Plaidoyer pour les voiliers, 2 sept. 18

(je modère mon propos qui, sinon, serait plus abrupt)
J’ai « toujours » vu des bateaux à moteurs sur la mer, mais c’est seulement récemment que j’ai l’impression qu’ils deviennent de plus en plus nombreux et, pour tout dire, envahissants.
Les « bateaux à moustache » (quand on les voit s’avancer de face, l’écume sous leur prou leur fait une moustache blanche) sont légions. Ils  sillonnent de plus en plus les côtes, les mers. Quand on est à bord, ça sent toujours moins ou plus l’essence, le gasoil. Et ça consomme..
Alors que la voile est un moyen ancestral de se déplacer au moyen d’une force naturelle – donc « renouvelable »-  sur les eaux de toutes les mers du monde.
Né dans l’époque des véhicules terrestres automobiles je roule en diesel des années 90/2000. Mais l’heure n’est plus à ce mode de déplacement, surtout quand il s’agit de « loisir », c’est-à-dire quand il ne s’agit plus de « survivre » ou de gagner son pain. Il s’agit de vivre en harmonie le plus possible avec notre environnement, donc en l’abimant le moins possible. Je ne parle pas là du modeste pêcheur côtier (bien qu’il serait bon qu’il équipe son bateau d’un mat et d’une voile – certains le font, pour aider le moteur à explosion) mais du bonhomme (il s’agit à 99% d’hommes) qui s’achète un bateau pour aller se balader et « taquiner » le bar , même si je sais que, d’un certain point de vue, ces hommes sont plus proches de la « nature » que les « bobos-qui-n’y-connaissent-rien » (ce ne sont pas mes termes, d’où les guillemets), comme peuvent l’être certains chasseurs en bottes en caoutchouc à l’aube dans les marais.. D’ailleurs, des bars, notamment sur la côte nord de Bretagne il y en aurait de moins en moins puisque des mesures d’interdiction de pêche ont été prises il y a quelques mois.
Alors on aime, on admire, on chérit, les « vieux gréements », voiliers que nos prédécesseurs ont quasiment tous abandonné  – « nécessité économique oblige » – aux vases il n’y a que quelques décennies.
J’ai plusieurs fois repoussé la tentation (et oui, c’est tentant..) de m’en acheter un  pour pouvoir enfin longer les côtes sans trop me soucier du vent et des courants.
Ce que j’ai vu  à Port Mer en ce mois de septembre résume la question : un joli bateau – An Durzunel – au milieu de « bateaux à moustache », manœuvré, en cette presque fin d’après-midi de début d’arrière saison par une jeune femme..
Alors, comme une bonne photo vaut mieux qu’un long discours, voici :

an durzunel, 2 sept 18, port mer (1 sur 1).jpg

.. et voilà, magie du recadrage, l’environnement dans lequel cette jeune femme manœuvre cette belle barque..

an durzunel (cadre large) 2 sept 18, port mer (1 sur 1).jpg