Le Mascaret Bleu, Le Lyvet, La Vicomté-sur-Rance, 13 mai 2017, 19h09

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Coup de chance ( mais avoir de la chance est important en photo !) au moment où j’arrive en aval de l’écluse du Châtelier ! Je vois une vague, venant d’aval, qui remonte le cours d’eau : c’est le flot et son mascaret, la première vague. Il est bien sûr plus petit qu’en Gironde ou sur la Seine, néanmoins mascaret il est !

D’autre part, sur la couleur de ce mascaret dans l’ombre captée par l’appareil, ça me fait penser à ce qu’aurait dit Gauguin :  » et cette ombre, plutôt bleue ? Ne craignez pas de la peindre aussi bleue que possible. »

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La Rieuse & les Arbres de métal, Port de Lyvet, Rance, 13 mai 2017, 18h08

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Comment dire ? Je ne sais pas précisément pourquoi mais ça faisait longtemps que je n’avais pas « rencontré » à ce point une image, une image en plus « faite » par moi. En cette fin de journée de printemps, la large anse qui forme le port de Lyvet est calme. Le soleil décline derrière les hauteurs, plongeant peu à peu l’anse dans l’ombre, le frais. On a croisé les derniers promeneurs, marcheurs, joggeurs de ce dimanche. Le vent est tombé. On n’entend plus les drisses battre les mats en alu. Peu d’oiseaux. Un goéland solitaire qui vaque sur les flots peu à peu plongés dans une pénombre. Et même de gros poissons morts sont à l’envers flottant ballotés le long des berges. Un rapport avec cette apparente excitation de cette sterne qui virevolte nerveusement ? Si de gros poissons sont morts, qu’en est-il des petits, dont se nourrit la Sterne ? Ou est-ce juste que c’est le printemps des amours qui la fait strier ainsi l’espace ? Toujours est-il que je tente de la « prendre » en photo 2 ou 3 fois sans être confiant sur le résultat et qu’à un instant elle fuse sur la cime d’un mat, que je déclenche et que je découvrirai, au visionnage, qu’une autre sterne s’y trouve. Pas simple à photographier une sterne.. très rapide et surtout imprévisible. Le problème de ces poissons morts viendrait d’un rejet pollué de la station d’épuration de Dinan, en amont,. C’est ce que m’a dit un habitué du coin.. Après quelques recherches et des échanges avec un journaliste du Petit Bleu, à qui j’en avais parlé, il se pourrait que ce soit un changement de la température et de la turpitude des eaux, du aux pluies puis à la chaleur,  qui ait fait mourir les mulets et pas forcément les plus petits poissons. Toujours est-il que ce mouvement blanc, ces courbes effilées, cinglantes, de l’oiseau, parmi – à la cime – les mats fabriqués par l’Homme, ces mats en aluminium, si chimiquement difficiles et polluants à construire, ce geste de la Nature, fragile comme un moustique sur une forêt d’épingle, me plait, comme un défi et un signal.