Aux confins de la confiance, 5 mai 2020

A quoi se raccrocher ? A quoi suspendre la confiance ? En cette période particulière où je sens que ma liberté est rognée, où l’on ne sait plus trop ce qu’on a droit de faire sans risquer un contrôle et une amende équivalente à 1 semaine de « courses » alimentaires ?

– Aux « fondamentaux », les choses immuables, et qui d’autre que la lune répond à cette définition ?

Elle était là, elle est là, elle sera là, toujours aussi belle et mystérieuse. « Comment ça tient en l’air ? » (Volutes, Alain Bashung).

2 soirs plus tard elle était censée être « superlune » mais dès le 5 elle était magnifique et ressemblait – ça doit être le début de la saison – à un magnifique et assez grand melon tacheté, car bio, charentais ou de Binas..

lune, la Binquenais, 5 mai 2020, 21h23-34

lune, la Binquenais, 5 mai 2020, 21h23

Qu’est-ce qu’elle est belle notre immuable. Désolé de me répéter mais elle me fascine, m’hypnotise. Plus je la regarde, plus je suis subjugué qu’elle soit là, visible par qui pense à la regarder.

lune, la Binquenais, 5 mai 2020, 21h23-22

La Lune, le manoir et le soleil, Toul Keun, 15 sept.19, entre 7h37 et 8h02

La rencontre de la pleine lune et du soleil levant vaut bien de se lever tôt. A 7h37, 10 mn avant le lever du soleil, je suis sur place et je ne suis pas seul : un fourgon a passé la nuit sur place et je croiserai son propriétaire, un couple d’amoureux sur un voilier mouillé dans l’anse attend aussi le lever du soleil et un peu plus tard j’apercevrai un autre photographe sur la digue.le Manoir rouge, Toul Keun, 15 sept.19, 7h39.jpg

le Manoir rouge, Toul Keun, 15 sept.19, 7h42

le Manoir rouge, Toul Keun, 15 sept.19, 7h43.jpg

Le vieux rafiot sympathique bleu et vert (« glaz » quoi) est toujours là et son nom est celui du lieu : Toul Keun, qui peut se traduire par l’anse du marais (il y a un marais à droite derrière la digue).

le Manoir rouge, Toul Keun, 15 sept.19, 7h43-58

le Manoir rouge, Toul Keun, 15 sept.19, 7h47-22.jpg

7h47 : le soleil vient théoriquement de se lever derrière nous mais, paradoxalement, le manoir est un peu moins éclairé. Pourvu que les rayons ne soient pas freinés par des nuages quand, en s’étant élevés, ils viendraient éclairer l’ocre de la bâtisse. J’attends le projecteur solaire dans ce qui ressemble  à une aube un peu terne. Cette demeure a tout d’une « maison de maître » et a donc son parc avec une entrée matérialisée par de 2 piliers, mais c’est – ou plutôt c’était – … un parc à huîtres ( une vasière à marée basse). Il n’y a plus ici, depuis longtemps, d’activité ostréicole et, au fil du temps, des pierres des murets qui forment les 2 bassins se déchaussent .

Le temps va vite au lever du soleil. 3 secondes après la photo au-dessus j’ai l’impression que la lumière change. Les premiers rayons commencent à passer au-dessus du relief et de la végétation à l’est et je sens que la lumière semble devenir plus chaude. Mais peut-être suis-je trompé par mon attente.le Manoir rouge, Toul Keun, 15 sept.19, 7h49-12.jpg

5 minutes plus tard ce que j’attendais est là :  le soleil levé commence à donner aux murs une teinte orangée.le Manoir rouge, Toul Keun, 15 sept.19, 7h54-22.jpg

le Manoir rouge, Toul Keun, 15 sept.19, 7h55-26

le Manoir rouge, Toul Keun, 15 sept.19, 7h57-54

20 minutes après mon arrivée, je vérifie si le nom de  » manoir rouge » est adapté.

le Manoir rouge, Toul Keun, 15 sept.19, 7h58-47.jpg

C’est un rouge orangé corail, indien. Oui, c’est ça, les grands arbres et l’orangé du crépi me rappellent l’Inde. Mais le Maharadja qui demeurerait là serait vraiment déchu et ruiné car on est loin d’un palais même si cette belle bâtisse va être plus connue dans quelques semaines ou quelques mois..

le Manoir rouge, Toul Keun, 15 sept.19, 8h01-24.jpg

le Manoir rouge, Toul Keun, 15 sept.19, 8h02-27.jpg

 

Comment ça tient en l’air ?, depuis Rennes, 19 janv.19, 8h54

Ce truc, que des ancêtres par ici ont décidé qu’il serait féminin, me fascine comme nombre de mes congénères, suspendu, pardon suspendue, flottant dans l’air, l’espace, si proche (avec un bon élan, on pourrait peut-être tenter un saut..) et si lointaine car je vois bien qu’elle ne se rapproche guère. Elle aurait une influence sur les marées, sur la croissance des plantes et même nos humeurs.. En tous cas elle est magnifique, elle orne très joliment le ciel, nocturne ou pas, elle éclaire parfois la nuit.. Il paraît que des hommes, des États-Unis, seraient allés jusqu’à elle, en juillet 69 quand j’avais 5 ans et demi et s’y seraient posés et auraient même marché dessus, mais je n’arrive pas à le croire même si je sais que c’est vrai. Mais c’est vrai qu’elle n’a pas l’air (c’est le cas de le dire) si lointaine.. Avec une bonne fusée bien puissante qui consomme énormément de ressources de la terre – en sorte une super Mustang très gonflée – ils y sont allés et ces derniers temps il semble que de plus en plus d’hommes, ou de machines, auraient le projet d’y aller.. Vu d’ici, sa surface semble pourtant comme vérolée. Même si sa forme ne me paraît pas parfaitement circulaire – elle change chaque nuit – elle est plutôt jolie là-haut. Elle a l’air si pure dans sa blancheur grisée ça et là. Pourtant des hommes ont projeté tant d’objets – des satellites on appelle ça – entre notre planète terre et elle, des objets dont de nombreux sont devenus des déchets.. Mais ce matin là, je n’ai rien vu, et mon appareil non plus, dans l’air, entre elle et moi. Elle (me) manquerait si elle n’était pas là, mais ce n’est pas à l’ordre du jour. A l’ordre du jour il y a plutôt des choses beaucoup plus graves car menaçant notre possibilité de la voir encore puisque notre vie est menacée à plus ou moins court terme : on constate que les insectes se font de plus en plus rares, donc que les oiseaux aussi qui sont si plaisants à regarder et bien d’autres espèces d’êtres (jusqu’ici) vivants, comme nous, et je sens bien que cette espèce « évoluée » à laquelle j’appartiens sans l’avoir choisi, sera elle aussi menacée, ce qui serait dans l’ordre des choses, et même la moindre des choses, car c’est bien l’être humain – moi y compris – qui abime, détruit, pollue, annihile, bouleverse, combat, bref tue la Nature.