Premier crépuscule printanier sur la côte. Locmariaquer, 29/30 mars 21

Dès qu’on peut on file vers le sud. Vers ce havre d’espace et d’iode, d’horizon, de grand air. La dernière fois c’était fin janvier. Cette fois-ci nous étions partis – nous étions partants – a priori pour 10 jours mais cette personne « en responsabilité » a décidé qu’il fallait limiter les déplacements (mais que nous serions tolérés à rentrer à la fin du week-end de Pâques) et nous nous sommes adaptés, une fois de plus. Nous sommes restés un peu moins : 1 semaine. Le temps maussade revenu le jour du départ nous y a aidé. Et on est obéissants. Déjà avant, relativement, mais d’autant plus depuis 1 an. Obéissants, respectueux des uns et des autres et nous n’avons pas les moyens de prendre le risque de payer une amende de 135 €.

Après avoir installé nos affaires dans la maison, en fin d’après-midi, nous allons, impatients, « voir la mer », ou plutôt la revoir, voir si elle est toujours là (quelle idée !), si elle toujours aussi belle dans la lumière du soir, si aucun bouleversement ne nous l’aurait changé.. Ressourcement. Retour à la source. Et dès le lendemain nous retournerons – je retournerai – , poussé par un besoin fort, revoir les lieux chers, chaque portion de l’espace connu au long de ma vie. Telle portion du chemin, tel arbre, tels rochers, tel bout de plage de sable..

Au fond ces oiseaux que je croise et photographie un peu sont peut-être comme moi, finissent par reconnaître les lieux qu’ils fréquentent chaque jour, le glissant des roches, le piquant des dunes, la dureté des sables. C’est la mémoire de la plante des pieds (ou des pattes) et celle du cerveau transmise par les yeux.

L’eau mouvante forme des marches qui aussitôt disparaissent puis réapparaissent. Comment faire pour les gravir et tenter de partir en marchant sur l’eau ?
Les sables gorgés d’eau sont un miroir dont le tain lentement disparait..
Au 1er matin là-bas, des bourgeons de ce nouveau printemps nous rassuraient sur la continuité du temps. Etions-nous inquiets ?
Je les ai regardés pour la 1ère fois. J’ai découvert leur existence. Les interdictions qui nous sont faites de nous déplacer rendent les lieux, pourtant familiers, plus précieux et m’ont fait regarder différemment le simple bord du chemin; l’éventualité de ne pas pouvoir revoir tout cela change mon attention.
Je m’intéresse davantage aux petites choses.. Elles sont atteintes par bien des dangers, mais pas par ce virus..
Je continue à regarder et voir aussi, comme avant, tout ce qui est dans mon champ de vision, comme par exemple la silhouette d’un homme-à-ce-moment-là-pêcheur se fondant presque avec celle des rochers..
.. ou, comme une aigrette ou un cormoran, sa présence visible par quelques nuances de forme et de couleur d’avec l’environnement..
… ces nuances s’estompant proportionnellement au nombre d’individus en présence, convoitant par ces jours de grandes marées les êtres vivants près des rochers habituellement inaccessibles à pieds d’homme.
L’Homme – l’être humain – peut être dans le paysage, comme n’importe quel être vivant, mais mes yeux d’être humain l’identifient rapidement comme ici, non loin de Bagen Hir, comme n’étant ni un oiseau ni un rocher.
Dès le deuxième soir nous avons eu un ciel poudreux voilant un peu le soleil, ciel qui reviendra plusieurs jours de suite..
.. ciel tranquille et uniforme auquel le lent vol des hérons ajoute de la sérénité..
.. ou celui des goélands allant chaque soir vers l’est..
J’ai constaté que les oiseaux – comme ici des canards – vont vers l’est quand le soleil se couche, se dirigeant de fait vers les zones plus sombres qui seront les premières dans la nuit. Peut-être qu’ils quittent ici simplement les lieux de leur dernier repas du jour au fond de la Baie de St Philibert et rejoignent un lieu sûr pour passer la nuit, comme l’île de Méaban (mais je doute que ces canards y aillent) par exemple, qui offre le double avantage de n’être qu’à 3 km de la côte et où il est interdit depuis 1982 de descendre du 15 avril au 31 août.
Sur le chantier ostréicole, une amoureuse (son homme n’est pas loin) semble goûter aussi la quiétude de l’immobilité des éléments et de la lumière voliée..
Tapie dans l’épaisseur sombre des arbres, le manoir vide regarde les rouleaux de la mer descendante se former au milieu de la baie..
Le soleil disparaît derrière la presqu’île de St Philibert, laissant les parcs arborés accueillir la nuit qui les rafraichira de rosée pendant que les eaux de la Rivière continueront de glisser avec la marée descendante qui laissera la grève, les goémons et les huîtres retrouver l’air nocturne.

Morbihan, terre d’accueil, Locmariaquer, Larmor-Baden, juin 2020

Vestiges d’une tentative d’attaque ( « la bataille du Brénéguy ») de la côte par des cyprès américains, déjouée par l’ armée des tamaris (origine méditerranéenne) toujours aux aguets..

pin en nuages, St Pierre, 14 juin 20,20-58Cyprès en nuages..

cyprès, Larmor-Baden, 16 juin 20, 15h41Cyprès et nuages..

hortensias, Larmor-Baden, 16 juin 20, 15h57Hortensias ( hydrangea macrophyla, origine Japon) manifestement « pour » le stationnement.. et l’un des symboles de la Bretagne, et pourtant il vient d’Asie.

genêts, St Pierre, 16 juin 20,9-13Genêt d’Espagne en Bretagne.

bambou negra, keranlay, 26 juin 20Bambous noirs (phyllostachys nigra) dans le vent du soir. Est-il besoin de rappeler que les bambous viennent d’Asie ?

manoir rouge, Locmariaquer, 17 juin 20,Cyprès (de Lambert ou de Monterey – c’est le même – donc d’origine de Californie), vigne vierge et eau du ciel..

chatons, St Pierre, 14 juin 20,20-22Lagure ovale (Lagurus ovatus)  ou « gros minet »,  « queue de lièvre » ou encore « mimi ». Moi je les appelais simplement « chaton » (ce qui n’est pas mieux).

chatons (plante), st pierre, 24 juin 20

chaton, St Pierre, 14 juin 20,20-06

fleur & escargots, st pierre, 25 juin 20Ail sauvage (Allium schoenoprasum et Allium sativum) ou ciboulette sauvage, civette, cive, brelette.. Les escargots sont en option..

 

fleur, St Pierre, 14 juin 20,20-18

crosse de fougère, Locmariaquer, 17 juin 20,Le rarissime serpent vert des dunes ! sans gueule ni museau et à l’oeil qui, tout vide qu’il semble, n’en est pas moins hypnotisant..

er hourèl, Locmariaquer, 17 juin 20,Pas une pub pour une création design de canapé mais le dolmen dont la table (ou le toit, puisqu’ils étaient des sépultures) est tombé depuis au moins 50 ans et probablement beaucoup plus (qui l’a poussé ?), à la pointe er Hourèl.

fleurs de poireau, Keranlay, 20 juin 20Oh oh, mais qu’est-ce donc ? Que sont ces grosses fleurs ?

fleurs de poireau, Keranlay, 20 juin 20, 14-02

fleurs de poireau, Keranlay, 20 juin 20, 14-04De l’ail géant ? Que nenni, ce sont des fleurs de poireaux  (qui sont de la même famille) que le voisin laisse aller jusqu’au bout de leur maturité pour en récolter les graines.

rose trémièrekeranlay, 23 juin 20Tuteur torsadé en acier galvanisé orné accessoirement d’une rose trémière (origine : Asie) photographiée à des jours différents.

rose trémière, keranlay, 25 juin 20Alcea rosea, Rose trémière, passe-rose, passerose ou encore primerose  Elle est aussi parfois appelée rose papale ou Alcée rose. Toutes les parties de la plante sont comestibles et certaines (fleur notamment) ont des usages médicinaux depuis l’antiquité.

rose trémière, Keranlay, 21 juin 20, 14h56

rose trémière, Keranlay, 20 juin 20, 14-54Vous ne trouvez pas qu’elle tire la langue, l’effrontée (alors qu’elle ne manque pas d’eau et qu’on la respecte) ?

rose trémière, Keranlay, 21 juin 20, 20-22

coquillagesKeranlay, 21 juin 20, 12h56Littorines obtuses (Littorina obtusata), natices (euspira), hasianelles  (tricolia pullus).. sur sopalin commun (sopalinus vulgarus)

cabaret des oiseaux, st pierre, 22 juin 20Cardère sauvage (Dipsacus fullonum ou Dipsacus sylvestris),  Bonnetier sauvage ou Cabaret des oiseaux (sans oiseaux car fermé à cette date – cause covid – comme tous les cabarets)

mimosa, keranlay, 22 juin 20Mimosa ( Acacia dealbata ). Comme le baccharis aujourd’hui il aurait pu être considéré comme une plante indésirable car il a été introduit en Europe à la suite du premier voyage du capitaine Cook à bord de l’Endeavour en

catalpa & étoiles, keranlay, 25 juin 20Catalpa (origine Sud des Etats-Unis et Asie) photographié en pose longue. Je suis sûr qu’il rêve à la Virginie ou le Mississippi de ces ancêtres.

fleurs de catalpa, keranlay, 23 juin 20Fleurs du catalpa.

fleurs, st pierre, 24 juin 20

Pour un non spécialiste comme moi, tout herbier doit comporter au moins une fleur non-identifiée. Ce sera celle-là. En quelque sorte elle n’a pas encore de papiers mais a trouvé sa place ici depuis longtemps.

 

 

2 heures Aux jardins, la Bintinais, Rennes, 24 mai 2020

( suite de notre collection « verte », de notre série bucolique).

L’envie d’air, de vert, de nature.. est – je ne sais pourquoi.. – un peu plus fort ce printemps.. or tout autour de la ville (il y a encore peu il y en avait aussi dans la ville), depuis 40 ans nous attendent des jardins dits « familiaux », ensembles de parcelles gérées par une association où les citadins que nous sommes peuvent cultiver, année après année,  leur coin de terre, leur bout de jardin (50, 100, 150 ou 200 m²), leur parcelle de bonheur, de potager, de fleurs et de plantations diverses. A leur disposition – et sous leur responsabilité d’entretien et de bon usage – un cabanon, un récupérateur d’eau.. La possibilité, encadrée, de fabriquer une extension ou une pergola, de décorer selon son goût.. et à nous les joies simples du jardinage !

Ce sont des patchwork colorés et odorants, où les jardiniers plantent, sèment, taillent, récoltent, rêvent, se rencontrent, se retrouvent. Quoi de mieux qu’un p’tit bout de jardin pour se retrouver soi-même et les autres jardinier(e)s ? Alors un florilège de couleurs sur fonds de vert.. car un jardin ne fait pas seulement le bonheur du jardinier mais aussi celui du promeneur photographe..

jardins, la bintinais, 24 mai 2020, 17-50

Où l’on voit qu’à défaut d’être bien accordée aux couleurs (imposées) des cabanons, la déco suit la mode aussi dans les jardins..

jardins, la bintinais, 24 mai 2020, 17-52

.. que ce soit dans la peinture d’une palette ou le choix des fleurs.. (ail d’ornement)

jardins, la bintinais, 24 mai 2020, 17-54

Les jardins favorisent les liens..

.. ou semblent séparer..(mais ce n’est qu’une fausse apparence)

jardins, la bintinais, 24 mai 2020, 19-32-44

 

jardins, la bintinais, 24 mai 2020, 18-00

Ce mini nichoir sert probablement moins aux oiseaux qu’à la déco..

jardins, la bintinais, 24 mai 2020, 18-00-48

Même quand le jardinier – ou la jardinière – n’est pas là, on imagine sa présence. Il (ou elle) est peut-être  âgé(e) et ses genoux craquent un peu quand il faut soigneusement désherber autour des jeunes plants de haricots.. A moins qu’il s’assoit là pour les écouter pousser ?

jardins, la bintinais, 24 mai 2020, 18-13

De l’art de camoufler la réserve d’eau.

jardins, la bintinais, 24 mai 2020, 18-13-53

Un peu de rouge et de noir. On est bien à Rennes..

jardins, la bintinais, 24 mai 2020, 18-39

Les idées les plus simples pour ranger sont souvent les plus esthétiques.

jardins, la bintinais, 24 mai 2020, 18-44

Nul besoin d’une fortune, mais un peu de blé ne nuit pas..

jardins, la bintinais, 24 mai 2020, 18-50

Habilement découpée une bouteille en plastique fait un mobile qui, à défaut d’effrayer les oiseaux, tourne joliment dans la lumière d’une fin d’après-midi..

jardins, la bintinais, 24 mai 2020, 18-50-18

Le livret d’accueil de l’association des jardins familiaux stipule que les cultures potagères doivent être prépondérantes mais que l’ornementation florale est aussi acceptée.. heureusement !

jardins, la bintinais, 24 mai 2020, 18-51-15

D’ailleurs m’est avis que ces malins artichauts qui jouent aux ombres chinoises et qui se font passer pour une culture potagère,  ne seront point mangés mais admirés lorsqu’ils ouvriront leurs superbes fleurs mauves et violettes.

jardins, la bintinais, 24 mai 2020, 18-54-12

Il y a la maison des outils et la maison des insectes..

jardins, la bintinais, 24 mai 2020, 18-55-16

 » Mais zenfin ! Quand même ! Nous laisserons-nous devenir fleurs ou passerons-nous à la cocotte ? On nous cache tout on nous dit rien !  » (propos d’artichauts confinés).

jardins, la bintinais, 24 mai 2020, 19-01-24

Rien ne vaut un chat noir aux yeux bleus pour garder les tomates, c’est un truc bien connu des jardiniers avertis..

jardins, la bintinais, 24 mai 2020, 19-08-45

Le 187 préfère visiblement l’ornementation florifère que la culture potagère..

jardins, la bintinais, 24 mai 2020, 19-10-23

Le coquelicot pompom (variété inventée par moi) n’aime rien tant qu’un terrain vague pour pavoiser !

jardins, la bintinais, 24 mai 2020, 19-13-20

Les petits lapins ( et encore plus les grands) sont bien sûr indésirables dans ces jardins, mais ils sont quand même présents par la pensée sous la forme de l’épiaire de Byzance à qui ils ont prêté leurs petites oreilles et leur museau coton.

jardins, la bintinais, 24 mai 2020, 19-13-39

Comme tout un chacun le jardinier a ses fantômes qui l’accompagnent et veillent sur son univers.

jardins, la bintinais, 24 mai 2020, 19-26-06

 » Mais zenfin ! Ce pape qui a célébré Pâques devant une place vide ! »

jardins, la bintinais, 24 mai 2020, 19-34-04

On voit bien quel est le mâle et quelle est la femelle..

jardins, la bintinais, 24 mai 2020, 19-35-21

La complainte des arrosoirs : « chômage technique ou chômage partiel ? On nous prend pour des pommes ! »

jardins, la bintinais, 24 mai 2020, 19-35-54

Le (la ?) très paisible occupant (e), voire définitivement assoupi(e), du jardin n° 167 aime aussi la télé..

jardins, la bintinais, 24 mai 2020, 19-36-21

.. les chansons et l’anisette (culture potagère ou d’ornement ?)

jardins, la bintinais, 24 mai 2020, 19-39-06

jardins, la bintinais, 24 mai 2020, 19-40-24

? un jardinier un peu ésotérique.. Le virus comme une guillotine  associée à une loterie ?

Pour finir ces 2 heures passées dans les allées des jardins potagers à la Bintinais, une promesse : grâce à la lumière du soleil, à une terre arrosée par le ciel et le jardinier, petite tomate deviendra grande le long de son tuteur et nous ravira les narines du parfum poivré de ses feuilles et les papilles de sa saveur discrètement fade.

jardins, la bintinais, 24 mai 2020, 19-46-19

 

 

 

 

P’tites Bêtes..

Et si on consacrait un article aux p’tites bêtes qu’on appelle insectes puisqu’en 30 ans on a réussi à en faire disparaître 80%, ce qui explique en partie la diminution des oiseaux, auxquels nous ne manquerons pas de consacrer un prochain article ?

Libellule, Locmariaquer, 15 sept 19, 13h55.jpgLibellule

Bourdon, Locmariaquer, 14 sept.19, 14h17.jpgBourdon roux ? , 14 sept.19, 14h17

-, Locmariaquer, 14 sept.19, 14h16.jpgSyrphe des narcisses ?

grande sauterelle verte, Locmariaquer, 6 juin 19, 10h24.jpggrande sauterelle verte

lézard vert, Locmariaquer, 8 juin 19, 18h08.jpgLézard vert

lézard des murailles 7 aout 18, 10h50.jpgLézard des murailles