Un Minou qui ne craint pas l’eau froide.., Plouzané, 5 juin 2020

Voilà, vous avez regardé les 2 articles précédents et avez été assez patients pour mériter de voir, enfin, l’un des phares les plus photographiés de Bretagne (malgré la tour à côté qui gâche un peu) car facilement accessible et, comme au phare de Kermorvant, au Conquet, la jetée qui y mène complète esthétiquement le tableau.

Allumé à la veille de la Révolution de 1848, en janvier, 26 m de haut (5 étages) , pierre de Kersanton ( comme le phare de l’Île Vierge, Eckmühl et tant de calvaires, de linteaux de fenêtres etc..) et granit rose (pas rose du tout) de L’Aber Ildut.

Intérieur aujourd’hui aux murs décrépis mais comportant des carrelages intéressants.

Flanqué d’une tour presque aussi haute – décapitée de son dôme abritant et dissimulant une parabole- radar dans les années 60 gaulliennes (guerre froide oblige)  – dont certains réclament la démolition. On a bien détruit en 2015 la maison grise à droite du blockhaus (cette photo est ma 1ère image du phare, fin 2012. J’avais crû alors que la tour blanche – à cette distance je la voyais vieille ruine –  était antérieure au phare et ne comprenais pas pourquoi on avait construit un « second » phare plus haut sans surélever le « premier »..)

le petit minou, 30 déc 12, 12-51

La tour radar devait ressembler à ça :

Ciel, Radar, Tour, Antenne, Radio, Militaire, Signaux

Voilà ce qu’on voit quand on arrive par la route (et non le sentier côtier) :

le petit minou, 5 juin 2020, 17-04

A droite, le Fort (Vauban bien sûr) qui mériterait une exploration et un défrichage complets.

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le petit minou, 5 juin 2020, 16-36

Cette double courbe de la structure pierrée qui y mène apporte un élément intéressant complétant l’esthétique rectiligne du phare. Au loin, la pointe du Toulinguet, son phare et son sémaphore et le Rocher du Lion.

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La plupart des photographes mettent en dehors du cadre le blockhaus à droite. Certes c’est une verrue mais, du coup (comme on dit souvent aujourd’hui), j’ai été un peu surpris en arrivant sur place.. et je ne pouvais pas rester longtemps (je ne suis resté qu’une demi-heure) pour explorer soigneusement les lieux et varier les prises et les points de vue..

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L’arche du pont reliant la côte et l’îlot du phare est un autre élément expliquant le succès photographique de ce lieu..

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Pointe du Hourdel, Picardie, 24 déc. 19

Au départ le but de ce court voyage était de découvrir la Baie de Somme mais les plans ont changé en cours de route et de la Baie de Somme nous ne verrons « que » les eaux vert pâle de l’estuaire – la Pointe du Hourdel- mais ce fut une découverte sympathique et l’occasion d’apercevoir  plus d’une trentaine de phoques (presque pour la 1ère fois pour moi qui pense en avoir photographié un dans l’estuaire du Golfe du Morbihan).

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Ce phare de 18 m, achevé en 1950, est une verticalité blanche remarquable –  au simple sens qu’on la remarque – dans ce paysage plat.

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Je dois honnêtement dire que ça ne m’a fait ni chaud ni froid ( enfin plutôt chaud tiède que froid tiède quand même) d’apercevoir des phoques, bien que j’aie de cet animal une idée qu’il vit loin de France et quoique je sache qu’il vit aussi en mer d’Iroise, autour de Molène notamment. Les phoques surveillent du coin de l’oeil les gens qui les regardent puis se mettent (les phoques, pas les gens, quoique.. intérieurement.. certains.. peut-être..) à osciller pour avancer et se glisser dans l’eau.

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Nulle besoin d’avertissement pour les phoques..

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De l’autre côté du large estuaire on voit le Crotoy  et les 2 tourelles de la villa « le souvenir » construite en 1897 (aujourd’hui un hôtel)

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De l’autre côté en regardant vers le sud-ouest on voit un blockhaus gisant basculé, fiché dans la vase, propre et net, comme une étrange chose posée là sans utilité, comme tombée du ciel : une matérialité d’un passé renversé qu’avec le recul on peut qualifier de ridicule et de dérisoire. Je ne sais comment décrire en quelques mots la situation qui a conduit à ce qu’un tel objet de béton soit encore 80 ans après présent en ces lieux (et en bien d’autres).. Une majorité de gens ayant, dans des circonstances économico-politiques particulières, un puissant sentiment de frustration enivrée par un homme délirant ayant su catalyser ces sentiments ?

J’ai joué sur ces blockhaus dans mon enfance. Mes fils y ont joué, moins que moi. J’étais d’une génération où aussi la guerre était présente. On jouait à la guerre. J’ai aimé le métal brûlant du tank qui était sur la dune, entrer dedans et me prendre pour un soldat (mais je ne savais pas si c’était un soldat allemand, trop abstrait, ou un soldat français, tout autant abstrait). Je pense que ce qui me plaisait c’était juste l’objet, énorme, beaucoup mieux qu’un jouet, qu’une fausse voiture au manège, sans pensée autre que celle-là. Le lourd métal était mieux que du plastique et c’était déjà un petit exploit que d’oser monter dans cette carcasse aux arêtes potentiellement coupantes. D’où le plaisir. On jouait aux Indiens et aux vachers, pardon, aux cow-boys, parce que la société nous parlait de cela. On voyait des films à la télé qui montraient cela .. Il leur fallait bien, aux adultes,  en parler aussi, ou surfer dessus ? La violence est-elle innée en l’Homme, en l’homme ? Et chez les filles ? Ou est-elle introduite en eux par la génération de leurs parents qui a vécu cela et en a été soit victime soit actrice ? Je me demande s’il serait mieux de les détruire, de les faire exploser, comme on  nettoie un lieu d’une « fête » qui a mal tourné, ou de laisser s’accorder le temps de leur destruction naturelle par les éléments – la mer, le vent, le sable – avec celle des mémoires, de moins en moins vives, de plus en plus rares, des personnes qui ont connu, vécu cette époque. Je ne suis pas sûr mais je penche, comme cette masse de béton, pour une destruction de ces éléments. Pour stopper un cancer, ne détruit-on pas les métastases ?

pointe du Hourdel, 24 déc.19, 14h22

Rien de surprenant ici pour un Breton habitué à côtoyer des vestiges du  » Mur de l’Atlantique »..

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Cailloux et cætera, Cayeux s/Mer, 23 déc.19

Ambiance hivernale bord de mer venteux frisquet dans une station-balnéaire-modeste-désertée-et-fermée. Courte pause à Cayeux en commençant par Brighton. « New Brighton » ou « Brighton-les-Pins » est une zone située au nord de Cayeux s/Mer et lotie par d’entreprenants Anglais à la fin du XIXè s. Le phare qui s’y trouvait  ayant été détruit comme tant d’autres sur l’ordre de l’autre fou le 31 août 1944, un nouveau phare (dans le style du précédent pour la tour mais sans la construction à sa base qui lui faisait une silhouette à l’aspect plus solide et progressive)  y fût construit, achevé en 1951. 28 m (ou 32 selon les sources) de haut – ce qui est déjà une belle hauteur et en fait le phare le plus haut de la région – il ne fut automatisé qu’en 1999. Hitler, à qui nombre ont obéi – en plus de ses ordres délirants de meurtres massifs – nous a accessoirement (au regard de l’assassinat de millions de personnes) privé d’une partie de notre patrimoine et de plaisirs visuels architecturaux.

Cayeux s-Merl, 24 déc.19, 12h31

L’ancien phare se trouvait tout près de la mer mais l’actuel, du fait de l’accumulation de galets et de sable, se retrouve à 400 m de celle-ci (enfin c’est ce que j’ai crû voir). Un beau sémaphore se trouvait à côté, détruit lui aussi..

Le phare et le sémaphore de Brighton, avant destruction en 1944, carte postale, 1er quart 20e siècle (coll. part.).

« Cayeux » vient de « caillou » et c’est peu de dire qu’il y en a des galets.. Au XIIè s ce fut bien sûr lapidé par des paysans que fut tué le seigneur local, qui abusait.. Sur les digues , le ramassage à la main des galets constituait à la fin du XIXe siècle l’une des rares activités « industrielles » (par la sueur et la peine , oui c’était bien industriel) du coin. Convoyés jusqu’au port de Saint-Valery-sur-Somme, ces silex arrondis bleus et blancs étaient transportés en Grande-Bretagne. Avant la Seconde Guerre mondiale, des ouvriers portaient et déplaçaient plusieurs tonnes de ballots de galets par jour.

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Il y avait des ramasseurs de cailloux à peu près partout où il y avait des cailloux (du Havre, à Dieppe..) mais Cayeux a semble-t-il une particularité : il est, dit-on, le seul gisement d’Europe de galets de mer  pour son taux de silice qui atteint 99 %. Encore aujourd’hui deux entreprises continuent à exploiter les silices de mer. L’une d’elles calcine (avec quelle énergie ?) les galets à 1 600 °C pour les réduire ensuite en poudre blanche, très résistante, utilisés dans les travaux de voirie comme dans la fabrication des pâtes abrasives.. L’autre entreprise sélectionne des galets sans défaut, de taille semblable, employés pour la décoration urbaine ou comme agents de résistance dans les broyeurs.. Les derniers ramasseurs, une dizaine parait-il, sillonnent la grève par tous les temps, sauf pendant les périodes de gel qui collent les pierres ensemble. Pensent-ils « chouette il gèle ! » ou « mince il gèle » ? Je n’en ai pas vu, pourtant il ne gelait pas. La trève des ramasseurs ? Cela me fait penser à d’autres forçats d’aujourd’hui,  pousseurs de vélos chargés de sacs de 60 kg de coques dans la Baie du Mt St Michel. Par vent de nord-ouest, la mer apporte son lot de cailloux polis – sans être payée – qu’elle peut ramener au large – la stupide – dès le lendemain, sur un coup de tempête. Sur un coup de tête en somme, l’inconséquente !

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À Cayeux la nature est plate alors les hommes y ont construits quelques verticalités, maisons, églises, phares et cet amer que j’ai pris pour un monument commémoratif de la guerre ou de « l’industrie » ( à dos d’hommes) du caillou.. Faudrait demander à Daniel Buren s’il n’a pas été influencé par cette structure pour ses colonnes au Palais Royal.. Cet amer a été construit sur l’emplacement d’un phare détruit en 44 appelé « phare sud ».

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De belles vagues et du vent ce jour-là à Cayeux, mais je ne sais pourquoi mon p’tit doigt me dit qu’il y en a souvent et depuis longtemps..ou qu’ils ont décidé de ne consacrer qu’un tout petit peu d’argent dans le budget drapeaux..

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un phare oublié, bords de la Seine, déc.19

Il est un phare, en Normandie, sur un bord de la Seine, qui semble complètement oublié, abandonné, en tous cas en tant que phare. On y parvient en prenant une route étroite et escarpée bien avant de découvrir la Seine. Au début de la route un restaurant lui rend hommage en se nommant « restaurant du phare »..Il devait être la lumière tribord des navires entrant en Seine et, face à l’augmentation du nombre et du tonnage des navires visant Rouen ou Paris (Port de mer), s’est vu relégué à un second plan après l’érection – car tout ça est décidé par des hommes – de la « tour radar » à Honfleur, aussi nécessaire, efficace et moche (selon mon goût), que celle à Ouessant : du béton à la silhouette utilitaire sans être esthétique, ou, en tous cas, d’une esthétique qui commence seulement à devenir, à mes yeux, intéressante..

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Sa tourelle en verre et zinc est désespérément vide de tout feu. Nulle merveilleuse lentille de Fresnel sur bain de mercure ne s’y trouve et l’air humide des pluies de l’estuaire s’y engouffrent désormais, rongeant tout le métal.. Il est pourtant inscrit « monument historique » depuis 2011 mais n’est pas l’objet de protections à la hauteur de son passé.

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C’est pourtant un phare-maison, perché à plus de 50 m au bord de la falaise de craie à l’aplomb de l’ancien lit large de la Seine (à près d’1 km du lit habituel) – puissant fleuve qui n’est malheureusement pas passé inaperçu des hommes – avec une belle cheminée en briques comme on savait en construire en Normandie au XIXè siècle. S’il se trouvait sur un îlot breton il serait une star, au sens propre du terme.. Quelque édile aura signé l’ajout d’une balustrade quelconque en aluminium dans les années 80 (du XXè siècle), balustrade qui passe encore, de loin et par temps de brume..

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.. mais il sert aujourd’hui de relais téléphone (il en faut bien..) pour Orange et quelques délinquants (je rappelle que taguer un mur d’autrui, bien que parfois élevé au rang d’acte artistique, est un délit), constatant probablement  l’abandon, auront ressenti le besoin égocentrique d’y bomber quelques dessins ou messages esthétiquement moches et – n’étant pas du même « auteur » – contradictoires..

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Je le préférerais sans ces tags.

 

 

 

La Pierre-de-Herpin, Pointe du Grouin, 16 déc.17

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Enfin ! le phare en mer à peu près le plus proche de là où je demeure, je l’ai enfin photographié correctement ! Avant ça, quelques photos (cherchez dans le blog) depuis la côte normande, à Carolles (à plus de 10 km du phare) et quelques autres depuis les lieux ostréicoles de la Baie du Mont St Michel. De loin il se faisait désirer . J’aime bien cette idée de le découvrir progressivement .. Et quand j’irai à la toute extrémité de la Pointe du Grouin il sera encore un peu plus visible, si le temps le permet.  A part ça il est là depuis 1882 ( longtemps pas peint le Herpin), entre la Roche Herpin (28 m de haut)  et  « la Fille » située derrière quand on entre dans la Baie (24 m). L’un des rares à ne pas avoir été détruit par l’armée allemande en 44. Le Grand Jardin était son modèle mais fut dynamité. 6 ans pour construire celui-ci.. Une échelle d’une quarantaine de barreaux, dont certains en bronze (ceux en acier étant devenu trop corrodés), pour atteindre la porte d’entrée à marée basse.

 

Le Pouvoir d’un Phare, Port Haliguen, 30 avr.2017, 17h13

Un phare a le pouvoir de segmenter le temps, d’agir sur le ciel et les eaux de la mer. Construisez-le au bon endroit, même le long d’un quai et  vous verrez qu’il a le pouvoir de séparer le jour de la nuit, un ciel bleu d’un orage, le brouillard le plus dense d’un horizon presque infini. C’est bien pour cela que les hommes ont sué sang et eau salée pour construire les phares…

8 vues de la Teignouse, 27 févr.2017

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J’ai lu quelque part que la Teignouse ressemblait à un gâteau d’anniversaire à la crème avec une grosse bougie… Ce n’est pas faux… Ici le pâtissier abuse de la chantilly ! Dans le livre « l’histoire de tous les phares de France », Dreyer et Fichou écrivent  :  » Le phare de la Teignouse est le cinquième de France construit les pieds dans l’eau. Sa tour a une allure si particulière qu’on se demande si c’est une erreur. Le soubassement, qui abrite les logements, est surmonté d’une tourelle fluette portant une lanterne : « Un feu de port monté sur un camenbert« , dit-on souvent. (..) la terrasse prend les paquets de mer pendant les tempêtes. L’eau stagne puis s’infiltre. La tourelle vibre sous les assauts du vent. Les chambres (..) sont humides et froides. Les lambris intérieurs dégoulinent (..) Les démissions sont nombreuses. Certains abandonnent même leur poste au bout de quelques semaines. ». Il est vrai que la conception de la Teignouse, à défaut de fournir aux gardiens un abri acceptable (être gardien d’un phare en mer n’est jamais une sinécure), en fait l’un des phares les plus originaux de Bretagne… Depuis 1983 le phare n’est plus gardienné et son état de délabrement intérieur n’a fait qu’empirer… En 2005, plusieurs fenêtres avaient leur vitrage cassé, le muret parapet de la terrasse était dégradé, dans les chambres les boiseries murales étaient absentes et tout était en vrac, volé ou renversé par les tremblements lors des tempêtes… Cependant une boiserie de fenêtre a été refaite, mais le reste ? Il est là depuis 1845, sur son rocher dans le prolongement de la pointe de la presqu’île de Quiberon. Il ne fait que (c’est peu pour un phare) 16 m de haut.  Il a été construit assez tôt dans l’histoire de construction des phares dans ces parages dangereux et fréquentés par les navettes entre les îles, les bateaux de pêche cotière et les voiliers mais il n’a pas pu éviter certains naufrages : un peu plus loin que rocher sur lequel se trouve la phare, le Angers,  cargo à l’origine américain (comme son nom ne l’indique pas) de 76 m de long, s’échoua le 4 novembre 1918 sur le plateau des Esclassiers, par une nuit de mauvais temps. 4 ans plus tard, dans la nuit du 26 août 1922,  c’est à proximité du phare que le France, cuirassé de 1911, a, par temps calme,  heurté des roches (non répertoriées à l’époque).  Le naufrage se fit lentement et il y eut 3 noyés mais presque tout l’équipage fut sauvé.   Même en 2007, alors que les navires ont des GPS, les naufrages peuvent avoir lieu : le Gourinis, navire de passagers qui reliait Houat à Port-Maria (Belle-île), a touché des roches aux « trois Pierres »et, alors qu’il était remorqué à moitié immergé, a coulé, le 30 avril  2007 par beau temps et mer d’huile…
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Les Héauts de Bréhat, 17 juin 12

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Vu du sillon de Talbert. « Talbert »… Je me suis demandé d’où venait ce nom  « Talbert », qui était ce personnage peut-être contemporain de Vauban… Albert Talbert… Eh bien pas du tout ! Cela viendrait de « tal berz » qui voudrait dire « le front contre la mer ». Le  « traducteur breton », outil de traduction en ligne, traduit par « le front de prohibition », ce qui est pour le moins incompréhensible…

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Quand il fut construit, de 1835 à 1840, il était le plus haut phare de Bretagne (47m), le phare des Héauts (de Bréhat). Son nom est particulièrement chevaleresque et moyenâgeux.. Il reste l’un des plus hauts, le Héaut,  (il a été reh(é)aussé à 56 m après le dynamitage du h(é)aut  en août 44 par l’armée allemande) et des plus beaux, en granit. Quelle splendeur ! Je dirais que les phares ont été construits, aussi et plus ou moins consciemment, pour créer une verticalité dans un paysage plutôt horizontal, bref pour y amener une autre dimension et donc le parfaire ! Beaucoup plus sérieusement, chacun sait que les phares ont été érigés pour éviter les naufrages ou, comme ici, faciliter le cabotage de nuit en diminuant les risques.

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La construction de celui-ci fut difficile : les travaux commencent au printemps 1835. On doit amener 10 000 blocs de granit – dont certains pèsent 3 tonnes – de l’île Grande jusqu’à Bréhat où ils seront taillés : une navigation d’une cinquantaine de kms le long d’une côte où les écueils sont très nombreux. Le premier entrepreneur abandonne. L’un des 2 associés de la seconde entreprise se noie en juillet : l’Etat décide alors de construire lui-même, directement (sans déléguer). Sur l’îlot les conditions de travail sont épouvantables pour la soixantaine d’ouvriers. L’ingénieur Léonce Reynaud décide alors de faire construire une structure en guise de « baraque de chantier ». Une trentaine d’hommes dorment dans des hamacs dans un dortoir de 10m sur 3. Les conditions d’hygiène sont « spéciales » aussi : pas de toilettes. 1 seul bain par mois, « obligatoire », avant leur seul jour de congé ! 3 ans après le début du chantier les tailleurs de pierre, près de l’anse de la Corderie, se mettent en grève… sur la grève… pour un meilleur salaire. Un ouvrier meurt dans un accident à l’île Morvil (près de l’Île Grande), un tailleur tombe d’un échafaudage… Quand on ignore tout ça, on trouve simplement qu’un phare c’est drôlement beau. Et c’est vrai. Mais quel travail ! Celui-ci aurait pu être construit sur une partie plus haute des Héauts mais l’ingénieur a choisi de le situer au ras de l’eau, près d’une anse où il y a au moins 4 m d’eau à chaque haute marée, pour faciliter le ravitaillement. Ainsi, aux grandes marées, le phare a la base dans l’eau et on y entre par une échelle de bronze menant à la porte à 1 m au-dessus des plus grandes marées.

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Goury zéro, 28 oct.2011, 16h02

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« Goury zéro » car c’est la première photo que j’ai faite de ce phare dont une dizaine de photos, numérotées, se trouve sur ce blog. Quand je l’ai vu pour la première fois, voilà à peu près comment il m’est apparu, lointain…, dans la brume que tentait de percer un soleil étouffé.. presque à la fin d’une journée plaisante mais un peu fatigante  et au cours de laquelle, bien qu’ayant un peu préparé l’itinéraire, je n’avais pas prémédité sa rencontre. Une colonne irréelle, étrange, surnaturelle, fascinante..  un obélisque inattendu venant de Mars,   au point qu’elle a été la motivation principale d’un projet de séjour quelque 4 ans après, où je l’ai vu différemment, bien sûr, mais la fascination a été renouvelée…