, le ciel,  (comme moi quand je reviens à Loc) et ils s’y croisent, échangent sur les dernières nouvelles, de la côte, des uns et des autres, du bourg (je n’ai jamais assisté à leurs échanges). Ils sont les acteurs, les témoins, les gardiens, les mémoires de ces lieux. J’ai entendu parler de Gaby, le roi des pêcheurs de bars qui dit qu’il n’y en a plus guère, qui est venu me parler des qualités d’une plate  que j’avais entrepris, par jeu avec mes fils, de vider,  échouée et remplie d’eau après une tempête, en me disant qu’elle serait peut-être à vendre et que c’était un bateau « marin » (qui tient bien la mer).

« c’est un beau jour (de brume) pour mourir », St Pierre, 25 oct.17, 16h32/17h20

Connaissez-vous cette phrase que l’on entend dans le très bon film Little Big Man d’Arthur Penn ? Un vieil Indien la prononce et grimpe sur la montagne pour mourir.. mais la pluie le fera redescendre de ce rendez-vous manqué avec sa mort… Laissez-moi vous conter ma petite histoire.. En cette fin de journée qui a été nappée de brume, aller marcher sur la côte est séduisant. Le brouillard nimbe les lieux de son voile mystérieux.. et le soleil bas apporte enfin sa touche de lumière .

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Nous ne sommes pas seuls à marcher ainsi sur le rivage..

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Tout est transfiguré, différent, envoûtant.. Est-ce bien le jour ou sommes-nous sous une pleine lune ? Le temps est incertain, décalé.

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Un homme, une femme, marchent dans la baie de St Pierre (qui a les clefs du Paradis).. Ils ont un chien qui cavale dans tous les sens et je me dis « encore un chien qui risque de déranger les oiseaux »..

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Je vous passe les détails mais disons que, après avoir tancé ma femme qui a enfoncé ses chaussures dans la vase au lieu de marcher dans mes pas comme je le lui avais recommandé, fort de mon expérience de la baie, , je décide, moi qui ai des bottes en caoutchouc,  de couper à travers la baie où la mer monte, tranquillement mais sûrement..tandis que ma femme la contournera par la terre (ferme). Il n’y a dans la baie que ce couple. A un moment, croyant reconnaître ma femme (le jour et ma vue baissent) je fais des signes en direction d’une silhouette – qui ne répond pas –  que je crois être la sienne..

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Mes pas s’enfoncent de plus en plus dans la vase. J’ai bien du mal à avancer. Je décide de couper court à cette marche de plus en plus pénible en traversant un bras d’eau où la mer monte, pour remonter sur la terre ferme. Je suis d’autant plus surpris car d’un naturel optimiste quand d’un coup je ne peux plus sortir ma botte de la vase et que je dois tirer dessus pour continuer à avancer. Puis, alors que l’eau autour de mes bottes continue à monter, je ne peux plus bouger, ma jambe sort de la botte, je manque de m’affaler dans l’eau, mon appareil photo autour de mon cou se balançant au ras de celle-ci. Mon pied libre s’est enfoncé dans l’eau et la vase plus profondément encore. Je sens que hors des bottes point de salut… Mon Canon rase l’eau salée… Je commence à fatiguer à tenter de me sortir de cette vase qui semble de plus en plus ramollie… Je commence à avoir des pensées métaphysiques … Je fais signe au couple à 30 mètres que j’ai régulièrement regardé pour voir s’il me regardait. Je finis par leur dire que je suis en difficulté. L’homme viendra jusqu’à moi, me tendra une main secourable, que je prendrai et je m’en sortirai, assez essoufflé mais rassuré car je ne suis plus seul…Quelques jours après je chuterai de ton mon long dans les rochers, après avoir été survolé par un hélico de la sécurité civile.. Mais c’est une autre histoire.. ça n’était pas un beau jour pour mourir..

 

 

 

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le Gardien de Parcs, Locmariaquer

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IMG_1557.JPG18 sept.2016, 11h29. Tandis que je faisais des photos j’entendis une voix qui me héla de loin. Un homme s’approcha tranquillement. Il me dit que j’étais sur un parc, une zone de captage de naissains d’huîtres au sol. Il m’expliqua que les coquilles de moules sur lesquelles je marchais étaient destinées à servir de support pour les larves d’huîtres. Ok, je ne pensais pas être sur une concession. L’essentiel de cette zone dans la baie de St Philibert est réservé aux concessions d’huîtres, de palourdes et il ne reste quasiment que les rochers pour les pêcheurs non professionnels ou le promeneur photographe comme moi. Je lui expliquai, m’excusai, arguai de ma bonne foi et posai des question sur l’élevage des coquillages. Au bout d’un moment il me fit goûter un pétoncle qu’il souleva avec son râteau en inox. Puis il s’éloigna tout aussi tranquillement qu’il était venu.
IMG_5797.JPGPresqu’à la même heure (11h31)… mais 1 an plus tard (le 6 août 2017), le « gardien des parcs » rejoint de son pas tranquille son scooter garé sur le chantier ostréicole, avec son seau blanc et en passant près de la statue qu’il dit avoir lui-même sablée pour qu’elle soit repeinte de couleurs vives.
le gardien des parcs,  4 nov 17 (1 sur 1).jpg4 nov.17
Lulu le gardien de parcs, 16 avril 18 (1 sur 1)16 avril 18 (11h53) Dès que ce sont des grandes marées et encore plus le week-end, il est dans les parcs, à pêcher et à surveiller discrètement les pêcheurs ignorants ou indélicats qui passent ou même pêchent dans les concessions.