Cailloux et cætera, Cayeux s/Mer, 23 déc.19

Ambiance hivernale bord de mer venteux frisquet dans une station-balnéaire-modeste-désertée-et-fermée. Courte pause à Cayeux en commençant par Brighton. « New Brighton » ou « Brighton-les-Pins » est une zone située au nord de Cayeux s/Mer et lotie par d’entreprenants Anglais à la fin du XIXè s. Le phare qui s’y trouvait  ayant été détruit comme tant d’autres sur l’ordre de l’autre fou le 31 août 1944, un nouveau phare (dans le style du précédent pour la tour mais sans la construction à sa base qui lui faisait une silhouette à l’aspect plus solide et progressive)  y fût construit, achevé en 1951. 28 m (ou 32 selon les sources) de haut – ce qui est déjà une belle hauteur et en fait le phare le plus haut de la région – il ne fut automatisé qu’en 1999. Hitler, à qui nombre ont obéi – en plus de ses ordres délirants de meurtres massifs – nous a accessoirement (au regard de l’assassinat de millions de personnes) privé d’une partie de notre patrimoine et de plaisirs visuels architecturaux.

Cayeux s-Merl, 24 déc.19, 12h31

L’ancien phare se trouvait tout près de la mer mais l’actuel, du fait de l’accumulation de galets et de sable, se retrouve à 400 m de celle-ci (enfin c’est ce que j’ai crû voir). Un beau sémaphore se trouvait à côté, détruit lui aussi..

Le phare et le sémaphore de Brighton, avant destruction en 1944, carte postale, 1er quart 20e siècle (coll. part.).

« Cayeux » vient de « caillou » et c’est peu de dire qu’il y en a des galets.. Au XIIè s ce fut bien sûr lapidé par des paysans que fut tué le seigneur local, qui abusait.. Sur les digues , le ramassage à la main des galets constituait à la fin du XIXe siècle l’une des rares activités « industrielles » (par la sueur et la peine , oui c’était bien industriel) du coin. Convoyés jusqu’au port de Saint-Valery-sur-Somme, ces silex arrondis bleus et blancs étaient transportés en Grande-Bretagne. Avant la Seconde Guerre mondiale, des ouvriers portaient et déplaçaient plusieurs tonnes de ballots de galets par jour.

Image associée

Il y avait des ramasseurs de cailloux à peu près partout où il y avait des cailloux (du Havre, à Dieppe..) mais Cayeux a semble-t-il une particularité : il est, dit-on, le seul gisement d’Europe de galets de mer  pour son taux de silice qui atteint 99 %. Encore aujourd’hui deux entreprises continuent à exploiter les silices de mer. L’une d’elles calcine (avec quelle énergie ?) les galets à 1 600 °C pour les réduire ensuite en poudre blanche, très résistante, utilisés dans les travaux de voirie comme dans la fabrication des pâtes abrasives.. L’autre entreprise sélectionne des galets sans défaut, de taille semblable, employés pour la décoration urbaine ou comme agents de résistance dans les broyeurs.. Les derniers ramasseurs, une dizaine parait-il, sillonnent la grève par tous les temps, sauf pendant les périodes de gel qui collent les pierres ensemble. Pensent-ils « chouette il gèle ! » ou « mince il gèle » ? Je n’en ai pas vu, pourtant il ne gelait pas. La trève des ramasseurs ? Cela me fait penser à d’autres forçats d’aujourd’hui,  pousseurs de vélos chargés de sacs de 60 kg de coques dans la Baie du Mt St Michel. Par vent de nord-ouest, la mer apporte son lot de cailloux polis – sans être payée – qu’elle peut ramener au large – la stupide – dès le lendemain, sur un coup de tempête. Sur un coup de tête en somme, l’inconséquente !

Cayeux s-Mer, 24 déc.19, 12h45.jpg

À Cayeux la nature est plate alors les hommes y ont construits quelques verticalités, maisons, églises, phares et cet amer que j’ai pris pour un monument commémoratif de la guerre ou de « l’industrie » ( à dos d’hommes) du caillou.. Faudrait demander à Daniel Buren s’il n’a pas été influencé par cette structure pour ses colonnes au Palais Royal.. Cet amer a été construit sur l’emplacement d’un phare détruit en 44 appelé « phare sud ».

Cayeux s-Mer, 24 déc.19, 12h46.jpg

Cayeux s-Mer, 24 déc.19, 12h51.jpg

De belles vagues et du vent ce jour-là à Cayeux, mais je ne sais pourquoi mon p’tit doigt me dit qu’il y en a souvent et depuis longtemps..ou qu’ils ont décidé de ne consacrer qu’un tout petit peu d’argent dans le budget drapeaux..

Cayeux s-Mer, 24 déc.19, 13h07.jpg

Cayeux s-Mer, 24 déc.19, 12h49.jpg

Cayeux s-Mer, 24 déc.19, 13h10.jpg

Cayeux s-Mer, 24 déc.19, 13h10-39.jpg

Cayeux s-Mer, 24 déc.19, 13h11-09.jpg

Cayeux s-Mer, 24 déc.19, 13h12.jpg

Cayeux s-Mer, 24 déc.19, 13h14.jpg

 

la Monaco du Nord entre 11h et midi, Granville, 18 août 17

On nomme parfois Granville la « Monaco du Nord » parce qu’elle serait construite en partie sur un promontoire rocheux en bord de mer, qu’elle a un casino… mais franchement je ne vois pas le rapport.. Monaco n’est pas un grand port de pêche et est une Principauté.. Et le climat n’est pas vraiment comparable ! En tous cas il y a au moins 2 quartiers assez contrastés à Granville, d’un côtés des ports de pêche, de transports de passagers, de plaisance… de l’autre la petite plage du casino, la Thalasso, les cabines de bains et la piscine d’eau de mer…
IMG_6260.JPG
A gauche, exposée nord, la petite plage du Plat Gousset, au milieu le Normandy, centre de rééducation et de réadaptation fonctionnelle, à droite l’hôtel des Bains…
IMG_6263.JPG
Les toits du casino, la plage du Plat Gousset et son plongeoir, la piscine d’eau de mer…
IMG_6266.JPG
Les cabines de la promenade du Plat Gousset

IMG_6272.JPG

Pause sandwich à l’arrière du casino

IMG_6292.JPG

IMG_6304.JPG

Image

(de) la Cabane Vauban, 17 août 17, 17h07

Pas fait exprès, mais presque des 7 dans les coordonnées temporelles de cette prise de vue qui, en plus (et sans que cela ait un rapport) a été marquée par une « expérience » que j’ai trouvée assez étrange et désagréable. Alors que quelques minutes après la prise de cette photo je me trouvais tranquille assis devant la « cabane » à « fomenter » la photo suivante, un peu en contrebas, un bruit désagréablement métallique me fit lever les yeux : un drone ( j’avais remarqué – je vois presque tout quand je suis quelque part – un peu avant un type au loin dans les prairies avec un plateau à antennes)  était arrivé et faisait du sur-place à quelques mètres au-dessus de nous, avant de repartir avant que je ne dégaine mon lance-pierre. Sensation très désagréable de savoir, ou pas, s’il nous filmait.

Malgré la gène, je retournai à la contemplation du combat pacifique entre le soleil et les nuages au-dessus de la Manche..

IMG_6174.JPG
17h14 (2 x 7)

La Conchée, 31 juil.2016, 14h38/51

Il fait beau. Il y a du vent. C’est l’été. Les voiliers sont de sortie et laissent à bâbord le Fort de la Conchée. A l’horizon le Cap Fréhel et ses 70 m de haut. Le Fort de la Conchée est l’un des forts construits sous la direction de… Vauban, bien sûr, pour défendre St Malo des Anglais qui en avaient assez des corsaires qui attaquaient et volaient leurs navires de commerce…

IMG_0712 bis.jpg

IMG_0706 bis (2)

la Conchée, Cézembre, 1 nov10 (1 sur 1).jpg
1er nov.2010, 14h36, la Conchée, Cézembre et le Grand Jardin vus de l’ïle Besnard.

le pêcheur à l'Île Besnard, 1 nov10 (1 sur 1).jpg

Image

Porz Buguélès, 16 juin 2012, 10h43

Donc voilà : comme j’aime le parfum des plantes de bord de mer et une solitude choisie, j’habite dans cet ancien moulin à marée et mon bateau est « garé » devant la maison… J’ai fini par m’habituer au bruit du ruisseau dévalant de la retenue le long de la maison… Régulièrement je vois des gens qui, s’approchant plus ou moins du moulin, en prennent des photos… Généralement après ce genre de pensées je m’endors…

 

port bugueles, 16 juin 12 (1 sur 1).jpg

port bugueles 2, 16 juin 12 (1 sur 1).jpg

Jersey & les Ecrehous, 27 oct.11, 15h24

les écrehoux, 27  oct 11 (1 sur 1).jpg
jersey vu de Barneville, 27 oct 11 (1 sur 1)
Vus de Barneville Carteret, les îlots des Ecrehous (13 kms) et la silhouette du château de Mont Orgueil à Jersey (25 kms). Lisez, comme je l’ai fait malheureusement bien après avoir vu cela, avant d’y trainer, les travailleurs de la mer de Victor Hugo qui était exilé à Jersey (3 mois) puis Guernesey (5 ans), et vous regarderez cette mer et ces rochers – surtout les rochers – en imaginant Gilliat naufragé volontaire sur ces rochers, et votre vision s’en trouvera terriblement enrichie…

Île Tomé, Côtes d’Armor, 13 août 15, 13h52

Ernest Renan, qui avait vue sur l’île depuis son manoir de Rosmap(h)amon – à Truzugal, en Louanec – aurait décrit l’île comme étant « « un léviathan marin qui soulève à l’horizon sa rugueuse échine de granit ».  Cela ne se voit pas sur cette photo mais je suis d’accord : cette île a quelque chose d’un cachalot géant, avec son épine dorsale et sa pointe nord en forme de queue de poisson.

Au XVIIè s un certain Jacques Thomé (de) Kéridec l’aurait affermée, d’où le nom de l’île. On y trouve effectivement les ruines d’une ferme… mais elles dateraient de l’entre deux guerres… On signale aussi la présence d’un fermier en 1790, en 1816. Anatole le Braz relate la visite qu’il y fit à la fin du XIXè et sa rencontre de la famille Kervégan, fermiers sur l’île depuis au moins 3 géérations.  Chacun y va de ses hypothèses sur l’origine du nom : il viendrait de « tomm » (« chaud »), d’où son microclimat…  Sao Tomé sur l’équateur est même parfois cité… d’autres affirment sans arguments que la signification est « la silencieuse ». Un autre, qui voit sans doute des saints partout, dit que son nom vient de celui d’un saint,  de St tomaioc…Ce que cette île peut produire sur l’imagination !

Anatole le Braz, dans son Au Vent des Îles (partie de Contes du soleil et de la brume), la décrit ainsi : « une croupe de bête préhistorique, la queue mince, quasi rattachée encore au continent, la tête plus monstrueuse que le corps et tournée vers le large (..) on l’appelle en breton Taféak (..) [elle] surveille, dirait-on, leurs [ des sept îles] ébats avec des yeux indulgents d’aïeule »

IMG_9023 bis (2).jpg