le Boël : vestige de la carrière, 7 mars 2020

moulin du Boël, 7 mars 2020, 14h56

Par la rive gauche de la Vilaine on peut arriver assez près du Moulin,  jusqu’à son entrée en fait. Elle est interdite au public et encore plus en cette période de crue où l’eau monte jusqu’à mi-porte et, je suppose, traverse l’intérieur. Ça doit être dans un drôle d’état. Je ne suis pas spécialiste des moulins sur rivière mais je n’en ai jamais vu d’aussi exposés à l’eau (pas chaque année mais tous les 3 ou 4 ans). Ses concepteurs en avaient sûrement conscience, d’où la proue aigüe qu’ils ont faite.

moulin du Boël, entrée, 7 mars 2020, 14h21

Ce qui nous intéresse aujourd’hui c’est aussi de voir s’il y a des traces de l’exploitation de l’ancienne carrière. Oui : un étroit sentier monte en lacets sur la berge et l’on trouve plusieurs petites constructions. Abris, ateliers, remises.. il y en a une demi-douzaine. Aujourd’hui en partie, plus ou moins, éboulés et envahis par la végétation, ces vestiges mériteraient d’être dégagés mais je comprends bien que le lieu peut être considéré comme dangereux, du fait de l’aplomb de la roche où des éléments fixés attestent pourtant d’une activité d’escalade.

moulin du Boël, vestiges de laa carrière, cheminée, 7 mars 2020, 14h28

Un premier abri, aux murs de schiste,  se trouve sur la rive juste derrière le moulin et si l’on continue, le sentier monte en lacets et on se retrouve vite comme à l’entrée d’un cirque en partie fermé par des blocs de pierre imposants. A gauche, l’abri le plus grand et le mieux conservé, quoiqu’en ruine (il n’a plus de toit), contient encore une cheminée. Chauffage, fricot ? Dans quelle mesure les ouvriers demeuraient-ils là ? Quand la ville de Bruz se décidera-t-elle à réhabiliter cela et à en faire un lieu de visite et de compréhension d’un site rare ? Et pourquoi pas, dans ce premier abri éloigné des risques de chutes de pierres, un petit gite où il ferait bon passer la nuit bercé, à la chaleur du feu de cheminée,  par le son du fleuve qui passe.. ?

moulin du Boël, vestiges de la carrière, 2ème, 7 mars 2020, 14h29

Ça sent l’abri bricolé, agrandi, réparé, modifié au fil du temps, avec les parties les plus anciennes en schiste, une autre partie enduite et une plus récente en parpaings brut.

moulin du Boël, abri dans la carrière, 7 mars 2020, 14h30

 

moulin du Boël, la carrière, 7 mars 2020, 14h34

moulin du Boël, la carrière, 7 mars 2020, 14h35

moulin du Boël, la carrière, 7 mars 2020, 14h37

 

 

 

Crue au Boël, 7 mars 2020

4 mois après la dernière visite, nous décidons de retourner au Boël car la Vilaine est en crue. Qui sait si nous aurons bientôt encore la possibilité de nous balader comme bon nous semble ? Car on parle de plus en plus de cette épidémie qui sévit en Chine et qui semble aussi monter en puissance en Italie.

 

Cette fois nous décidons d’y aller par l’autre rive, la gauche. Le chemin de halage est inondé.

moulin du Boël, 7 mars 2020, 12h59-28

promeneuse au Boël, , 7 mars 2020, 13h04

moulin duBoël, 7 mars 2020, 13h08

Les gens sont plus rares que la dernière fois. C’est pour cela sans doute que cette jeune femme nous a bien vus sur l’autre rive et peut-être même a-t-elle vu que je dirigeais mon objectif vers elle.. Deux kayakistes profitent de la quantité d’eau et du débit pour éprouver leur force à remonter le courant le long des rives..

moulin du Boël, kayakistes, 7 mars 2020, 13h14

Toujours est-il que le moulin est bien toujours là, fidèle au rendez-vous que nous lui avons donné, et pas submergé. Son étrave de bateau fait merveille dans le courant.

moulin duBoël, , 7 mars 2020, 13h07-21

En ce début mars les premiers bourgeons pastillent certains arbres de vert tendre et les falaises au loin sont violette.

moulin du Boël, table de pique-nique, 7 mars 2020, 13h32

Un jour – en semaine pour éviter la foule des dimanches – nous devrions venir pique-niquer juste au bord de l’eau, mais pas aujourd’hui.. car nous n’avons apporté ni nos bottes ni notre pique-nique et avons pris de la hauteur, avons grimpé les falaises de schiste rose… et nous ne sommes pas tout à fait les seuls.

moulin du Boël, hauteurs, 7 mars 2020, 13h45

 

 

Brouillard au Boël, Pont-Réan, 17 nov.19

La campagne autour de Rennes est largement agricole, un bocage aux champs plus ou moins grands où les coins sympas ne sont pas si nombreux.. Il y en a, certes, mais ce sont des petits lieux qu’il faut dénicher, par exemple des anciens moulins sur des cours d’eau. Le Boël est sûrement le plus connu de ces moulins et il se trouve dans le site sans doute le plus spectaculaire – toutes proportions gardées – des alentours : la Vilaine s’est en effet creusé son chemin au travers de collines (60/80 m) de schistes rouges, ce qui donne des points de vue élevés intéressants.

En ce dimanche de novembre le brouillard est là et la Vilaine est haute. Allons au Boël.

Le moulin a été construit dans la seconde moitié du XVIIè s et son côté face au courant est en étrave de bateau, comme le moulin de la Molière 10 km en aval. Après la guerre de 14 son utilisation fut moins régulière. Elle cesse en 1936 car on démonte l’une des 2 roues à aube pour l’installer sur un autre moulin, en amont, à Cesson-Sévigné. Il s’est alors ensuite peu à peu dégradé et a perdu ce qui restait du toit lors d’une tempête de l’hiver 1962.

Années 1950 ?

après la tempête de novembre 62.

Malgré le classement à l’inventaire des Monuments Historiques, les Ponts-et-Chaussées décident alors de le raser mais, à l’initiative d’un Bruzois (habitant de Bruz – ne pas prononcer le z, contrairement à Stéphane Bern)  la Commune de Bruz rachète la ruine en juin 1964 à condition que ce jeune Bruzois (Jean-Yves Connen) se charge d’organiser les possibilités de la restauration. Une asso est créée. Les travaux – des chantiers pendant les vacances de jeunes bénévoles de toute l’Europe – consistent au début à remettre de l’ordre dans la ruine, récupérer des pierres l’été quand la rivière est basse

A la fin de l’été 67, les murs sont prêts à recevoir un nouveau toit qui sera construit par des professionnels.

L’aspect des lieux était, au début du  XXiè s, fort différent d’aujourd’hui : les collines étaient nues, sans arbres, le schiste rouge en était extrait pour la construction.

Le 6 juin 1884, des blocs de schistes s’écroulent dans la carrière proche du moulin, ensevelissant 6 carriers et 2 enfants présents sur place.

Les carrières ne sont plus en activité. La végétation, des arbres – et ce dimanche un épais brouillard –  dissimulent les vestiges.

moulin du Boël, 17 nov 19, 11h51.jpg

moulin du Boël, 17 nov 19, 11h49.jpg

moulin du Boël, 17 nov 19, 11h54.jpg

moulin du Boël, 17 nov 19, 11h44

La rivière Vilaine aujourd’hui est bien un fleuve et son eau limoneuse et froide, couleur de Mékong, courre par dessus le barrage le long du moulin.

moulin du Boël, 17 nov 19, 12h.jpg

 

moulin du Boël, 17 nov 19, 13h12.jpg