Navires vers les îles, 30 avr.2017

Par ce dimanche 30 avril 2017, milieu du week-end du 1er mai 2017, un peu en suspens (prononcer à la française), entre les 2 tours des élections présidentielles, les « navettes » (pas « lavettes »..) sont fidèles au poste – pourquoi en serait-il autrement ? –  partant de Quiberon, revenant de Houat, malgré le temps qui fraichit, les grains qui douchent tout, le ciel qui s’assombrit comme si la nuit s’était trompé d’heure de 3 heures, et surtout la mer qui se forme..

Le Vindilis sort de Port-Maria pour sa dernière traversée du dimanche (17h39)
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Le Bangor suit… (17h43)

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Même si les vagues lui font comme une proue changeante, même s’il a plus l’air d’un immeuble que d’un bateau, respect : il remplit son office.

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Quant au Melvan, il revient de Houat, bravant le courant et le vent d’ouest au plus près de la Teignouse, qu’on ne voit pas sur la photo. C’est la balise de er pondeu que l’on voit.

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Le Pouvoir d’un Phare, Port Haliguen, 30 avr.2017, 17h13

Un phare a le pouvoir de segmenter le temps, d’agir sur le ciel et les eaux de la mer. Construisez-le au bon endroit, même le long d’un quai et  vous verrez qu’il a le pouvoir de séparer le jour de la nuit, un ciel bleu d’un orage, le brouillard le plus dense d’un horizon presque infini. C’est bien pour cela que les hommes ont sué sang et eau salée pour construire les phares…

Bécasseaux Sanderling, Pointe du Conguel, 27 févr.2017,

IMG_3294Tourne-pierre à collier parmi les bécasseaux Sanderling

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Évidemment cela ne se voit pas sur ces photos mais les mouvements incessants de ces dizaines de bécasseaux suivants les allers-retours des vagues sur le sable, comme s’il ne fallait absolument pas que leurs petites pattes touchent l’eau, étaient spectaculaires et comiques…

Terres funèbres, le Vivier, Quiberon, 27 févr.17, 17h41/42

Voyez le profil au nez pointu comme une pyramide, de ce qui semble être une femme  âgée d’au moins 60 ans -, une mère, une épouse, une « vieille fille » comme on disait il n’y a pas longtemps – avec son bonnet de coton sur la tête.  Je parierais pour une noyée étranglée car sa bouche mince légèrement entrouverte cherchent encore le filet d’air qui la relierait à la vie…

Ces êtres que je vois dans l’écume des vagues qui se fracassent, je suis loin d’être le premier à les voir : Anatole Le Braz, dans Terres funèbres (un des récits des Contes du soleil et de la Brume) décrit la même chose. Lisez plutôt :  » les vagues, fouettées par le vent, lançaient des gerbes d’écume jusque sur le rebord de la falaise, et, à chaque paquet d’eau qui s’écroulait de la sorte, une forme humaine se dressait, livide (..) »

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La photo révèle les fantômes ! Le spectacle de la mer est fascinant. Le bruit et la fureur du monde par excellence. On voit les vagues assaillir la terre dans ce qu’elle a de plus dur, la pierre, les rochers, le granit, et se briser contre elle avec fracas en gerbes grandioses. Ajoutez-y la lumière, changeante elle aussi et on a bien un spectacle total qui attire à juste titre. Mais ce qui est plus intéressant, c’est que la photographie apporte quelque chose de plus, une autre dimension : en figeant des parcelles de temps, elle nous permet de découvrir ce qui à l’œil nu et dans le mouvement réel du temps, est invisible, comme en l’occurrence ici les fantômes d’êtres qui ont à voir avec la mer. Ici, au bout des 2 formes qui ne sont que brouillonnes esquisses, c’est la tête de profil d’une jeune femme du XIXè s, aux cheveux frisés et épais, un peu triste mais sereine, qui surgit dans la rencontre chaotique de l’eau et de la roche. Je suppose qu’elle était la femme ou la sœur d’un jeune officier de marine – car son profil et surtout sa coiffure en témoignent – qui a sans doute péri, disparu en mer dans la fleur de l’âge – moins de 30 ans -. Elle regarde résignée dans les flots, n’espérant même plus y trouver cet homme, vu qu’elle-même est morte.. Peut-être était-elle sur le même navire que lui ou s’est-elle noyée depuis cette côte que l’on nomme sauvage..

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Ce jour-là – enfin si on peut appeler cela le jour – la marée était forte, coeff 96. Voyez comme la mer monte à l’assaut de la terre.

 

le Prix du Poisson…, Quiberon, 27 févr.2017, 17h46/42/48

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La « petite » tempête donne à plein, le vent souffle fort, difficile de maintenir l’appareil et même de tenir debout sans être bousculé, mais c’est tellement beau et impressionnant que l’on sort de l’auto à chaque occasion entre 2 grains pour voir, ressentir et capter quelques vagues magnifiques de puissance. Je suis concentré sur les vagues qui s’élèvent et lessivent la côte rocheuse quand, n’en croyant d’abord pas mes yeux, je m’aperçois qu’un chalutier est sorti de Quiberon et, montant et descendant, taille l’air de rien son bonhomme de chemin sur l’océan très agité. C’est ce qu’on appelle « une mer forte à très forte » et ce bateau d’une quinzaine de mètres semble une coquille de noix… Pourquoi diable sont-ils sortis ? Le doivent-ils vraiment ? La pêche est -elle bonne par ce temps ? Quelle qu’en soient les raisons, je trouve cela bien courageux, voire téméraire, en tous cas admirable (de lapin). Oups ! pardon, le mot à ne pas prononcer… Chapeau ! J’en ai discuté avec Jean-Claude, qui a été patron pêcheur de 1960 à 1992 (il a commencé comme mousse à 15 ans) qui m’a dit que quand il y a du vent et de la mer le poisson « soulage », c’est-à-dire qu’il est moins au fond, plus en surface ( ce qui veut dire la même chose) et que, de toute façon, c’est le métier, le travail, et qu’il faut bien y aller pour gagner, au pire, sa croûte, au mieux, de l’argent. En tous cas, c’est ce que j’ai compris.