Men Buas, Pleubian, 17 juin 12, 12h39

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J’adore le bleu ardoise du ciel breton, ce gris bleu satiné, velouté, granuleux… Il met tellement en valeur les blancs des galets, des oiseaux et des maisons de côtes, les ocres des rochers, les verts gris des plantes… Au centre, le rocher Men Buas, 15 m de haut aux marées les plus basses (120).

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Les Héauts de Bréhat, 17 juin 12

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Vu du sillon de Talbert. « Talbert »… Je me suis demandé d’où venait ce nom  « Talbert », qui était ce personnage peut-être contemporain de Vauban… Albert Talbert… Eh bien pas du tout ! Cela viendrait de « tal berz » qui voudrait dire « le front contre la mer ». Le  « traducteur breton », outil de traduction en ligne, traduit par « le front de prohibition », ce qui est pour le moins incompréhensible…

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Quand il fut construit, de 1835 à 1840, il était le plus haut phare de Bretagne (47m), le phare des Héauts (de Bréhat). Son nom est particulièrement chevaleresque et moyenâgeux.. Il reste l’un des plus hauts, le Héaut,  (il a été reh(é)aussé à 56 m après le dynamitage du h(é)aut  en août 44 par l’armée allemande) et des plus beaux, en granit. Quelle splendeur ! Je dirais que les phares ont été construits, aussi et plus ou moins consciemment, pour créer une verticalité dans un paysage plutôt horizontal, bref pour y amener une autre dimension et donc le parfaire ! Beaucoup plus sérieusement, chacun sait que les phares ont été érigés pour éviter les naufrages ou, comme ici, faciliter le cabotage de nuit en diminuant les risques.

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La construction de celui-ci fut difficile : les travaux commencent au printemps 1835. On doit amener 10 000 blocs de granit – dont certains pèsent 3 tonnes – de l’île Grande jusqu’à Bréhat où ils seront taillés : une navigation d’une cinquantaine de kms le long d’une côte où les écueils sont très nombreux. Le premier entrepreneur abandonne. L’un des 2 associés de la seconde entreprise se noie en juillet : l’Etat décide alors de construire lui-même, directement (sans déléguer). Sur l’îlot les conditions de travail sont épouvantables pour la soixantaine d’ouvriers. L’ingénieur Léonce Reynaud décide alors de faire construire une structure en guise de « baraque de chantier ». Une trentaine d’hommes dorment dans des hamacs dans un dortoir de 10m sur 3. Les conditions d’hygiène sont « spéciales » aussi : pas de toilettes. 1 seul bain par mois, « obligatoire », avant leur seul jour de congé ! 3 ans après le début du chantier les tailleurs de pierre, près de l’anse de la Corderie, se mettent en grève… sur la grève… pour un meilleur salaire. Un ouvrier meurt dans un accident à l’île Morvil (près de l’Île Grande), un tailleur tombe d’un échafaudage… Quand on ignore tout ça, on trouve simplement qu’un phare c’est drôlement beau. Et c’est vrai. Mais quel travail ! Celui-ci aurait pu être construit sur une partie plus haute des Héauts mais l’ingénieur a choisi de le situer au ras de l’eau, près d’une anse où il y a au moins 4 m d’eau à chaque haute marée, pour faciliter le ravitaillement. Ainsi, aux grandes marées, le phare a la base dans l’eau et on y entre par une échelle de bronze menant à la porte à 1 m au-dessus des plus grandes marées.

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Porz Buguélès, 16 juin 2012, 10h43

Donc voilà : comme j’aime le parfum des plantes de bord de mer et une solitude choisie, j’habite dans cet ancien moulin à marée et mon bateau est « garé » devant la maison… J’ai fini par m’habituer au bruit du ruisseau dévalant de la retenue le long de la maison… Régulièrement je vois des gens qui, s’approchant plus ou moins du moulin, en prennent des photos… Généralement après ce genre de pensées je m’endors…

 

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Port Blanc, 15 juin 2012, 21h18

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L’île sur laquelle se trouvent les arbres dont on voit la silhouette, est l’île des femmes, appelée ainsi car, selon la tradition orale, les femmes y faisaient sécher le goémon à marée basse, goémon qui, brûlé, servait à faire de la soude. D’ailleurs un autre lieu se nomme le Four. Mais le goémon pouvait aussi servir de combustible, de litière pour les animaux ou même, en période de vaches maigres, d’aliment, pour les bêtes, voire pour les gens…

Île Tomé, Côtes d’Armor, 13 août 15, 13h52

Ernest Renan, qui avait vue sur l’île depuis son manoir de Rosmap(h)amon – à Truzugal, en Louanec – aurait décrit l’île comme étant « « un léviathan marin qui soulève à l’horizon sa rugueuse échine de granit ».  Cela ne se voit pas sur cette photo mais je suis d’accord : cette île a quelque chose d’un cachalot géant, avec son épine dorsale et sa pointe nord en forme de queue de poisson.

Au XVIIè s un certain Jacques Thomé (de) Kéridec l’aurait affermée, d’où le nom de l’île. On y trouve effectivement les ruines d’une ferme… mais elles dateraient de l’entre deux guerres… On signale aussi la présence d’un fermier en 1790, en 1816. Anatole le Braz relate la visite qu’il y fit à la fin du XIXè et sa rencontre de la famille Kervégan, fermiers sur l’île depuis au moins 3 géérations.  Chacun y va de ses hypothèses sur l’origine du nom : il viendrait de « tomm » (« chaud »), d’où son microclimat…  Sao Tomé sur l’équateur est même parfois cité… d’autres affirment sans arguments que la signification est « la silencieuse ». Un autre, qui voit sans doute des saints partout, dit que son nom vient de celui d’un saint,  de St tomaioc…Ce que cette île peut produire sur l’imagination !

Anatole le Braz, dans son Au Vent des Îles (partie de Contes du soleil et de la brume), la décrit ainsi : « une croupe de bête préhistorique, la queue mince, quasi rattachée encore au continent, la tête plus monstrueuse que le corps et tournée vers le large (..) on l’appelle en breton Taféak (..) [elle] surveille, dirait-on, leurs [ des sept îles] ébats avec des yeux indulgents d’aïeule »

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les Poussins, Trégastel, 11 août 15, 18h02

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Je ne connais pas ces personnes. Je ne sais pas s’ils sont des touristes qui habillent de cirés jaunes leurs enfants ou pas mais je les remercie de m’avoir offert cette photo « à la Cartier-Bresson » (en toute modestie bien sûr). En Bretagne il y a au moins 2 expressions affectueuses (en breton d’ailleurs) pour nommer les touristes : « les oiseaux de passage » et les « pattes jaunes », du fait de la couleur des bottes… Mais ce n’est pas du fait des « touristes » que Guy Cotten a souvent choisi le jaune pour ses bottes et ses cirés…