Notre Dame de Kerdro, Kerpenhir

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« Au temps de la marine à voile, au milieu du 19è siècle, deux bateaux – le Montebello, de l’Ile d’Arz,  et l’Eliza – venaient de lever l’ancre et, fidèles à la tradition, le grand pavois hissé, ils avaient salué la Vierge du passage en quittant le goulet, quand le capitaine le Priol, du dernier bateau, l’Eliza, vit sur les hauteurs de Park er logod, à 200 mètres de la pointe, une femme, jeune encore.
Il regarde et reconnaît sa femme. Elle brandissait un mouchoir blanc en faisant des signes pour le retour du bateau. Le capitaine se dit:
« Il n’y a pas de doute, c’est ma femme. Matelot vire de bord. Indro ! » (« de retour »).
La femme cessa de faire des signes et disparut. 
Les vieux loups de mer sur le port  furent surpris en voyant revenir le dernier bateau parti. « comme c’est drôle, se disaient-ils, voilà Priol qui revient ! Que se passe-t-il à bord ? Son fils est peut-être mal  »
Sitôt l’ancre lâchée en rade, le capitaine prend le canot et va chez lui. Il trouve sa femme à sa maison,  tranquille et calme, tout étonnée de le revoir. » Pourquoi donc es-tu venue me faire des signaux à la pointe de Kerpenhir?  »
Très surprise, elle répond :  » Quand tu es parti je suis allée à l’église aux pieds de Notre Dame de Kerdro te recommander avec ton bateau et ton équipage pour un bon voyage et un bon retour « . » Et bien! dit-il, j’ai dû rêver. Mais maintenant il y a le flot, il est trop tard pour partir. Demain on partira « . 
Demain ! Dans la nuit le vent se lève, souffle la tempête, les éléments sont déchaînés, un ouragan comme on en voit parfois sur nos côtes et bientôt on apprenait que le Montebello était perdu corps et biens.
La légende rejoint parfois la réalité. Ainsi cette habitante de Locmariaquer se confia-t-elle à Notre-Dame-de Kerdro au cours de la guerre 1939-1945 alors que son mari était embarqué à bord du torpilleur « Siroco » affecté au transport des troupes du front de Dunkerque vers l’Angleterre. Le 31 mai 1940, vers 2 heures du matin, le « Siroco » fut torpillé par la Marine Allemande au sud-ouest du bateau-feu de West-Hinder et sombra. 680 personnes périrent. Parmi les 270 rescapés se trouvait ce marin de Locmariaquer, le bras pris dans des débris du naufrage.
Pour commémorer la légende, une première statue en plâtre est érigée sur les remparts du fort de Kerpenhir en 1883. Ce fort est détruit lors de la Seconde Guerre Mondiale par l’occupant allemand entre 1940 et 1944 afin de construire un blockhaus et la statue subit le même sort. À la fin de la guerre, les habitants se retournèrent à nouveau vers la Vierge et firent le vœu de lui ériger une autre statue en échange de sa protection durant le conflit. la ville de Locmariaquer commande une statue au sculpteur Jules-Charles le Bozec choisissant comme maquette une Vierge à l’Enfant réalisée pour le pavillon breton de l’exposition universelle de 1937 à Paris. Le Bozec réalise la statue en 1946 qui est installée dans léglise Notre Dame en 1947. Elle est finalement érigée à son emplacement actuel en 1962.
Prière faite au pied de la statue il y a quelques années par une sœur de la congrégation de Marie Auxiliatrice :
Notre Dame du bon voyage et du bon retour,
ô Notre Dame de Kerdro,
à la pointe de kerpenhir,
telle une sentinelle ou un phare,
tu attires tous les regards,
des marins qui, à Toi, se confient toujours ;
tu veilles sur tous les bateaux
qui, au Goulet, s’apprêtent à sortir
du golfe du Morbihan
vers le tumultueux océan.
Notre Dame du bon voyage et du bon retour,
ô Notre Dame de Kerdro,
tu élèves Jésus bien haut,
à la pointe du rivage.
Tu nous rappelles qu’un jour,
ce sera notre dernier voyage
pour passer sur la rive de l’éternité.
Avec toi, nous serons en sécurité,
si tu nous accompagnes, ô douce Mère,
Toi l’Étoile de la mer.

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Se prémunir de la Fin ? Locmariaquer, 27 déc.17

se prémunir de la fin -

C’est le 27 décembre, dans cet entre-deux, quelques jours avanse prémunir de la fin - Kerpenhir (1 sur 1).jpgt la fin, d’une année encore, du moins selon une manière de diviser, d’additionner, de soustraire, bref, de compter le temps, la durée. Et c’est un beau soir calme d’hiver. « On ne sait pas ce que l’avenir nous réserve », s’il nous préserve ou s’il a mis de côté quelques surprises, quelques désagréments. A la pointe de Kerpenhir des hommes, après « la Guerre », ont érigé une statue, la Vierge. On voit que d’immenses, d’énormes, de gigantesques nuages, venus du sud-ouest, se sont élevés jusqu’à presque occuper tout le ciel de ce côté. Bleus gris, ardoise, chargés de pluie, qui sait de grêle. Qui sait ?Alors on est venus. On voit. On regarde cette masse s’élever devant et au-dessus de nous, bien haut. La Vierge porte un enfant presqu’à bout de bras. Elle le présente devant elle. A la mer. A l’Océan, l’horizon. Au ciel. Au ciel envahi par les nuages.