Levée du jour à l’entrée du Golfe, 3 avr.21

La veille au soir, vérifié l’heure du lever du soleil, le ciel et la météo pour le lendemain, mais surtout se lever dès que réveillé, avant le soleil et tituber un œil ouvert jusqu’à la fenêtre à l’est, dont le volet reste ouvert. D’un coup d’œil, déjà, je vois à quoi ça ressemble et selon le rapport fatigue/ aspect du ciel je décide de retourner dans le lit chaud ou de rester debout. Ce matin-ci le ciel est enfin nuageux avec quelques trouées. « enfin » car jusqu’ici le ciel était voilé, poudreux (cf article précédent) et que les nuages donnent en général des ciels plus intéressants. Un mug de café de la veille, quelques biscuits ou crêpes ou ce qu’l y a et en route !

Ce matin les nuages sont nombreux et épais mais les trouées sont bien là : le ciel a décidé de la jouer wagnérien. J’entends presque les cuivres. J’utilise souvent l’expression « lumière divine ». Je pense que c’est une influence des images de catéchisme que j’ai aperçues enfant et après et ce tableau dans le même genre qui était dans l’escalier chez mes grands-parents maternels dans la maison d’Eaubonne où l’on voyait sans doute un vieil homme et ses longs cheveux blancs et une barbe de patriarche, dégageant une impression de puissance, en haut et au milieu de l’image et dont émanait un faisceau de rayons lumineux éclairant en éventail ce qu’il y avait en dessous. En fait on adore le soleil et on a bien raison. Nous sommes des païens. Encore plus, malgré les apparences récentes, en ces lieux où les plus grands mégalithes (pléonasme) sont la marque de rites bien bien plus anciens que cette religion en fait très récente qu’on appelle le christianisme qui a recyclé, adapté, transformé des croyances et des rites beaucoup plus anciens.

le Motenno, Arzon, 7h05. Le vent, bien présent, est frisquet, voire un peu plus..
tourelle Goemorent, 7h08
.. pourtant il y a toujours d’indécrottables pêcheurs presque à toute heure sur l’eau, à croire même qu’ils ont passé la nuit sur la mer.. Encore une réalité que je ne connais pas.
Méaban, depuis le Pointe de Kerpenhir, 7h26. A la pointe le vent passe plus vif. Jusque-là j’étais presque seul.
Une jeune femme est apparue sur la plage de l’école de voile. De loin sa démarche et ses gestes me semblaient montrer qu’elle était en forme, heureuse d’être là. Je continuai à vaquer à mes attentions de photographe. Je sentis bientôt une présence derrière moi. J’avais bien vu qu’elle semblait avoir pris le sentier que je venais d’emprunter mais je fus quand même surpris quand je l’entendis juste derrière moi. 2 regards, 2 bonjours, 2 sourires, le tout en 2 secondes, puis un bref échange sur le caractère vivifiant de l’air. Elle veut me rassurer sur l’éventualité de l’arrivée du soleil. Elle ne sait pas que je ne suis pas inquiet et que j’apprécie les nuages et ne suis pas dérangé par le froid. Elle continue son tour de marche et s’arrête un peu à la table d’orientation sur le belvédère (un peu après je verrai qu’un pêcheur très matinal, trentenaire et bavard lui a semble-t-il tenu la jambe un peu plus loin).
Penthièvre, 7h34. L’air vif, qui sait, est peut-être responsable de la réfection des formes à l’horizon de la presqu’île, qu’on nomme « fata morgana », histoire de créer par des mots un peu d’imaginaire..
Décidément les lieux ont en ce début de jour un air dramatique, hugolien, presque inquiétant. Est-ce l’âme du cyprès le plus proche du belvédère (cf ma photo « les amoureux à la pointe ») déchiré en 2 par une des tempêtes de février, puis tronçonné entièrement (alors qu’un cyprès mutilé a une silhouette intéressante) , qui rend les lieux chagrins, lugubres et comme en deuil ?
Des Tourne-pierre (7h54), ignorant de tout cela surgissent de l’eau sur un rocher. Ils semblent toujours chiffonnés, fatigués, avec leurs plumages de tâches et leur air renfrogné. Sont-ils juste fatigués, voire épuisés, d’avoir volé si vite, si vivement avec tant de virtuosité au-dessus des eaux ?
Notre-Dame de Kerdro, 7h58. La statue de « Notre-Dame-de-Kerdro », représentant une femme – la Vierge – tenant un petit enfant – « l’enfant-Jésus » – qui a l’air réjoui, sur son bras gauche, le brandissant devant la mer, apporte tout de même une touche esthétiquement intéressante de silhouette presque immuable dans ce décor hérissé d’arbres, de maisons et d’un clocher (c’est mieux que les antennes-relais et les grues que je m’efforce de ne pas montrer..)
Venant sans doute de Vannes, la vedette Kerpenhir, double l’île de Berder, de Gavrinis et dans un instant l’île Longue en remontant le courant de la Jument, à cette heure indécis (la « renverse »), entre deux eaux, mais encore puissant. Il y a très peu de passagers à bord mais le service est le service. Il accostera au Port-Navalo, histoire de prendre, en ces temps entre 2 saisons covidées, 2 ou 3 passagers et de reprendre son souffle avant de filer vent de travers et courant devant vers Houat.

La lumière a perdu ses jaune. Ce n’est plus le lever du jour.

l’appel de la pêche, Locmariaquer, samedi 17 oct.2020

Ce samedi la marée était basse vers midi et son coefficient était de 112, ce qui est une très grande marée. La mer se retirait donc particulièrement loin, découvrant des rochers accessibles juste quelques jours par trimestre.. les pêcheurs à pieds étaient donc au rendez-vous et les crabes ne se doutaient probablement de rien..

10h24
10h42
11h12. Les pêcheurs à la ligne sont aussi présents, espérant pêcher les bars qui apprécient les zones de forts courants, or le Golfe qui se vide encore à cette heure est comme un fleuve puissant.
11h24. Qu’en pensent les ibis sacrés d’Egypte, les cormorans et les autres oiseaux ? Concurrence déloyale ?

La Passagère du Passeur des Îles, Kerpenhir Port-Navalo, 15 septembre, 9h01

la Passagère, Kerpenhir Port-Navalo, 15 sept.19, 9h01-36

la Passagère, Kerpenhir Port-Navalo, 15 sept.19, 9h01-50

la Passagère est le deuxième des 5 bateaux de la compagnie le Passeur des Îles qui assurent le transport de passagers dans le Golfe. Elle fait ses navettes entre Locmariaquer et Port-Navalo (qu’elle vient ici de quitter) et Gavrinis.

Rayons devant Notre Dame de Kerdro, Kerpenhir, Locmariaquer, 28 déc.18, juste après midi.

Après m’être tourné pendant près d’une heure vers le goulet du Golfe, je revins vers la Pointe. La lumière était encore assez uniforme. Le pêcheur – pauvre bien sûr – se laissait dériver devant Notre Dame et la tourelle, semblant parfois prier debout à l’avant de sa petite embarcation..

 

Notre dame de kerdro, 28 déc.18, 12h03 (1 sur 1).jpg

Et puis, quelques minutes plus tard (12h10), la lumière devint plus contrastée, la brume sur la mer s’épaississant à nouveau – comme souvent au cours de ces jours doux et gris – et les rayons trouant le manteau nuageux..

sortie du golfe, 28 déc.18, 12h10 (1 sur 1).jpg

belvédère kerpenhir, 28 déc.18, 12h13 (1 sur 1).jpg

belvédère kerpenhir, 28 déc.18, 12h14 (1 sur 1).jpg

.. je ne distinguais plus très bien qu’est-ce qui était humain et qui était statue..

belvédère kerpenhir, 28 déc.18, 12h16 (1 sur 1).jpg

tourelle kerpenhir, 28 déc.18, 12h16 (1 sur 1).jpg

.. la différence, la distinction entre les deux s’estompaient comme s’estompait la ligne d’horizon.

tourelle kerpenhir, 28 déc.18, 12h17 (1 sur 1)

notre dame de kerdro, 28 déc.18, 12h26 (1 sur 1)

pointe de kerpenhir, 28 déc 18, 12h35 (1 sur 1).jpg

Pointe de kerpenhir, 28 déc 18, 12h42 (1 sur 1).jpg

 

 

28 décembre 18, autour du milieu du jour

11h09. La mer (marée moyenne de 75) a amorcé son retrait. C’est alors l’estuaire d’un fleuve qui se vide amplement et tranquillement dans l’océan. Les rares bateaux en ce matin de fin d’année doivent longer la rive en face pour éviter un peu la force du jusant. Le vent est absent. La brume épaisse qui nous avait aboli l’autre rive se dissout peu à peu par la lente montée des degrés du soleil. C’est calme, serein. Les oiseaux vont et viennent, passent au-dessus des flots, au ras pour les cormorans et les huitriers-pies, un peu plus haut pour les bernaches et les rares hérons solitaires.

sortie du golfe, 28 déc.18, 11h15 (1 sur 1)

11h15, un voilier sort du port du Crouesty, port dont on ne supposerait pas, d’ici, l’existence entre la pointe de Port Navalo et celle du Petit Mont si on ne savait qu’il existe, et d’ailleurs son existence, relativement récente (1973), n’a été due qu’au fait que les nombreuses résistances au projet initialement encore plus important et destructeur des marais et des dunes, n’ont pu que le réduire..
sortie du Golfe, 28 déc.18, 11h23 (1 sur 1).jpg11h23, un autre sort du Golfe, au moteur ou en se laissant porter par le courant qui l’emporte tranquillement jusqu’à l’océan.
entrée du Golfe, 28 déc 18, 12h50 (1 sur 1).jpg12h50

La tourelle de Kerpenhir. Locmariaquer, 28 déc.18, fin de matinée.

Après Toul Keun, la célébrissime (au moins dans le coin..) Pointe de Kerpenhir et son belvédère sur l’entrée (ou la sortie !) du Golfe, sa statue de Notre Dame de Kerdro qui présente l’océan à « l’enfant Jésus »(ou l’inverse ), qui semble ravi, et la tourelle rouge. Les lieux sont photographiés et re photographiés, depuis longtemps, mais sait-on jamais (l’espoir est le carburant du photographe et de l’humain en général). Essayons d’être un peu original.. avec l’aide de la lumière du jour…

 

tourelle de Kerpenhir, 28 déc.18, 10h51 (1 sur 1).jpg10h51
tourelle de Kerpenhir, 28 déc.18, 10h52 (1 sur 1).jpg10h52
tourelle de Kerpenhir, 28 déc.18, 10h58 (1 sur 1).jpg10h58
tourelle de Kerpenhir, 28 déc.18, 11h02 (1 sur 1).jpg11h02
tourelle de Kerpenhir, 28 déc.18, 12h12 (1 sur 1).jpg12h12
tourelle de Kerpenhir, 28 déc.18, 12h16 (1 sur 1).jpg
tourelle de Kerpenhir, 28 déc.18, 12h16-37 (1 sur 1).jpg12h16

Postures, Pointe de Kerpenhir, Locmariaquer, 5 août 18

La Pointe de Kerpenhir, entrée ouest du Golfe, est, avec son belvédère où se tenait avant-guerre un fort, sa statue de Notre Dame-de-Kerdro et surtout le point de vue qu’elle offre, l’un des lieux où l’on photographie le plus.. et parfois très tôt (6h36)

 

On y fait parfois des gestes mystérieux : victoire ?  salut ? Imitation du petit Jésus à qui la Vierge fait lever les bras ? Ou simples étirements ?

pointe de kerpenhir, 5 août 18, 6h39 (1 sur 1).jpg

On y pêche..

pointe de kerpenhir, 5 août 18, 6h55 (1 sur 1).jpg

Des matinaux (8h09) – mais moins que les joggeuses –  se photographient puis se font photographier par une matinale..

pointe de kerpenhir, 5 août 18, 8h09 (1 sur 1).jpg

pointe de kerpenhir, 5 août 18, 8h11 (1 sur 1).jpg

à la table d’orientation..

pointe de kerpenhir, 5 août 18, 8h12 (1 sur 1).jpg

 

 

 

 

 

Image

Balises aux Cormorans, Locmariaquer

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22 nov.2015, 11h28. la balise de Kerpenhir qui signale à bâbord une roche isolée à l’entrée du Golfe.
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15 sept.2016, 12h16. Il y en a toujours 1 qui veut être plus haut que les autres…
balise de kerpenhir2 nov 17 (1 sur 1).jpg
.. ou quand il n’y en a pas un qui veut être plus haut y’en a un autre – à 2 pattes aussi – qui veut être plus rapide..

sortie du goulet  2 nov 17 (1 sur 1).jpg

balise kerpenhir,   2 nov 17 (1 sur 1).jpg

la balise aux cormorans 2 nov 17 (1 sur 1).jpg

 

balise kerpenhir 2,   2 nov 17 (1 sur 1).jpg

balise goemoran 2 nov 17 (1 sur 1).jpg2 nov.17. Goëmorent.