Ouvriers ostréiculteurs, l’Etoffe des Héros, Cancale, 16 déc.17

IMG_7577.JPGLes huîtres de Cancales sont, à juste titre et depuis très longtemps,  réputées. Les huîtres – du moins avant l’invention de la triploïde, jamais laiteuse – sont bonnes à manger au cours de chaque mois « en R » (chaque mois qui comprend un R, donc de septembre à avril). Décembre tombe juste au milieu et l’huître fait partie depuis longtemps de la table de Noël, les ostréiculteurs font une grande part de leur chiffre d’affaire pour les fêtes de fin d’années, donc, à Cancale comme ailleurs, l’activité est encore plus intense juste avant..
IMG_7580.JPGOn fait appel à des extras, des jeunes, plus ou moins, plutôt  des « locaux ».. Les conditions sont physiquement pas faciles, bien que les hivers depuis plusieurs années soient moins froids..
IMG_7583.JPGA Cancale, c’est particulier : une partie du travail des huîtres est visible de tous et est même une des attractions, sinon la première et chacun peut voir les gars travailler et les tracteurs remonter sur la « promenade des Anglais » de Cancale et passer dans le port de la Houle pour emmener les poches jusque dans les chantiers – plus hauts dans les terres (tout le contraire du Morbihan)  – où les hommes et les femmes les trieront, calibreront, mettront en bourriches..

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.. mais c’est un boulot dur, physiquement, dans le froid et l’humidité, la vase, à porter sans cesse des poches, les retourner.. et il faut travailler vite ces jours-là. Si les relations entre les gars et avec le patron sont bonnes, c’est supportable et peut-être même grisant, avec la paye…

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Voilà pourquoi je pense que ces gars valent autant que les types qui ont marché sur la lune !

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Scénettes du quai de la Houle, 20 nov.17, entre 16h30 et 17h

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C’est là entre les restos et les vendeuses d’huîtres que surgissent de la cale  les tracteurs trainant les bateaux et les charrettes chargées de poches d’huîtres.

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la photo suivante a quelque chose de particulier, je l’ai « sentie », sans (sa)voir pourquoi cette scène m’attirait (c’est assez rare donc précieux), probablement  les 3 teintes, les ocre et les bleus, teintés de gris,  les horizontales et verticales qu’une partie du cerveau capte avant la zone de la conscience. Quand je l’ai regardée tranquillement après elle me plaisait encore plus car elle est composée d’éléments hétéroclites disposés d’une manière qui me semble harmonieuse : une longue-vue touristique capuchonnée de plastique bleu, un phare en granit, 2 dos d’homme en cuir noir, un buste en bronze de face, une barge boueuse, comme n mur,  en alu, une grosse roue de la même couleur et puis au loin, la mer d’un bleu pâle, étale, à elle-même égale..

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La Cancalaise, Cancale, 20 nov.17, autour de 16h

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Vue de la cale de l’Epi, la Cancalaise – que je vois en vrai pour la première fois – semble une drôle de toue de Loire…, avec une cabine sur son pont et des palmiers en guise de mât de misaine…

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2 des membres de l’association qui a construit et gère la bisquine sont venus pour, entre autres, s’occuper de dérouiller une chaine, avec une méthode rapide dont les traces sont visibles sur la dernière photo…

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Sous la coque…

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le photographe professionnel  Fabrice Polesello en plein travail…
IMG_7455.JPGArt éphémère ou land art…

Pèlerins 2 (au nord), Cancale, 20 nov.17

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15h09, 28 secondes. Alors que nous avions été seuls sur la grèves depuis plus de 2 heures, des marcheurs arrivaient derrière nous. La grève est à tout le monde. La dame en bleu vert clair n’arrêtait pas de parler. Je l’entendais de loin. D’argent, d’immobilier, de lois.. Les autres ne répondaient pas ou à peine. Et elle, la dernière, la trentaine, la quarantaine.. que faisait-elle avec cette casse-pieds ?
IMG_7340.JPG15h09 40 secondes.
IMG_7342 bis.jpg15h10, 31 s.
IMG_7344.JPG15h17
15h23, 4 autres personnes arrivent, mais ce n’est pas le même genre de promeneurs : ils n’ont pas de bâtons, ils se baladent, simplement.
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3 minutes plus tard, une bonne quarantaine de randonneurs arrivent… Un autre genre encore.

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IMG_7357.JPG15h36
mais ils ne resteront que 10 mns sur le port de la Houle avant de faire demi-tour…peut-être était-ce le but de leur marche et je regarde cette personne seule qui va les croiser..
Tout le monde a bien sûr certes bien le droit d’être où il veut mais quand on est seuls ou à deux les grands groupes peuvent être perçus comme une gêne. Le groupe de 45 a été pour moi moins gênant que cette femme en bleu vert…
15h55

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« c’est un beau jour (de brume) pour mourir », St Pierre, 25 oct.17, 16h32/17h20

Connaissez-vous cette phrase que l’on entend dans le très bon film Little Big Man d’Arthur Penn ? Un vieil Indien la prononce et grimpe sur la montagne pour mourir.. mais la pluie le fera redescendre de ce rendez-vous manqué avec sa mort… Laissez-moi vous conter ma petite histoire.. En cette fin de journée qui a été nappée de brume, aller marcher sur la côte est séduisant. Le brouillard nimbe les lieux de son voile mystérieux.. et le soleil bas apporte enfin sa touche de lumière .

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Nous ne sommes pas seuls à marcher ainsi sur le rivage..

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Tout est transfiguré, différent, envoûtant.. Est-ce bien le jour ou sommes-nous sous une pleine lune ? Le temps est incertain, décalé.

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Un homme, une femme, marchent dans la baie de St Pierre (qui a les clefs du Paradis).. Ils ont un chien qui cavale dans tous les sens et je me dis « encore un chien qui risque de déranger les oiseaux »..

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Je vous passe les détails mais disons que, après avoir tancé ma femme qui a enfoncé ses chaussures dans la vase au lieu de marcher dans mes pas comme je le lui avais recommandé, fort de mon expérience de la baie, , je décide, moi qui ai des bottes en caoutchouc,  de couper à travers la baie où la mer monte, tranquillement mais sûrement..tandis que ma femme la contournera par la terre (ferme). Il n’y a dans la baie que ce couple. A un moment, croyant reconnaître ma femme (le jour et ma vue baissent) je fais des signes en direction d’une silhouette – qui ne répond pas –  que je crois être la sienne..

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Mes pas s’enfoncent de plus en plus dans la vase. J’ai bien du mal à avancer. Je décide de couper court à cette marche de plus en plus pénible en traversant un bras d’eau où la mer monte, pour remonter sur la terre ferme. Je suis d’autant plus surpris car d’un naturel optimiste quand d’un coup je ne peux plus sortir ma botte de la vase et que je dois tirer dessus pour continuer à avancer. Puis, alors que l’eau autour de mes bottes continue à monter, je ne peux plus bouger, ma jambe sort de la botte, je manque de m’affaler dans l’eau, mon appareil photo autour de mon cou se balançant au ras de celle-ci. Mon pied libre s’est enfoncé dans l’eau et la vase plus profondément encore. Je sens que hors des bottes point de salut… Mon Canon rase l’eau salée… Je commence à fatiguer à tenter de me sortir de cette vase qui semble de plus en plus ramollie… Je commence à avoir des pensées métaphysiques … Je fais signe au couple à 30 métres que j’ai régulièrement regardé pour voir s’il me regardait. Je finis par leur dire que je suis en difficulté. L’homme viendra jusqu’à moi, me tendra une main secourable, que je prendrai et je m’en sortirai, assez essoufflé mais rassuré car je ne suis plus seul… Si ça avait tourné autrement, vous ne verriez pas, et moi non plus, la photo suivante que je trouve pleine de sérénité orientale… Quelques jours après je chuterai de ton mon long dans les rochers, après avoir été survolé par un hélico de la sécurité civile.. Mais c’est une autre histoire.. et d’autres photos !

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