Balade (presque) tranquille, Golfe du Morbihan, 27 janv.2021

Seul le Grand Huernic n’est pas coiffé de brume, devant les Sept Îles et er Runio

Cette balade en cette fin d’après-midi brumeuse de fin janvier était bien agréable : dans ce paysage nimbé de vapeur fraiche les sons étaient ouatés. Nous n’avions vu que 3 ostréiculteurs finissant leur journée. Cette petite maison, parmi d’autres, fait partie du paysage. Approche une femme, arrivant par la grève. Elle me demande de loin, sans dire bonjour, « vous faites des photos ? Vous prenez quoi ? ». Je lui réponds d’un geste ample encadrant largement le paysage. Elle dit, un peu plus fortement en passant devant moi à une dizaine de mètres : « Ne prenez pas ma maison en photo ! ». Surpris, je lui demande pourquoi. Elle : « ça vous plairait qu’on prenne votre maison en photo ? ». Je réponds « je crois que ça ne me dérangerait pas …si j’en avais une ». Et elle a continué vers cette maison qui était donc la sienne. L’intervention de cette femme est une fausse note dans ce moment de tranquille quiétude. C’est la seconde fois (et non pas la deuxième, ce qui supposerait qu’il y en ait une troisième) qu’on est apostrophés dans ce coin par des personnes plutôt hostiles. La 1ère fois c’était à côté, à Fetan Stirec, un type qui nous avait dit que là où on garait notre voiture un voisin garait en général la sienne. Depuis quelqu’un a mis, à l’entrée de cette impasse, un panneau routier artisanal : « demi-tour impossible » – ce qui est faux – histoire de décourager les « incursions ». Il y a au minimum une méfiance vis-à-vis du promeneur. Beaucoup de gens n’aiment pas que des « touristes » viennent là où ils vivent. Cela ne date pas d’aujourd’hui. Les expressions pour qualifier les touristes sont nombreuses : dans les années 60 c’était les « pattes jaunes » (en breton, pour ne pas qu’ils comprennent, en référence aux « bottes jaunes » qui étaient alors souvent portées par les visiteurs). Depuis les années 70 c’est « les parigots ». J’ai un cousin « germain » qui s’est fait un jour engueuler, pour une histoire de place de parking . La personne (une femme) lui dit :  » et en plus vous êtes 78 ! ». Mon cousin a un prénom breton et son nom est « le Breton », son père ayant quitté, comme beaucoup, sa campagne de centre-Bretagne dans les années 60 pour travailler dans la région parisienne.. Est-ce la trace actuelle d’une rancœur ancienne, plus ou moins transmise de générations en générations, qui vient du fait que la Bretagne a été au XIXe et début du XXe, colonisée, méprisée, dont la langue a été écrasée pour unifier la France, par le pouvoir français, c’est-à-dire, dans notre beau pays de France, Paris ? Je suis né à 40 km de Locmariaquer. Je n’y suis pour rien mais mes ancêtres vivaient dans la région de Lorient depuis au moins le XIXè siècle. Le vote pour le FN fait de bons scores sur la frange littorale du Morbihan. Cela ne s’explique pas seulement par le fait que Jean-Marie le Pen est natif de la Trinité s/Mer et y a encore une maison. .J’y viens régulièrement depuis plus de 50 ans. Beaucoup de gens en Bretagne vivent grâce à leurs « échanges » avec l’extérieur. Mais certains préféreraient que cet « extérieur » reste .. « à l’extérieur ». C’est un état d’esprit qui ne pense pas plus loin que le bout de son porte-monnaie, qui est d’ailleurs souvent largement rempli par une activité ayant besoin de clients pas seulement « locaux ». Cela illustre en partie un paradoxe qui n’est pas spécifiquement breton mais, en tant que « breton », que je trouve assez honteux. Cette dame est la propriétaire de cette maison juste au bord de l’eau – et qui sera peut-être submergée fréquemment dans 20 ans (la maison, pas la dame) comme la maison de mes grands-parents à 1,5 km de la sienne – trouve que je viens l’importuner et elle a raison : je l’importune et je poste une photo de sa maison. Elle trouve peut-être qu’il y a trop de gens qui, passant sur le sentier littoral qui s’est imposé là ces dernières années, regardent voire prennent en photo sa maison, ce qui est légal (s’il n’y a pas d’exploitation commerciale de l’image). Pourquoi ne veut-elle pas que des gens fassent des photos de sa maison ? Y a-t-il quelque chose à cacher ? Serait-ce un ancien bâtiment ostréicole qui ne devrait pas être une maison d’habitation ? Le système de traitement des eaux usées ne serait-il pas aux normes ? Non seulement cette personne – se sentant dérangée – m’a aussi un peu dérangé ce jour-là mais elle m’importune à nouveau car revoir cette photo a aussi brouillé l’article paisible et pacifique que je voulais faire.

16h45, Fetan Stirec (la fontaine étoilée)
Fetan Stirec, 16h53
17h07 : un ostréiculteur emmène ses huîtres d’un chantier à un autre (ou vers un autre de ses parcs)
17h18
kerouac’h (le village du ruisseau), 18h10

Brouillard au Boël, Pont-Réan, 17 nov.19

La campagne autour de Rennes est largement agricole, un bocage aux champs plus ou moins grands où les coins sympas ne sont pas si nombreux.. Il y en a, certes, mais ce sont des petits lieux qu’il faut dénicher, par exemple des anciens moulins sur des cours d’eau. Le Boël est sûrement le plus connu de ces moulins et il se trouve dans le site sans doute le plus spectaculaire – toutes proportions gardées – des alentours : la Vilaine s’est en effet creusé son chemin au travers de collines (60/80 m) de schistes rouges, ce qui donne des points de vue élevés intéressants.

En ce dimanche de novembre le brouillard est là et la Vilaine est haute. Allons au Boël.

Le moulin a été construit dans la seconde moitié du XVIIè s et son côté face au courant est en étrave de bateau, comme le moulin de la Molière 10 km en aval. Après la guerre de 14 son utilisation fut moins régulière. Elle cesse en 1936 car on démonte l’une des 2 roues à aube pour l’installer sur un autre moulin, en amont, à Cesson-Sévigné. Il s’est alors ensuite peu à peu dégradé et a perdu ce qui restait du toit lors d’une tempête de l’hiver 1962.

Années 1950 ?

après la tempête de novembre 62.

Malgré le classement à l’inventaire des Monuments Historiques, les Ponts-et-Chaussées décident alors de le raser mais, à l’initiative d’un Bruzois (habitant de Bruz – ne pas prononcer le z, contrairement à Stéphane Bern)  la Commune de Bruz rachète la ruine en juin 1964 à condition que ce jeune Bruzois (Jean-Yves Connen) se charge d’organiser les possibilités de la restauration. Une asso est créée. Les travaux – des chantiers pendant les vacances de jeunes bénévoles de toute l’Europe – consistent au début à remettre de l’ordre dans la ruine, récupérer des pierres l’été quand la rivière est basse

A la fin de l’été 67, les murs sont prêts à recevoir un nouveau toit qui sera construit par des professionnels.

L’aspect des lieux était, au début du  XXiè s, fort différent d’aujourd’hui : les collines étaient nues, sans arbres, le schiste rouge en était extrait pour la construction.

Le 6 juin 1884, des blocs de schistes s’écroulent dans la carrière proche du moulin, ensevelissant 6 carriers et 2 enfants présents sur place.

Les carrières ne sont plus en activité. La végétation, des arbres – et ce dimanche un épais brouillard –  dissimulent les vestiges.

moulin du Boël, 17 nov 19, 11h51.jpg

moulin du Boël, 17 nov 19, 11h49.jpg

moulin du Boël, 17 nov 19, 11h54.jpg

moulin du Boël, 17 nov 19, 11h44

La rivière Vilaine aujourd’hui est bien un fleuve et son eau limoneuse et froide, couleur de Mékong, courre par dessus le barrage le long du moulin.

moulin du Boël, 17 nov 19, 12h.jpg

 

moulin du Boël, 17 nov 19, 13h12.jpg

 

 

 

 

 

 

La tourelle de Kerpenhir. Locmariaquer, 28 déc.18, fin de matinée.

Après Toul Keun, la célébrissime (au moins dans le coin..) Pointe de Kerpenhir et son belvédère sur l’entrée (ou la sortie !) du Golfe, sa statue de Notre Dame de Kerdro qui présente l’océan à « l’enfant Jésus »(ou l’inverse ), qui semble ravi, et la tourelle rouge. Les lieux sont photographiés et re photographiés, depuis longtemps, mais sait-on jamais (l’espoir est le carburant du photographe et de l’humain en général). Essayons d’être un peu original.. avec l’aide de la lumière du jour…

 

tourelle de Kerpenhir, 28 déc.18, 10h51 (1 sur 1).jpg10h51
tourelle de Kerpenhir, 28 déc.18, 10h52 (1 sur 1).jpg10h52
tourelle de Kerpenhir, 28 déc.18, 10h58 (1 sur 1).jpg10h58
tourelle de Kerpenhir, 28 déc.18, 11h02 (1 sur 1).jpg11h02
tourelle de Kerpenhir, 28 déc.18, 12h12 (1 sur 1).jpg12h12
tourelle de Kerpenhir, 28 déc.18, 12h16 (1 sur 1).jpg
tourelle de Kerpenhir, 28 déc.18, 12h16-37 (1 sur 1).jpg12h16

Brouillard, Locmariaquer, 27 déc.2018

Le banc décoré par Emmanuelle, où viennent quasiment tous les jours Gaby et ses copains..

Court séjour  hivernal à Locmariaquer. Le brouillard est épais, plusieurs jours. Il est là le matin. Tout est gris. Certains jours on ne verra pas le soleil du tout, mais quand il poindra, quelle lumière !

1er jour, le tour de St Pierre.

Bernaches, Ster er Vered, 27 déc.18 (1 sur 1).jpgLes bernarches (cravant bien sûr), fidèles au rendez-vous qu’elles nous fixent chaque hiver, vaquent – quand elles ne sont pas dérangées par un photographe, un promeneur – à leurs occupations, c’est-à-dire manger, se déplacer, seules ou en groupes, se reposer..
promeuse joggeuse et ses chiens, pointe er long, 27 déc.18 (1 sur 1)La joggeuse rousse aux 2 chiens noirs (qui défèquent en chemin et effraient les bernaches..) est semble t-il, aujourd’hui, marcheuse rivées au téléphone..
pêcheurs, pointe er long, 27 déc.18 (1 sur 1).jpgLe brouillard ne décourage pas les traqueurs de poissons à Pointe er long ou devant St Pierre..

pêcheurs, 27 déc.18 (1 sur 1).jpg

pêcheurs, st pierre, 27 déc.18 (1 sur 1).jpg

Maîtres & chiens,dune de st pierre, 27 déc.18 (1 sur 1).jpgCe matin-là j’ai croisé presque plus de chiens que de personnes, puisque certains en ont plusieurs. Les lieux sont une zone, je crois, « natura 2000 » mais il faut reconnaître que les indications sont diverses : un panneau sur le parking indique « animaux interdits », d’autres dans les dunes que les chiens doivent être tenus en laisse.. Le bulletin municipal est plus tolérants et dit que les chiens ne doivent pas « divaguer », c’est-à-dire pas à plus d’une centaine de mètres de leur maîtres qui doit pouvoir les refaire venir près de lui.. Personnellement j’en ai marre de ces « maîtres » qui ne ramassent pas les merdes de leur(s) chien(s), qui ne les empêchent pas de courir vers les oiseaux ou qui m’aboient dessus. L’autre jour j’ai eu un bref échange avec l’un d’entre eux, lui disant ce que je pensais. Il m’a dit, ironiquement, que lui ne venait plus à la plage « à cause des enfants qui font trop de bruit ». Quel con. J’espère que le conservatoire du Littoral et le Parc Naturel du Golfe – Locmariaquer en fait partie – vont agir plus efficacement dans ce domaine..

Brennegi, 27 déc.18 (1 sur 1).jpg

Maison de la Contesse Mota, Brennegi, 27 déc.18 (1 sur 1).jpgPour vivre heureux vivons cachés.. Quand j’étais enfant, mon oncle Yann m’avait dit que cette maison, cette longère, était celle de la « Comtesse Motta », des glaces.. Les glaces Motta n’existent plus mais la comtesse a existé : il y avait bien là une noble, une vicomtesse et un vicomte,
Guilhem de la Motte de Broons de Vauvert, décédé en 2012 à 92 ans.. J’ignore si ce militaire (Croix de guerre 39-45) avait des actions dans les glaces. L’adresse est actuellement au nom de Bénédicte de la Motte.

 

 

Gratteurs, Epave & bâtisseurs, 2 nov.17

épave dans la brume, 2 nov 17 (1 sur 1).jpgBaie de St Pierre. Fidji est un voilier arrivé là je ne sais comment il y a plusieurs années. Complet, en état. J’ai signalé sa présence aux Affaires Maritimes au bout de 2 ans peut-être, surpris qu’il soit encore là. Maintenant la légère fissure dans sa coque plastique s’est agrandie en cassure, le sable et l’eau rentre. C’est une épave. Un des noms de ce lieux est Ster er Vered : vers le (le chemin du)  Cimetière. De bateaux ?
les batisseurs, pointe er vil, 2 nov 17 (1 sur 1)Point er vil.Quelqu’un a acheté l’Abri du marin, bâtiment d’un chantier ostréicole, pas cher et les pieds dans l’eau. Ils ont apporté des blocs de pierre et vont reconstituer avec un beau mur de soutènement du terrain regagné sur la mer.

 

Sécession, 24 juil. 11, 11h23, Locmariaquer (Morbihan)

img_3707-ter-2

C’est l’une de mes photos préférées. Matinée de juillet bien grise, bien plombée. Maussade diraient beaucoup mais quelle chance que cette Gazelle (du Golfe, n°233) ait eu un foc rouge et se soit détachée du groupe. Elle s’est dirigée dans ma direction, vers la plage du Brénéguy. J’ai fait plusieurs clichés.