Terres funèbres, le Vivier, Quiberon, 27 févr.17, 17h41/42

Voyez le profil au nez pointu comme une pyramide, de ce qui semble être une femme  âgée d’au moins 60 ans -, une mère, une épouse, une « vieille fille » comme on disait il n’y a pas longtemps – avec son bonnet de coton sur la tête.  Je parierais pour une noyée étranglée car sa bouche mince légèrement entrouverte cherchent encore le filet d’air qui la relierait à la vie…

Ces êtres que je vois dans l’écume des vagues qui se fracassent, je suis loin d’être le premier à les voir : Anatole Le Braz, dans Terres funèbres (un des récits des Contes du soleil et de la Brume) décrit la même chose. Lisez plutôt :  » les vagues, fouettées par le vent, lançaient des gerbes d’écume jusque sur le rebord de la falaise, et, à chaque paquet d’eau qui s’écroulait de la sorte, une forme humaine se dressait, livide (..) »

IMG_3325.JPG

IMG_3325-001.JPG

La photo révèle les fantômes ! Le spectacle de la mer est fascinant. Le bruit et la fureur du monde par excellence. On voit les vagues assaillir la terre dans ce qu’elle a de plus dur, la pierre, les rochers, le granit, et se briser contre elle avec fracas en gerbes grandioses. Ajoutez-y la lumière, changeante elle aussi et on a bien un spectacle total qui attire à juste titre. Mais ce qui est plus intéressant, c’est que la photographie apporte quelque chose de plus, une autre dimension : en figeant des parcelles de temps, elle nous permet de découvrir ce qui à l’œil nu et dans le mouvement réel du temps, est invisible, comme en l’occurrence ici les fantômes d’êtres qui ont à voir avec la mer. Ici, au bout des 2 formes qui ne sont que brouillonnes esquisses, c’est la tête de profil d’une jeune femme du XIXè s, aux cheveux frisés et épais, un peu triste mais sereine, qui surgit dans la rencontre chaotique de l’eau et de la roche. Je suppose qu’elle était la femme ou la sœur d’un jeune officier de marine – car son profil et surtout sa coiffure en témoignent – qui a sans doute péri, disparu en mer dans la fleur de l’âge – moins de 30 ans -. Elle regarde résignée dans les flots, n’espérant même plus y trouver cet homme, vu qu’elle-même est morte.. Peut-être était-elle sur le même navire que lui ou s’est-elle noyée depuis cette côte que l’on nomme sauvage..

IMG_3324.JPG

IMG_3324-001.JPG

Ce jour-là – enfin si on peut appeler cela le jour – la marée était forte, coeff 96. Voyez comme la mer monte à l’assaut de la terre.

 

le Prix du Poisson…, Quiberon, 27 févr.2017, 17h46/42/48

IMG_3330-001

IMG_3333.JPG

 

La « petite » tempête donne à plein, le vent souffle fort, difficile de maintenir l’appareil et même de tenir debout sans être bousculé, mais c’est tellement beau et impressionnant que l’on sort de l’auto à chaque occasion entre 2 grains pour voir, ressentir et capter quelques vagues magnifiques de puissance. Je suis concentré sur les vagues qui s’élèvent et lessivent la côte rocheuse quand, n’en croyant d’abord pas mes yeux, je m’aperçois qu’un chalutier est sorti de Quiberon et, montant et descendant, taille l’air de rien son bonhomme de chemin sur l’océan très agité. C’est ce qu’on appelle « une mer forte à très forte » et ce bateau d’une quinzaine de mètres semble une coquille de noix… Pourquoi diable sont-ils sortis ? Le doivent-ils vraiment ? La pêche est -elle bonne par ce temps ? Quelle qu’en soient les raisons, je trouve cela bien courageux, voire téméraire, en tous cas admirable (de lapin). Oups ! pardon, le mot à ne pas prononcer… Chapeau ! J’en ai discuté avec Jean-Claude, qui a été patron pêcheur de 1960 à 1992 (il a commencé comme mousse à 15 ans) qui m’a dit que quand il y a du vent et de la mer le poisson « soulage », c’est-à-dire qu’il est moins au fond, plus en surface ( ce qui veut dire la même chose) et que, de toute façon, c’est le métier, le travail, et qu’il faut bien y aller pour gagner, au pire, sa croûte, au mieux, de l’argent. En tous cas, c’est ce que j’ai compris.

le Château de la Mer à Beg er Lan, Quiberon, 27 févr.17, 16h10

IMG_3275.JPG15h52
IMG_3277.JPG15h55
IMG_3268.JPG15h52

 

IMG_3272.JPG15h52
L’une des vues les plus célèbres de Bretagne… Au début du siècle- l’autre siècle, le XXe -, plus précisément en 1904,  le fils du fondateur de  la filature Turpault de Cholet et dont il était devenu le directeur, Alexis dit Georges Turpault, fit construire ce château. 500 m² de surface sur un terrain 10 fois plus grand mais où ne pousse pas grand chose. L’armée allemande choisissant toujours les plus grandes et les plus prestigieuses demeures pour s’en servir de QG ou de Kommandantur s’installèrent au château, en murèrent les fenêtres et firent construire 2 blockhaus sur le domaine. Ferdinand Richard, le bien nommée (pas le bassiste de Ferdinand et les Philosophes), en fit l’acquisition en 1967 et le mît en vente en 2010 mais le prix demandé en était apparemment trop élevé et la demeure mît 4 ans avant de trouver des acquéreurs qui, semble-t-il, furent séduits en le visitant le 30 décembre 2014, un jour de tempête. Auparavant Johnny Hallyday avait fait, en vain, une proposition à la famille Richard qui, soit dit en passant, semblaient être appréciée par Quiberon, notamment parce que le feu d’artifice du 14 juillet était tiré proche de leur maison.
Image

Mer colère, Locmariaquer, 1er janv.2014, 17h27/39

mer colère, la vague, St Pierre, 1 janv 14 (1 sur 1).jpg

tempête 2,  St Pierre, 1 janv 14 (1 sur 1).jpg

tempête 3, St Pierre, 1 janv 14 (1 sur 1).jpg

tempête,  St Pierre, 1 janv 14 (1 sur 1).jpg

Ce jour-là la dune à St Pierre a été « grignotée » de plusieurs mètres notamment près des blockhaus. Celui qui est derrière le blockhaus visible, caché par une vague, a sérieusement basculé car les vagues ont enlevé le sable en-dessous, faisant ressortir des dizaines de petits obus rouillés qui ont été explosés quelques jours après. Les ganivelles (palissades de pieux pour retenir le sable et la végétation) ont été arrachées… C’était la première d’une série de tempêtes qui a duré jusque la fin février de cette année 2014.