Sur le Cap Fréhel (suite), 6 févr.19

Ça y est on y est. La pluie. 2 ou 3 véhicules sur le parking plus 2 gars qui y travaillent avec des engins de terrassement. Tout est imbibé. On patauge dans les travaux commencés à l’automne dernier et visant à supprimer le parking qui amenait les véhicules jusque juste devant les phares qui seront à nouveau entourés de landes. Les phares sont bien là, dressés dans leurs pierres qui semblent indestructibles mais qui pourtant ont été détruites, par l’armée allemande à l’été 44.

 

Le vieux phare Vauban est toujours là depuis 1702. Il est aussi rond que celui d’après guerre est carré. Une quinzaine de mètres de haut. Il avait été édifié pour « prévenir des attaques des Anglais » et remplit son office jusqu’en 1845, date de construction à côté d’un nouveau phare, octogonal, qui sera donc détruit début août 44.

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Depuis notre séjour sur la Côte de granit rose je vois facilement les gueules de monstres de pierre. Ces trois là sont particulièrement antédiluviens, patibulaires et gigantesques ! Leur face au museau écrasé et leur mâchoire monstrueuse garde cet air renfrogné à être figés ainsi, à voir toujours le même paysage, supporter toutes les tempêtes de lames et sur son échine ces 2 lourdes tours construites par les humains.

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J’aurais préféré passer plus de temps sur le cap où je n’ai retrouvé aucune de mes sensations et émotions d’enfant, y faire davantage d’images, mais cette pluie et le jour qui finit ont eu raison de nous. J’en garde cependant l’impression d’un lieu puissant, rude et sans concessions, ce qui n’est pas pour me déplaire.

 

Cap Fréhel, 6 févr. 19

Autour de 1970 il était organisé une fois par an depuis Riantec (ma commune d’origine) un voyage en car. Un jour de mai probablement, quand les ajoncs sont en fleurs, on partait vers l’un des sites célèbres de Bretagne. On était touristes chez nous ! « chez nous » c’est-à-dire en Bretagne. J’en fus, deux ou trois fois je pense. Nous avons dû aller ainsi à la Pointe du Raz, Crozon et aussi au Cap Fréhel. J’étais enfant. Ça me plaisait bien de partir ainsi en découverte : se lever tôt, monter dans un car qui me semblait si haut et si grand, les adultes qui chantaient toujours les mêmes chansons (ah le petit vin blanc, Riquita, la java bleue..), manger un jambon beurre et un œuf dur, attendre dans le car qu’on retrouve telle ou telle veuve au moment de repartir. Les falaises de cris d’oiseaux m’avaient impressionné. J’y suis peut-être retourné une fois, quand j’étais étudiant à Rennes, mais je n’en ai pas souvenir. Aux Sables-d’Or, oui. Mais au Cap ? Il était donc grand temps de revoir ce monument de la géographie bretonne.

Midi. La brume est encore présente.

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L’îlot à gauche est appelé « amas du Cap ». Au niveau du phare la falaise fait 70 m de haut.

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16h08. On s’en approche. La pluie aussi.

La Latte & Fréhel, 8 sept.16, 19h29

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Fort La Latte ou « la Roche-Goyon » fut construit au milieu du XIVè s pour le seigneur de Matignon (non, pas le Premier Ministre..), Etienne III Guÿon. Une douzaine de tournages de cinéma, de télévision, s’y est déroulée, dont les Vikings (Kirk Douglas s’y bat avec Tony Curtis..), Chouans, Ridicule… Le phare du Cap Fréhel fait une trentaine de mètres de haut sur le cap qui culmine à 70 m. Il a été mis en service en 1950 car le précédent, datant du XIX è s. et peu différent de l’actuel, avait été entièrement détruit par les Nazis début août 44, comme nombre  de phares dans la région. A ses côtés on distingue le phare « Vauban » qui ressemble beaucoup à la tour de l’île des Hebihens (même architecte, 10 ans avant mais pas mêmes fonctions) et qui, n’ayant pas été détruit par les Nazis, reprit du service jusqu’à ce que le phare actuel soit achevé.