Goury 1, 11 janv.16, 17h

Partis d’Ille & Vilaine le matin, nous arrivons à notre destination en fin d’après-midi et je revois ce paysage sublime entrevu quelques années auparavant et que je rêvais de mieux connaître un jour. C’est déjà la fin du jour en ce tout début d’année et le lieu est toujours aussi sublime : les champs d’un vert gras, les murets opiniâtres, le havre de sauvetage et ses quelques maisons, la mer, le ciel et ses nuages roulant, la terre en pente, rousse… et le phare, colonne de granit imposant bravement son existence.
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Goury zéro, 28 oct.2011, 16h02

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« Goury zéro » car c’est la première photo que j’ai faite de ce phare dont une dizaine de photos, numérotées, se trouve sur ce blog. Quand je l’ai vu pour la première fois, voilà à peu près comment il m’est apparu, lointain…, dans la brume que tentait de percer un soleil étouffé.. presque à la fin d’une journée plaisante mais un peu fatigante  et au cours de laquelle, bien qu’ayant un peu préparé l’itinéraire, je n’avais pas prémédité sa rencontre. Une colonne irréelle, étrange, surnaturelle, fascinante..  un obélisque inattendu venant de Mars,   au point qu’elle a été la motivation principale d’un projet de séjour quelque 4 ans après, où je l’ai vu différemment, bien sûr, mais la fascination a été renouvelée…
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Raz Blanchard, Manche, 13 janv.16, 10h27

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Les eaux de l’Atlantique se précipitent vers la Manche 2 fois par 24h, notamment en passant entre le continent et les îles de Molène et Ouessant dans le passage du Fromveur, puis elles poursuivent leur route jusqu’à s’approcher de la côte du département de la Manche : c’est la marée montante ou « le flot », dont on connaît la vitesse dans la baie plate du Mt St Michel, celle d’un « cheval au galop », dit-on en exagérant beaucoup… Les eaux salées remontent ensuite vers le nord et sont accélérées par la présence des îles anglo-normandes et la relative faible profondeur (~ 50 m) et quand elles passent entre la pointe du Cotentin et l’île d’Anderley (Aurigny), elles sont à leur maximum et cela donne un fleuve salé qui coule à parfois 10 voire 12 nœuds (plus de 20km/h), déjà une vitesse très honorable pour un bateau ! Ce matin là, le coefficient de marée était encore élevé : 95. La photo a été prise au moment de la pleine mer, quand celle-ci est censée être « à l’étale », c’est-à-dire calme… mais tout est hors normes au Raz Blanchard et le moment le plus « calme » est 3 h après la marée haute ! Donc au moment de la haute marée il y a énormément de courant !…La tourelle jaune au fond est celle de la Foraine, 10 m de haut, qui marque la limite du plateau rocheux. Elle est parfois presque entièrement recouverte par la hauteur d’eau aux forts coefficients et par la force du courant…C’est surprenant, fascinant et fabuleux de voir et d’écouter la force de ce courant ! On sent, on voit, une force inarrêtable, puissante et résolue, longer la côte qui paraît si basse – la mer semble gonflée et plus haute que la terre – où vous tenez vos pieds, comme renonçant au dernier moment à tout  emporter, y compris vous … « Ce n’est que partie remise ! C’est parce que je l’ai décidé !.. » semble t-elle gronder… Les marins ont nommé ce coin « le passage de la déroute »…
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Goury 6 : aube d’hiver, Manche, 13 janv.16, 8h49

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Le Phare de la Hague, qu’on peut appeler « Goury », du nom du petit port où se trouve la station de sauvetage, frappe (en plus d’être visible du large bien sûr) toutes les 5 secondes de son éclair blanc les maisons des hameaux de la Roche et de la Valette, rappelant  autrefois sans cesse avec une régularité mécaniquement implacable aux « terriens », dans leur relatif confort à l’abri des éléments souvent rudes et parfois déchainés, que 2 hommes – leur fils, leur père, leur époux, leur amoureux etc. – vivaient  là dans le phare, à la fois proche et presque inaccessible, dans leurs pièces munies de 2 fenêtres tournées vers la terre et une cheminée, le leur rappelait donc 12 fois par minute nocturne…Le phare n’a plus de gardiens : Robert, Hubert et Lionel en sont partis en mai 1990. La portée maximale du phare est de 19 milles, soit environ 35 kms.