le Jacques Cartier, le Croisty, 28 juillet 2020, fin de matinée

Un matin j’ai la surprise de découvrir quelque chose que je n’avais jamais vu dans le coin (même pendant une Semaine du Golfe), un très grand bateau, un navire hors-pair, un paquebot ! Celui de luxe ( 4700 € la semaine de St Malo à Nantes en faisant plusieurs escales avec possibilité de faire des excursions « à terre » : Bréhat, Ouessant, les Glénans, Concarneau, Groix, Port-Navalo, Houat, Belle-île..) de la compagnie du Ponant (qui en a 6 autres semblables ), le Jacques Cartier, un « Ponant explorer ». Rien que ça. Il mouille devant le port du Croisty et je n’ai jamais vu ici un bateau aussi grand : 130 m de long (le Belem – qui m’avait impressionné et dont l’arrivée par tous les bateaux m’avait ému lors de la dernière Semaine du Golfe – faisant 58 m, on pourrait largement en aligner 2 le long du Jacques Cartier). On en perd tout repère.

Je le photographie dès que je le vois car j’ignore combien de temps il restera là. Mais je me promets de revenir tôt le matin et à la fin du jour, car, même s’il est majestueux comme le Rex dans l’Amarcord de Fellini, je pense qu’il sera encore plus beau au levant et au couchant. Malheureusement je n’aurai que ce soir-là pour le photographier. Le lendemain matin, alors que j’irai sur place vers 7h30, je découvrirai les lieux comme avant sa présence : il aura levé l’ancre 1 heure avant, à l’aube, cap sur Nantes.

Il y a au moins 2 attitudes différentes vis-à-vis du navire : une attirance, une curiosité de plusieurs bateaux – voiliers, pêche-promenade, zodiac etc.. – et une apparente indifférence de ceux qui pêchent, font de la voile, du paddle..

Babar à l’horizon, 4 mai 19, vers 19h30

babar, entrée du golfe, 4 mai 19, 19h37.jpg

Au bout de plusieurs jours de nuages, de vent, d’averses, un répit en cette fin de journée et une lumière limpide, une visibilité exceptionnelle (on voit, de l’entrée du Golfe, très bien les maisons sur Houat, à 18 kms)

méaban et houat, 4 mai 19, 19h37

Le côtre aurique, réplique d’un langoustier de Bretagne sud, Babar, tente de rentrer dans le Golfe mais le vent vient du nord et la mer descend, donc sort du Golfe. C’est le jusant et le vieux gréement ne parvient pas à se rapprocher. Il a baissé ses voiles et je suppose qu’il a tenté de rejoindre le Crouesty, plus à l’abri du vent, au moteur.

Il y eut au moins 2 événements importants le dimanche 10 mai 1981 : l’élection de François Mitterrand et la mise à l’eau de Babar, le premier bateau sorti des Chantiers du Guip sur l’Île aux Moines. Drôle de nom pour un bateau. Explications :  c’était le surnom du père d’Éric Tabarly ; ce nom a été conservé pour cette raison par l’artiste-peintre Pierre Raffin-Caboisse, mais c’était au départ le surnom (affectueux, parait-il…) de la femme du troisième propriétaire. Le bateau s’est appelé pendant peu de temps Tal Coet, ce qui signifie, en breton, « front de bois » (donc têtu et opiniâtre). Babar présente certaines similitudes avec Kurun, le bateau de Jacques-Yves Le Toumelin (1920 – 2009). Comme lui, il a effectué avec son propriétaire artiste-peintre, un tour du Monde  ; parti en 1999 sur les traces de Kurun, il est revenu en 2002.

Un nouveau voyage sur les traces de La Pérouse, a failli mal se terminer : à l’ouest de la Bretagne, par mauvais temps, Babar a été bousculé par un cargo, qui ne s’est pas arrêté, comme c’est souvent le cas. Le navigateur a réussi à ramener  son bateau abimé principalement au-dessus de la flottaison. De grosses réparations ont été nécessaires, mais Babar est de nouveau comme neuf et fréquente régulièrement les rassemblements de voiliers traditionnels.