Côte d’Albâtre, 23 déc.19

Il est temps de descendre sur les grèves de cette Côte d’Albâtre. Certains passages étroits, dans des failles, pourvus d’escaliers plus ou moins risqués, ont été faits pour ça semble-t-il comme à Sotteville s/Mer..

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..mais nous ne descendrons pas..

.. Nous descendrons quelques kms plus loin, à St Aubin s/Mer..

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.. où quelques personnes se trouvent, ainsi que de 2 kite-surfers et un véliplanchiste qui évoluent entre des lignes de rouleaux écumeux. La mer y est-elle (beaucoup) plus froide qu’en Bretagne ?

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Ces hautes falaises créent une rupture totale entre la terre et la mer et la grève, en plus d’être souvent difficilement accessible, devient une zone assez étrange entre 2 mondes, l’un laissé là-haut et presque menaçant et l’autre impossible à investir, une zone où l’on peut se sentir fragile, coincé, à marée haute, en même temps que protégé car caché. Sentiment ambivalent difficile à saisir et à exprimer. Mais je ressentirai cela davantage à Vasterival qu’à St Aubin…

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.. où la large échancrure accueille le besoin de rêverie et de bien-être de la plupart des humains.

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Les falaises de craie ruissellent sur les grèves et l’eau de mer y éclaircit son vert qui devient gris verdâtre, albâtre et au bout des valleuses les eaux terreuses chargées de limons ocres rejoignent la mer et tardent à s’y mélanger.

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« la perle (rose orangé) du Pays de Caux », Veulettes s/Mer, 23 déc.19

Avant de remonter vers le nord, rapide descente proche de notre hébergement vers Veulettes s/Mer, surnommée « la perle du Pays de Caux », pour voir la centrale nucléaire du Paluel située juste (1,5 km) à côté. En fait on ne fera qu’apercevoir ses 4 dômes au-delà de ses clôtures et parkings car, de Veulettes on ne la verrait qu’en longeant la côte, ce qu’on n’a pas pris le temps de faire.

De Veulettes nous n’avons vu que le coin du Pont Rouge qui enjambe un large ruisseau qu’on est censé appelé « fleuve », ce que je ne fais toujours qu’avec réticence, où se trouvent 80 « cabanes » ( que j’ai trouvées plutôt moches donc pas photographiées) où des familles pauvres – pardon : « défavorisées », c’est le terme officiel – venaient, après guerre, profiter de la mer, à distance des belles demeures en dur de ce « fief » de la famille (« favorisée » ?) Servan-Schreiber ( Emile, fondateur des Echos de l’Exportation – devenus les Echos – qui l’a administrée de 47 à 67, suivi par son épouse Denise Brésard jusqu’en 83 ..). Y a-t-il eu une influence avec l’installation de la centrale à proximité ? Je n’ai pas trouvé Veulettes spécialement beau mais j’ai quand même trouvé une perle – si ce n’est « la » perle – rose orangé, dégonflée et en plastique..

Ps (mars 2020) : je ne savais pas encore – personne ne savait à cette date – que je venais de me retrouver (je l’ai même touché !) en contact avec un truc énorme mortel ! Non, pas une bouée radioactive, mais celui qu’on identifierait et nommerait 3 mois plus tard Le Corona Virus !

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A cet endroit les falaises font 50 m. Derrière se trouve la centrale nucléaire.

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Là, de l’autre côté de Veulettes, vers le sud,  les falaises font environ 70 m de haut.. Je ne sais pourquoi cette photo semble une peinture. Je n’ai pourtant pas modifié les couleurs ou le contraste, juste accentué les nuages..( qui, vu le sens du vent,  ne sont pas radioactifs..)

2 mn après.. le ciel est repassé aux gris..

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Laissons les goélands s’exciter dans la baie, quittons Veulettes et allons voir de quoi a l’air le phare de St Valery-en-Caux-sans-accent-aigu-sur-le-e (c’est bien compliqué comme nom..)

 

 

 

 

 

Mauvaise Passe, Fécamp, 22 déc.19

Alors voilà : l’entrée du port de Fécamp est, comme à St Valéry-sur-Caux et au Tréport, étroite : 70 m de large, ce qui interdit toute erreur dans l’attaque et le choix du moment de la marée. De plus une barre se forme parfois devant.. Elle est par contre idéale pour les piétons car les solides jetées en dur (pierres taillées, béton..) sont complétées par de belles estacades en bois, comme au Tréport, ce qui multiplie les points de vue, mais j’avais 3 raisons de ne pas les emprunter ce jour-là : interdiction signalée d’y aller et n’étant pas du coin j’ignorais quel était au juste le danger (marée montante ? projection de galets qui jonchaient par endroits la jetée ?), obligation de choisir un point de vue par manque de temps, pas envie de prendre le risque qu’une vague plus haute me trempe, ni moi ni mon matériel non étanche.

Des personnes, peut-être du coin, n’avaient pas mes réticenses..

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Les 2 feux ont été construits en béton et en 1952. Le feu tribord ou sud (vert) fait 10 m de haut, le bâbord ou nord (rouge), 14 m.  Avant la seconde guerre mondiale, il y avait là 2 phares ronds, bâtis en pierres taillées, plus beaux, selon moi (très proches par l’aspect des phares actuels de St Valéry-en-Caux et du Tréport) mais ils ont été détruits, comme la plupart des phares,  par l’armée allemande en août 44 juste avant l’arrivée des alliés. Les conséquences d’une guerre telle que celle-là sur les lieux a été énorme..

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Un beau phare a été à une époque semble-t-il envisagé sur la Pointe du Fagnet – le nom de la jetée au pied du Cap Fagnet –  en 1836 et aurait ressemblé, en plus étroit, à celui de Carteret, dans le Cotentin :

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Pendant ce court séjour en Normandie, j’ai été frappé par l’importance des groupes d’oiseaux qui m’ont paru beaucoup plus nombreux qu’en Bretagne (en tous cas qu’en Morbihan). On en distingue un ci-dessous.

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Ce que j’espérais commençait à se produire : le soleil passait sous les nuages et sa lumière orangée commençait à éclairer les pierres sur un fond de ciel sombre..

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Je suppose qu’on a construit ces jetées s’avançant dans la mer et formant un chenal étroit pour être sûr d’avoir toujours suffisamment de hauteur d’eau dans la passe alimentée aussi par la rivière (ou plutôt fleuve) joliment nommée la Valmont.

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La chance du débutant serait-elle assez généreuse pour offrir, dans cette atmosphère humide éclairée par des rayons puissants,  un arc-en-ciel au nord ?

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Oui !! Et, tant qu’à offrir, pas 1 mais 2 arcs-en-ciel !

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A partir de ce moment ce ne fût que pur bonheur de photographe.. qui a bien du mal à choisir parmi ces images faites en une dizaine de minutes..

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La photo est par définition incapable de restituer le bruit sourd, le grondement racleux créé par les puissantes et roulantes vagues charriant des tonnes de galets qu’elles amassent contre la jetée sud en un tas plus haut que le parapet..

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Chemin connu…, Locmariaquer, 2017

IMG_5912 bis.jpg9 août, 17h23

IMG_5872.JPG8 août 17, 17h32

IMG_5885.JPG17h38
Mes parents ont « découvert » St Pierre au milieu des années 60. Ils m’y ont emmené avec eux dès l’été de mes 2 ans et ensuite j’y suis allé tous les étés, plus ou moins longtemps, plutôt longtemps jusqu’à mon adolescence, moins longtemps ensuite, puis à différentes périodes de l’année après mes 40 ans. Bref, je connais bien le coin et la durée me permet de voir les évolutions. Les lieux n’ont pas tellement changé je pense. La côte est un peu grignotée ça et là. La végétations oui. La dune, qui dans mon enfance, étaient un camping « sauvage », s’est un peu plus végétalisée. Des arbres sont morts ou ont été couchés par les tempêtes. Le baccharis  est apparu et colonise les espaces. Dédé ne mène plus ses vaches brouter aux mêmes endroits. La digue a été restaurée il y a une dizaine d’années. Mais ce qui a beaucoup changé c’est la notoriété du lieu. De plus en plus de gens y ont été autorisés à construire une maison, de plus en plus de gens y viennent se promener, sur la « grande plage » l’été, faire de la planche et depuis quelques années du kite-surf dans la « baie » et marcher le long de la côte, toute l’année. Chacun a bien le droit de profiter de ce lieu magique (à mes yeux) mais il y a de plus en plus de crottes de chiens… Cette affluence grossissante ne me plait guère. Cet été j’y étais la première quinzaine d’août… Bouh ! 25 kite-surfeurs + autant de planches dans la baie.., des voitures… Heureusement ça ne dure qu’un temps et hors de cette période l’endroit reste tranquille, pour les oiseaux et les amateurs d’espaces vides comme moi. C’est le risque auquel sont confrontés certains lieux : on les aime car ils sont relativement sauvages, naturels et on est de plus en plus nombreux à y aller et, par ce fait  ils sont de moins en moins attirants..