Lyrisme des Vagues, St Valery-en-Caux, 23 déc.19, vers midi

Les incessantes vagues atteignent le rostre arrondi de la jetée nord et se divisent en 2. La moitié roule dans le chenal du port, l’autre longe l’autre quai et c’est elle que nous allons accompagner des yeux . Le volume de chaque vague divisé en 2, chaque moitié, loin de perdre sa force, sa puissance, son énergie, en se scindant donne naissance à 2 vagues semble-t-il encore plus fortes, épaulées par des sœurs.

La vague nouvelle se met à rouler le long des murailles, les débordant si elle voulait, lèche les pierres scellées d’un baiser en passant, poursuit sa roulade ondulante vers la promenade où elle se sait espérée,  collée aux parois minérales et s’appuyant sur elles.

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Elle se fait espérer, attendre, désirer et dans sa plénitude accomplie s’élève à l’instant de son attaque du brise-lame, et ce n’est pas sa fin – car elle s’en retournera en tirant une modeste révérence  – mais son apothéose cambrée dans le soleil blanc..

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Elle menace, promet des frissons glacés, se multiplie, vaporise son iode..

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.. se rapproche un peu plus à chaque élan et souffle son air de sel, progresse dans son numéro de danse de diamant..

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.. enfin s’élève un peu plus, s’ébroue contre le roc et inonde la scène des applaudissements frissonnants des spectateurs trempés.

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la « plage » à Fécamp, 22 déc.19

Les quelques personnes ( + de 20 « abonnés » ! ) qui jettent un œil plus ou moins régulièrement sur mon blog – et que je remercie au passage – auront peut-être compris – si elles ont vu l’article précédent sur ce phare en bord de Seine – que j’ai fait un court voyage vers le Nord ( depuis ma Bretagne !) et même passé un fleuve aux berges fort industrialisées (la Seine, l’eau était fraiche).. Je suis donc allé en Normandie (et même en Picardie !) dont j’avais oublié la beauté très contrastée (entre bocages charmants et plateaux remembrés désolés où poussent presque autant d’éoliennes que de betteraves, la Normandie et plus précisément la Haute-Seine (ex « Seine Inférieure ») puis la Somme – où je n’ai fait aucune sieste – la Haute-Normandie que j’ai trouvé fort belle, par ses maisons, ses valons, et fort humide, voire inondée, disons carrément débordante de toute l’eau qu’elle pouvait, la terre comme une éponge gorgée qui rejette sa flotte sur les routes transformées en pistes tropicales (à part la température). J’ai appris d’ailleurs après mon retour que près de 60 communes avaient des problèmes d’eau potable à cause de toute cette eau débordant chargée de terre.

Je voulais voir tous les ports importants mais le temps manquait. J’ai quand même « découvert » Fécamp, qui m’a beaucoup plu, comme le ciel (bien que je n’en ai pas vu grand chose hormis la « plage » et l’entrée du port).  Fécamp m’a paru être un lieu fort intéressant : un « vrai » port (bien que les trois mats terre-neuvas aient depuis longtemps disparu) et une vraie belle ville aux rues étroites et aux multiples beaux bâtiments. Et dans quels « décors » ces ports (St Valéry-sur-Caux, Dieppe, le Tréport..) se trouvent ! Un peu répétitifs, peut-être, mais tellement surprenants et spectaculaires pour un Breton du Morbihan ! Ces falaises blanches verticales de plusieurs dizaines de mètres de haut sur plus de 100 kms de long !

Traversant Fécamp, nous nous sommes directement rendus en bord de mer ( une habitude, quasiment un réflexe culturel). La journée se terminait. L’air était frais mais pas froid. Le vent soufflait un peu, un peu plus qu’un peu.. En cette fin de dimanche avant Noël des gens se promenaient et venaient voir la mer.. attirés comme moi par l’entrée du port et ses 2 feux, que j’avais aperçus sur quelques photos..

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Une barrière étaient fermée, indiquant que le passage, vers l’un des feux, était interdit, mais plusieurs personnes l’enjambaient ou passaient à côté pour emprunter la jetée jonchée de galets et se diriger vers le feu vert tribord, ce que je n’osai faire, connaissant mal les risques car n’étant pas du coin.

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Quelques habitués, certainement, qui doivent se retrouver là tous les jours – anciens marins ou pêcheurs peut-être – s’abritaient du vent derrière un pavillon, chacun sa place dans une hiérarchie implicite (je suis prêt à le parier), le plus massif  et imperturbable – le caïd quoi – au centre. Ils ne regardaient même pas la mer, devaient s’échanger les menus potins du port en zyeutant les passants.. dont moi, qui les ai photographiés sans qu’ils s’en aperçoivent ou en soient certains.

Ce qu’on appelle « la plage » là-bas est bien étrange pour un breton du Morbihan (et de la plupart des coins de Bretagne), pour qui une « plage » est de sable et non de galets, gris, de silex poli et innombrables. J’appris plus tard que plus haut sur la côte, à Cayeux s/Mer, on les exploit(ai)ent carrément et qu’on peut donc, probablement et contrairement à la Bretagne, en ramasser..

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Le pauvre soleil d’hiver allait bientôt disparaître derrière les falaises à l’ouest. J’aurais aimé aller sur les jetées jusqu’aux pieds des deux feux de l’entrée du port mais j’espérais – pressentais presque – qu’arpenter plutôt la « plage » de galets me permettrait peut-être, avec la chance du débutant (à Fécamp), de les voir, ces 2 feux/phares – donc de les photographier – éclairés par le puissant projecteur jaune et chaud de ce pauvre soleil d’hiver qui, ne s’étant pas beaucoup montré de tout le jour,  en avait peut-être encore quand même sous la pédale.., ce qui se produisit 4 minutes plus tard :

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Une après-midi d’hiver autour de St Malo, 22 janv.17

J’ai enfin trouvé le moyen de récupérer les premières images que j’avais faites avec mon nouveau matériel il y a presque 2 ans. C’était un nouveau départ et j’étais plein d’espoir quant à la qualité des images que je pourrais alors faire mais jusqu’à aujourd’hui je n’avais pas trouvé le moyen de pouvoir les mettre sur mon blog, les ayant enregistrées je ne sais comment ni où dans lightroom que je découvrais en même temps…

 

15h14, depuis St Servan, au fond le barrage de la Rance et à droite le rocher de Bizeux et la statue de la Vierge.

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La jetée, la Sainte-Jeanne.., Erquy, 6 févr.19, début d’après-midi

Céréales, sel, sable, graviers, charbon, bétail, oignons, pommes à cidre, phosphate, pétrole, coaltar, fagots, poteaux, ferraille, coke, chaux, minerai de fer.. mais surtout beaucoup de pavés et dalles de grès rose, voilà ce que des hommes chargeaient des heures durant dans la Sainte Jeanne, caboteur de 1912 et aussi « tosse-mer » et « sloop de bornage » , construit pour Louis-Alexandre Duclos, cap-hornier, par François Lemarchand, au chantier de La Landriais sur la Rance. La  Sainte-Jeanne avait fait naufrage dans les atterrages de Paimpol en 1937 suite à une panne du moteur installé l’année d’avant (un premier moteur avait été installé 2 ans plus tôt : problème de conception ?). « Pris dans une furie de nordé, Alexandre et son matelot n’eurent point le temps d’établir la voilure. Le bateau fut perdu sans perte de vie… ». Bref, s’il n’y avait pas eu de moteur, les marins auraient manœuvré à la voile et ça ne serait pas arrivé. En tous cas pas comme ça ce jour-là.

Celle que l’on voit sur la photo en est donc sa réplique, construite entre 1992 et 1994. Elle a été construite à partir des plans, prêtés par Jean Le Bot, d’un bateau similaire, le Louis Marie, avec les conseils de Louis Duclos (« Lolo »),  fils du propriétaire-capitaine et mousse sur l’original, Pierre-Jacques Dagorne (pour les finances) Maryse Laurent (architecte navale), le charpentier de marine trégorrois Yvon Clocher et Serge Riou et de nombreux autres bénévoles. Pendant près de 30 ans le Président de l’Association, qui a eu l’idée de ce projet et l’a porté, a été Roland Blouin (le Président actuel est Jean-François Samit, le vice-président Christian Jouët, la trésorière Danielle Minaultt..). La construction du navire a coûté environ 2,5 millions de francs (près de 400 000 €). Dirigée par Georges Catros, la mairie d’Erquy avait accordé une subvention de 150 000 F (à peine 1% du budget..).

 

La Sainte-Jeanne a reçu un carénage en février 2018 au port du Légué de St Brieuc.

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Cette photo ne dit pas grand chose si on ne connait pas l’histoire de la réplique de la Sainte-Jeanne. En juillet 2001 le bateau a échoué sur les rochers en face – la Pointe de la H(o)ussaye – avec des enfants à bord. Pas de victime mais 17 millions de francs (2,5 millions d’€ !) pour le déséchouer et 41 millions pour le reconstruire (ces chiffres, tirés d’un article de OF,  me paraissent hallucinants), le tout pris en charge par l’assurance.

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La Sainte-Jeanne semble se cacher – elle ne veut pas les voir – des rochers sur lesquelles elle a échoué en 2001..

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Pourquoi on bosse.., Locmariaquer, déc.2017

projetCarteVisite

« drôle de titre » pensez-vous peut-être.. J’ignore si cet ostréiculteur en rêve mais le petit élégant manoir sur l’île du Grand Veïzit là-bas, est la demeure rêvée par excellence : seule sur une île face à l’entrée du Golfe et l’océan. Quand je l’ai vu il y a quelques années et en juin 17, le petit manoir avait certes une toiture en ardoises en très bon état mais de sérieuses lézardes dans les murs. L’intérieur était vide, montrant des débuts de restauration. Les ruines d’une autre construction subsistent à la pointe de l’île, au ras de l’eau.

 

Ouvriers ostréiculteurs, l’Etoffe des Héros, Cancale, 16 déc.17

IMG_7577.JPGLes huîtres de Cancales sont, à juste titre et depuis très longtemps,  réputées. Les huîtres – du moins avant l’invention de la triploïde, jamais laiteuse – sont bonnes à manger au cours de chaque mois « en R » (chaque mois qui comprend un R, donc de septembre à avril). Décembre tombe juste au milieu et l’huître fait partie depuis longtemps de la table de Noël, les ostréiculteurs font une grande part de leur chiffre d’affaire pour les fêtes de fin d’années, donc, à Cancale comme ailleurs, l’activité est encore plus intense juste avant..
IMG_7580.JPGOn fait appel à des extras, des jeunes, plus ou moins, plutôt  des « locaux ».. Les conditions sont physiquement pas faciles, bien que les hivers depuis plusieurs années soient moins froids..
IMG_7583.JPGA Cancale, c’est particulier : une partie du travail des huîtres est visible de tous et est même une des attractions, sinon la première et chacun peut voir les gars travailler et les tracteurs remonter sur la « promenade des Anglais » de Cancale et passer dans le port de la Houle pour emmener les poches jusque dans les chantiers – plus hauts dans les terres (tout le contraire du Morbihan)  – où les hommes et les femmes les trieront, calibreront, mettront en bourriches..

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IMG_7601.JPG.. mais c’est un boulot dur, physiquement, dans le froid et l’humidité, la vase, à porter sans cesse des poches, les retourner.. et il faut travailler vite ces jours-là. Si les relations entre les gars et avec le patron sont bonnes, c’est supportable et peut-être même grisant, avec la paye…
Voilà pourquoi je pense que ces gars valent autant que les types qui ont marché sur la lune !

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Scénettes du quai de la Houle, 20 nov.17, entre 16h30 et 17h

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C’est là entre les restos et les vendeuses d’huîtres que surgissent de la cale  les tracteurs trainant les bateaux et les charrettes chargées de poches d’huîtres.

 

la photo suivante a quelque chose de particulier, je l’ai « sentie », sans (sa)voir pourquoi cette scène m’attirait (c’est assez rare donc précieux), probablement  les 3 teintes, les ocres et les bleus, teintés de gris,  les horizontales et verticales qu’une partie du cerveau capte avant la zone de la conscience. Quand je l’ai regardée tranquillement après elle me plaisait encore plus car elle est composée d’éléments hétéroclites disposés d’une manière qui me semble harmonieuse : une longue-vue touristique capuchonnée de plastique bleu, un phare en granit, 2 dos d’homme en cuir noir, un buste en bronze de face, une barge boueuse, comme un mur,  en alu, une grosse roue de la même couleur et puis au loin, la mer d’un bleu pâle, étale, à elle-même égale..

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Jetée de la Fenêtre (1), Cancale, 20 nov.17, après 16h..

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Mystérieux nom pour une jetée… Cette partie-ci a une structure en métal, rénovée dans les années 2010. Sa construction date des années 1930. Le feu à son extrémité vient remplacé le phare de la Houle, élevé en 1863  sur la partie en granit de la jetée construite dans les années 1830.
Outre son nom mystérieux et poétique, l’autre particularité de cette jetée est qu’on pouvait, depuis le haut, descendre dans la structure par des escaliers dont l’entrée est fermée depuis plusieurs années par des plaques de métal. J’y suis allé dans les années 80, par une nuit de brouillard épais. On se retrouvait dans un dédale de poutres en fer et de bois, au ras de la mer, comme dans une chambre d’écho de clapotis, de gouttes tombantes..

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