« Deux » ou « les tribulations d’un pont en Morbihan », le Bono, 10 oct.18

La construction du pont démarre en 1838. Chouette ! La construction – sur des fonds privés – durera 2 ans. Il est donc achevé en 1840. Re chouette ! Mais déception : le passage est payant. Tarifs différents selon le véhicule… ou l’animal.. Il (le pont) est peu emprunté les 10 premières années.

En plus c’est une sorte de pont un peu « ex-nihilo » (au milieu de rien) : les concepteurs avaient négligé de créer assez de chemins pour y aller . En plus il doit être bientôt réparé, amélioré.. On interdit même à une époque plus de 5 piétons en même temps !  Tiens donc, pourquoi ? Le pont, qui est de conception « suspendue », est comme qui dirait assez vivant. En 1865 il est même endommagé par des tempêtes (alors qu’il se situe bien loin de la mer, loin sur la rivière du Bono (le Sal) et qu’on pourrait donc penser qu’il est plutôt à l’abri, comme le port du Bono..

4 ans plus tard, en 1869, il est carrément décidé de le déconstruire (comme on ne disait sans doute pas à l’époque) et de le reconstruire, mais avec des deniers publics : le pont appartient désormais au Département.

En 1925 le pont est renforcé car les premières voitures apparaissent.

En 1965 la chaussée sera renforcée mais le poids des véhicules à passer est limité à 4 tonnes.

En vérité je vous le dis, encore aujourd’hui quand un piéton marche sur le pont, ils bougent (le pont comme le piéton..), alors quand c’est un joggeur.. vous imaginez comme ça devait être impressionnant, pour le pont et pour les personnes du véhicule, quand un véhicule, un seul, passait dessus.. D’ailleurs dès 1969, la départementale passe par le pont Joseph le Brix, en béton, un peu en aval.

En 2003 il est carrément interdit à toute circulation, même piétonne. Monument historique depuis 1997 il est reconstruit en 2005. Il n’y en a, parait-il,  qu’un autre comme celui-là en France. Heureusement ou malheureusement ? Et où, qu’on n’y aille pas !

le vieux pont, bono, 10 oct 18, 18h52.jpg

Confluent des 2 rivières, 10 oct.18

« Mor bihan » signifie « petite mer »  et désigne le Golfe mais a été choisi pour nommer tout le département, ce qui privilégie une toute petite partie du département au détriment de tout le reste, et c’est important de le dire, même en passant..
Je ne connais pas encore bien le Golfe (du Morbihan). Je connais un peu mieux ce qui forme la moitié de son estuaire spectaculaire, la Rivière dite d’Auray. Or cette « rivière » doit, principalement, son existence et sa beauté à la rencontre de 2 cours d’eau , la rivière du Loch et de trauray (je découvre à l’instant ce nom sur une carte)  et la rivière du Bono, elle-même prolongement du ruisseau du Sal.
Les photos qui suivent sont prises à la rencontre des 2 cours d’eau et cet endroit est magnifique, à la fois étroit (100 m) et ample par ses baies , canadien par ses arbres et bretons par ses marées…

 

Pointe de Kerisper, rivière d'auray, 10 oct 18, 17h20 (1 sur 1)Vue de la Pointe de Kerisper
Ce qui fait la beauté de ces lieux c’est, selon moi principalement,  la profusion, la grandeur et la variété des arbres sur les berges et comme celles-ci sont des collines escarpées et que les arbres ont été plantés par des nobles puis des bourgeois il y a 2 voire 3 siècles, les essences dessinent des plans successifs. C’est un endroit de beauté, de tranquillité. Les berges, surtout rive droite côté Crac’h, sont des propriétés privées. Les plus grandes sont les plus vieilles.. tellement privées qu’elles s’opposent encore même au passage du sentier littoral qui permettrait à chacun de profiter des lieux.. Bref, si on n’est pas du sérail ou si on ne ruse pas, on ne peut jouir de ces lieux.. (mais en ces jours peut-être aussi historiques que ceux du début de la Révolution, puis-je espérer que cela change en douceur ?)

Pointe de Kerisper, rivière d'auray, 10 oct 18, 17h22 (1 sur 1).jpg

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Le Berl, (le) Bono, 26 oct.17

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Le petit port du Berl – ou plutôt faudrait-il dire le havre – accueille cette maison blanche orientée sud-ouest, accrochant si bien le soleil du soir, ainsi que  quelques autres maisons et cabanes ostréicoles. C’est le début, en remontant, du passage le plus étroit de la rivière d’Auray : une centaine de mètres, bordés de bateaux, et même moins si on parle du chenal.

Bleu Obligatoire, Le Berl

15 oct.2016, 14h53. Un tout petit bout du GR 34, ou « chemin des douaniers », chemin de Grande Randonnée qui fait en grande partie le tour de la Bretagne par son littoral, sauf dans de nombreux lieux où des propriétaires ne veulent pas céder un passage entre leur terrain et le bord de l’eau. Je peux le comprendre : voir, plus ou moins souvent, des gens couper cette vue de l’océan dont jusque-là je jouissais seul. Et puis, peut-être surtout ces regards que je ne sais trop comment déchiffrer, vers ma maison. Simplement curieux ? Inquisiteurs ?Admiratifs ? Envieux ? Jaloux ? hostiles ?
Cette fois la maison est fermée.
Première fois que je voyais en vrai cette maison vue jusque-là en photo . Un choc de découvrir le lieu et comment cette maison y est essentielle et le fait presque à elle seule.

le Berl Bono 7 avr 19, 16h58.jpg7 avr.19, 16h58. 2 ans et demi plus tard j’y retourne. Les bateaux devant ne sont plus forcément les mêmes. La maison est ouverte. Des chiens promènent des humains..

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.. et parfois certains (humains) sont dans la nature sans chien.. Inadmissible !

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Vasière de Rosnarho, 15 oct.16, 13h11

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Une fois qu’on a dévalé sous la pluie le très beau bois sombre du château de Rosnarho, on débouche en pleine lumière sur une vasière de méandres qui sont pour mon imagination autant de fleuves miniatures se jetant, face à la Pointe de Kerisper, dans le confluent de la rivière d’Auray et de celle du Bono, au « banc de la Sarcelle », dont nous vîmes ce midi là le vol ( en tous cas des canards) ainsi que celui des habitués goélands, mouettes et aigrettes.
J’ai dit  » pour mon imagination ». En tous cas, quand j’étais enfant (je dirais vers 8 ans, à l’été 71 ou 72), ce genre de lieu était vraiment pour moi un monde miniature en soi, le monde en plus petit et plus intéressant que le vrai car nous le maîtrisions, en étions les maîtres… Un méandre vaseux de 2 m de large était un fleuve d’Amazonie et la mer montante formait un, comment dit-on déjà ? Cette vague roulant remontant les fleuves… Mascaret ! Nous les explorions, à une échelle un peu plus grande, dans notre canot pneumatique, mon cousin Loïc et moi, et nous étions le temps de cette aventure, des Indiens dans une mangrove (mais j’ignorais ce mot à l’époque). Au marais du Brénéguy, les plaques de vase sèche en été, comme de l’argile (mais j’ignorais ce mot à l’époque), étaient véritablement des déserts bordés de végétation et accueillaient idéalement nos autos miniatures battant des records de vitesse dans le désert de Salt Lake City…
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Rivière du Bono (Morbihan), 6 déc.15, 11h55

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Il est peu fréquent de voir ce genre de canot automobile sur les rivières bretonnes. On les voyait plutôt sur des lacs d’Italie, de Suisse ou des États-Unis dans les années 1920/1930… Celui-ci, Puck, a été construit en 1948 en Suède par les chantiers Einar Runius  selon le plan de l’architecte marine Petterson. Là-bas il a entre autres appartenu à un médecin qui s’en servait comme liaison médicale entre des îles de l’archipel de Stockholm et le continent… Il a un tirant d’eau de 80 cm, un moteur Volvo Penta de 40 cv (installé en 2007) et est fait de chêne (structure, membrure..) , de pin (pont..)  et d’acajou… Il a été rénové par le chantier Boat Shop à Baden.